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Poésie libre
LeopoldPartisan : Thomas
 Publié le 17/02/10  -  18 commentaires  -  952 caractères  -  229 lectures    Autres textes du même auteur

xx/xx/1992 - 27/01/2010


Thomas



La balle est au canon
Ce que la moelle est à l’os
Cruciale et vitale

Il n’y a rien
Ni peur ni valeur
À peine une goutte de sueur

Un blanc silence s’installe
Tandis qu’un vent intense
Nous terrasse

Curieuse cette étreinte
D’une peau nue et d’un métal froid
Furieuse cette empreinte
D’un métal tendu sur une peau moite

Seule à seul
L’arme et l’adolescent
Se sont engagés vers le néant

Est-ce encore une vie à l’échafaud
Ou déjà ce passage de la naissance à l’éternité

Personne ne dit rien
L’innommable est une persistante odeur de poudre
Personne ne comprend
L’innommable est une invraisemblable flaque de sang

Quelques tremblements encore
Odieux frémissements
D’une vie explosée

La balle éjectée du canon
La moelle projetée hors de l’os
C’est la peine capitale


 
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   wancyrs   
17/2/2010
 a aimé ce texte 
Un peu
beau texte qui parle avec légèreté du suicide d'un adolescent, véritable fléau dont personne ne comprend vraiment la cause. Les mots sont simples, justes et forts. on peut facilement voir, déviner la scène de cette étreinte entre la mort et l'ado.

Juste à la troisième strophe, ce "nous" qui vient casser le rythme, et je me demande ce qu'il vient faire là. Ce "nous" est mis pour qui ? les gens qui observent la scène ? ou subitement le narrateur se met à la place de celui qui veut se suicider ?

La comparaison du début (1ere strophe) aurait pu être évitée, ça fait trop cliché, un peu trop didactique et moins poétique.

J'ai trouvé curieux ces associations d'adjectifs démonstratifs avec des articles indéfinis :

Curieux cette étreinte
D'une peau nue et d'un métal froid.

Je pense que si tu veux garder "cette", alors le vers qui suit pourrait être mieux tel quel :

Curieux cette étreinte
De la peau nue et du métal froid.

Ou bien si tu veux garder tes articles indéterminés, pourquoi ne pas remplacer le "cette" par juste un "L' " ? ce qui donnera :

Curieux l'étreinte
D'une peau nue et d'un métal froid.

Tu fais idem avec les vers qui suivent, dans cette même strophe.

À la strophe 6, je pense qu'il faut ajouter des points d'interrogations à la fin des vers, et confère la remarque d'un peu plus haut, remplacer le "ce" en "le" pour obtenir ceci :

Est-ce encore une vie à l'échafaud ?
Ou déjà le passage de la naissance à l'éternité ?

Bon voilà ! sinon l'idée est très bonne mais faudra retravailler un peu.

Bonne continuation.

Édit : Non Widj, je ne crois pas que ce soit une exécution, la 5ième strophe le montre :

Seule à seul
L'arme et l'adolescent
Se sont engagés vers le néant.

   Anonyme   
9/2/2010
 a aimé ce texte 
Pas
Assez dubitatif sur l'utilité de ce genre de texte, notamment avec le résumé. Décrire un suicide pourquoi pas, on retrouve cela sur Oniris.

Mais il y a pour moi dans ce poème quelque chose de trop travaillé, qui sonne faux. On est loin de ce côté brouillon dans le passag à l'acte, même s'il est réfléchis et le fruit d'une décision.

Il y acertes de bonnes choses, la dernière strophe notamment, mais l'ensemble manque de densité pour que j'accroche vraiment.

   belaid63   
9/2/2010
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
j'aimes bien des deux dernières strophes! belle description de l'exécuteur de la peine capital.
les premières strophes ne sont pas de la meme veine
manque de rythme quand même
bien dans l'ensemble

   shanne   
9/2/2010
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour,
Une scène bien décrite, les imagent défilent rapidement...un canon, un adolescent, une odeur de poudre , la vue de cette flaque de sang et surtout, je ressens le silence pesant et un vent interne me terrasse. J'ai aimé: la balle est au canon ce que la moelle est à l'os, chacun devrait rester à sa place, il ne devrait pas y avoir de rencontre. Et pourtant, la balle éjectée du canon, la moelle est projetée hors de l'os. Je n'ajoute rien, les mots deviennent inutiles.
Sensible à ce sujet, je vous dis merci pour ce rappel: tous les jours des adolescents mettent fin à leur vie et nous passons à côté sans avoir perçu ce désir d'en finir
un grand bravo

   irisdenuit   
11/2/2010
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
Bonjour,

Si j'ai bien saisi, c'est le suicide de Thomas ici....le mal-être et l'adolescent. Bien que le sujet me touche, je trouve le traitement froid, trop descriptif, un peu à la façon des nouvelles dans un quotidien.

J'apprécie cependant, le fait que le pathétisme soit absent de votre écrit.

Une image assez percutante (réaction mitigée face à celle-là) - la moelle projetée hors de l'os - .

Une strophe assez représentative :

Curieuse cette étreinte
D’une peau nue et d’un métal froid
Furieuse cette empreinte
D’un métal tendu sur une peau moite

Une question, qui est le -nous- dans ce poème ? ça suppose que le nous est témoin de ce suicide ? Donc j'aurais aimé connaître le ressenti du témoin... bon j'arrête.

Bref, une lecture qui ne laisse pas indifférent mais qui aurait avantage à être développée au niveau des émotions ressenties par le témoin du drame ou l'état de l'adolescent avec l'acte.

Merci et à bientôt,

   Anonyme   
12/2/2010
 a aimé ce texte 
Bien ↑
J'ai hésité parce que ça ne me disait pas au départ ce poème et ce qu'il dit. J'ai lu, j'ai aimé une langue simple et déliée, j'ai aimé un récit distant pour dire l'innommable, j'ai aimé un regard triste qui se contient pourtant et reste si digne, et cependant il y avait de quoi crier avec cette écriture-là.

   Leo   
12/2/2010
 a aimé ce texte 
Bien
Le thème est dur. L'histoire est indicible. L'auteur réussit à la dire sans tomber ni dans le trémolo, ni dans le larmoyant. On lit ce poème un peu comme une chronique. Il n'y a pas d'âme, et c'est tant mieux (on tomberait dans ce cas dans ls deux travers ci-dessus). L'auteur nous livre une vision extérieure, qui se veut neutre, d'un acte grave.

Et c'est par cette neutralité que le message passe, que l'indicible ne l'est plus, et que l'auteur nous amène au cœur de l'acte. Pas d'avis, pas d'opinion, une prise de distance considérable et des interrogations. Très fortes.

Je pense que, sous cette forme, l'auteur arrive à traiter la question d'une manière beaucoup plus intense que par le pathos. Le choix d'un registre simple, ouvert, dont on ne peut même pas dire qu'il est sombre ou angoissant tant les mots sont dans la banalité, contribue à donner un poids considérable à ce constat : il y a des suicides auxquels on ne comprend rien.

Très bon travail, qui va au-delà de la poésie.

   Anonyme   
17/2/2010
 a aimé ce texte 
Pas ↑
Bof... désolé LP, pour le coup je ne prends pas... j'ai des soucis avec le coté atone du poème.

Pas touchée pour le coup et pas trop désolée de ne pas l'être.
Néanmoins, beaucoup de retenue, peut-être trop justement, et une tentative de ne pas sombrer dans le pathos qui échoue en ce qui me concerne, de justesse l'épreuve...

Bonne continuation... et merci.

   widjet   
18/2/2010
 a aimé ce texte 
Pas
Je ne marche pas non plus. Déjà quand ça ne rime pas, ça me plait moyen…

Ce n’est pas tant la froideur clinique qui m’a enlevé toute émotion, c’est plus l’aspect « déjà » lu, le manque d’esthétisme ou de recherche de certaines phrases (« métal tendu sur une peau moite », « de la naissance à l’éternité »…) et des analogies franchement pas terrible (« La balle est au canon, ce que la moelle est à l’os » comme entame, ça « plombe » je trouve) qui ne m’ont pas séduits.

Juste une précision pour un des commentateurs : le « nous terrasse » laisse plutôt penser qu’il s’agit d’une exécution et non d’un suicide. Nous sommes apparemment à la fin de la scène, le gars a été buté dès le début du texte.

Désolé, je n’ai pas grand-chose à dire d’intéressant.

Seule question qui me vient : Qui est Thomas ?

W

   Anonyme   
17/2/2010
 a aimé ce texte 
Bien ↓
Arch. Beaucoup trop violent pour moi, trop rapide, trop glacé.
Cela dit, si le but était de faire surgir des images sous les yeux du lecteur c'est parfaitement réussi avec moi. (M'enfin, a-ton idée de faire subir pareil sort à un prénom que j'aime si fort !)

Juste une remarque sur la fin, peut-être. Je trouve que bizarrement (alors que le dernier vers est "c'est la peine capitale") cela ne donne pas une impression d'achever.

Merci LeopoldPartisan, parce qu'à défaut d'aimer, je trouve ce poème plutôt réussi dans son genre.

   ANIMAL   
17/2/2010
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Un texte original qui décrit parfaitement une situation explosive :
la rencontre de deux protagonistes, l'adolescent et l'arme personnifiée.

Pour moi, la clé est dans la première strophe : sans balle, le canon ne peut vivre, sans moëlle, l'os ne peut vivre.

Et tous deux dansent un ballet mortel, d'où pour moi le "nous", qui parle toujours des deux : l'arme et l'adolescent.

Et à la fin, tous deux sont "sans vie", c'est la peine capitale : le canon n'est plus rien sans sa balle, l'os non plus sans sa moëlle.

Un poème avec un traitement fort porté par une vision inhabituelle.

   Marite   
18/2/2010
 a aimé ce texte 
Bien
Bien aimé ce texte et les mots qui le composent. Une si grande distance prise avec un acte dramatique... est-ce pour exorciser la douleur, la culpabilité peut-être vis-à-vis de cet adolescent incompris? Une façon de pouvoir continuer à vivre sans Thomas.

   Arielle   
18/2/2010
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
Exécution ou suicide ?
Je ne parviens pas à trancher mais peu importe. En fait, le sujet véritable étant la mort d'un adolescent.
Sujet bouleversant s'il en est.
Ici, la froideur du traitement, la vision glacée, presque clinique du narrateur empêchent de tomber dans le larmoyant et laisse au lecteur une impression d'autant plus forte et dérangeante qu'il se sent seul devant sa propre émotion.
Un texte dont je garderai le souvenir et dont je note la puissance de l'effet.

   Anonyme   
19/2/2010
 a aimé ce texte 
Bien
Oh oui, j'aime bien.

Je me permets de soulever un détail :

"La balle est au canon
Ce que la moelle est à l’os"

Je trouve (mais il ne s'agit que de mon avis) que la formulation :

La balle est au canon
Ce qu'est la moelle à l'os'

ou

La balle est au canon

Ce qu'à l'os est la moelle

Aurait été plus fluide/musicale ...

Mais l'idée est jolie (Hum, je ne sais pas si le terme est bien choisi compte tenu du contenu (...)).

Le 'cruciale et vitale' me parait légèrement pléonastique, aussi. Et je n'aime pas "L’arme et l’adolescent
Se sont engagés vers le néant" (trop facile/banal)

ni "Ou déjà ce passage de la naissance à l’éternité"

Sinon, j'accroche bien au reste, surtout ce passage que je trouve particulièrement beau :

"Un blanc silence s’installe
Tandis qu’un vent intense
Nous terrasse

Curieuse cette étreinte
D’une peau nue et d’un métal froid
Furieuse cette empreinte
D’un métal tendu sur une peau moite"

... Ah, j'adore !

Le thème est assez tragique, mais traité avec sobriété. Je ne sais pas qui est Thomas mais je trouve que l'emploi du prénom comme titre est bien choisi.

Au plaisir ...

   nora   
19/2/2010
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Le poème m'a profondément touchée. Le "naturel" de la guerre (dénoncée de manière subtile et légèrement ironique), l'absence de tout sentiment et de toute éthique, la mort et l'absurde. Je trouve réussie l'antithèse entre l'adolescence (innocence, fraîcheur, vitalité) et l'horreur de la mort absurde qui l'anéantit.

J'ai apprécié l'effet visuel et celui auditif, comme, d'ailleurs le message de l'ensemble.

J'ai beaucoup aimé:

"Curieuse cette étreinte
D’une peau nue et d’un métal froid
Furieuse cette empreinte
D’un métal tendu sur une peau moite",


"Est-ce encore une vie à l’échafaud
Ou déjà ce passage de la naissance à l’éternité"

ou encore:

"L’innommable est une invraisemblable flaque de sang"


Merci

   jaimme   
19/2/2010
 a aimé ce texte 
Bien
Je penche donc pour le suicide. Avec un ressenti en faveur des enfants-soldats. Là n'exclut pas obligatoirement l'autre.
Je conseille d'écouter: "Undisclosed desires" de Muse en lisant.
J'aime:
"Il n’y a rien
Ni peur ni valeur" et
"Curieuse cette étreinte
Furieuse cette empreinte": excellent.
J'aime ce choix de mots très simples.
Je n'aime pas le dernier vers. J'aurais voulu quelque chose de plus proche de l'Iliade. Fureur.
L'ensemble hésite un peu trop entre le chirurgical et le poétique. Les deux auraient été de très bons choix. Le mélange l'est un peu moins.
Merci LeopoldPartisan.

   Anonyme   
24/2/2010
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Ca me parle, c'est brut(al) mais bien dégrossi.
La froideur des mots pour la froideur du geste.
Et cette conclusion sur la peine capitale, lourde et forte en double-sens...

C'est aussi simple que la réalité, ce qui n'a justement rien de facile.

Bravo Monsieur Partisan!

   David   
25/2/2010
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour LeopoldPartisan,

Des airs de Haïku dans le début de ce poème, des vers par trois qui claquent :

"La balle est au canon
Ce que la moelle est à l’os
Cruciale et vitale"

C'est le plus proche pour la forme, c'est une comparaison, une association d'idée, pas vraiment une image. Le second où je liras presque un "ni début ni fin" dans ce "Ni peur ni valeur" enchaine sur la fugacité, comme le passage d'une balle, ou la violence d'une douleur sciatique, le mouvement :

"Il n’y a rien
Ni peur ni valeur
À peine une goutte de sueur"

Le dernier enchérit encore, plombe une atmosphère qui n'en peut déjà plus :

"Un blanc silence s’installe
Tandis qu’un vent intense
Nous terrasse"

Ensuite c'est pas encore fini, je ne suis pas sûr que ce soit le métal qui soit tendu, c'est bien ce qui est écrit mais comme un lapsus, une inversion... ou alors c'est l'empreinte qui pourrait être tendue peut-être, il faut abandonner une souplesse pour pouvoir se tendre. Après le quatrain il y a comme un retour aux Haïku du début, pas une surenchère, comme un refrain plutôt, plus précis. La "balle" devient "l'arme" et la "moelle" s'avère adolescente. Une "vie à l'échafaud" ça ne doit pas durer longtemps encore que, sur une scène de spectacle, le temps... mais c'est un peu me perdre dans cette noirceur, l'execution, le bourreau et la victime semblent plutôt allégoriques, le mystère de cette "peine capitale" qui finira le poème.

Il y a un drôle de parallèle entre les deux "curieuse/furieuse" et les deux "personne", un lien, une contradiction. La fin revient sur l'association du tout début, dans la cruauté des deux vers avant le dernier, ensembles. L'histoire de ce Thomas racontait juste par sa fin.


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