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Poésie libre
Luz : Les eaux du pré [Sélection GL]
 Publié le 26/07/18  -  20 commentaires  -  1824 caractères  -  178 lectures    Autres textes du même auteur

Souvenirs d'enfance à la campagne.


Les eaux du pré [Sélection GL]



Les fenaisons parfumaient le vent doux de la vallée
et le ruisseau dans la combe coulait sa musique discrète.

Au matin, je grimpais tout en haut du hêtre.
Les éclairs de la faux de Pépé
tranchaient l’herbe, les fleurs, la brume bleue de l’air,
avec ce souffle de lame humide et le crépitement des criquets
qui bondissaient vers l’eau claire.

Dans ce bas de prairie les sources affleuraient,
entre valérianes, joncs et salicaires,
exhalant un mélange d’odeurs âcres et poivrées.

Mes deux frères rassemblaient le foin, chemise ouverte ;
sur leur torse luisaient de fines gouttes de sueur.
Ils ne s’interrompaient que pour aller au bout de la rigole verte
où l’eau fraîche sourdait de la terre tourbeuse.
D’une main ils dégageaient le cresson et de l’autre buvaient,
riant, dans le contentement de leur soif apaisée.

L’après-midi, je marchais doucement dans le ruisseau, pieds nus,
à la recherche des chabots, immobiles,
plaqués aux ocres luisants du sable et des graviers.

La chaleur poudroyait, l’herbe bourdonnait d’insectes ; le soleil était là.

Aujourd’hui le pré n’existe plus.
À la place se dresse un épais bois de douglas
où l’eau coule sans bruit, sans vie,
triste de lumière perdue.


 
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Toute copie de ce texte est strictement interdite sans autorisation de l'auteur.
   Eclaircie   
13/7/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour,

Une savante enfance; savante dans le sens où ce gamin sait le goût, le nom de ce qui l'entoure.
Très attachée à la ruralité, ses valeurs et nostalgique du temps où l'on prenait le temps de laisser mûrir les choses, le blé, les sentiments, j'applaudis bien sûr des deux mains ce texte.

Bien sûr la fin est abrupte, dramatique, mais sans doute pas même exagérée.

Ce poème me fait penser à Giono, Bosco, merci.
Et si je ne lui voit aucun défaut, c'est parce qu'il n'en a pas, qu'il ne peut pas en avoir décrivant ainsi, la Vraie Vie.
Vous auriez pu le présenter en prose ...peut-être.

Merci !
Éclaircie

   papipoete   
13/7/2018
 a aimé ce texte 
Passionnément
prose
Furtivement, une odeur agréable de foin coupé, passe sous mon nez, et je me rappelle ... quand la faux de pépé chantait, comme heureuse de couper sans abimer, coucher l'herbe et les fleurs au même lit !
Mes grands frères faisaient des gerbes, alors que moi je musardais jusqu'au ruisseau, pour y boire avec eux luisants de sueur, son eau si fraîche, si apaisante . Mais c'était antan et si tentant ; là, je vois une sapinière qui a gommé la prairie ...
NB j'ai connu ces " foins " ; ce ru et son cresson ; les chabots qui jaillissaient de sous un caillou . Aujourd'hui, ça vrombit dans les prés, de mastodontes mécaniques, dont le conducteur n'a même plus le temps de boire un coup, et plus bas dans le val, le ruisseau coule bien seul, trop tranquille !
Tout est beau et si bien mis en couleur dans cette prose magnifique, et je donnerais un petit " plus " au second vers .
Quel bon moment !
papipoète

   Vanessa   
19/7/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
J'aime beaucoup votre poème.
Une histoire racontée sans prétention. On nous parle de nature, d'homme et de communion dans une écriture simple mais soutenue à la fois.
Personnellement, j'aurais vu ce texte sous la forme d'une prose poétique.
Je l'ai relu en l'imaginant ainsi et j'ai trouvé votre texte plus beau encore.
Le bonheur était dans le pré.

   eskisse   
26/7/2018
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour Luz,

Votre poème, réaliste par toutes ses précisions, nous plonge agréablement dans le passé et la nature.
J'aime beaucoup : " Les éclairs de la faux de Pépé
tranchaient l'herbe, les fleurs, la brume bleue de l'air " .
Ce souvenir, rapporté avec une acuité particulière, génère une certaine douceur de vivre.
Merci

   Hananke   
26/7/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour

J'aime bien ce texte nostalgique même si je l'aurais classé,
personnellement, en poésie en prose.
Une tranche de vie de temps qui ne sont plus : ça fait toujours recette.

Des souvenirs de jeunesse en vacances dans le Jura me reviennent :
le partage fonctionne.

Attention aux chabots, je crois me souvenir qu'ils piquent.

   plumette   
26/7/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
une évocation douce et nostalgique, des images qui font surgir mes propres souvenirs , très belle observation de la nature.
L'enfant ne semble pas percevoir la dureté du travail de la fenaison, l'adulte qui raconte a idéalisé le tableau bucolique.
Tous les sens sont convoqués pour profiter de l'été.

Comme d'autres commenatteurs, j'aurais bien vu ce texte en prose poétique.

Plumette

   Lulu   
26/7/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour Luz,

J'ai vraiment beaucoup aimé ce poème en vers libres. Je trouve que la forme va bien avec cette liberté éprouvée au soleil. Le choix me semble judicieux.

Comme dans nombre de vos poèmes, on retrouve ici cette particularité qui me touche : l'image, et la vie qui en découle. Vous savez écrire le mouvement, cette dynamique qui accompagne le regard avec bien souvent des verbes d'action "je grimpais tout en haut du hêtre", par exemple. Du coup, c'est très visuel. On peut presque ressentir la chaleur éprouvée par les frères quand "Ils ne s'interrompaient que pour aller au bout de la rigole verte"...

L'ensemble me semble très bien construit, à l'exception de la dernière strophe qui, mieux formulée, pourrait rendre avec une plus grande acuité cette nostalgie déjà bien exprimée tout au long du texte. Cette dernière strophe apparaît trop terre à terre, comme un aparté du poème. Or, l'inclure de façon plus poétique pourrait être possible en revoyant peut-être sa formulation. Ainsi "le pré n'existe plus" me paraît trop rude à l'oreille. De même, "A la place" me semble trop prosaïque. Mais au vu de la qualité d'ensemble du poème, je suis sûre que vous pourriez trouver mieux pour la fin.

Enfin, un peu plus haut, j'aurais bien mis une virgule après "prairie" dans "Dans ce bas de prairie les sources affleuraient".

Au très grand plaisir de vous relire !

   TheDreamer   
26/7/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Voici une belle prose poétique. - L'utilisation du "je" est ici importante puisqu'elle place le lecteur directement en contact avec la nature décrite. Le champ lexical y est précis et utilisé à bon escient. Un poème sensitif qui cherche à faire percevoir par divers détails, l'impression visuelle, sonore, odorante de la scène... puis, l'auteur efface tout ce qui avait attiré l'oeil et l'attention en quelques mots : "... le pré n'existe plus". Cette chute n'est pas pour rien dans la nostalgie que chacun cherche en la proximité de la nature.

   Gabrielle   
26/7/2018
 a aimé ce texte 
Bien
Un texte emprunt de nostalgie traitant du délicat sujet du souvenir d'enfance.

Le narrateur relate un souvenir d'enfance fait d'instants de vie à la campagne.

Il s'attache aux perceptions des sens (vue, odorat,ouïe) qui témoignent du dit souvenir.

Ainsi, le narrateur propose une exploration nouvelle du souvenir, triste vestige de ces moments perdus et d'un paradis qui n'est plus (dernière strophe).

Merci pour ce partage.

Bien à vous.



G. Michel

   PIZZICATO   
26/7/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Une certaine époque...
Joli tableau agreste, vivant, coloré, aux images douces et vraies.

" La chaleur poudroyait, l’herbe bourdonnait d’insectes ; le soleil était là."

Ma foi, mieux vaut encore les douglas que du béton.

   jfmoods   
26/7/2018
Le poème a beau être en vers libres, quelques échos en structurent la progression (glissement allitératif : "discrète" / "hêtre", glissement assonantique : "buvaient" / "apaisée", rime pauvre : "vallée" / "pépé", "criquets" / "affleuraient", "plus" / "perdue", rime suffisante : "claire", "salicaires", rime riche : "ouverte", "verte").

Construit en narration interne, il se compose de deux parties.

La première (vers 1 à 20) inscrit l'évocation bucolique dans un contexte familial ("Mes deux frères").

L'imparfait de l'habitude y restitue l'enchantement de l'enfance en instituant une ligne de partage entre richesse des perceptions (odorat : "Les fenaisons parfumaient", "valérianes, joncs et salicaires, exhalant un mélange d’odeurs âcres et poivrées", ouïe : "le ruisseau dans la combe coulait sa musique discrète", "ce souffle de lame humide", "le crépitement des criquets", "l’herbe bourdonnait d’insectes", vue : "Les éclairs de la faux de Pépé", "sur leur torse luisaient de fines gouttes de sueur", "La chaleur poudroyait", "ocres luisants du sable et des graviers", goût : "buvaient", "le contentement de leur soif apaisée", toucher : "pieds nus") et diversité du mouvement ("je grimpais", "tranchaient l'herbe", "bondissaient vers l'eau claire", "les sources affleuraient", "rassemblaient le foin", "ne s’interrompaient que pour aller", "l'eau fraîche sourdait", "ils dégageaient le cresson", "je marchais doucement"). Temps et espace s'articulent en écho ("Au matin" / "L’après-midi", "tout en haut du hêtre" / "Dans ce bas de prairie", "D’une main" / "de l’autre").

Les 4 derniers vers du poème, au présent d'énonciation, rompent soudain le charme. La disparition des repères ("le pré n’existe plus" / "À la place se dresse") entérine la perte irréparable du passé ("l’eau coule sans bruit, sans vie, / triste de lumière perdue").

Merci pour ce partage !

   wancyrs   
26/7/2018
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Salut Luz,

Texte bien écrit, mais le choix de la catégorie « libre » ne sied pas au tableau peint à la fin. Cette disposition en vers gêne ma lecture, et force mon imaginaire a plus de prouesses pour avoir quelque chose d’homogene. La prose aurait été judicieux pour le propos, je pense.

Wan

   lucilius   
27/7/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
De lumineuses images agrestes reflétées par des souvenirs d'enfance, avec un voile de nostalgie. Très belle description de la pêche aux chabots (pour moi, c'étaient les écrevisses).

Une suggestion : dans la quatrième strophe s'accumulent les verbes à l'imparfait. Pour "casser" cette énumération j'aurais écris les deux premiers vers de la manière suivante :
"Mes deux frères rassemblaient le foin, chemise ouverte ;
Leur torse luisant de gouttelettes de sueur".

   Anonyme   
29/7/2018
 a aimé ce texte 
Passionnément
Il y a tout dans ce texte, tout. Le passé, le présent, un avenir surement encore moins rose que ce qu'on imagine de pire.
Il y a les regrets d'un temps passé, qui peut être pouvait ne pas être toujours si idéal (cf les guerres ou la tuberculose), mais où l'humain a toute sa place.
Il y a le présent avec ces pins destinés à l'économie mondialisée. Bien ou mal? je ne sais dire, mais les poissons (truites ou vairons) n'y trouvent pas leurs comptes avec des eaux acidifiées au delà du raisonnable.
Il y a le futur et la possibilité de voir notre Terre devenir un vaste égout.

Le style est impeccable, on sent le contemplatif des ateliers de haïkus.
Bref, je suis plus que charmé! Bravo Luz.

   Donaldo75   
29/7/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Luz,

Ce poème ressemble plus à de la prose, du moins dans ma perception, avec une narration qui fait sentir les parfums de la campagne, ses bruits, et affiche un tableau digne d'une œuvre de Jean-François Millet.

"Aujourd’hui le pré n’existe plus.
À la place se dresse un épais bois de douglas
où l’eau coule sans bruit, sans vie,
triste de lumière perdue."

Et c'est bien dommage.

Merci pour la nostalgie douce.

Donaldo.

   izabouille   
3/8/2018
 a aimé ce texte 
Bien ↑
C'est plein de nostalgie, c'est beau. Je me suis sentie en paix en lisant ce texte. La dernière strophe est un peu abrupte par contre. Je l'ai trouvée triste par rapport au reste du texte qui est tout en douceur. J'ai eu l'impression qu'un mur s'était dressé au bout de ma balade, un dur retour à la réalité.
Merci pour cette promenade

   daphlanote   
13/8/2018
 a aimé ce texte 
Bien ↓
L'impression globale du texte est positive. Un peu plate, mais douce et nostalgique ce qui me semble être le but de l'auteur.

Le rythme est globalement fluide. "Les éclairs de la faux de Pépé" accroche, c'est un peu court peut-être, on aurait aimé soit quelque chose de plus long ou peut-être des gutturales ou une scansion plus marquée pour faire suite au vers suivant, même si "la brume bleue de l'air" souffre encore de quelques longueurs (mais une allitération de "b", ça n'a jamais été ma tasse de thé).
Les deux vers suivants par contre sont parfaitement fluides alors même que "qui bondissaient vers l'eau claire" est notablement plus court que le vers qui le précède.
Peut-être écrire
Au matin, je grimpais tout en haut du hêtre.
Les éclairs de la faux de Pépé tranchaient
l'herbe, les fleurs, la brume bleue de l'air," m'aurait moins dérangé. A tort peut-être.

Je ne comprends pas l'intérêt de la virgule qui suis "affleuraient". Elle est à mon sens superflue (je n'oserai affirmer qu'il s'agit d'une faute de ponctuation, mais à mon sens il n'y a pas de respiration particulière à cette endroit et elle n'est pas nécessaire du point de vue du sens alors...).
Au demeurant la strophe est plaisante, le contexte est précis et évocateur.

"sur leur torse luisaient de fines gouttes de sueur". L'inversion de la structure grammaticale m'ennuie. L'image sert le sujet mais elle parait ajustée au chausse-pied dans un structure qui n'est pas limitante. Peut-être la description est-elle trop précise. Les vers précédents sont construit dans une nostalgie un peu languide, ce détail-ci est pour le moins précis et "photographique" (entendre, c'est un temps quasi immédiat, un intervalle de quelque seconde, là où le reste du texte raconte une atmosphère et l'histoire de plusieurs jours, une routine diluée par les années).

La strophe suivante est très plaisante par contre. Les ocres luisants sont convenu mais le rythme facile et la lecture sans accroche rendent service au texte.

Le vers suivant est très joli, j'aime beaucoup. Le point virgule explicite la respiration, la lecture est à nouveau facile et bien menée.

La chute n'est pas vilaine. Il y a une variation dans la forme (vers notablement plus courts) qui pour autant n'est pas fracassante (par autant que le propos en tous cas). "A la place se dresse" me semble un peu long mais en effet je n'ai pas de meilleure proposition.
A mon sens le "sans vie" est totalement superflus, même plutôt répétitif et dessert le texte (puisqu'une forêt sans bruit est en effet morte).

En conclusion, le texte me semble plutôt léger dans la lecture, c'est un moment agréable et la lecture laisse impression globale de fluidité. Il souffre toutefois à mon sens de quelques imprécisions et longueurs inutiles qui ternissent la douceur du moment.
La chute est bel et bien présente et signifiante. Par contre, elle ne me semble pas assez marqué dans la forme.

Bonne route !

   Ombhre   
26/8/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Luz,

merci pour ce beau texte plein de douce nostalgie, d'images champêtres, et de douces odeurs. Je me suis promené avec plaisir dans votre mémoire, et je me suis rappelé des scènes que je n'ai pas vécu.
Les mots nous emportent dans cette balade en autrefois, et la chute, attendue mais bien amenée, clos à merveille ce poème.
J'aurais toutefois trouvé plus adapté d'en faire un texte en prose, qui m'aurait semblé mieux convenir à votre style simple et musical.
Seuls quelques mots ou vers m'ont heurté, car trop lourds:
"dans le contentement de leur soif apaisée. " le mot contentement gagnerait à être allégé.
"À la place se dresse un épais bois de douglas "

Merci pour cette belle lecture.

   Castelmore   
14/9/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Vous m'avez offert des moments de grâce

Evocation douce d'un passé révolu...
Nature familière, fraternité rêveuse
Conversent en un temps de plaisir absolu
Et laissent une empreinte d'humanité heureuse .

et soufflé ces quatre vers ...
Merci doublement...

   Yavanna   
14/9/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Un texte qui vous enveloppe et vous plonge dans une explosion d'odeurs, de couleurs et de bruits... une vraie symphonie pastorale.

Étant moi-même une contemplative passionnée (oui, oui, ce n'est pas contradictoire) de la nature et de ses offrandes, je ne peux qu'aimer cette narration simple, douce et nostalgique.

Je n'ai rien à redire sur le style... prose poétique ou pas, ce style est vôtre, et il est merveilleusement efficace pour emmener le lecteur dans un très beau voyage.

Merci.


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