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Poésie contemporaine
lucilius : Les rimes vernissées
 Publié le 28/04/18  -  5 commentaires  -  606 caractères  -  123 lectures    Autres textes du même auteur

À l'amorce du dernier appareillage.


Les rimes vernissées



Quand ma fièvre éblouit les cimes enneigées,
Volant au firmament son étoile polaire
Pour soumettre au tombeau des terres immergées
En piège récifal son ventre alvéolaire,

Je pressens, imminent, le grand appareillage ;
Équipage à m'offrir les rêves abyssaux
Dans un écrin de nacre, ouvrant son coquillage
À la paix éternelle et ses murs colossaux.

Maître d'euthanasie, notre rendez-vous traîne
Et quitte à blasphémer sur des fonds lambrissés,
Autant prendre mon temps pour que je les étrenne,
Stigmates à s'enfuir en rimes vernissées.


 
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   Queribus   
19/4/2018
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour,

Je me permets , tout d'abord, une remarque sur le "sexe" des rimes: les strophes 1 et 3 sont composées uniquement avec des rimes féminines; je pense qu'il aurait fallu alterner avec des rimes masculines (ce que vous avez fait à la strophe2); sinon, rien à dire sur la qualité exceptionnelle de votre prosodie qui frise la perfection; toutefois le mot euthanasie aurait dû être suivi par une voyelle( ie à la césure);en ce qui concerne orthographe, A la paix éternelle le A aurait dû porter un accent À. Vous l'aurez compris, tout ceci n'est que remarque de pinailleur qui va chercher midi à quatorze heures (mais nous sommes quand même en poésie classique).

Le fonds, quant à lui, me laisse un peu perplexe et l'idée principale n'apparait pas immédiatement; d'autre part, certaines expressions sont à la limite de la préciosité:"quand ma fièvre éblouit les cimes enneigées" "Volant au firmament son étoile polaire", etc. et demandent, à mon humble avis, plusieurs lectures.

En conclusion: hormis quelques petits détails sur la forme, le tout témoigne de la belle ouvrage et d'un travail soigné.

   Luz   
28/4/2018
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour lucilius,

C'est bien, mais il faut lire plusieurs fois pour à peu près tout saisir (enfin pour moi en tout cas).
Je suis allé voir sur internet "rimes vernissées" car je pensais qu'il y avait peut-être une référence quelconque (et je suis tombé sur "rimes vernissées / lucilius / Oniris")...
Donc je suppose que les rimes ont une relation avec le vernis du cercueil, tout simplement.
J'aime bien la fluidité du texte, c'est difficile en poésie classique, et il faut du souffle pour les 2 1ère strophes en enfilade. Ponctuation parfaite.
Merci.

Luz

   papipoete   
28/4/2018
 a aimé ce texte 
Bien
bonsoir lucilius
Qu'en termes choisis, vous évoquez le moment du grand départ ! Le grand appareillage " dans un écrin de nacre, ouvrant son coquillage/à la paix éternelle et ses murs colossaux " !
NB je songe à vous lire aux abysses où gisent dans ce grand sarcophage d'acier, les partants du voyage inaugural, de ce grand insubmersible le Titanic ! Une nuance avec votre maître d'euthanasie, leur rendez-vous ne traîna point ...

   jfmoods   
29/4/2018
Ce poème est composé de 3 quatrains en alexandrins, à rimes croisées, suffisantes et riches, majoritairement féminines.

Le locuteur, gravement malade (indices : "ma fièvre", "piège récifal", "ventre alvéolaire"), est le point de fixation d'une douleur extrême (expression d'une intensité : "éblouit les cimes enneigées", "Volant au firmament son étoile polaire").

Il vit dans la perspective d'une mort proche (verbe : "Je pressens") qui lui apparaît cependant sous un jour apaisant (image générique du cimetière : "tombeau des terres immergées", métaphore maritime : "le grand appareillage", image d'un au-delà : "la paix éternelle", éléments enchanteurs : "Équipage", "écrin de nacre", "coquillage", groupes nominaux à visée épique : "rêves abyssaux", "murs colossaux").

L'adresse au grand ordonnateur de la vie demeurant pour l'instant sans réponse ("Maître d'euthanasie, notre rendez-vous traîne"), le poète entend bien exploiter le délai qui lui reste (forme infinitive : "prendre mon temps") pour rendre compte, en conscience (marqueur de concession : "quitte à blasphémer sur des fonds lambrissés"), par le travail d'écriture, des derniers moments de son calvaire ("Stigmates à s'enfuir en rimes vernissées").

Les allitérations (b/p, f/v) et l'assonance (an) suggèrent la violence de l'agression subie.

Merci pour ce partage !

   BlaseSaintLuc   
1/5/2018
 a aimé ce texte 
Passionnément
Des rimes vernissées comme autant de clous de cercueil poli, âcre goût d'une terre qui s'approche un peu trop des genoux, pas si sombre pourtant, car portées dans les airs, ni même abandonnées, juste pragmatique sur ce qui viens ,ce qu'il advient de nous .

Baudelairien en diable (si j'ose dire)


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