Page d'accueil   Lire les nouvelles   Lire les poésies   Lire les romans   La charte   Centre d'Aide   Liens Web 
  Inscription
     Connexion  
Connexion
Pseudo : 

Mot de passe : 

Conserver la connexion

Menu principal
Les Nouvelles
Les Poésies
Les Listes
Recherche


Poésie libre
Luz : La roue du moulin
 Publié le 04/04/20  -  12 commentaires  -  726 caractères  -  149 lectures    Autres textes du même auteur

Le temps qui passe...


La roue du moulin



La roue du moulin tranche,
broie l’eau en paquets de lames
blanches et noires de ciel.

Assis sur la pierre,
le vieux meunier noie son regard
au creux des larmes du mouvement perpétuel.

Tourne,

Ses quatre fils sont morts ;
la guerre,
la polio,
l’arbre retors,
le crabe à la gorge.

tourne,

Ses quatre filles sont parties vers les villes,
loin de la rivière,
loin des morts.

tourne,

Les langues d’écume séquencent
l’espace, découpent le temps ;
le rythme lancinant de l’eau
se brise sur une odeur d’ombre.

tourne la roue.


 
Inscrivez-vous pour commenter cette poésie sur Oniris !
Toute copie de ce texte est strictement interdite sans autorisation de l'auteur.
   Lebarde   
17/3/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour

La roue tourne pour évoquer le temps qui passe.
Rien d'original a priori, fut-ce celle d'un moulin, et pourtant quel magnifique poème pour traiter ce sujet banal!

Beaucoup de recherche dans l'écriture servie par un vocabulaire simple et délicat, des images superbes, une mise en page séduisante de nouveauté qui ne peuvent que plaire au lecteur.

"La roue du moulin tranche
broie l'eau en paquets de lames
blanches et noires de ciel"

"Assis sur la pierre,
le vieux meunier noie son regard
au creux des larmes du mouvement perpétuel"

Jolies strophes d'une grande poésie mais quelle tristesse pour ce vieil homme devenu bien seul après que les vicissitudes de la vie (guerre, polio, accident, crabe) lui aient repris ses garçons et que ses filles soient parties ailleurs "loin des morts".

je n'aime habituellement guère le libre, sauf ici et je vous en remercie.

En EL

Lebarde

   papipoete   
19/3/2020
 a aimé ce texte 
Bien ↑
libre
près du vieux moulin la roue tourne, mais plus comme avant ; il n'y a plus personne hors le meunier pour la regarder... fils morts et filles parties à la ville et la roue à aube ne caresse plus l'eau, elle la tranche, la broie comme est la vie du maître aujourd'hui...
NB la vision du poète est fort bien décrite, quand on songe que la roue du moulin chantait, avant... alors qu'elle ne fait plus que verser des larmes à coups d'augets désormais...
Les deux premières strophes parlent si bien...
N'est qu'un bémol ; l'auteur ne parle pas de la... femme du meunier ?
papipoète

   Marite   
20/3/2020
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Forme originale pour ces vers libres qui nous entrainent dans les souvenirs que ressasse le vieux meunier en suivant le mouvement du moulin avec ces " ... tourne" en répétition et l'écoulement de l'eau. Choix des mots précis et juste dans la première et dernière strophes. Un bel équilibre pour l'ensemble.

   eskisse   
4/4/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Luz,

Ce que je trouve judicieux dans votre poème c'est la façon habile dont vous suggérez la détresse du meunier, avec cette eau " en paquets de lames" , cette noyade du regard et cette " odeur d'ombre".

Si le malheur de l'homme est dit explicitement, sa peine, elle, est évoquée par la force de ces images de l'eau qui rendent cette peine incommensurable.

Bravo et merci pour le partage

   Corto   
4/4/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour Luz,

Ordinairement l'utilisation d'un moulin pour évoquer le temps qui passe n'est guère originale.

Tout au contraire ici le moulin est une source d'images et d'évocations au service de la vie humaine.
On s'immerge facilement dans ce tableau vivant, dès les premiers vers.

J'aime "La roue du moulin tranche, broie l’eau en paquets de lames" qui fait vibrer brutalement à l'unisson la roue, l'eau, et bientôt les sentiments du "vieux meunier". Il est vieux, il a beaucoup vu, beaucoup souffert et se trouve lui aussi "au creux des larmes du mouvement perpétuel."

Fils et filles l'ont quitté, c'est donc dans la solitude que " le vieux meunier noie son regard".

La dernière strophe conclue brillamment ce tableau en osmose avec le début du poème où après "moulin tranche" on retrouve des images sœurs avec "Les langues d’écume séquencent
l’espace, découpent le temps".

Les deux vers en final gardent la même ambiance en la sublimant "se brise sur une odeur d’ombre".

Et bien sûr ce refrain "tourne" capture le lecteur dans une fascination temporelle qui l'invite à partager les sentiments du "vieux meunier", en ressentant sa propre nostalgie devant ce temps qui coule.

Le termes et les phrases sont simples, les évocations sont fines et complexes.

Grand bravo pour ce beau poème.

   Robot   
4/4/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Aprés la nostalgie du menuisier "dans la ville", nous voici de retour à la campagne pour observer cette "roue du moulin" qui semble tourner à vide, tranchant l'eau comme les aléas de la vie tranche les destinées. Les réminiscences tristes de son existence remonte à la mémoire du vieux meunier au fil des tours de roues qui découpent le temps qui le mènent vers une ombre funeste.

   dream   
4/4/2020
 a aimé ce texte 
Passionnément
Une mélodie pudique et très belle pout cet être en souffrance dans sa remontée des souvenirs qui le confronte à un temps définitivement révolu, et qui nous vise au cœur car des ombres planent sur cette poésie où l’on ressent des bouleversements souterrains. Mais quelles ombres ? La mort de tous ses fils : à la guerre pour l’un, la polio pour l’autre, l’accident (dû à l’arbre du moulin qui s’est brisé et a tué ce fils en s’abattant sur lui… peut-être), tandis qu’un autre a été dévasté par un cancer. Enfin je suppose tout cela. Et puis il y a l’ombre de ses filles qui ont voulu changer de vie, loin de la campagne et loin de cette vie d’avant, oubliant leurs frères morts et sans doute aussi leur père.

Et la poésie s’arrête, abandonnant cet amas gris qui est un homme seul, face à cette roue qui, comme l’éventail de Mademoiselle Mallarmé -merveilleux poème de Stéphane Mallarmé, appris sans doute par bon nombre d’entre nous-, «… Qui fou de naître pour personne… » continue de tourner inlassablement d’une énergie désormais inutile, mais seulement occupée à raviver les malheurs du vieux meunier.

Et une fois de plus, on se heurte à la solitude de l’être.

Merveilleux poème tout en délicatesse et sobriété et dont je ne peux résister à mettre un « passionnément » avec un immense Merci ! à l’auteur, pour cette remontée des souvenirs.

dream

   Vincente   
4/4/2020
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Sempiternelle, la cadence du poème scande et à la fois écoule le temps. Et le moulin de sa roue broie la vie pour conséquemment l'alimenter… Le poète nous invite à "apprécier" les inflexions inflexibles du temps "cynique". Antagonisme qui apparaît dans une prédominance bien disproportionnée en faveur du gris et du noir dans ce texte ; c'est bien dommage car le noir n'apparaît jamais aussi noir que quand il doit se confronter au blanc.

Ceci dit, je trouve que le ton et la présentation sont bien adéquats pour le thème évoqué, avec cette lancinance qui coule tout en "séquençant", mais c'est bien l'unilatéralité émotionnelle qui me gêne dans ce poème.

J'ai trouvé bien fortes ces deux strophes :

" Assis sur la pierre,
le vieux meunier noie son regard
au creux des larmes du mouvement perpétuel.

le rythme lancinant de l’eau
se brise sur une odeur d’ombre.
".

   Pouet   
5/4/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
Slt,

un moulin comme une horloge quand l'or loge en son coeur, que les souvenirs pleurent...

Particulièrement aimé:

"broie l’eau en paquets de lames
blanches et noires de ciel."

"le rythme lancinant de l’eau
se brise sur une odeur d’ombre."

Une belle évocation en simplicité, en sentiments.

   Donaldo75   
5/4/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Luz,

J’ai beaucoup aimé ce poème, en particulier par son découpage que je trouve très cinématographique et pictural à la fois. Il n’y a pas de surcharge ni dans le champ lexical utilisé ni dans l’expression du thème en images ; la sobriété demeure de mise devant le sujet – universel pour nous simples êtres humains – et le refrain / leitmotiv appuie cette sobriété. Le cerveau humain – attention, je tiens à préciser à l’attention des scientifiques du site qui ne manquent jamais de pointer les écarts entre l’écrit et ce qu’ils savent du sujet, que ce n’est qu’une croyance de ma part, ma petite religion à moi pauvre ignorant – fait alors défiler ces images sur l’écran de son cortex cérébral, en quatre par trois ou en Cinémascope selon notre humeur, le film prend tout son essor dans notre interprétation imaginée et influencée par notre propre référentiel et les indices laissés ça et là par l’auteur.

Bravo !

Donaldo

   hersen   
6/4/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Une vie bien noire pour ce meunier dont la roue "broie" l'eau (top !)

La première strophe n'augure rien de bon tant elle est tranchante, et casse l'idée d'un meunier tranquille et heureuse au pied de son moulin.

Avant d'être meunier, il est homme, très malheureux de tant de pertes. Bon, pour être franche, le quart de ses déboires m'auraient suffi, auraient suffi à transmettre sa tristesse en regardant l'eau.

La forme est très bien vue, elle renforce complètement le fond, une belle symbiose !
Pour mettre mon grain de sel, tu pouvais te passer des virgules et des points virgules, le poème ne perdrait rien en clarté et gagnerait en légèreté de forme. Mais tu me connais...

   sauvage   
12/4/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
C'est très bien écrit et l'émotion passe. Je n'ai rien à redire sur le fond et la forme. J’aime particulièrement le début et la fin du poème avec son temps séquencé, ce rythme dans lequel nous baignons tous.

Aussi verrais-je autour de cette roue des développements, des extensions, des ramifications.

Bonne continuation!


Oniris Copyright © 2007-2020