Page d'accueil   Lire les nouvelles   Lire les poésies   Lire les romans   La charte   Centre d'Aide   Liens Web 
  Inscription
     Connexion  
Connexion
Pseudo : 

Mot de passe : 

Conserver la connexion

Menu principal
Les Nouvelles
Les Poésies
Les Listes
Recherche


Poésie néo-classique
Luz : L’ombre rose des pommiers sauvages [Sélection GL]
 Publié le 10/09/19  -  17 commentaires  -  937 caractères  -  225 lectures    Autres textes du même auteur

Sur l’amour qui se perd.


L’ombre rose des pommiers sauvages [Sélection GL]



On s’embrassait à l’ombre rose des pommiers sauvages
Et tu chantais sur nos accords d’école buissonnière.
Au pont du moulin, sous les arbres cachant le village,
Nos pierres bleues ricochaient sur le nu de la rivière.

Puis les saisons ont déroulé leurs soleils et leurs vents,
Notre amour fleurissait au long des chemins de lumière ;
On croyait éternel ce fol essaim de nos seize ans ;
Le temps ne coulait pas sur les pentes des Monédières.

Aujourd’hui, le sable de l’air écorche ma poitrine
Et un sel d’amertume décolore mes paupières.
L’ombre lourde des nuages assombrit les collines
Et les hauts feuillages masquent le ciel de nos clairières.

Le mauve du soir se dilue par-delà ton départ
Recouvrant à l’horizon la rosée de nos bruyères.
La flamme noire de l’heure a consumé mon regard,
Je n’ai gardé que ton chant accordé à la rivière.


 
Inscrivez-vous pour commenter cette poésie sur Oniris !
Toute copie de ce texte est strictement interdite sans autorisation de l'auteur.
   natile   
14/8/2019
 a aimé ce texte 
Passionnément
On lit ce poème avec tellement de facilité. Chaque image évoquée est chargée d'une émotion prenante. C'est un peu comme cette rivière qui emporte aussi bien les éléments nécessaires à la vie que les déchets qui en découlent. Il y a le passage de l'amour pur de l'enfance à celui de sa fin, expérience de la vie d'adulte. Le décor champêtre rajoute un charme fou à ce texte. Très belle poésie, pleine de finesse. Bravo et merci

   Davide   
14/8/2019
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour,

Une agréable surprise que l'emploi des tétradécasyllabes (vers de 14 syllabes), rarissime ; il faut dire que ce sont des vers difficiles à faire chanter.

A mon sens, il aurait fallu les décomposer en 8-6 syllabes (ou 6-8 syllabes) de manière systématique pour que l'ensemble ait une belle "musicalité", à l'image du découpage en 6-6 syllabes de l'alexandrin.

Le découpage des vers 2 et 7 est parfait, je trouve, très agréable à la lecture :
v.2 : "Et tu chantais // sur nos accords // d’école buissonnière." (4-4-6 syllabes).
v.7 : "On croyait éternel // ce fol essaim // de nos seize ans" (6-4-4 syllabes).

Ce poème élégiaque et romantique d’une simplicité désarmante, évocateur, révèle pourtant de belles surprises.

D'abord, le paysage du printemps ("fleurissait", "essaim"...) est la personnification de leur amour de jeunesse, essentiellement exprimé à travers un sens : la vue ("mes paupières", "mon regard"…).
J'ai bien aimé la métaphore picturale que l'on comprend après coup ("Le temps ne coulait pas"), ainsi que l'association stéréotypée des couleurs rose et bleue ("ombre rose", "pierres bleues"), couleurs des petites filles et des petits garçons, situant le début de cet amour dans un passé si lointain qu'il en devient intemporel.

Il y a également de beaux parallèles entre les souvenirs d'amours enfantines/adolescentes des deux premières strophes (à l'imparfait) et le présent désespéré :
- "l’ombre rose des pommiers" (v.1) / "l’ombre lourde des nuages" (v.11), opposant la floraison du printemps à la grisaille des automnes (ou hivers) ;
- jeu sur le polysémie du mot accords : "sur nos accords d’école buissonnière" (v.2) / "ton chant accordé à la rivière" (v.16)
Il ne reste plus qu'un son, un écho de cet amour...

Pour finir, j'ai beaucoup aimé ces métaphores picturales, que j'évoquais tout à l'heure avec le temps qui "ne coulait pas" ; on découvre non sans plaisir que "le mauve du soir se dilue", "le sel d’amertume décolore [ses] paupières", "la flamme noire (...) a consumé [son] regard", "l'ombre (...) assombrit les collines"...

Ce joli poème se lit comme un tableau printanier qui, dans la succession des hivers, perd ses teintes colorées et disparaît.
Une toile allégorique, un peu convenue par moments, délicieusement surprenante à d'autres, mais tellement émouvante.

(Commenté en EL)

   Miguel   
16/8/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Ce texte devrait à mon sens figurer en poésie contemporaine à cause du vers de 14 syllabes. Cela dit, quelle poésie ! Quel souffle ! Quel lyrisme ! Chaque vers apporte son image forte, sa trouvaille. Le registre élégiaque joue à plein, de la nostalgie d'un passé magnifié à l'évocation désabusée d'un présent trop vrai. De la belle ouvrage.

   poldutor   
20/8/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour,

L'amour, toujours l'amour !
et le plus bel amour, celui de l'adolescence ; celui des serments, celui des toujours...

"On croyait éternel ce fol essaim de nos seize ans..."

mais comme dit le poète : le temps aux plus belles choses se plait à faire un affront..."
car le temps passe et :

"Aujourd’hui, le sable de l’air écorche ma poitrine
Et un sel d’amertume décolore mes paupières."

Joliment dit.

Prosodie impeccable (je crois).
J'aime.
Cordialement.
poldutor en E.L

   Corto   
22/8/2019
 a aimé ce texte 
Bien
C'est un sentiment partagé que je ressens devant ce poème. Le thème est sympathique,
La joyeuse folie des amours de seize ans est joliment rendue avec de belles images. Ainsi "tu chantais sur nos accords d’école buissonnière" ou plus loin "Notre amour fleurissait au long des chemins de lumière".

L'humeur a tourné et maintenant "un sel d’amertume décolore mes paupières" ou "le sable de l’air écorche ma poitrine".

Tout cela est bien tourné mais le choix de ces vers à quatorze pieds alourdit le rythme et met en échec les envolées poétiques. Je suis d'ailleurs persuadé que rédiger en alexandrins était possible et aurait donné un rythme et une vivacité bienvenus.

Je garde avec plaisir l'image de "L’ombre rose des pommiers sauvages".

Bonne continuation.

   leni   
10/9/2019
 a aimé ce texte 
Passionnément
Bonjour LUZ

Un thème souvent abordé L'amour désamour Le sujet est traité sobrement avec les mots justes qui émeuvent
C'est joliment écrit

On s’embrassait à l’ombre rose des pommiers sauvages
Et tu chantais sur nos accords d’école buissonnière.

et avec la naïveté de l'adolescence

On croyait éternel ce fol essaim de nos seize ans ;

Viennent alors les terrifiants "pépins" de la réalité

le sable de l’air écorche ma poitrine


ET
La flamme noire de l’heure a consumé mon regard,

C'est dit simplement
Pas besoin de kleenex

J'aime ce style sans excès
J'ai passé un excellent moment de lecture
Luz bravo Mon salut très cordial LENI

   papipoete   
10/9/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
bonjour Luz
qu'ils sont loin nos seize ans ! te rappelles-tu, si tu m'entends ? Et même que non, je continuerai à te parler " de l'ombre rose des pommiers sauvages ".
NB je ne sais si les enfants des villes, jouaient à faire des ricochets sur l'eau... d'un parc d'agrément ? mais la rivière, la mare aux perches-soleil nous voyaient chaque jour, enfants de village.
Mais à regarder le " nu de la rivière ", je t'y vois lancer tes pierres bleues ; je t'y verrai toujours malgré qu'ailleurs tu sois...
de bien belles phrases ( on croyait éternel ce fol essaim de nos essaim de nos seize ans ) et la 3e strophe tout entière est si touchante !
c'est la première fois que je lis un poème en " quatorzains " ; il fallait au moins tous ces pieds, pour dire en une ligne l'émotion que l'auteur ressent quand " le mauve du soir se dilue par-delà ce départ" !

   Robot   
10/9/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Un bon travail sur ce poème en métrique 14 plutôt rare. Au troisième quatrain c'est dommage, il faut parfois insister sur les E pour maintenir la métrique.

Rupture ou décès - on ne sait pas et c'est aussi bien - ce poème sur la séparation n'est pas noir, il nous plonge dans une ambiance mitigée, entre chien et loup pour sa couleur.

J'ai apprécié l'idée que les éléments reflètent avec sensibilité l'état d'âme du narrateur.

   Cristale   
10/9/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Un poème qui aurait sa place en contemporain de par les libertés plutôt modernes du rythme dont Davide a soufflé le nom :)
Concernant la prosodie, je ferai silence mais...
...je trouve cet élan romantique absolument charmant, touchant même.

Un joli poème qui, avec un peu de travail, ferait un merveilleux poème.
Sans doute, et je le comprends, l'auteur a-t-il préféré laisser libre cours à ses souvenirs et sentiments dont la moindre bride aurait freiné l'expression de la pensée.

Merci et bravo Luz d'avoir osé ce rythme peu usité qui me fait plussoyer ma notation.

Cristale

   SaintEmoi   
10/9/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Certes, nous sommes sur des vers d'une longueur rare, mais le temps qui passe impose sans doute tous ces pieds pour mesurer ce qu'il fait à nos vies.
La fluidité de la lecture, l'efficacité ou même l'évidence des images donnent à ce poème un goût merveilleux, de sorte qu'on le relie, plusieurs fois, pour le plaisir.
Bravo et merci

   emilia   
10/9/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
« L’ombre rose des pommiers sauvages… », cette belle image qui projette à l’imparfait l’empreinte nostalgique d’un couple formé par ce « nous » qui rayonnait d’un amour florissant « sur des chemins de lumière » aux tendres rendez-vous… ; aujourd’hui, hélas, l’ambiance est morose et c’est « l’ombre lourde des nuages (qui) assombrit les collines… », associant « le mauve du soir au triste départ de l’aimé, avec cette « flamme » devenue « noire » dans le regard de la narratrice qui traduit à travers ces couleurs de deuil le chagrin qui la consume…

   Anje   
10/9/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Une ombre rose qui frise la lumière idéale. Le chant s'accorde presque parfaitement à la rivière. Il manque tellement peu. Plus de régularité dans le rythme, quelques élisions, d'autres détails peut-être. Mais la poésie et les images sont bien là, il n'y a rien à changer. Un tout petit souffle, une goutelette de sueur sur le papier et ç'eut été merveilleux.

Belle initiative que ces longs vers (comme dites-vous Davide ?) inhabituels.
Bravo !

   Lebarde   
10/9/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Beau thème assez classique de ces amours d’adolescence qui évoluent avec le temps qui passe dont le souvenir nostalgique se réactive à la fin de la vie quand « ....le sable de l’air écorche ma poitrine/ Et un sel d’amertume décolore mes paupières. »

Les images magnifiques et délicates, l’atmosphère d’une grande sensibilité ne peuvent que toucher le lecteur.

Je trouve pourtant que les vers peu usités de 14 syllabes déstabilisent un peu et obligent à une respiration moins spontanée qui peut provoquer un essoufflement à la lecture et alourdir le propos .

Je trouve ce poème d’une grande qualité et ai pris plaisir à le lire.
Merci

Lebarde

   Provencao   
11/9/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
"Le mauve du soir se dilue par-delà ton départ
Recouvrant à l’horizon la rosée de nos bruyères.
La flamme noire de l’heure a consumé mon regard,
Je n’ai gardé que ton chant accordé à la rivière."

Un bonheur de lecture....tout simplement, où l'on pourrait penser que nous rêvons.. une poésie, harmonieuse à l'oreille et pleine de mots enchanteurs presque imaginaires...cette écriture revêt tout à fait un sens allégorique et nous donne un effet très personnel comme la mélodie où la musique...


Au plaisir de vous lire
Cordialement

   jfmoods   
11/9/2019
L'univers de Luz est profondément enraciné dans le végétal. Ce poème de quatre quatrains à vers de 14 syllabes et à rimes croisées, pauvres, suffisantes et riches, majoritairement féminines et consonantiques, en constitue encore ici un exemple frappant.

L'imparfait des habitudes douces habille les deux premières strophes. Le mois de mai, suggéré par le paysage du vers 1, fixe l'éblouissement printanier d'une relation amoureuse considérée de l'enfance ("école buissonnière") à l'adolescence ("nos seize ans"). L'image de l'essor s'impose ("ont déroulé leurs soleils", "chemins de lumière", "fleurissait", "ce fol essaim"). Dans ce contexte, le vers 8 présente tout le charme d'une litote. "Le temps ne coulait pas". Léger, agile, il s'élançait au contraire "sur les pentes des Monédières".

Au fil des deux dernières strophes, la clarté s'évanouit et la perspective s'écrase ("L’ombre lourde [...] assombrit", "les hauts feuillages masquent le ciel de nos clairières", "Recouvrant [...] la rosée de nos bruyères"). Le "départ" du vers 13 doit-il être lu comme un euphémisme entérinant la mort de l'Autre ? Quoi qu'il en soit, deux métaphores ("le sable de l’air écorche", "un sel d’amertume décolore") véhiculent la douleur de cette perte irréparable. L'oxymore, racinien ("La flamme noire [...] a consumé"), illustre le tragique d'une vie à présent focalisée sur l'éclat perdu d'une concorde amoureuse (locution restrictive : "Je n’ai gardé que ton chant accordé à la rivière").

Merci pour ce partage !

   hersen   
11/9/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Il y a un lieu, les Monédières, qui enracine profondément ce poème.

on devine une enfance, une vie d'adulte, dans un paysage inchangé, surtout par le regard d'elle et lui. Le temps ne coulait pas...

Du rose des pommiers en fleur, on arrive au mauve du soir. Un même ton, mais une nuance qui fait toute la différence.

Qui fait le noir.

merci Luz pour ce poème plein de sensibilité.

   senglar   
12/9/2019
 a aimé ce texte 
Passionnément
Bonjour Luz,


Il y a toujours quelque chose d'ineffable dans tes vers, cela s'appelle la poésie tout simplement. La fibre poétique qui tremble et ondule comme la corde d'une harpe, on l'a ou on ne l'a pas. "L'ombre rose" donne le ton de ce poème qui commence aux amours adolescentes pour se poursuivre aux adultes enchantés ; mais voici qu'arrive la vieillesse et que pour finir la lumière se fait mauve. L'aimée s'en est allée, sans doute n'est-elle plus et l'amant devenu aveugle s'étonne, avec amertume, de n'avoir gardé que le chant de sa belle égérie.
L'amour pourtant n'est pas usé.
Est-il possible de garder la fraîcheur de l'innocence, de la découverte, d'une vie quand les sens nous abandonnent ?
Je trouve que c'est déjà très beau de
"... garder [le] chant [de l'aimée] accordé à la rivière."
Rien que pour cela il fait bon vivre avant l'inévitable usure.

"Le temps ne s'écoulait pas sur les pentes des Monédières."
Voilà un vers d'éternité que je paierais bien pour ma part avec la monnaie d'aujourd'hui ;)

Merci à toi Luz


Senglar


Oniris Copyright © 2007-2019