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Poésie libre
LouValette : Soirées parisiennes
 Publié le 25/09/26  -  6 commentaires  -  1147 caractères  -  99 lectures    Autres textes du même auteur

Vagabonder dans les méandres de l'esprit d'une jeune femme en plein Paris.


Soirées parisiennes



J'ai peuplé mes soirées de mensonges,
Dans les gémissements d'une voix frêle,
Étouffée par l'ardeur masculine
Autour de ma nuque ne se dessinent
Que des songes
De serpents bleutés
Que mon cou de stigmates grêles
Laisse faire.
Eh !
Les bruits de la ville ne répondent qu'à toi !
Tu le sais !
Tu le sais !
Scélérat !
Les soirées de boue nébuleuse,
Dans lesquelles tu me débats :
« Ô dame maquerelle !
Me laisserais-tu,
Me laisserais-tu m'enfuir ? »
« Non !
Tout de marbre tes pieds sont faits !
C'est toi !
Toi ! qui le sais ! »
Prise de pitié,
Soudain la belle ronde
Tourne ses rayons flottant vers moi,
Petite fille de marbre
Peu à peu se détache.
Et tout en haut des toits galvaudeux,
Je vagabonde
Et Paris est à moi !
Les lumières
Filent chacun de mes pas
Intègre,
La ville n'est qu’à moi !
Je suis le chat,
Revêtu de noir,
Au-dessus de la ville infirme, sautant de vers en vers,
Prenant deux à deux

Une liberté
Qu'il ne suffit de croire.


 
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   Provencao   
25/9/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime bien
Bonjour LouValette,

J'ai bien aimé " Une liberté
Qu'il ne suffit de croire."

Cette liberté apparaît par éclairs, presque comme une voix.

Dans cette voix qui transperce ces soirées parisiennes, les mots se conjoignent à l’humble cime de l’existence...

Au plaisir de vous lire,
Cordialement

   Passant75   
25/9/2026
trouve l'écriture
convenable
et
aime bien
Bien que je n'aie pas toujours trouvé la forme à la hauteur du fond, le thème m'a intéressé. Dans quoi diable cette jeune femme est-elle enfermée, est-elle victime d’une relation de domination, est-elle enfermée dans un bordel, est-elle elle enfermée dans son propre mal-être ou cherche-t-elle simplement à s’émanciper de conventions qui l’étouffent ?

Je n’ai pas réussi à trancher entre toutes ces hypothèses, mais, au demeurant, peu importe ! J’ai cru voir une Fantômette, jeune adulte vêtue de noir, courir sur les toits de Paris. Cette liberté apparaît aussi belle que fragile, la réalité rattrapant le rêve qui reste lucide, il ne suffit pas de se croire libre pour l’être.

   jf2   
25/9/2026
trouve l'écriture
convenable
et
aime un peu
J’ai aimé le thème, avec cette jeune femme, sans doute maltraitée, qui reprend vie à la faveur de la nuit et de la poésie.

J’ai apprécié aussi la métaphore de la statue de marbre et l’image du chat.

La chute finale qui élargit le propos :
Une liberté
Qu’il ne suffit de croire
Est bien trouvée.

Alors pourquoi n’ai je pas plus aimé ?
Parce que sur la forme, j’ai trouvé trop de maladresses.

L’expression « tu me débats », même dans un poème, est peu agréable à lire.

Et surtout, pourquoi avoir cherché à transformer le poème en tragédie théâtrale ?

Quel dommage d’avoir convoqué Corneille :
Ô rage ! Ô désespoir ! Ô vieillesse ennemie !

Avec :
Eh !
Les bruits de la ville ne répondent qu'à toi !
Tu le sais !
Tu le sais !
Scélérat !

Et même Racine :
Pour qui sont ces serpents qui sifflent sur vos têtes

Avec :
Autour de ma nuque ne se dessinent
Que des songes
De serpents bleutés
Que mon cou de stigmates grêles

A mon sens, le poème n’avait pas besoin de ces artifices pour toucher.

   Myndie   
25/9/2026
trouve l'écriture
convenable
et
aime un peu
Bonjour LouValette,

sentiment mitigé pour moi. J'ai d'abord trouvé beaucoup de tempérament à votre poème, une certaine densité visuelle et sensorielle (les 8 premiers vers sont très beaux, la fin aussi : le chat noir qui saute « de vers en vers »).
Malheureusement, comme cela a déjà été relevé, cette intensité se perd en chemin dans le mélodrame en s'orientant vers un dialogue théâtral à l'emphase obsolète.
C'est dommage car certaines fulgurances (comme les « serpents bleutés ») me laissaient entrevoir une ambiance urbaine crépusculaire et vénéneuse à souhait.
Mais le poète a refermé la porte à l'imaginaire avec la lourdeur de ses exclamations.
Pour offrir aux toits de Paris tout ce qu'ils méritent et conserver la belle énergie de vos vers, il suffirait de peu : épurer les passages « parlés » et les fondre dans la poésie de l'ensemble.

   LeChevalier   
25/9/2026
trouve l'écriture
perfectible
et
aime bien
Voici un texte que je trouve difficile à lire. Il me semble (une fois de plus) que la ponctuation ne reflète pas fidèlement les intentions de l'autrice. Cette impression vient de la ligne « étouffée par l'ardeur masculine » -- qui est étouffée ? la voix de la ligne précédente ou bien la je elle-même ? L'absence de ponctuation à la fin ne me permet pas de trancher.

La ligne qui ne comprend qu'un « Eh ! » fonctionne comme un pivot : du monologue autodescriptif, on passe à un discours adressé à un autre, visiblement un homme puisqu'il est qualifié de « scélérat ».

Ensuite, vient un discours direct imaginé ou rapporté, prêté au scélérat. Mais pourquoi après les guillemets fermants y a-t-il d'autres guillemets ouvrant ? Est-ce le discours d'un troisième personnage ? Si c'est un retour à la je, je me serais dispensé des guillemets. Mais non, je pense bien que ces paroles (« Non ! Tout de marbre tes pieds sont faits !... ») appartiennent à la « belle ronde » qui est différent de la moi. Cette moi-là est-elle la petite fille de marbre ? Mais alors les paroles précédentes (où l'on parle de pieds de marbre) auraient dû s'adresser à la même petite fille... Pourquoi viennent-elles après la réplique adressée à un scélérat et pas à une scélérate ? Je suis perdu dans l'énonciation...

« Tourne ses rayons flottant vers moi » -- c'est le rayons qui flottent ou elle-même ?

« Glavaudeux » et « vagabonde » paraissent faits de la même matière sonore même si l'intelligence dit autre chose. Ce n'est pas grave, l'impression compte parfois plus que la vérité extraite par l'effort.

« Intègre » -- joli jeu de mots avec l'étymologie : « intègre » et « entière » ont la même origine.

Le chat est revêtu de noir : on dit bien que les chats ont une robe, alors ils peuvent bien être revêtus.

On était partis d'un tableau assez épouvantable, on termine sur les toits et libre, c'est bien ça, je trouve.

Au total, il y a des éléments que j'ai bien aimés mais je trouve qu'il y a un abus de suggestivité dont on peine à attribuer l'origine : intention ou juste maladresses répétées ?

   Pussicat   
25/9/2026
trouve l'écriture
convenable
et
aime bien
La ponctuation est présente : virgule, point, point d’exclamation, alors pourquoi ma lecture se trouve hachée, comme si elle rencontrait un obstacle qu’une deuxième, troisième, quatrième lecture viendrait exploser pour pouvoir continuer ?

Cette impression d’empêchement a commencé dès le premier vers, avec ponctuation pourtant, mais dont le sens m’échappe : [...] Autour de ma nuque ne se dessinent Que des songes De serpents bleutés Que mon cou de stigmates grêles Laisse faire. », un point manque peut-être après « l'ardeur masculine », mais cela ne suffit pas, « Que mon cou de stigmates grêles Laisse faire. », je ne comprends pas cette phrase (je crois comprendre les traces d'une violence, mais...).

Ces soirées parisiennes me paraissent bien tristes, comme si ce « chat, Revêtu de noir, » s’offrait la ville pour échapper aux tourments, à l’emprise du « Scélérat » prolongement de « l'ardeur masculine », mais pas que, le dialogue entre parenthèses introduit un autre personnage, une mère maquerelle dont la qualité professionnelle ne suppose pas la bienveillance… J’ai supposé que « la belle ronde » pouvait signifier la lune, dans ce cas pourquoi serait-elle prise de pitié ?

Puis je me suis ravisée, « la belle ronde » est « dame maquerelle » et le personnage que j’imagine féminin est sous son emprise, sous l’emprise de la nuit, des soirées parisiennes.

Ce vagabondage nocturne n’est peut-être qu’un songe, le songe d’une liberté recouvrée.
J’ai apprécié la fin du texte, cette balade sur les « toits galvaudeux », le personnage qui se libère de ses chaînes, qui « peu à peu se détache. » pour s’offrir la ville, certaines échappées fulgurantes comme « serpents bleutés / toits galvaudeux / Une liberté Qu'il ne suffit de croire. » mais insuffisantes pour m’emporter avec vous dans cette virée parisienne. Et pourtant, quelque chose me retient, par la peau - frémissement, par les yeux - ferme les yeux Pussicat et regarde !, comme une étrangeté que je ne saurais définir...

A bientôt de vous lire,


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