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Poésie libre
Luz : Le renard et le corbeau
 Publié le 02/02/18  -  12 commentaires  -  1682 caractères  -  142 lectures    Autres textes du même auteur

Deux poèmes sur la lumière, les couleurs et la mort.


Le renard et le corbeau



LE RENARD

Le soleil s’étire sur l’horizon,
roux foncé, comme le renard
qui file au bas de la combe,
entre la lumière et l’ombre.

Les derniers rayons frôlent le vent des herbes,
attisant un mirage de feu tremblant.

Une grêlée de plombs siffle par-dessus les mares.

Le renard s’écroule dans les braises du pré,
cœur et ventre éclatés.
Sa gueule découvre des dents
qui luisent dans l’écume rose.

Ses yeux ne se referment pas,
leur éclair transperce le silence du ciel
jusqu’au soleil roux.



LE CORBEAU

L’enfant vit à l’écart du village.
Il ne voit pas les murs de sa petite maison,
son espace s’ouvre à tous les vents.

Il marche dans les pacages aux brumes éparses, légères,
où les rochers affleurent, luisants comme des soleils blancs.
Un corbeau le précède – lumière noire
ruisselante de reflets mauve bleu.

Ils virevoltent ensemble sur l’étendue des laîches
entre les mares et les crevasses de la tourbe.

Au milieu du jour,
le regard aigu de l’oiseau se tend
vers les blessures pourpres de l’horizon ;
il s’envole.

Au soir le tranchant de son cri écharde l’ovale du ciel.

Le corbeau est mort,
cloué sur le bois de la grange –
yeux rongés, vidés de leur feu ;
ailes et corps devenus visage d’ombre.


 
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   Mokhtar   
18/1/2018
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Requiem pour animaux mal-aimés. Mauvaises herbes de notre jardin d’égoïste.

La présentation éveille l’attention sur les parallélismes voulus entre les deux scénettes, qui n’auraient pas été évidentes au premier abord. Le noir et le roux sont couleurs de malheur.

Les descriptions des évolutions dans le milieu naturel sont délicatement évocatrices, et portent le lecteur dans ses imaginations.

La scène du renard est sans ambiguïté dans le premier poème. Mais je ne vois pas le but recherché par la présence de l’enfant dans le second. Par ailleurs, la mort du corbeau n’est pas très explicitée, même si l’on peut reconnaître ces coutumes superstitieuses qui persécutent aussi les chouettes.

Mon esprit poétique est donc plus gâté que mon esprit cartésien. Mais peut-être surgiront des commentaires les explications qui m’échappent ?

La forme originale choisie (doubles poèmes cousins) avec clin d’œil à La Fontaine, et les élégances de style ce texte, offrent une lecture qui ne manque pas d’attraits.

Mokhtar en EL

   MissNeko   
20/1/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
{Espace lecture}
Bonjour
À la lecture du titre on ne peut s empêcher de penser à la fable de La Fontaine. Mais ici point de fromage et d'animaux anthropomorphisés.
Ici deux poémes différents mais qui se font écho : l'animal victime de l' humain ( la chasse ou la superstition).
On note des points communs entre les deux : les jeux de lumière, le silence, le ciel.
Dans le second poème j ai aimé l élipse concernant la mort du corbeau : le tranchant de son cri fait ici référence au tranchant de la lame qui l a mis à mort.

Merci pour ce moment de lecture

   papipoete   
23/1/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
libre
un poème en 2 parties distinctes, évoquant la bêtise et les superstitions qui se rattachaient à des croyances maléfiques !
Et l'on en vit des corbeaux crucifiés, responsables de tous les maux de la terre !
Et l'on en tua des renards diaboliques porteurs et transmetteurs de maladies mortelles !
Mais on ne pensa pas à " l'éboueur " couleur de jais ! mais on ne songea guère au " dévoreur " de campagnols ...
Votre texte est touchant avec de belles envolées ( ses yeux ne se referment pas/leur éclair transperce le silence du ciel/jusqu'au soleil roux )
papipoète

   bipol   
2/2/2018
 a aimé ce texte 
Passionnément
bonjour

ce poème est trop beau

pour des scènes qui me hérissent

les destructeurs de mes amies les bêtes

sévissent toujours

quand en aura-t'on fini avec ces hécatombes

mais est-ce sûrement ce que vous voulez nous dire

alors bravo

   hersen   
2/2/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour Luz,

Fable à part, tu te réappropries une vision véhiculée depuis si longtemps déjà et tu y mets ton grain de sel. Ou de sable.

Un angle très fin, Luz, j'avoue que je suis pantoise.

Merci de cette lecture.

   PIZZICATO   
2/2/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
La lumière et la couleur qui nous sont dispensées par la nature sont traduites ici par de belles images.
Même la mort et les exactions commises contre les animaux, issues de la folie et l'abrutissement de certains humains, sont décrites avec sobriété.

Un contraste fort bien illustré.

   Donaldo75   
2/2/2018
 a aimé ce texte 
Passionnément
Bonjour Luz,

J'ai trouvé le traitement de cette fable vraiment original.
Il y a un côté cinématographique, américain, dans ce poème.
C'est prenant parce que le lecteur est désarçonné par les images, violentes parfois.

Bravo !

Donald

   Anonyme   
2/2/2018
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
Aujourd'hui, la cruauté est partout, autant au prés des animaux que des êtres humains.

Je comprends la démarche, mais je n'ai pas aimé du tout le fait d'étaler cette cruauté de manière aussi accentuée. J'aurais aimé plus de nuances car je ne souhaite pas à avoir à visualiser un tel spectacle pour défendre une cause. Le côté voyeurisme, très peu pour moi, il n'était pas nécessaire d'en faire autant :

" Le renard s’écroule dans les braises du pré,
cœur et ventre éclatés.
Sa gueule découvre des dents
qui luisent dans l’écume rose.

Ses yeux ne se referment pas,
leur éclair transperce le silence du ciel
jusqu’au soleil roux. "

" Le corbeau est mort,
cloué sur le bois de la grange –
yeux rongés, vidés de leur feu ;
ailes et corps devenus visage d’ombre."

On peut défendre une telle cause en mettant en avant bien d'autres arguments plus percutants.

L'idée de la fable est une bonne idée.

   Lylah   
3/2/2018
 a aimé ce texte 
Passionnément
Tant de poésie pour dire tant de cruauté, ce n'est pas si facile !

On part en balade au cœur de la nature accueillante et paisible et on croise l'insoutenable.

Un poème qui vibre et fait vibrer par tant de contraste, en nous offrant de magnifiques images comme :

"leur éclair transperce le silence du ciel / jusqu’au soleil roux."
"Un corbeau le précède – lumière noire /ruisselante de reflets mauve bleu."
"le regard aigu de l’oiseau se tend /vers les blessures pourpres de l’horizon"

Bravo

   Azedien   
3/2/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
J'aime l'angle duquel se porte votre regard.

Sans moralisme, vous contez la dure relation que l'homme fait subir à la nature.

Vos vers, lyriques, tissent avec subtilité des ambiances lourdes et implacables qui annoncent les crépuscules imminents ; l'innocence des enfants n'y changera rien.

Je vais m'arrêter là, vous savez déjà ce que je pourrais dire de vos beaux textes, et "Il n'est panégyriste au monde si célèbre / Qui ne soit un Morphée à tous ses auditeurs." (La Fontaine)

Merci pour ce partage.

   jlouisgillis   
3/3/2018
 a aimé ce texte 
Bien
Je me joints à l'opinion de Mokhtar...
bien cordialement et bonne continuation sur votre expression de lumière.
jlg

   Gabrielle   
21/5/2018
 a aimé ce texte 
Un peu
Un étonnant contraste vie/mort présent dans les deux poèmes.

L'effet est percutant et peut amener le lecteur une réflexion personnelle sur des questions existentielles.



G. Michel


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