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Poésie contemporaine
Luz : Haïkus des bois
 Publié le 02/09/17  -  17 commentaires  -  2289 caractères  -  166 lectures    Autres textes du même auteur

Quatre saisons dans les bois.


Haïkus des bois



Hiver

Taillis dans la brume
seuls émergent les longs bras
du hêtre sans feuilles

Les nuages bleus
s’effilochent en frôlant
la cime des pins

Bourrasques de vent
l’odeur âcre des genièvres
à l’orée du bois

La rosée s’estompe
un pâle soleil argente
les feuilles de houx

Silence de neige
le cri aigu d’un oiseau
au pied des bouleaux

Un moineau se pose
la fine branche gelée
à peine frémit


Printemps

En bord de clairière
une plume bleue de geai
posée sur la pierre

Pénombre du bois
les fils d’araignées tendus
se collent au front

Une fourmi noire
monte le long du grand chêne
horizon d’écorce

Au-dessus des arbres
la pluie figée des étoiles
dans la nuit de mai

À travers les pins
les ombres et la lumière
tombent ruisselantes

Deux papillons roux
voltigent de branche en branche
impression de vent


Été

L’aube humide s’ouvre
peu à peu les châtaigniers
reprennent couleurs

Les chênes se dressent
hauts vers le ciel des nuages
vertige à l’envers

Rêche ébouriffée
entre le lierre et les ronces
l’herbe du sous-bois

Crépuscule mauve
l’éclat du soleil s’agrippe
au faîte des arbres

Un essaim de mouches
bombille dans la clairière
sur un chat sans tête

Lent balancement
des peupliers du marais
vert de ciel et d'eau


Automne

Brunes blondes rousses
mille feuilles virevoltent
comme neige au vent

Arbre centenaire
le nid d’une salamandre
sous la mousse humide

Chaque jour plus douce
une lumière vermeil
pénètre les bois

Une joie d’enfant
en soulevant les fougères
les cèpes dodus

La biche abattue
bouge et son râle ressemble
à des pleurs d’enfant

Nos pas légers craquent
sur l’allée de feuilles sèches
plus rien à se dire


 
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   papipoete   
16/8/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
classique
même si le haîku n'est pas vraiment "classique ", à part son ordonnancement 5/7/5, on peut lui trouver un air " classe " !
Vos 4 saisons sans les violons de Vivaldi, sont une rapsodie de la faune et la flore où la plume de l'auteur excelle, et dirige de main de maître ce concert !
papipoète

   Queribus   
24/8/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour,

Un grand moment de bonheur à lire vos haïkus; une petite remarque tout d'abord: je pense qu'il aurait été intéressant de publier vos poèmes en quatre fois; cela aurait rendu la lecture plus facile et aurait permis de savourer plus longuement chaque haïku. Le tout cependant donne une impression de légèreté et de fraicheur qu'on ne retrouve plus guère en ces temps de morosité. Vous commettez parfois l'erreur de faire une seule phrase découpée en trois morceaux superposés:

les nuages bleus
S'effilochent en frôlant
La cime des pins,

Faute commune dans la poésie moderne. Il vaut mieux faire trois lignes indépendantes les unes des autres même si, bien-sûr, elles doivent être reliées par le sens.

Étant de toute façon, grand amateur de haïkus, je ne peux que souscrire à votre démarche et vous dire tout le plaisir éprouvé à vous lire.

Bien à vous.

   Robot   
24/8/2017
 a aimé ce texte 
Bien ↓
Techniquement, les strophes respectent le 5/7/5 en métrique néo-classique.

Par contre, nous ne sommes pas vraiment dans l'esprit du Haïku. Celui-ci doit non seulement parler des éléments naturels, au sens large, mais aussi sans être forcément exprimé, on doit pouvoir trouver un lien avec l'homme et la transcendance (l'universel) dans cette relation. Ici ce n'est pour beaucoup qu'une suite de tableautins

Je trouve cette litanie un peu lassante et sans surprise. Trop dans la description et peu dans l'introspection.

   Marite   
2/9/2017
Bien agréable à lire cette succession des saisons en haïkus. Mais, il me semble toujours qu'un petit quelque chose, insaisissable, manque pour être vraiment des haïkus. Peut-être est-il nécessaire de s'imprégner en profondeur de la sensibilité japonaise pour les apprécier ? Ici, je reçois plutôt des images de la nature qui nous sont offertes en respectant les contraintes de rythme de cette forme poétique. Ayant plusieurs fois tenté d'appréhender (au sens de : saisir par l'esprit) cette forme poétique, sans succès, je ne me sens pas autorisée à mettre une quelconque appréciation.

   Anonyme   
2/9/2017
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
Je lis dans d'autres commentaires des remarques [parfois justifiées] axées sur la forme plutôt que sur le fond.
Je pense que titrer cette jolie succession de tercets d'un nom de genre comme vous le faites attire facilement les foudres des connaisseurs.
Par chance je n'y connais rien quant au style revendiqué mais en revanche j'ai pris plaisir à certains de vos tercets (pas tous)
S'il fallait véritablement se référer aux règles strictes de ce genre je pense que bien peu d'entre nous seraient capables d'en terminer un seul.
Pour mesurer l'ampleur de la tâche j'ai consulté cette page édifiante et je laisse à d'autres plus courageux que moi le plaisir de s'y confronter.

http://www.tempslibres.org/tl/fr/theo/mode02.html

   Michel64   
2/9/2017
 a aimé ce texte 
Bien ↑
De très plaisants tercets (haïkus ?) dans cette évocation des saisons. D'autres m'ont moins parlé.

Par exemple j'ai aimé :
"En bord de clairière
une plume bleue de geai
posée sur la pierre"

J'ai moins aimé :
"Brunes blondes rousses
mille feuilles virevoltent
comme neige au vent"

L'exercice m'a parut intéressant et donne envie de s'y essayer avec d'autres contraintes comme s'obliger à écrire un tercet par mois.

Merci pour ce partage
Michel

   PIZZICATO   
2/9/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
J'ai visité une galerie de petits tableaux qui offrent les quatre saisons en haikus riches de belles images.

Je n'en cite aucun, tous me plaisent sauf deux: " le chat sans tête " et " la biche abattue". Images réelles certes, mais qui viennent un peu assombrir, à mon ressenti, cette poésie sereine.

   Anonyme   
2/9/2017
 a aimé ce texte 
Bien
J'ai trouvé cet ensemble un peu long.

J'aurais aimé moins de quantité et bien plus de qualité.
Cependant ce tout reste plaisant à lire.

Textes visuels, les saisons défilent, sous vos mots
se peignent les paysages variés, toujours aussi étonnants.
Ici la nature est ces merveilles.

Pour ce qui est des "haïku", je suis moins
enchanté par ce qu'ils me proposent, un je ne sais quoi
en est absent.
J'ai eu par instant juste un soupçon d'émotion.

   Absolue   
2/9/2017
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Certains tercets sont plus "haïkus" que d'autres...

Celui-ci par exemple:

"Une joie d’enfant
en soulevant les fougères
les cèpes dodus"

...il me semble qu'il y a un petit "suspense", dû aux cèpes qui apparaissent. Mais je ne suis pas experte du style même si je m'y essaye parfois...

Ou ici:

"Silence de neige
le cri aigu d’un oiseau
au pied des bouleaux"

... pas de verbe et une atmosphère spéciale + vision grand angle vers le zoom.

L'ensemble du poème me plaît, malgré le chat et la biche qui nous montrent que la nature n'est pas que douceur.

J'ai passé un bon moment, plongée, le temps d'une lecture, dans le déroulement d'une année...

Merci

   Francois   
2/9/2017
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Poème plaisant à lire, avec une succession de belles images, parfois très originales, parfois moins.
Mais l'ensemble gagnerait à être resserré (3 ou 4 haïkus par saison au lieu de 6), cela éviterait une certaine monotonie, et donnerait un texte plus dense.
Mais peut-on parler ici de véritables haïkus (genre qui n'est pas trop ma tasse de thé) ?

J'aime bien, par exemple :

"Au-dessus des arbres
la pluie figée des étoiles
dans la nuit de mai"

ou

"Lent balancement
des peupliers du marais
vert de ciel et d'eau"

   Proseuse   
3/9/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Luz,

Un bien joli défilé des saisons en haïku !
Bon, je vais faire un petit aparté tout de même, mais n' en soyez pas offusquée, je le fais d' une façon générale sur quelques petits travers que nous ( je m' englobe aussi dedans! ) faisons fréquemment, par exemple, ne pas faire suffisamment attention à la césure en fin de deuxième ou troisième vers , ainsi qu' au sens particulier du vers final qui doit en principe, galvaniser l' émotion des deux images précédentes ! je fais moi également de temps en temps des haïku ( à ma façon!) et j' ai cette tendance là aussi dans ma précipitation à traduire l' instant d' oublier quelques règles fondamentales en la matière !
ceci dit, j' ai pris beaucoup de plaisir à vous lire, de même que dans l' espace dédié aux haïku sur le forum !! :-)

Mon préféré ici

Une fourmi noire
monte le long du grand chêne
horizon d’écorce

Merci beaucoup Luz pour ce beau moment de partage

   Anonyme   
3/9/2017
Commentaire modéré

   Anonyme   
4/9/2017
 a aimé ce texte 
Bien
là aussi mon commentaire a été retiré
je m'étais exprimé en vers.. alors comme pour hersen

je reviens pour m'exprimer pour dire rien
pour juste dire que j'ai aimé

bonne journée à vous
et lecture appréciée de cet 'haïku des bois'

   Anonyme   
4/9/2017
 a aimé ce texte 
Bien ↓
Bonjour,

Je suis toujours réticent à l'idée de lire des haïkus à la sauce occidentale : ce court et traditionnel poème asiatique, décidément très en vogue, se doit de provoquer la médiation dans l'esprit du lecteur et, quand un amateur occidental s'en empare, il ne réussit souvent qu'à produire une série de vers sagement métrés mais simplement descriptifs.

C'est le cas de la majorité des petits poèmes proposés ici, qui ne sont qu'une évocation passagère et descriptive (si joliment soit-elle faite) de spectacles naturels.

Seuls les suivants me semblent contenir ce germe de médiation que je recherche dans le contexte du haïku:

En bord de clairière
une plume bleue de geai
posée sur la pierre

Nos pas légers craquent
sur l’allée de feuilles sèches
plus rien à se dire

Cela dit, je suis très sensible à l'attention portée par l'auteur à l'endroit des petites et grandes choses de la Nature ; cette attention-là, c'est la mienne aussi.

A.

   Provencao   
4/9/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Un régal.......je ne m'en lasse pas.
Quand le haïku nous repère et prend forme...j'en ai aimé la solennité des éclats infimes du moment, s'accompagnant d'un même souffle, sans errance.
Très belle et forte sensation de pureté et de légèreté:
"Une fourmi noire
monte le long du grand chêne
horizon d’écorce "
Merci pour cette agréable lecture.
Au plaisir de vous relire.

   Alcyon   
15/9/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
bonjour

une lecture particulièrement agréable
qui m'a fait voyager
j'en reviens ressourcé

de belles images
tout en finesse
à part "un essaim de mouches" et "la biche abattue"
mais hélas si vraies

merci

   FABIO   
17/9/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour

Si je suis pas friand de haïkus je le suis beaucoup plus de nature.
Et je dois dire que c'est plutôt bien écrit et on retrouve des images saisonnières que l'on aime.Même si les saisons offrent tellement d'inspiration que de choisir entre plusieurs images a du être un supplice pour vous, du moins je suppose.Vous vous posez en Vivaldi onirienne et c'est plutôt réussis.
Bravo pour votre joli tableau et merci de regarder la nature d'un œil
de poète pour nous en faire profiter.

   Lylah   
23/9/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Luz,

De bien jolies trouvailles dans ces petits tableaux instantanés.

Le haïku "à l'occidentale" est moins strict que l'original et je ne vois pas pourquoi nous en priver !

Pour ma part, dès lors qu'il évoque un "autre regard", je suis preneuse...

Je suis d'accord avec certains autres lecteurs pour dire qu'une publication plus "morcelée" nous aurait sans doute permis de les apprécier encore plus.


Mes préférés :


Une fourmi noire
monte le long du grand chêne
horizon d’écorce

et

Les chênes se dressent
hauts vers le ciel des nuages
vertige à l’envers

Bonne continuation !


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