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Poésie contemporaine
Luz : La sagne [Sélection GL]
 Publié le 13/08/19  -  13 commentaires  -  701 caractères  -  197 lectures    Autres textes du même auteur

Une tourbière.


La sagne [Sélection GL]



Un vieil homme et son chien longent un bord de sagne,
Midi frôlant le blond d’une lumière vaine ;
Avancent sur la tourbe acide où coule, saigne,
La rosée déposée au lit des lunes pleines.

L’air arrache à la terre une sombre douleur
D’entre les joncs suintant leur haleine de rouille.
Un papillon d’azur s’effondre dans le cœur
D’un rossolis dressé sur la rive des sphaignes.

L’eau paraît immobile au creux des veines rousses,
Mais elle se répand d’une légende à l’autre,
Baigne l’herbe courbée sous le silence où règne
L’oiseau-feu renaissant du terreau de la mort.


 
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   Eclaircie   
15/7/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour,

Très bonne impression générale à la découverte de ce poème.
Je suis un peu "acquise d'avance" tant j'aime et ne me lasse des poèmes évoquant la nature.
Celui-ci est harmonieux et fluide, musical.
Le vocabulaire soutenu bien en phase avec le sujet.
Les allitérations sont intéressantes et le travail sur l'analogie phonique des termes employés rend très bien.

Le premier vers présente un homme et son chien, la nature n'est donc pas déserte, cependant que cet homme s'efface rapidement pour laisser place au paysage.

Juste la survenue de "l'oiseau-feu" m'étonne un peu (un avion ?)

Je voudrai vraiment faire cette promenade avec l'homme et son chien, en silence, yeux bien ouverts.

Merci du partage.
Éclaircie

   Lebarde   
18/7/2019
 a aimé ce texte 
Bien ↓
Belle description naturaliste bien documentée d’une tourbière en bord de la Sagne, milieu acide par excellence avec ses eaux sombres, couleur rouille et ses plantes spécifiques, joncs et sphaigne; ce qui fait penser que l’auteur(e) est un observateur botaniste!

Pour le reste cette poésie qui à mon sens a le tord d’être contemporaine ( j’aurai préféré de beaux alexandrins ) ne m’a pas enthousiasmé même si j’ai relevé quelques belles images mais aussi des rimes incertaines ou ignorées qui m’ont gêné.
Dommage mon appréciation s’en ressent .

En EL
Lebarde

   lucilius   
21/7/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Une jolie fresque naturelle en bordure de tourbière dépeinte avec des alternances de nuances tantôt légères (tourbe, rosée, azur…) tantôt accentuées (vaine, rossolis, sphaignes…).
L'absence de rime ne nuit pas à la musicalité de l'ensemble.

   natile   
13/8/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Je retiendrais le fond de ce joli hommage à la nature, celle surement que l'on connait le mieux pour y avoir grandi , observé, aimé. Il y a cet aspect paisible, contemplatif qui fait du bien surement au regard mais aussi à la lecture. Je me questionne également sur cet oiseau-feu : une chimère, un oiseau portant vraiment ce nom ? Le mystère est là !!!

   Provencao   
13/8/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
"L’air arrache à la terre une sombre douleur
D’entre les joncs suintant leur haleine de rouille.
Un papillon d’azur s’effondre dans le cœur
D’un rossolis dressé sur la rive des sphaignes. "


La belle parole, murmure dans ce silence.
Belle écriture poétique qui devient en quelque sorte langage.

L'herbe coupée, ascétique, ajuste ce silence très inspiré.

Comme en écho, vous nous invitez à être attentif au mystère de la nature...

"L’oiseau-feu renaissant du terreau de la mort" rend présente la plus belle parole.

Au plaisir de vous lire
Cordialement

   papipoete   
13/8/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
bonjour Luz
Une ballade sur le bord d'une tourbière, où le regard du promeneur s'attarde sur le décor que tout le monde ne sait pas forcément voir !
Et les détails foisonnent, comme cette eau couleur de rouille, et la légende qui plane sur " l'oiseau de feu "
NB on enrichit son vocabulaire à la découverte de mots nouveaux ( rossolis, sphaignes ) et l'ensemble ferait une jolie peinture !
la forme " contemporaine " me semble choisie par l'auteur, avec des rimes irrégulières ?

   Robot   
13/8/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
J'ai retrouvé dans ce poème l'atmosphère humide des tourbières de ma région.
Ces tourbières exploitées depuis des millénaires pour chauffer les habitations des hommes grâce au charbon de terre qu'elles produisaient.

A la suite des politiques "d'assainissement et d'assèchement" elles ont failli disparaître avec leurs flores et leurs faunes particulières. Heureusement que des associations de défense des milieux naturels se sont battues pour empêcher la destruction et même remettre en état ses sites à l'écologie fragile.

La composition agréablement campagnarde du texte nous emporte dans une promenade où la pensée du narrateur s'évade vers les légendes que ces lieux naturels ont souvent inspiré.

   STEPHANIE90   
13/8/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Luz,

une poésie avec des airs de conte et légende avec un oiseau-feu qui renaît dans la tourbière.
J'ai appris la signification de rossolis que je ne connaissais pas contrairement à la plante elle-même.
"Midi frôlant le blond d’une lumière vaine ;
Avancent sur la tourbe acide où coule, saigne,
La rosée déposée au lit des lunes pleines"
J'aime beaucoup ces vers très imagés qui me rappelle bien le charme et l'ambiance particulière des tourbières proche de chez moi.
Merci à vous pour cette jolie promenade,
Stéphanie

   hersen   
13/8/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonsoir Luz,

Des rimes en assonance apportent à ce poème en alexandrins une note de liberté que j'apprécie beaucoup, tu réussis à allier une rigueur tout en ne t'en laissant pas conter...mais en comptant quand même :)

Cela donne un air sauvage et convient parfaitement au fond, un arrière-goût de résistance. car enfin, que pour se chauffer, on tire le combustible d'un lieu humide.

Une opposition, donc, que tu as bien su mettre en valeur.

je ne connais pas la légende de l'oiseau de feu, mais je suppose que tu vas nous expliquer ça, enfin, à ceux comme moi qui ne savent pas ! :))

j'aime qu'on s'investisse dans le domaine de la nature, avec toi, j'ai toujours de la matière.

merci de cette lecture !

   troupi   
14/8/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Les poèmes sur la nature me laissent rarement indifférent et celui-ci bien écrit me plait surtout par son sujet. Je ne pense pas avoir déjà lu un poème sur les tourbières, lieu surprenant qui par sa pauvreté rend certaines plantes carnivores, rien que cela a pu alimenter des légendes en des temps reculés.
L'oiseau de feu ne me dit rien et j'espère que l'auteur voudra bien nous donner quelques explications en forum.
Quelques vers sont très beaux.
"La rosée déposée au lit des lunes pleines.
L’air arrache à la terre une sombre douleur
Un papillon d’azur s’effondre dans le cœur
L’oiseau-feu renaissant du terreau de la mort."
pour ne citer que ceux-là.

   Vincente   
14/8/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Lieu d'apparence inerte mais plein d'une vie irrépressible, une sagne est mystérieuse, trouble, troublante. Le poème se fond par son écriture lente, paisible mais coulante, dans son propos, la lecture est attractive et l'on espère les images et la richesse qui pourraient se montrer.

J'ai été un peu déçu par la brièveté de l'évocation, d'autant que de belles formulations viennent l'émailler :
".../
D’entre les joncs suintant leur haleine de rouille.
Un papillon d’azur s’effondre dans le cœur
D’un rossolis dressé sur la rive des sphaignes.

L’eau paraît immobile au creux des veines rousses,
Mais elle se répand d’une légende à l’autre,
/..."

Très jolie ces "légendes" que drainent les "veines rousses" !

"L'oiseau-feu" est beau aussi, mais je ne vois pas son méta-sens. La présence humaine nous invite dans une "échelle" d'appréciation sensitive très adroite en début de poème, j'ai bien aimé aussi cette attention.

   Davide   
14/8/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Luz,

Ce que j'aime en premier dans ce poème, ce sont les sonorités, assonances, allitérations et jeux sur la proximité phonétique : "sagne" / "saigne" / "sphaignes" (en fin de vers) ou encore "vaine" / "veines" et "règne" etc.

A la douceur coulante (son [l]) de la nuit ("lit des lunes pleines") succède, dans le quatrain suivant, la violence du jour, marquée la récurrence du son [r] : "L’air arrache à la terre une sombre douleur".

Un tableau descriptif de la nature sauvage et personnifiée de ces tourbières, seul un "vieil homme", "son chien" (v.1) et un "oiseau-feu" (v.12) encadrent ce paysage de légende.

En réalité, ce tableau descriptif ne saurait être que descriptif, il est en mouvement, impressionnant, impressionniste, expressionniste ; en effet, "l'oiseau-feu", superbe périphrase du soleil, apparaît derrière le brouillard et de cette mi-journée.

Au champ lexical de l'agonie (métaphore de la grisaille humide "déposée" par la nuit : "saigne", "rouille", "s'effondre", "silence", "mort"...) succède la renaissance du phénix, la percée du soleil derrière les nuages.

Que dire d'autre ? Une rafraîchissante promenade pour un très beau moment de poésie.

Merci Luz,

Davide

   senglar   
15/8/2019
 a aimé ce texte 
Passionnément ↑
Bonjour Luz,


"sagne... rossolis (insectivore. Tourbière cannibale)... sphaignes (vivantes, matière même de certaines tourbières)" : autant de mots que je ne connaissais pas et qui donnent son allure rustique, d'une noble rusticité ancienne à ton paysage immémor/ial/iel de tourbière qui ne peut que me plaire car la tourbière m'est magique.

paysage de pourriture et de mort.
paysage pestilentiel et de vie.
trait d'union, transition...

Je me jette sur tous les romans qui ont pour thème la tourbière car la tourbière est un paysage-acteur fascinant :)

La tourbière vit d'une vie trouble :
"... où coule, saigne
La rosée déposée au lit des lunes pleines"
Fabuleux !

Magnifique le deuxième quatrain !

La tourbière est anthropomorphe avec "ses veines rousses"

Et elle est le coeur des légendes.

Ah oui la tourbière ici magnifiée ne peut que me plaire, elle s'impose à moi, à mon imaginaire. C'est le lieu de tous les dangers et en même temps c'est le charbon du pauvre ; c'est elle qui fume l'orge maltée pour donner le goût tourbé de la boisson du Highlander ; c'est son sein qui vomit le corps fossilisé de nos mystérieux ancêtres de l'âge du fer, on possède ainsi leur incarnation torturée car le plus souvent c'étaient des suppliciés, mais on peut voir en trois dimensions ce qu'ils étaient, toucher, palper, analyser.

Ah oui vraiment les tourbières ont tout pour me plaire.

Pour beaucoup elles craignent mais pour moi elles sont un chant d'amour
Et ainsi chantées
Chantées de la sorte
Par une façon de druide
Un magicien des matins de l'Humanité
C'est parfait

Merci à toi Luz


Senglar


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