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Poésie classique
Ludi : Ep3. Je trouve inconvenant, sous la voûte papale…
 Publié le 17/05/17  -  30 commentaires  -  631 caractères  -  920 lectures    Autres textes du même auteur


Ep3. Je trouve inconvenant, sous la voûte papale…



Je trouve inconvenant, sous la voûte papale,
Qu’un prélat zélateur invite en tapinois
La novice au teint frais comme une blanche opale,
Et lui serve au dîner une endive et deux noix.

Je trouve inconvenant qu’il la mène aux latrines,
L’accule à renoncer en pleurs à tous ses vœux,
Enfonce dans la lune un chapelet d’épines,
Et s’écrie : « Ô Mon Dieu, quels douloureux aveux ! »

Je trouve inconvenant qu’un mercenaire suisse
Arbore comme un coq une crête rubis,
Et jabote à l’écho de la vierge entrecuisse :
« Aïe ! Aïe ! Aïe ! Il est doux, le chant de la brebis ! »


 
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   papipoete   
5/5/2017
 a aimé ce texte 
Vraiment pas
classique
Un viol sur une novice sous le toit du pape ...
NB j'ai du mal avec ce sujet que vous mettez en poésie, et même si certaines lignes pouvaient porter à sourire " au dîner une endive et deux noix ", autant d'évoquer une nuit de noce, le premier rapport entre 2 tourtereaux, me fera rosir et regretter ma jeunesse, autant mettre en vers le supplice de cuissage m'est douloureux !
Vos alexandrins parfaitement classiques purent tellement mieux agrémenter une " partie fine " sur un pré !
papipoète

   Zorino   
17/5/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour Ludi,
Ce que j'apprécie avec vous, c'est qu'à chaque fois que je vous lis, j'y apprends de nouveaux mots. Une fois de plus, on reconnaît bien là votre griffe, où talent, humour et dénonciation en filigrane ne font qu'un.
Sur la forme, qui suis-je pour exprimer une critique à votre égard ? C'est un peu comme si l'écrivaine Nabilla (rires ininterrompus jusqu'à l'étouffement) se mettait à critiquer les œuvres de Céline :-) (à la limite Céline Dion mais Louis-Ferdinand, faut pas déconner !) D'ailleurs, la question que je me pose est la suivante : y a-t-il vraiment une critique à émettre ?
Sur le fond, on ne peut pas dire que vous y soyez allé de main morte. Mais cependant - et sans rentrer dans les détails - , je partage pleinement votre point de vue sur ce brûlant sujet hélas, encore tabou. Bravo en tout cas pour votre courage, il fallait oser et surtout, il fallait trouver la juste manière de l'exprimer. Me concernant, et comme vous l'aurez compris, mission accomplie !
Merci pour le partage et...vivement la 4ème partie !
PS : si Jorge Mario Bergoglio alias "Pape François" - ou un de ses apôtres - est dans ce groupe, on va vite le savoir :-)

   Proseuse   
17/5/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Ludi,

Pour le coup, le titre du poème est important et l' " inconvenance" dont tu parles est à cet endroit-là vraiment bienvenue ! :-)
Le texte est bien sûr - dérangeant- mais la poésie est aussi là pour cela ... déranger, dénoncer et tu le fais, ici, à la façon "Ludi" sans détours ni faux-fuyants ! c' est sûr que comme le dit Zorino plus haut si le pape est inscrit sur Oniris .. on va vite le savoir !
un texte qui ne mâche pas ses mots et qui est peut-être plus porteur de message que de dire gentiment: - "c' est pas bien de faire ça" ...
Merci pour le partage

   troupi   
17/5/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Salut Ludi

Il est des sujets qu'il faut oser traiter et le faire de telle manière c'est quand-même la classe je trouve.
Alors bravo pour ce nouvel épisode qui raconte l'indicible et pour le coup "inconvenant" fait figure de bien pâle euphémisme en regard du sujet mais c'est tellement bien écrit.
A bientôt sur un autre texte.

   leni   
17/5/2017
 a aimé ce texte 
Passionnément
Salut Poète LUDI

J'imagine parfois que tu pourrais chevaucher la vallée de la mort et t'arrêter au ranch de la fournaise on trempe sa chemise dans l'eau
et on se couvre la tête Quelques pensées parviennent à s'engouffrer
entre les portillons des neurones ALORS non Zorro n'est pas arrivé
mais un poète surgit énigmatique penseur ET le poète suggère et le lecteur interprète Parfois il se met avec délectation le doigt dans l'oeil
VOILA
Je me trouve nez à nez avec un prélat zélateur Et la novice est servie

Une endive et deux noix Qui à mon sens est une image phallique
Notons que la vraie recette ajoute du roquefort
En suite il y a l'épreuve d'un chapelet d'épines mon doux JESUS

Pour se sanctifier

Le mercenaire suisse est sans doute un garde qui en attendant boit une DÖLE des MONTS

Et je finis par jaboter une vierge entrecuisse

Je suis épuisé mais heureux J'ai compris et je nous en flattons

Ca décoiffe cavalier Mercide m'avoir amené sur la croupe de ton
cheval Merci pour cette belle histoire MA fidèle amitié LENI

   widjet   
17/5/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Les premiers vers donnent le ton : ça va piquer.
Faut être sacrément talentueux pour faire d'un sujet scabreux un texte aussi acerbe et acéré sur l'hypocrisie et l'infamie religieuse. Même si de nos jours, il est de bon de botter le train à l'église, c'est tout de même sacrément bien envoyé, le tout dans une violence raffinée.

Chapeau bas pour la performance, la plus réussie en ce qui me concerne.

W

   Alexandre   
17/5/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Salut Ludi... Sans mettre tout le clergé dans le même sac, je ne trouve pas inconvenant de traiter ce sujet sous cette forme ou sous une autre car ce n'est malheureusement pas de la fiction.
Trois quatrains classiques du plus bel effet qui ébranlent quelque peu la voûte papale mais c'est aussi le rôle de la poésie de dénoncer des us et coutumes délétères trop longtemps restés dans l'ombre...

Bravo avec un petit plus pour la forme impeccable...

   Arielle   
17/5/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Quel régal que ces Inconvenances dont j'attends avec gourmandise chaque nouvel opus !
Je ne suis pas déçue par celles-ci qui jouent subtilement et avec élégance d'une impertinence jubilatoire tout en portant avec respect le surplis de métrique classique.

J'aurais peut-être évité de situer l'action dans les latrines, l'odeur de sainteté y étant un peu gâtée par un fumet plus grossier. Il ne manque pas de rimes en ine dans les chapelles du Vatican (matines ?)

   Cristale   
17/5/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour Ludi,

C'est de l'art : allier poésie et horreur, en soulignant la douleur de métaphores aux sarcasmes amers, et d'autres non moins métaphores: trois quatrains évoquent finement chacun l'un des trois orifices du corps d'une femme, ici une très jeune fille. Un viol, disons-le tout haut, plus qu'inconvenant. Garder distances pour mieux dénoncer le crime...et c'est bien dit, bien écrit.

Ici des voyelles retentissantes, a -o, comme au premier vers, s'harmonisent aux nasales ou-an, et d'autres voyelles claires i-é s'intègrent dans des syllabes soutenues par des consonnes fortes : q-p-z-t, exprimant une plénitude angoissante, comme au second vers.
Je continue ? Non, j'épargnerai l'auteur, bien que je sache qu'il n'y est pas hostile, c'est pour cela que je me permets, juste rajouter que la voyelle - i - en majorité ici peut être considérée en tant que voyelle "aigüe", elle évoque les violons : donc exprime la douleur, et -o- en grand nombre aussi, évoquant le son des cuivres, exprime la gravité, et les -a-, sont les orgues. Voilà pour la musicalité de cette composition harmonieuse.

Je sais bien que les poètes ne "calculent" pas tout cela, moi non plus, mais l'écriture est ainsi faite que la composition des mots se fait inconsciemment et tombe toujours juste selon le schéma de la pensée et des émotions que l'auteur souhaite retranscrire.

Avec la musique, la couleur de ta palette poétique joue sur des nuances incarnat, givre et or terni.
J'arrête là.

Merci Ludi pour ce beau moment de poésie malgré la gravité du sujet.
Oui, c'est de l'art que de savoir exprimer tout cela autrement que de façon prosaïque.

Cristale

(j'hésite pour la notation, je reviendrai plus tard, promis !)

Bon, je ne note pas le fond de l'histoire que je ne peux qu'aimer vraiment pas on s'en doute, je tient compte de l'écriture, de la prosodie, du vocabulaire riche (ça j'adore !). Un peu trop de substantifs à la rime (8 sur 12 mots) me font déplacer légèrement mon curseur, mais il faut bien que je trouve quelques défauts. Non ? Et puis te lire sur un plus grand nombre de strophes attiserait ma curiosité. Sera-ce possible un jour ?

   funambule   
17/5/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Je suis de ceux qui pensent que ce n'est pas l’abstinence qui induit mais la maladie (mentale) qui fait les vocations. Au-delà de cet incipit, cette révolte, alliant brutalité et finesse d'écriture, audace et "délicatesse" me convient comme la crête au punk. Une belle musique remuante que ces vers si bien ciselés. Amen!

   plumette   
17/5/2017
osé! et réussi!
Une petite gêne me taraude qui n'a rien à voir avec votre talent!
Le "je trouve inconvenant" n'est pas assez dénonciateur ici.
Cette anaphore que vous baladez d'un épisode à l'autre me semble ambiguë car je ne peux éviter la pensée que le dénonciateur éprouve quelques plaisirs à ces dénonciations. Est-ce que je me fais comprendre? Pour les 2 premiers épisodes, j'avais l'impression que nous étions dans le second degré. mais ici, je trouve que le viol d'une novice ne supporte pas le second degré!

pas d'appréciation cette fois ci, mais une curiosité pleine et entière pour le prochain.

Plumette

   hersen   
17/5/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Diable cornu crochu fourchu, qu'il lui est facile d'être en bon copinage avec son frère Dieu !

Et combien de talent faut-il pour savoir, en finalement assez peu de mots, le démontrer.

Ton poème n'est même pas anticlérical : il est tellement au-dessus, (au-dessous diraient certains :) allant chercher les paradoxes qui font mal, les paradoxes de la misère de l'âme humaine.

J'ai hautement apprécié les commentaires qui décortiquent ton poème, ils contribuent à en amplifier les sons.

Merci Ludi,

hersen

   TheDreamer   
17/5/2017
Ni le thème, ni le ton ne me dérangent. Ai-je cependant le droit de trouver ceci assez faible et convenu sans être pris pour une grenouille de bénitier ? Rien ne semble ici mériter un engouement excessif. Je passe mon tour pour la note.

   Pouet   
17/5/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bjr,

Traiter d'un sujet gravissime sur un ton léger voire humoristique est une option parfaitement défendable pouvant s'apparenter à de la pudeur.

J'y souscris assez pour ma part.

Bon, encore ce "je trouve inconvenant"... bien évidemment bardé de cynisme ici, comme dans les autres opus d'ailleurs me semble-t-il.

Alors voilà, on "accule", on "enfonce dans la lune"...

J'ai appris l'expression "en tapinois" qui fait ici double-emploi, c'est bien vu.

Je suis donc convaincu pour ma part tant par le fond que par la forme.

   myndie   
17/5/2017
 a aimé ce texte 
Passionnément
Bonjour Ludi,

Tu mets ta virtuosité poétique (sur laquelle Cristale s’est penchée avec justesse) au service de l’irrévérence, de l’humour et de l’ambiguïté avec un tel talent que j’en suis envieuse !:))
Il n’y aurait de malaise qu’à avoir une vision idéalisée ou romantique de ce que serait supposé être un poète.

Moi j’aime ce défouloir que tu nous offres. Ta farce est subversive, elle transgresse l’interdit, la morale et les tabous. Tu nous donnes à sourire, à rire et ça fait du bien, ça décoince, même si on est pas dupes de tes jeux de mots (maux) naturalistes, de la misogynie déclarée et le la paillardise anticléricale de tes vers : c’est bien là, en filigrane, qu’on trouve le vrai Ludi, tu auras beau dire, tu auras beau faire…

Bravo et merci Ludi

   PIZZICATO   
17/5/2017
Salut Ludi
Bon, j'arrive en queue (!) de peloton ; tout a été dit sur ce texte.
Derrière le paravent de l'humour le propos est cinglant, irréfutable et bien écrit.
Ce qui me gêne un peu c'est que l'on pourrait aisément remplacer les personnages par exemple :
un patron et une jeune secrétaire, un père et son enfant... Là on parlerait directement de viol et l'humour n'aurait plus sa place.
Mais tu as cette façon de dire l'indicible qui en devient presque amusant et je trouve que c'est une prouesse d'écriture.
Bien à toi

   Michel64   
17/5/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Ludi,

Cet euphémisme "je trouve inconvenant" auquel on est habitués à présent, est le moins que tu puisses faire au vu de la suite du poème.

La forme est impeccable comme d'habitude, et le fond méritait que quelqu'un se dévoue pour traiter de l'infâme chose, même si je ne voudrais pas en lire des kms.

Je regrette un peu les deux derniers vers avec d'abord cet "écho de la vierge entrecuisse" ? L'écho des cris de la vierge d'accord, mais de la vierge entrecuisse ? Quelque chose m"échappe que tu m'expliquera peut-être.
Ensuite le dernier vers me paraît presque une facilité.

Voili, voilà, Ludi, ce que je pouvions en dire à cette heure.

Au grand plaisir de te lire encore.

Michel

   Brume   
17/5/2017
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour Ludi

Une fois de plus j'aime le ton acerbe et vivace qui donne un sacré caractère à ton poème.
L'humour noir est réussi, selon moi c'est une prouesse car c'est un genre qui n'est pas du tout évident à faire; il est si facile de tomber dans le vulgaire, ce que tu as su éviter.
Bon j'avoue ne pas avoir trop compris le sens de l'avant dernier vers de la 3eme strophe.
Ton poème fait naître des sentiments multiples.

   wancyrs   
18/5/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Vous m’eûtes, cher sieur Ludi, juste avec votre titre aussi ludique que accrocheur. Et puisque les plaisirs de la chaire sont des sujets savoureux qui m'apportent plus qu'il n'en faut de salive dans la bouche, c'est en bavant que je savourasse ces alexandrins ma foi juteux.

Merci donc à vous de nous inviter à faire bonne chère avec les plaisirs de la chaire.

Bien à vous !

Wan

   Grange   
18/5/2017
Ce que je trouve inconvenant c'est ce plaisir pervers à mettre en scène le viol qui est un crime quel que soit le contexte dans lequel il se commet.
C'est tout de même quelque chose de très masculin de pouvoir traiter sur le mode de la légèreté un sujet aussi grave ; et ce n'est pas en affublant les personnages d'oripeaux religieux qu'on sauve l'affaire. C'est juste une manière de mettre les beaufs et leurs rires gras de son côté à peu de frais.
Désolé c'est non, ce texte me répugne.
Il n'y a même pas lieu de noter cette mauvaise glissade.

   Curwwod   
18/5/2017
 a aimé ce texte 
Passionnément
Cher Ludi,

Vous voila sacré (hé oui!) docteur es-sacrilège et politiquement incorrect. Cette pochade, que vous avez bien entendu pris un plaisir pervers à écrire, imaginant certainement toute l'horreur de la scène, ne fait que rappeler ce que les tartuffes de tout poil (au...) s'efforcent de passer sous silence avec des mines offusquées : à savoir que depuiis la nuit des temps les ecclésiastiques de tout rang ne sont que des hommes, les novices et autres prieures des femmes et que, de par cette condition de mammifères, un bon nombre n'ont pas rechigné à pratiquer les plaisirs de la chaire (dicit Wancyrs). Il paraît même que faute de novices certains pratiquent l'enfant de choeur.
Votre poème, toujours aussi abouti (je n'ai pas dit embouti) au ton "fluide glacialique" est jubilatoire car, loin de toute complaisance envers l'acte odieux qu'est le viol, vous rappelez à la face du monde toute l'hypocrisie institutionnelle contre laquelle quelques responsables ecclésiastiques essaient de s'élever.
Humour grinçant, certes, mais mis en scène avec esprit et brio, qui affirme avec détermination la liberté d'exprimer ses opinions sur quelque sujet que ce soit, et qui recouvre (l'actualité ne démentant guère la teneur de votre texte) une gravité qui vous honore.
Si on vous fait le même procès qu'à Molière, soyez en résolument très fier. L'atténuation préliminaire "Je trouve inconvenant" qui introduit (pardon!) l'évocation de faits criminels pose une touche d'ironie au vitriol qui me ravit...

   Absolue   
18/5/2017
C'est bien écrit et ça pourrait être drôle et pourtant ça me dérange car je ne connais pas l'auteur et donc, je ne sais s'il s'agit d'une mise à distance par rapport à un thème grave ou au contraire, d'un certain "plaisir" à rendre poétique quelque chose qui ne l'est pas du tout. Je ne mets donc pas de note.

   corbivan   
18/5/2017
 a aimé ce texte 
Pas
Bien écrit, c’est vrai, bien que je ne sois pas trop convaincu par ‘L’endive et les deux noix’, ça me rappelle une anecdote que m’avait racontée un vieux pote à qui dans un restaurant « gay » on avait servi par plaisanterie une banane et deux boules de glace sans petite cuillère.

Un air de blague quoi, mais tellement ressassée que cela me semble inutilement vain, vous me direz peut-être que la poésie c’est cela même : une apologie de l’inutile.

Pour moi c’est aussi vrai (l'inutilité ou du moins la gratuité) quand cela me donne une vision du réel, soit personnellement vécue…c’est pas malin je sais, mais je l’ai souvent exprimé j’aime le "JE" qui se donne à voir, ou interroge ou s’interroge, soit décapante...ou désenbuante, un étonnement...même un plaidoyer.

Là rien d’autobiographique à me mettre sous la dent (sauf le 'Je trouve inconvenant' où moi je trouve : dégueulasse et triste), et aucun étonnement.

Sans cela j’aime parfois la fulgurance d’un style ou d’images…et aussi la poésie engagée qui donne à penser…qui crie, or ici pas de cri, mais peut-être est-ce là justement l'idée juste...je me pose la question.

Peut-être que l’humour de ce poème masque un profond cynisme qui serait lui-même un rideau pudiquement tendu sur le désespoir.

J’ai du mal à y croire, à cause du thème…car s’il s’agit d’agriculture…qui est vraiment le laboureur ?

S’il s’agit du rapport des tenants de la morale catholique à leur sexualité réprimée et qui finit parfois par s’exprimer… un vrai problème, mais dont le constat brut (enfin enrubanné quand même) ne suggère rien du drame que cela peut représenter pour les individus.

S’il s’agit d’inceste ou de viol…je trouve qu’on est loin du compte...et je rejoins certains commentateurs pour trouver une indécence gratuite à traiter ces sujets-là un peu par-dessus la jambe, même s’il s’agit de cuisse.

Possible que je passe à côté...je manque cruellement de recul, et de finesse aussi parfois.

Cordialement

   Brutu_de_Aea   
19/5/2017
 a aimé ce texte 
Bien
J'ai beaucoup apprécié votre poème, lu il y a quelques jours. Il y a de la finesse et du raffinement d'humour dans cette tartufferie au ton lui-même moliéresque ("tapinois")
Une mention spéciale pour "une endive et deux noix" qu'il fallait trouver, et qui joue évidemment, dans son obscénité savoureuse, sur la frugalité et le jeûne des novices dans les couvents. Vous jouez des degrés assez habilement ; "enfonce dans la lune" est bien plus grossier que "prélat zélateur", etc, mais la progression me paraît bien ménagée.
Il y a comme un haïtus et changement d'histoire entre les deux premières strophes et la dernière ; je ne saisis pas le sens de ce changement (pourriez-vous me l'expliquer ?) mais je l'ai apprécié ; le troisième vers ("et jabote (...)") est très bien.
Merci !

   LenineBosquet   
20/5/2017
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour,
J'arrive à la fin bien que tout a été dit, je le dis quand même : c'est un bon poème que voilà avec un sujet peu commun et l'art de la technique pour l'aborder (une forme classique impeccable).
Quelques jeux de sonorités comme "acculer" au lieu de... et "chapelet d'épines" aussi par exemple servent bien le propos, une manière de dire sans dire, c'est plutôt fin; à mettre en miroir avec "une endive et deux noix" qui, pour le coup, manque de finesse et c'est ça qui est fin du coup. C'est bien joué.
Je ne trouve par contre que ce soit révolutionnaire hein, et qu'il faille débattre des heures sur le bien fondé ou pas d'un tel poème, il est à sa place oui, évidemment.
Merci.

   Cat   
20/5/2017
 a aimé ce texte 
Passionnément
Merci, Ludi

Une dénonciation de l’hypocrisie menée avec maestria ! Pas besoin d'être spécialiste en la matière pour prendre plaisir à la qualité de ta prosodie. C'est bien là que se joue tout ton art, ton savoir-faire.

Tes vers glissent et coulent, révélant une scène abjecte avec grande justesse.Tout y est. Même mon envie d’étrangler le mercenaire suisse et sa crête rubis, et d’envoyer son âme et sa peau brûler pour de bon aux enfers, avec celles des corrompus en tous genres.

Je lis ta disposition naturelle à prendre fait et cause, à parler d’une vérité que l’on préfère souvent ignorer.

Tu le fais avec ton talent habituel de Poète.
Et quel Poète, quel talent !

Rendez-vous au prochain « Inconvenant ». ^^

Cat

   jfmoods   
20/5/2017
Le poème est composé de trois quatrains en alexandrins, à rimes croisées, suffisantes et riches, alternativement féminines et masculines.

Le premier hémistiche de chaque strophe - à la manière d'une mécanique désormais bien rôdée (voir les épisodes 1 et 2) - prend, dans le contexte présent, l'aspect une litote. En faisant mine de sous-estimer la gravité des faits ("Je trouve inconvenant"), le poète dénonce la situation décrite avec d'autant plus de force. Présenté sous l'apparence la plus respectable (antiphrase du vers 2 : "prélat zélateur"), le personnage central de cette histoire cache un comportement particulièrement abject. L'institution catholique, au demeurant peu pragmatique, déniant à ses représentants, par une exigence absurde de chasteté, l'exercice salutaire d'une libido, a rendu toute-puissante l'obsession de la chair (périphrase transparente suggérant une fellation : "une endive et deux noix", glissement assonantique du verbe suggérant une sodomie : "L'accule", synecdoque suggérant une défloration : "la vierge entrecuisse"). Par l'entremise d'une parole dévoyée, utilisée à seule fin d'imposer la luxure (groupes verbaux évoquant les turpitudes infligées : "il la mène aux latrines", "Enfonce dans la lune un chapelet d’épines", apostrophe cynique assortie d'une antiphrase : "Ô Mon Dieu, quels douloureux aveux !"), l'homme d'église viole une jeune religieuse (comparaison : "La novice au teint frais comme une blanche opale"), détruisant son innocence (litote avalisant le traumatisme subi : "renoncer en pleurs à tous ses vœux"). Le secret de cette ignominie (complément de lieu porteur de respectabilité : "sous la voûte papale", complément de manière : "en tapinois") est assuré par la complicité passive d'un tiers (périphrase éminemment dévalorisante : "un mercenaire suisse", notation sensorielle : "à l'écho") aussi imbu de son rang (verbe : "arbore", comparaison : "comme un coq", jeu d'assimilation du couvre-chef : "une crête rubis") que dépourvu de sens moral (pronom cataphorique mettant en relief un écœurant sadisme : "Il est doux, le chant de la brebis !").

Merci pour ce partage !

   Anonyme   
21/5/2017
Commentaire modéré

   Ludi   
25/5/2017

   Eversad368   
27/5/2017
Commentaire modéré

   Miguel   
27/5/2017
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Ce n'est pas un sujet que j'aurais traité, préférant m'attacher à d'autres aspects de l'Eglise ; mais enfin il est juste que quelqu'un fasse le boulot, et je dois dire que l'ami ludi s'en sort avec brio et quelques images pour le moins "fortes". Ce la me rappelle un poème fort classique et fort salace de Pierre Louÿs dans la construction et dans le rythme enlevé. Si je ne me retenais pas, je dirais Bravo !

   Pepito   
28/5/2017
Hello Ludi,

L’inconvenance en chapelet de poèmes, le stupre version poésie classique (que je suppose au carré ;-) avec en fond la dénonciation d'une moralisation de façade. Toujours réjouissant !


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