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Poésie classique
Ludi : Il a suffi de rien [concours]
 Publié le 15/12/17  -  11 commentaires  -  1964 caractères  -  425 lectures    Autres textes du même auteur

À mon ami Serge qui a toujours regretté de ne pas avoir choisi ma version :)

« Il suffirait de presque rien,
Peut-être dix années de moins,
Pour que je te dise "Je t'aime".
Que je te prenne par la main
Pour t'emmener à Saint-Germain,
T’offrir un autre café-crème. »

Serge Reggiani – Il suffirait de presque rien


Il a suffi de rien [concours]



Ce texte est une participation au concours n°24 : Dix ans !
(informations sur ce concours).





À vingt ans je rêvais d’une femme de trente,
Y couler ma jeunesse, ébranler tous ses cris,
D’une pipe à Venise aux volutes de menthe,
Un Fizz au fond des vers qu’elle m’avait écrits.

Il a suffi de rien, quelques trous dans mes poches,
Les amours d’une passe ont quitté le pavé,
J’ai défait dans mes bras d’autres filles (plus moches)
Offrant leur tirelire à mon air dépravé.

À quarante j’allais pigeonner La Coupole*,
Poète plumitif charmeur de bigoudis,
Troquer mon poivre et sel pour une nécropole
De gorgones en rut au teint de vieux radis.

J’écumais sans pudeur le trottoir Montparnasse
Où les veuves sifflaient les bulles de la mort,
Le nez dans le Clicquot des parfums de terrasse
Et l’œil d’un soupirant plaqué comme un accord.

Il a suffi de rien, d’un reflux de la rente,
Mon râtelier de nacre a mordu le pavé,
Le zip enfin discret j’ai repris la tangente,
Maudissant les faux seins et leurs piètres Avé.






* La Coupole : à tous mes amis lointains ou égarés, ignorants de La Grande Histoire de la capitale, je précise que La Coupole est une célèbre brasserie parisienne du boulevard Montparnasse, non moins célèbre pour avoir été un terrain de chasse des gigolos à certaines époques, pas toutes très éloignées. J’ai choisi une photo ancienne afin de préserver le droit à l’image de chacun, ne doutant pas qu’une photo plus récente pourrait mettre en péril le couple de certains membres oniriens.
La Coupole


 
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   BeL13ver   
2/12/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Étrange poème qui me semble contemporain (attention aux élisions...)

L'auteur semble s'interroger sur la ruine de ses amours. La jouissance a bien des mauvais côtés, à en croire le propos de ce texte racontant l'histoire d'un homme qui, par dépit, va rencontrer les péripatéticiennes... Pourtant, s'il avait eu plus d'argent, et sa première femme dix ans de moins, peut-être aurait-il pu réussir à obtenir le grand amour... Comme quoi la vie est fragile et ne tient souvent qu'à un fil ténu.
Quant au contenu, le côté très épicurien du verbe ressort fortement de ce texte. L'auteur tient à ce côté frivole et polisson de son poème. À ce propos, le texte est bien construit, et ne perd jamais en intensité. La chute en est croustillante, et apporte un élément neuf : la bourgeoise parisienne et la religion est ici ce à quoi l'auteur à échappé "d'un fil"...

BeL13ver en Espace Lecture

   LenineBosquet   
15/12/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour,
Une maîtrise de l'écriture classique, de l'humour et du polisson, je crois bien avoir reconnu l'auteur. C'est une patte, c'est un style, et rien que pour cela : bravo.
C'est plutôt marrant cette histoire d'un homme qui aime les femmes plus âgées que lui, plus il vieillit, plus elles sont vieilles, presque des cadavres ! ("nécropole de gorgones en rut au teint de vieux radis" excellent).
J'ai un peu de mal à comprendre le dernier quatrain, que l'auteur excuse ma piètre intelligence.
Je regrette aussi la répétition de "pavé" à la rime, bien que je ne doute pas que ce soit un effet recherché.
Merci.

   kreivi   
15/12/2017
 a aimé ce texte 
Bien
Poésie qui swingue. I'm just a gigolo. Humour et dérision. Réussi.

   papipoete   
15/12/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
bonjour
" Il a suffi de presque rien " ; ce petit bout de phrase m'émeut, et m'invite à vous lire d'emblée !
L'auteur a toujours rêvé des femmes, un peu plus âgées que lui ( 10 ans ), mais c'est dans les bras des " filles-tirelires ", qu'immanquablement se terminait ses amoures !
NB ce poème pourrait être olé-olé, avec ses turpitudes galantes, mais au contraire, c'est attendri que je lis ces aventures sans lendemain, en relevant des vers hauts en couleur ! " poète plumitif charmeur de bigoudis ", " le nez dans le Clicquot des parfums de terrasse " et le dernier vers !
Je vois une forme classique sans faute !

   PIZZICATO   
15/12/2017
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Ces pérégrinations hédonistes sont relatées avec un humour paravent d'un peu de nostalgie ; toujours le même responsable : le Temps.

" Troquer mon poivre et sel pour une nécropole
De gorgones en rut au teint de vieux radis. " Pas très élégant quand même...

" Le zip enfin discret j’ai repris la tangente " et oui !

   Francois   
15/12/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Poème que je trouve très bien écrit, avec une grande maîtrise de l'écriture classique et de ses pièges...
Le ton se veut libertin et c'est réussi ! Très drôle, en plus.

Certains vers sont magnifiques :
"Offrant leur tirelire à mon air dépravé."
"Poète plumitif charmeur de bigoudis,"
"Mon râtelier de nacre a mordu le pavé"

J'ose espérer que ce n'est pas autobiographique...

   EricD   
15/12/2017
Beaucoup de nonchalance (dans le ton), une évocation particulière de pratiques oubliées et des vers habilement écrits font de la lecture de ce poème un agréable moment.
Bravo pour cette participation et tous mes vœux de réussite.

   jfmoods   
3/1/2018
Ce poème est composé de cinq quatrains en alexandrins, à rimes croisées, suffisantes, alternativement féminines et masculines.

Il est conçu comme un clin d'œil ironique à son entête : au sentimentalisme démodé lié à l'importante différence d'âge entre un homme et sa compagne répond ici le cynisme d'un homme plus jeune de dix ans sur les différentes femmes qu'il rencontre sur l'oreiller pour des prestations tarifées.

La première strophe illustre la vision première d'un jeune homme ("vingt ans") sur l'amour. Il cherche avant tout à être initié par une experte (imparfait de l'habitude : "je rêvais d'une femme de trente"), par une créature rouée au plaisir, qui le façonnerait (image du moule : "Y couler ma jeunesse") et dont il deviendrait l'amant comblé (double sens sensuel : "une pipe à Venise aux volutes de menthe"), idéalisé (ivresse d'une idolâtrie avec jeu homophonique : "Un Fizz au fond des vers qu’elle m’avait écrits"), adoré (hyperbole : "ébranler tous ses cris").

Cependant, la trivialité du quotidien (image de la misère financière : "quelques trous dans mes poches") va rendre caduque la réalisation d'un tel projet (métaphore : "Les amours d’une passe ont quitté le pavé"). Incapable de se payer les services d'une professionnelle aguerrie, il va se résoudre à proposer les siens contre de l'argent ("leur tirelire") à des femmes riches plus âgées aimant s'encanailler ("mon air dépravé"), cela sans considération aucune de leur beauté ("J’ai défait dans mes bras d’autres filles (plus moches)").

À partir de là, l'habitude s'installe de séduire ("charmeur", "l’œil d’un soupirant plaqué comme un accord"), pour les dépouiller (images de l'abattage : "j'allais pigeonnier", "J'écumais sans pudeur"), des femmes toujours plus vieilles de dix ans ("charmeur de bigoudis", "gorgones en rut au teint de vieux radis", "les veuves sifflaient les bulles de la mort").

Cependant, le temps ne fait rien à l'affaire et la décrépitude s'annonce (métonymie : "Mon râtelier de nacre"). L'usure du désir (personnification : "Le zip enfin discret") rend impossible la poursuite de l'activité ("j’ai repris la tangente").

Comme il est entré dans le rôle du gigolo, le locuteur va en sortir (anaphore : "Il a suffi de rien"), ayant perdu sa vie à un jeu de dupes ("les faux seins et leurs piètres Avé").

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I) Un bellâtre rêveur... mais pragmatique

1) Un dieu vivant ?

Le jeune homme rêve d'une femme de dix ans plus âgée, d'une experte qui lui apprendrait tout sur l'amour et dont il deviendrait vite l'amant vénéré.

2) Un gigolo !

Des conditions matérielles difficiles le déterminent à changer son fusil d'épaule en proposant ses services à des femmes fortunées plus âgées.

II) Un pli difficile à perdre

1) Un bail reconductible

Au fil du temps, notre séducteur se résout à poursuivre son... commerce, s'en tenant toujours à cette différence d'âge de dix ans entre ses partenaires et lui.

2) Des ans l'irréparable outrage

L'usure du temps ("mon râtelier de nacre") et du désir ("le zip enfin discret") l'éloignent d'une vie qui ne l'aura pas comblé ("les faux seins et leurs piètres Avé").

Merci pour ce partage !

   Jean-Claude   
19/12/2017
 a aimé ce texte 
Pas
Bonjour,
Ce n'est pas désagréable à lire mais ce texte me pose deux problèmes.
1°) Je trouve que l'intégration de la chanson d'origine est superficielle.
2°) Quand on a écouté Serge Reggiani, Leni Escudero et d'autres..., eh bien, cela fait vraiment trop déjà vu, entendu plutôt.
Bonne chance toutefois.

   Acratopege   
21/12/2017
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Quel désespoir tranquille dans cette trajectoire de séducteur sans joie! Les trous dans les poches font penser à Rimbaud, les images fortes aussi et le désenchantement. Post coïtum animal triste! Votre poème m'a accroché, je crois, par un mélange de désuétude du contenu (La Coupole, Venise, Montparnasse, Cliquot...) et de modernisme du style. Du classique qui n'en a vraiment pas l'air!
Merci.

   Donaldo75   
27/12/2017
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour,

J'aime bien ce poème un peu doux-amer sur le temps qui passe, même si je sais que c'est un peu le thème du concours. Il se lit tranquillement, le sourire aux lèvres en imaginant les différentes époques et leurs symboles.

Merci,

Don


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