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Poésie libre
Luz : Visions
 Publié le 06/12/09  -  9 commentaires  -  1288 caractères  -  158 lectures    Autres textes du même auteur

Visions troubles ou voir sans savoir.


Visions



J’ai vu
La forêt vagabonder la nuit
Dans la plaine,
Feuillages au vent ;

Le temps s'arrêter
Sous le chêne,
Dans l’espace clos d’un regard d’amour ;

Au fin fond du bois,
Le chemin hésiter,
Et finalement se perdre.

J’ai vu
L'eau des étangs
Recouvrir les prés de lentes écumes cotonneuses ;

La rivière asséchée,
Attirer vers elle le chemin craquelé
Et les vieux murs fendus ;

Les nuages livides,
Défiler après l’ondée,
Dans le ciel infini du canal.

J’ai vu
Les fleurs grimper toutes ensemble
Vers le sommet de la montagne -
Transhumance printanière de clochettes silencieuses ;

Les piquets casqués de boîtes rouillées
Garder l'or des renoncules.

J’ai vu,
La lune recouvrir le soleil
D'un linceul noir ;

La dune, outil de sable aux angles parfaits,
Tailler les copeaux du vent brûlant.

J’ai vu
Le monde de guingois, tout de travers ;
Et même parfois le monde à l’envers.

J’ai vu
L’absurde courir après le temps,
La mort dans l’âme.

Et j’ai vu,
Briller au bord d’un même regard,
Les larmes des enfants
Et celles des poètes.


 
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   Lulu   
6/12/2009
 a aimé ce texte 
Bien
J'aime beaucoup. Il m'a semblé, au fil de la lecture que c'était peut-être un peu long, mais en définitive, je trouve que l'ensemble coule tranquillement dans un ton juste et sensible. Peut-être ai-je simplement été un peu gênée par la longueur du vers : "Transhumance printanière de clochettes silencieuses"... la longueur... et les mots, que je ne trouve pas spécialement beaux ensemble. Mais l'image me semble belle.

J'aime assez ces "visions", captures d'un regard de poète...
Merci.

   Lapsus   
6/12/2009
 a aimé ce texte 
Bien ↑
"J’ai vu
Le monde de guingois, tout de travers ;
Et même parfois le monde à l’envers."
C'est une des clés des visions, les choses sont inversées dans leur rôle, leur mouvement, leur perception.

"J’ai vu
La forêt vagabonder la nuit
Dans la plaine",
"Au fin fond du bois,
Le chemin hésiter,
Et finalement se perdre."
Les choses fixes, au point d'en être couramment des repères, deviennent animées et mouvantes.
Elles sont d'ailleurs douées de volonté :
"J’ai vu
Les fleurs grimper toutes ensemble
Vers le sommet de la montagne"
Jusqu'au renversement complet de la vision naturelle :
"La dune, outil de sable aux angles parfaits,
Tailler les copeaux du vent brûlant."
Qui est l'agent, quel est l'effet ?

Ces visions, teintées et réinterprétées, ne sont pas celles de l'adulte normal :
"Et j’ai vu,
Briller au bord d’un même regard,
Les larmes des enfants
Et celles des poètes."
Ce regard appartient aux enfants et aux poètes.

La pensée, originale dans son expression et ses images, est bien rendue.

   jaimme   
6/12/2009
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
J'avais fait un long commentaire et une coupure de courant...
Bref, je vais résumer. Pfff.

Merci Luz, ton poème est douceur autant que force.
Le temps ne s'arrête pas pour les amoureux, c'est ce qui est le plus grave!
Et ton Inversonie poétique est bien le royaume des enfants et des poètes. J'aime donc le thème.
Il n'y a que la strophe avec la Lune et Le Soleil sur laquelle j'ai un peu tiqué: une éclipse ça existe; de plus l'image est négative, au contraire des autres.
Celle-ci aussi: "J’ai vu - L’absurde courir après le temps, La mort dans l’âme." (c'est très beau et très juste), mais elle annonce bien la dernière strophe.
J'aime beaucoup: "Les piquets casqués de boîtes rouillées
Garder l'or des renoncules."
Bref, un poème que j'aurais aimé beaucoup plus long, sérieusement, car toutes ces images en appellent tellement tellement d'autres. On te l'aurait reproché c'est sûr, mais moi j'aurais aimé. J'assume.
Merci pour ces "visions".

jaimme

   Lylah   
7/12/2009
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Que j'aime ce(s) regard(s) sur le monde "tel qu'on le sent et non tel qu'il est" pour paraphraser Eluard à ma façon ! De très jolies tournures qui m'ont menée en strophe en strophe, l'oeil gourmand, sans déception !
Les trois premières sont particulièrement réussies, puis la transhumance des fleurs, les piquets casqués de rouille et l'or des renoncules et :

"La dune, outil de sable aux angles parfaits,
Tailler les copeaux du vent brûlant." Superbe !

Même l'éclipse est revisitée par ce regard autre.
Vraiment, c'est de la poésie comme je l'aime !

Juste une petite remarque, rien que pour dire ; j'ai regretté la trop fréquente répétition de "j'ai vu"... j'en aurais supprimé facilement la moitié, cette insistance alourdit un peu le propos si aérien; et puis la fin, est plus convenue, mais bon, cette lecture a été un véritable délice !

   ristretto   
7/12/2009
 a aimé ce texte 
Beaucoup
un imaginaire proche des contes pour enfants

regard de poète

une très belle lecture

merci

   Anonyme   
8/12/2009
 a aimé ce texte 
Bien
Une belle envolée. On se laisse empoigner par les "forêts vagabondes" du début et le vol par la suite et ma foi bien agréable.

   Anonyme   
9/12/2009
 a aimé ce texte 
Bien ↓
Un poème agréable, presque primesautier malgré certaines choses dures.

J'ai apprécié, mais il souffre de quelques défauts: la longueur: il y a un effet d'énumération qui lasse un peu à la fin, et pourtant..

Le dernier vers qui casse tout! Le poète voyant c'est le cliché ultime pour moi, depuis Rimbaud! Je trouve ça vraiment dommage.

Mais l'ensemble est très correct.

   Anonyme   
9/12/2009
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Ce poème constitue un bel ensemble.

J'aime ces visions mi réelles, mi fantasmagoriques. La nature offre bien souvent des séquences qui encouragent et facilitent de nouvelles perceptions.
Ex : "J'ai vu la forêt vagabonder/Dans la plaine"
"transhumance printanière de clochettes silencieuses"
"La dune,..." etc.

D'ailleurs cela est plus ou moins dit avec cette strophe :
"J’ai vu
Le monde de guingois, tout de travers ;
Et même parfois le monde à l’envers.

Bref, un beau contact avec la nature.

   ANIMAL   
6/9/2010
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Un poème qui me plaît à la fois par sa simplicité de forme et la place énorme laissée à l'imaginaire grâce à ce fond qui se déroule comme une promenade dans un décor onirique.

Qui "a vu" toutes ces choses ? Un être humain ? Une créature mythique ?

Moi, en tous cas, je les vois aussi. Merci pour ce joli texte.


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