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Poésie libre
LeopoldPartisan : Mots à maux
 Publié le 24/01/19  -  10 commentaires  -  2969 caractères  -  128 lectures    Autres textes du même auteur

Amateur du court passez votre chemin, digression sur le sens des maux et des phrases...


Mots à maux



Et il pleut
oui, il pleut
sur mon regard
empreint de mollusques
et de coquillages

Vision altérée
brouillée d’incertitudes
et d’autres histoires
de latitudes
où se sont croisés
interludes et solitudes

Liqueur vermeille
le sang qui coulait
dans mes veines
se répand maintenant sans haine

T’ai-je jamais dit
combien j’aimais la syntaxe
et les juxtapositions
complexes
d’appels au secours
largués en pleine mer
dans des bouteilles
ayant contenu jadis
de vieux malts
savamment élaborés
dans des fûts d’essences rares
velours de l’âme

De nouveau la pluie
qui maintenant
me détrempe les yeux
et puis ce silence
jadis si rare
qui m’effraie
de par sa consistance
sa lourdeur
ses murmures étoilés
dans les fleurs des prés
où se meurt l’été

Je sais aussi
que devant toi
je n’ai jamais osé
t’avouer l’amour
que je vouais
au paradoxe
des mots qui s’entrechoquent
pour former des phrases
aussi inconnues
qu’incongrues

Déraison et désillusions
des sarments
Inconsistances et incohérences
des serments
Entrelacs d’une ponctuation
que rarement j’emploie
et dont j’admire
la scénographie
de ses entrechats
que jamais je ne pourrai
chorégraphier

Boue collante
humus hirsute
Ruissellement
torrent

J’aimais lécher tes larmes
non les sécher
Elles étaient les prémices
de l’abysse
où il faisait bon
de se promener
à bâbord
des rebords

Où es-tu maintenant
Perdue dans le labyrinthe
de mes phrases
de mes périphrases
et de toutes ces circonvolutions
tourbillons
de nos oublis

Dans ton regard
la mousson et la fiction
Dans mon regard
le déluge et l’affliction

Points de suspension
d’une écriture
à l’agonie
silencieuse et hautaine
caverneuse et puis sereine

Un cri...
Un déni...
Blancheur éthérée
de la page abandonnée
aux rigueurs du manque
d’inspiration
Je m’en asphyxie
jusqu’à l’apoplexie

Comme une lame de fond
j’entends encore assourdi
se réverbérant au plafond
les mots que prononcent
une sage-femme
aussi expérimentée
que soudain affolée

tel un mantra
telle une transe vaudoue

« Inspirer, inspirer, inspirer...
bloquer, bloquer...
et surtout, surtout...
ne plus pousser
ne plus pousser... »

Passiflore
Hellébore
déjà vos parfums
s’évaporent
et entre vos minuscules
mains tendues
vers les miennes
la métaphore
des prémices de l’aurore

Dès lors
je peux me fondre
dans ce décor...


 
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   Anje   
12/1/2019
 a aimé ce texte 
Vraiment pas
Contemporain.
Le titre et l'incipit ont manqué me faire fuir. Mais j'ai lu. Et je n'ai pas réussi à me fondre dans votre décor. "Des mots qui s'entrechoquent pour former des phrases aussi inconnues qu'incongrues" ont fini par avoir raison de mon insistance à comprendre. Comme par exemple à chercher pourquoi prémisses et non pas prémices.
J'essaierai une autre fois.

   Vincente   
13/1/2019
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Amateur de texte de courts, oui sûrement, mais dans mon cas ça dépend. Alors j'ai tout de même tenté de me lancer.

J'ai dû attendre la quatrième strophe (il était temps...) pour ne plus me poser la question de continuer, ou pas, la substituant à l'envie de lire sans me poser de question. Et puis à la cinquième, je fus acquis à ce style un peu saccadé de vers cours signifiants. Ensuite jusqu'à la fin, ce fut de plus en plus plaisant. Du coup, je suis retourné au début et j'ai compris que les "empreint de mollusques / et de coquillages" + "brouillée d’incertitudes" + la troisième strophe assez banale, donnaient de la longueur supplémentaire à ce poème assez long.

Peut-être avez-vous délibérément choisi une progression du plaisir de la lecture pour nous mener à ce "la métaphore /des prémisses de l’aurore" inspiré et inspirant. Mais enfin ce que je sais pour ma part, c'est que sans les 3 premières strophes en guise de préliminaires, j'aurais bien préféré noter un beaucoup+ plutôt qu'un modeste bien+.

   chVlu   
24/1/2019
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Je n'ai pas ressenti la longueur annoncée, alors peut-être que je me suis trop laissé surfé sur la vague des maux.
La première strophe ne m'a pas parlé je l'ai traversé comme l'estran en partant me jeter dans les vagues océaniques. La pluie, le regard et les bivalves et gastéropodes sont restés des mots sans maux.
Ensuite j'ai glissé dans tes mots, retrouvant des maux qui sont miens, des maux qui parlent de la venus au papier des mots
Puis est arrivée la sage femme est j'ai perdu les sensations.
Les passiflores et hellébores m'ont remis en vibration mais malheureusement je n'ai pas trouvé dans la dernière strophe le point d'orgue des émotions.

j'ai vraiment savouré :
"Points de suspension
d’une écriture
à l’agonie
silencieuse et hautaine
caverneuse et puis sereine

Un cri...
Un déni...
Blancheur éthérée
de la page abandonnée
aux rigueurs du manque
d’inspiration
Je m’en asphyxie
jusqu’à l’apoplexie"

Surement mon goût pour les sens, contre sens, double sens entrelacés.

   Robot   
24/1/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Un trés beau texte libre, complexe mais très travaillé Je l'ai lu et dit plusieurs fois pour en extraire toute la poésie.
Un texte qui se révèle encore plus à l'oral.
Pour moi, ce texte nous parle de la difficulté de mettre en mots l'intériorité des sentiments. Comme un difficile et progressif accouchement littéraire.

   papipoete   
24/1/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
bonjour Leopold
Certes, la longueur du texte peut faire fuir à toutes jambes le lecteur pressé ! Mais la curiosité peut ne pas être vilain défaut, et prenant ma respiration, je suis parvenu jusqu'à la fin de ce monologue, dans lequel le héros demande à celle qu'il aime ( via son miroir ), si elle se rend compte de sa détresse, de ce mal de mère qui lui revient avec les mots d'une sage-femme...
NB fort, cruel à " lécher " les larmes, buée sur le miroir oh mon beau miroir !
Leopold est du pays de Brel ; ça se voit, ça s'entend !

   STEPHANIE90   
24/1/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Surprise tout d'abord.

Incompréhension, il me fallut relire la poésie pour en comprendre vraiment le sens puis méticuleusement l'analyser. Néanmoins, dés les premiers mots, je me suis laissée entraîner par une lecture langoureuse.
L'obscure accouchement des maux sur la toile fut une belle découverte. Et quels beaux "marasmes", pour n'en citer que deux que j'ai particulièrement aimé :
- "Liqueur vermeille
le sang qui coulait
dans mes veines
se répand maintenant sans haine"
- "Où es-tu maintenant
Perdue dans le labyrinthe
de mes phrases
de mes périphrases
et de toutes ces circonvolutions
tourbillons
de nos oublis"
Juste une petite incompréhension de cette conclusion heureuse !?!
Qui m'a laissé sur ma fin...

StéphaNIe

   Provencao   
24/1/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
"Boue collante
humus hirsute
Ruissellement
torrent"

J'aime ces vers, qui entre nous, ne gênent en rien dans la longueur de votre poésie. Poésie courageuse, poésie audacieuse et poésie en recherche de résilience avec soi mème.

Ce regard brouillé que vous décrivez fort bien, est criant de vérité du vécu qui vient au travers de la mémoire de cette vision altérée qui furent et dont vous êtes le gardien.

Comme si cette histoire douloureuse qui est la votre et sur laquelle vous portez une solitude... seul alors à porter que d’écrire, jusqu’au bout de vos forces, la vérité dont vous êtes le témoin.

Très puissant écrit qui ne laisse pas indifférent.

Au plaisir de vous lire
Cordialement

   Eki   
26/1/2019
 a aimé ce texte 
Bien
Ici, le mot frappe, cogne, chahute...ce qui donne du rythme au texte.

J'avoue qu'en découvrant la longueur du texte, le titre...J'ai pensé que ce serait l'amer à boire...mais suis restée à bord du rafiot qui tanguait.

Je n'ai pas vraiment accroché sur les trois premières strophes.

Ensuite, il y a un jeu d'écriture que j'aime assez, une émergence de mots ricochets...

J'apprécie tout particulièrement ces deux passages que je trouve plus harmonieux :

De nouveau la pluie
qui maintenant
me détrempe les yeux (pouvait-on écrire détrempe mes yeux ?)
et puis ce silence
jadis si rare
qui m’effraie
de par sa consistance (le de me semble en trop)
sa lourdeur
ses murmures étoilés
dans les fleurs des prés
où se meurt l’été

Passiflore
Hellébore
déjà vos parfums
s’évaporent
et entre vos minuscules
mains tendues
vers les miennes
la métaphore
des prémices de l’aurore

Dès lors
je peux me fondre
dans ce décor...

Eki derrière le paravent

   Diogene   
26/1/2019
 a aimé ce texte 
Pas ↓
Bonjour à vous,

Je n'arrive pas à m'empêcher d'entendre "et vice versa" à chaque fin de strophe.

Pardonnez la comparaison, ce n'est pas une moquerie, mais il est vrai que c'est un peu cela que je trouve dans ce poème. J'ai l'impression de lire une succession de phrases qui n'ont pas vraiment de sens.

Je pense comprendre que votre travail s'est fait sur le rythme et les sonorités, peut-être aussi sur une certaine forme d'écriture automatique ? Tout cela doit évoquer des choses pour vous, mais ça me semble très hermétique pour les lecteurs.

Je n'arrive pas à passer outre ce sentiment de phrases sans queue ni tête mais serais toutefois ravi de lire une explication sur le forum.

Au plaisir de vous lire une prochaine fois.

   Stephane   
27/1/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour LeopoldPartisan,

J'ai profondément aimé ce poème pour l'écriture très épurée, la fluidité des vers, les images véhiculées, "mots à maux", pour reprendre vos propres termes.

C'est un bon travail poétique, bravo !

Stéphane


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