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Poésie libre
Lirian : Friches
 Publié le 10/10/20  -  12 commentaires  -  800 caractères  -  192 lectures    Autres textes du même auteur


Friches



la peau des vieux nuages est grise
disait-il
leurs petits sont blancs

la pluie l'écoutait
perchée sur un arbre

les fenêtres de sa maison avaient fui

ouverte aux quatre vents
elle permit au plus sec
de faire le tour du salon
en sifflant

on ne peut faire confiance aux chemins
qui savent à quoi s'attendre
continua-t-il
grattant la peau d'un vieux nuage
ou sa tempe
et quant aux chaises
éternellement debout sur leurs quatre pieds
elles ne rêvent que de s'asseoir

quittant l'une d'elles
poussée dehors sous un tremble
et au mépris des hautes herbes
des ronces vives
il partit droit devant lui
traverser un grand verger
applaudi par les fruits


 
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   socque   
24/9/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
quant aux chaises
éternellement debout sur leurs quatre pieds
elles ne rêvent que de s'asseoir
Alors ça, j'adore. Ainsi que le grattouillis au vieux nuage et le départ applaudi par les fruits, en dépit des hautes herbes et des ronces vives.

Je ne sais pas trop de quoi on parle mais, pour une fois, je m'en fiche. Je ressens une impression indéfinissable, nourrie pourtant de mots concrets : maison, nuages, chaises, pluie, herbes, ronces, verger, etc. Pas d'envolée lyrique, de vague à l'âme, de tourment du poète devant la cruauté du monde, et ils ne me manquent pas. J'ai le sentiment d'être face à la poésie.

   Ascar   
25/9/2020
 a aimé ce texte 
Bien ↑
vous décrivez poétiquement un monde parallèle imaginaire où l'inanimé se met à vivre et à penser.

Il y a dans ce texte quelque chose qui tient de l'innocence, de cette innocence que seuls les enfants possèdent.

Développé, vous pourriez en faire un joli conte.

J'ai bien aimé cette lecture décalée

   Donaldo75   
25/9/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Autant le dire sans trémousser inutilement du popotin en circonvolutions hasardeuses et en commentaire composé à la noix: j'ai beaucoup aimé ce poème. Ici, le lecteur - en l'occurrence moi - a toute liberté pour laisser courir son interprétation et sa rêverie, imaginer ce que le poème lui suggère sans forcer le trait par des images à deux balles comme j'en ai vu si souvent ces derniers temps. Parce que dans mon esprit de petit gars venu s'aventurer sans scaphandre autonome ou combinaison ignifugée dans l'Espace Lecture, la poésie libre c'est autre chose que des effets de style, des mouvements de cheveux et des formules publicitaires.

Bravo !

   Lebarde   
10/10/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Lirian

On ne sait pas de quoi on parle, ni qui fait quoi et avec quelle logique.

Que m'importe pour une fois moi qui veux habituellement trouver un sens, une explication à tout, j'ai beaucoup aimé.

Je ne peux m'empêcher quand même! Comment, faut il comprendre:
"ouverte aux quatre vents
elle permit au plus sec
de faire le tour du salon
en sifflant"

Vous nous mettrez sur la piste j'en suis sûr, pour çà et pour certaines autres énigmes.

Les images sont tellement belles, originales et poétiques; on croirait entendre un jeune enfant dans ses rêves:
"la peau des vieux nuages est grise
disait-il
leurs petits sont blancs"

et puis celle là, vraiment confondantes de fantaisie et de justesse à la fois:

"et quant aux chaises
éternellement debout sur leurs quatre pieds
elles ne rêvent que de s'asseoir"

Votre poème est magnifique de fraicheur et de légèreté, vous m'avez transporté.
Merci.

Lebarde

   papipoete   
10/10/2020
 a aimé ce texte 
Bien ↑
bonjour Lirian
deux textes ce jour qui font naître chaleur et sourires ; une famille nuages, grand et petits s'en vont faire un tour, du côté de cette maison d'oû toute forme de vie a fui...
NB le fantôme des lieux assis sur une chaise, raconte à l'auteur cette visite, qui le temps d'un coup de vent pousse les nuées, tout droit devant.
les derniers vers emportent la trace avec eux, plus loin que la plume ne peut suivre...
dommage que vous ayez répété " la peau d'un vieux nuage ", ou alors est-ce volontaire ?

   eskisse   
10/10/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour Lirian,

Ce poème offre une déclinaison nouvelle des motifs de prédilection du poète : l'ouverture et la fermeture,l'intérieur et l'extérieur, la maison déstructurée, le chemin...

"Friches" m'invite à suivre la trajectoire décalée ( "on ne peut faire confiance aux chemins/ qui savent à quoi s'attendre" ) mais déterminée ( " droit devant lui" ) d'un personnage accueilli dans une sorte de jardin d'Eden situé on ne sait trop ou mais pas très loin, d'Eden puisque comme dans la Genèse il n'est pas question de pommes mais de fruits. Voilà mon itinéraire de lectrice ici...
J'aime le côté naïf et la tonalité légèrement fantastique qui émanent de votre poème.

   apierre   
10/10/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Une lecture très agréable.Je me suis laissé embarquer dans ce texte poético-fantastique où les fenêtres fuient et où les chaises fatiguées aimeraient bien s' asseoir.
On ne peut faire confiance aux écrits qui savent à quoi s'attendre ...

   Pouet   
10/10/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Slt,

un surréalisme qui (me) parle vraiment bien. Avec comme souvent cette forme "d'épure" très compliquée à réaliser qui semble naturelle.

L'entame, les trois premiers vers, est d'une évidence et d'une grande fluidité (j'aurais personnellement ajouté un "et" au début du troisième vers)

L'histoire des chaises éternellement debout qui rêvent de s'asseoir est à mon sens une sacrée trouvaille, évidence, simplicité, surréalisme.

Les chemins aussi.

Bon ça fait un peu réfléchir sans trop avoir l'air d'y toucher. C'est bien, très.

   Luz   
11/10/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour Lirian,

C'est une poésie très originale qui me rappelle un peu l'univers de Boris Vian.
J'imagine qu'il s'agit de la vie d'un poète entre sa maison et son jardin ; tout est normal en sommes. Ça m'arrive aussi, de temps en temps, d'être applaudi par les arbres fruitiers, mais en général il faut un peu de vent ou du vin ou du Vian...
Bravo !

Luz

   Provencao   
11/10/2020
 a aimé ce texte 
Passionnément
"on ne peut faire confiance aux chemins
qui savent à quoi s'attendre
continua-t-il
grattant la peau d'un vieux nuage
ou sa tempe
et quant aux chaises
éternellement debout sur leurs quatre pieds
elles ne rêvent que de s'asseoir"

J'ai beaucoup aimé cet éclairage, où le mot commence par être évoqué comme un objetqui se transmet... ce second degré que vous nous offrez est véritablement au rendez-vous, avec cet essentiel qui peut enfermer ou pas le lecteur dans le piège du premier degré ....

Au plaisir de vous lire
Cordialement

   Vincente   
11/10/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Ma première lecture a été plaisamment onirique.
J'ai vu ces "vieux nuages" à "la peau grise" dont le narrateur constate par défaut que pourtant "leurs petits sont blancs", nous laissant imaginer que c'est leur vie qui les a grisé.
J'ai vu la pluie profiter de la "fenêtre… ouverte" pour promener sympathiquement le "sec" dans "le salon".
J'ai bien compris "qu'on ne pouvait pas faire confiance aux chemins", trop déterminant…
Je me suis suis rebiffé face aux "chaises" soi-disant "éternellement debout sur leurs quatre pieds" (ébéniste, combien ai-je dû en réparer marchant sur trois pattes ou préférant la position couchée… ! et je les sais capables pour la plupart de "s'asseoir", à l'envers, tête-bêche sur leur partenaire, imbriqué ainsi de jolie manière…).
Et je me suis réjoui de participer à l'applaudissement final, dans la belle inspiration de ces "fruits" souhaitant marquer leur assentiment à la passade poétique auxquels ils étaient invités.

Du narrateur, on ne saura qu'apprécier le regard et supputer sur son identité ; peut-être n'est-ce-là qu'un vent qui "défriche" un lieu traversé, ou même une idée vapeur d'un esprit contemplatif, mais bien peu statique. Assurément, il aura su s'abstraire d'un "chemin" bien balisé, il y a ici un vagabondage des plus plaisant.

Ah j'oubliais (de l'écrire, pas de le penser !). J'ai reconnu la proximité de style avec l'écriture de Vénus Khoury-Gatha, dont la déclinaison est à la fois très souple mais tout-de-même préserve une singularité effective.

   RuedeC   
17/10/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Un joli poème comme une aquarelle. Il s'en dégage une certaine tranquillité. :)


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