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Poésie libre
Luz : L'étang sous la nuit
 Publié le 05/03/18  -  7 commentaires  -  1412 caractères  -  91 lectures    Autres textes du même auteur

Changer de ciel.


L'étang sous la nuit



Il nage dans l’étang écrasé de silence,
seul sous la nuit.
Il longe les herbiers,
sa vigilance tendue entre ses bras et son torse.

Une odeur terraquée s’élève du ventre liquide
où pourrissent les feuilles et les branches mortes.
Des dentelles de brume s’effilochent autour de la petite île.

Un vent léger roule sur l’eau et fraîchit ses tempes,
devant ses yeux danse le quartz des étoiles.
La lune lance des lueurs blanches
à travers le frémissement des arbres.

Il se laisse couler, force sur ses jambes
pour explorer à tâtons le fond incertain,
le tombant de sable, la vase souple,
la pierre où s’enroule l’anguille.
Lorsque les filaments brillent trop fort dans ses yeux,
il remonte respirer l’air noir de minuit.

Il atteint le ruisseau d’amenée
qui bruisse sous le feuillage des aulnes.
Il s’allonge au creux des graviers à la naissance de l’étang,
le courant glisse sur son corps.

Ses yeux changent de ciel, il est la source vive.


 
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   hersen   
23/2/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Il y a dans ce texte quelque chose de très sensuel qui se passe entre ce corps qui nage et l'étang sous la nuit; Un corps enveloppé deux fois, dans cette eau fraîche et sous ce ciel de minuit.
Je sens les mouvements du nageur, ses bras qui sondent en nageant, et aussi je sens cet étang; l'adjectif terraqué, peu utilisé, donne ici exactement la tonalité de toutes ces odeurs : la nuit donne une perception plus aigüe des sens et les odeurs de la terre mouillée emplissent ce royaume liquide;(ce ventre liquide, excellent !)
Tout est tranquille, ce nageur ne dérange rien, il fait partie intégrante de cet étang en en explorant le fond. Le lecteur se crée mentalement son image dans ce noir de la nuit enrichie de sensations physiques.
Et puis le ruisseau d'amenée, source de vie de cet endroit où le corps s'allonge :
"Ses yeux changent de ciel, il est source vive"
Très beau texte.
Merci de cette lecture !

   papipoete   
5/3/2018
 a aimé ce texte 
Bien
bonjour Luz
votre récit m'évoque le temps où, même ne sachant pas nager, je remontais ainsi un cours d''eau ( explorant le tombant de sable ), heureusement j'avais un fil d'ariane, des branches pendantes depuis la berge ! Et je continuais ainsi jusqu'à un " affluent ", votre ruisseau d'amenée, et je me prélassais " au creux des graviers " .
NB je n'arrive pas à déceler si comme pour moi, il s'agit d'un moment joyeux ou tout au contraire dramatique ?
Maintenant je fuis l'eau après ma noyade de 2015 !!!

   plumette   
5/3/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
j'ai beaucoup aimé sentir l'eau de l'étang passant sur le corps du nageur dans la nuit, et exprimant toutes ces senteurs si particulière de l'eau dormante.

Presque tous les sens sont sollicités dans ce texte: le toucher par la peau, l'odorat, la vue, l'ouie aussi avec le ruisseau qui bruisse sous le feuillages des aulnes. il manquerait le goût? si l'on voulait être complet... mais ce n'est pas le propos.

J'y étais dans cet étang sous la lune.

Merci pour cette lecture

j'ai juste butée sur "l'odeur terraquée" Tout le reste est si évident, si limpide que ce mot m'a fait l'effet d'être un intrus!

   PIZZICATO   
5/3/2018
 a aimé ce texte 
Bien ↑
On accompagne ce nageur qui nous fait découvrir tout l'environnement sensoriel de " L'étang sous la nuit ".

De belles images pour traduire cette atmosphère sereine
" l’étang écrasé de silence "
" Un vent léger roule sur l’eau "
" devant ses yeux danse le quartz des étoiles." ....

Avec, en plus, une petite touche sensuelle dédiée à ce nageur.

   Anonyme   
6/3/2018
 a aimé ce texte 
Passionnément ↑
Je n'aurai qu'un mot "MAGNIFIQUE".

Rien ne manque à l'immense et fort plaisir d'une lecture sans égal.

J'ai été porté par la puissance qui se dégage de cet écrit. Il vit complètement en nous au fil des mots d'une magistrale exactitude.

J'ai vécu, ressenti très puissamment ce moment d'émotion fragile, retenant mon souffle pour ne troubler en rien "la grâce" opportune offerte.

L'envie de revenir vers vos mots persiste longuement tant est impressionnante la présence de ce nageur se mêlant à cet élément naturel, c'est là, une ambiance vive, enveloppante que "L'étant sous la nuit" ...

   Lulu   
21/5/2018
 a aimé ce texte 
Passionnément
Bonjour Luz,

Ce poème est un véritable bijou. Je l'ai adoré dès la première lecture. Sa poésie tient aux images, notamment dès la seconde strophe avec cette opposition entre "les feuilles" qui "pourrissent" avec leurs branches, et ces "dentelles de brume [qui] s'effilochent autour de la petite île."

Ensuite, ce sont les sensations qui prennent le pas. Après l'"odeur terraquée", c'est "Un vent léger [qui] roule sur l'eau et fraîchit [les] tempes"... Et toute la suite n'est qu'enchantement avec "le quartz des étoiles", et je ne citerai pas tout le poème... Chaque vers ayant son unité, son sens, sa force.

C'est léger et frais, comme cette baignade le laisse entendre. Doux, aussi, et poétique du fait des sensations et des lieux décrits, bien sûr, mais aussi de cette impression de liberté que semble vivre le personnage. "Il nage dans l'étang écrasé de silence, / seul sous la nuit."

Cette impression de liberté va bien avec la forme du poème en vers libres... A moins que ce ne soit le contraire : c'est le poème en vers libres qui va bien avec cette impression de liberté.

Je me suis juste interrogée sur l'expression suivante : "le ruisseau d'amenée"... "d'amenée" ? je ne comprends pas..., mais cela n'empêche pas la lecture et le plaisir à parcourir l'ensemble fort bien écrit, et si suggestif.

Le poème est en effet très évocateur. La description ne se perd pas en explications lourdes. On affleure la nature pour la présenter avec quelques éléments "Il longe les herbiers" et le lecteur s'en fait une idée précise, belle et poétique...

A vous relire.

   Gabrielle   
29/5/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Ce poème est une invitation à partager les sensations éprouvées d'un nageur durant son exercice de baignade.

Les sensations sensorielles (ouïe, odorat, vue, toucher) sont abordées au fil du texte.

Nous "explorons" avec le nageur
" à tâtons le fond incertain,
le tombant de sable, la vase souple,
la pierre où s’enroule l’anguille. ".

Nous sentons le courant "glisser" sur notre anatomie (5ème strophe- 3e quatrain).

La chute renvoie à un sentiment d'unité avec "l'étang sous la nuit".

Merci pour ce partage.



G. Michel


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