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Poésie libre
lucilius : La mainmise
 Publié le 06/11/18  -  9 commentaires  -  871 caractères  -  209 lectures    Autres textes du même auteur

Une main entrant en dissidence, quelle utopie de sa part ! Elle va voir de quel bois je me chauffe.


La mainmise



Dis, toi que la vie ponce au moindre frôlement
Comme un mât couine au vent quand la voile faseye,
Morceau de crépuscule entoilant l'horizon,
Pourrais-tu dessiner sans mes yeux pour complice ?

Dis, toi que l'effort fronce au moindre mouvement
Comme un souffle marin fait craqueler l'orseille,
Jusant bordant d'écume un quatrain de saisons,
Pourrais-tu dessiner ce que mes pores tissent ?

Dis, toi dont la peau mue au moindre épanchement
Comme l'écho pourfend la voix qui le conseille,
Fibre entre ciel et mer au gré des flottaisons,
Pourrais-tu dessiner si mes doigts rapetissent ?

Dis, toi qui m'accompagnes au cadran paresseux
Quand mes plus nobles sens s'enivrent en escale,
Ai-je un instant songé à te déshériter ?
Ne te meus pas en vain ! J'ai maints projets pour toi.


 
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   INGOA   
21/10/2018
 a aimé ce texte 
Passionnément
Quelle somptueuse manière de traiter les prémices d'une maladie dégénérative (Parkinson ?) avec humour et autorité ! J'aime beaucoup la disposition des phonèmes des trois premières strophes, peu fréquente. Les comparaisons sur fond de toile marine sont très belles
Du coup, la structure de la quatrième strophe peut étonner mais elle offre la cerise sur le gâteau :
Ne te meus pas en vain ! J'ai maints projets pour toi.

   Gabrielle   
6/11/2018
 a aimé ce texte 
Bien
Un sujet abordé avec intelligence (pathos).

L'auteur met en place tout un questionnement qui met en exergue la nécessaire utilité de "la mainmise".

Merci pour ce partage.

Bien à vous.

   bipol   
6/11/2018
bonjour,

je n'ai pas compris de quoi vous parlez

ça vient de moi bien sûr

qui ne doit pas être assez ouvert

à ce style de texte

pardonnez mon ignorance

   LenineBosquet   
6/11/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
Bonjour Lucilius, et bravo pour votre poème intéressant, original de par son fond et sa forme.
Dommage pour le vers 13 qui, à mon sens, fait 13 pieds justement. Peut-être aviez-vous oublié le "s" de "accompagnes" à l'envoi et ceci a été corrigé ensuite ?
Bref, un travail élégant pour parler d'une partie de notre corps qui nous échappe, de la volonté de l'esprit pour le contrer.

   Robot   
6/11/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
Ce texte sur la main, un élément du corps tellement sollicité que parfois on oublie la part essentielle qu'elle prend à notre activité mais aussi qui la fait dépendre de notre volonté même inconsciente.

Une petite réserve pour l'allitération "l'effort fronce" qui accroche à l'oral.

Dommage pour le vers 13 qui déroge aux autres vers d'introduction des quatrains avec son S à accompagne qui empêche l'enchaînement avec "au cadran."
Vous auriez pu écrire:
"dis, toi que j'accompagne au cadran paresseux"
sans que celà porte préjudice au sens.

Sans trop de sévérité, ma flèche descendante pour cet impair.

   papipoete   
6/11/2018
 a aimé ce texte 
Bien ↑
bonjour lucilius
Dis, toi qui réagis au quart de tour de neurones, toi qui prends même les devants face au danger, saurais-tu sans mes yeux me faire un dessin ? Je trouve que tu en fais parfois trop, aussi " ne te meus pas en vain, j'ai maints projets pour toi ! "
NB l'auteur emploie des mots du " cru ", des bords d'océan je présume, dont il n'est pas forcément nécessaire de lire la définition ( faseye, orseille, jusant ), l'on en devine le sens !
Je sais qu'une main peut écrire, dessiner si les yeux sont morts, s'il ne reste plus 5 doigts au bout de sa paume ...

   PIZZICATO   
6/11/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
J'ai trouvé remarquable cette façon de traiter cette " dissidence " de la
main, allusion à la maladie (tremblements ?).

Des images intéressantes mais aussi cette sorte de rappel que la main reste -normalement- solidaire du corps et de l'esprit : " Pourrais-tu... ?

Et cette conclusion qui m'a beaucoup plu : "Ne te meus pas en vain ! J'ai maints projets pour toi. "

   fernand19   
6/11/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
je trouve que l'auteur, en voulant une perféction déjà atteinte, a un petit peu rendu le poème lourd. le dernier vers surtoût semble vénir d'une envie d'impressioniste.
n'empêche que ça reste un remarquable poème...

   jfmoods   
6/11/2018
Ce poème est composé de 4 quatrains en alexandrins. Si, au fil des 3 premières strophes, la rime se fait à distance (1, 5, 9 / 2, 6, 10 / 3, 7, 11 / 4, 8, 12), elle est absente sur la dernière strophe. On remarque un écho à l'hémistiche des vers 1 et 5. Le propos est porté par des allitérations (c, m, s/z) et une assonance (an).

La thématique de la navigation en pleine mer irrigue le poème ("Comme un mât couine au vent quand la voile faseye", "un souffle marin fait craqueler l'orseille", "Jusant bordant d'écume", "entre ciel et mer au gré des flottaisons", "en escale"), mettant en perspective le combat journalier que livre le locuteur à une douloureuse maladie (gradation : "vie ponce au moindre frôlement", "l'effort fronce au moindre mouvement", "la peau mue au moindre épanchement", comparaison : "Comme l'écho pourfend la voix qui le conseille").

Par une apostrophe (anaphore : "Dis, toi"), il s'adresse à sa main, membre engourdi (parallélisme : "qui m'accompagnes au cadran paresseux / Quand mes plus nobles sens s'enivrent en escale") au comportement imprévisible (impératif : "Ne te meus pas en vain !"), l'assurant de la solidarité des autres parties du corps (questions rhétoriques à la rime : "Pourrais-tu dessiner sans mes yeux pour complice ?", "Pourrais-tu dessiner ce que mes pores tissent ?", "Pourrais-tu dessiner si mes doigts rapetissent ?"), lui témoignant sa volonté de ne pas capituler (question rhétorique : "Ai-je un instant songé à te déshériter ?"), de lutter jusqu'au bout pour lui faire retrouver son autonomie (titre : "mainmise", homonymie comique : "J'ai maints projets pour toi").

Merci pour ce partage !


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