Page d'accueil   Lire les nouvelles   Lire les poésies   Lire les romans   La charte   Centre d'Aide   Liens Web 
  Inscription
     Connexion  
Connexion
Pseudo : 

Mot de passe : 

Conserver la connexion

Menu principal
Les Nouvelles
Les Poésies
Les Listes
Recherche


Poésie contemporaine
Malitorne : Hommage à Pierre Louÿs
 Publié le 25/05/20  -  15 commentaires  -  837 caractères  -  348 lectures    Autres textes du même auteur

Sans espoir.


Hommage à Pierre Louÿs



Sur la terrasse moussue d’une cathédrale,
Conçue pour la foi mais pas les cris de l’amour,
Avec ma chair, avec ma douce, ma florale,
Nous baisons, susurrant d’agréables discours.

Soudain je ne sais, elle s’en va. Alors moi :
– Prends garde mon aimée, les dalles sont glissantes !
Elle se presse, oubliant la hauteur du toit,
Comme piquée par une guêpe des charpentes.

Au bord d’une goulotte elle s’accroupit,
Relève son ample jupe puis, d’un jet, pisse :
– Ah Dieu vivant, quel bonheur, j’étais au supplice !

Par le jeu retors d’une antique plomberie,
Le jus doré s’égare, suit vices cachés,
Pour s’égoutter – ploc ! ploc ! – dans le saint bénitier.

Ma belle vidée, n’ayant cure de l’outrage,
À nouveau sur moi, se remet vive à l’ouvrage.


 
Inscrivez-vous pour commenter cette poésie sur Oniris !
Toute copie de ce texte est strictement interdite sans autorisation de l'auteur.
   Miguel   
1/5/2020
 a aimé ce texte 
Un peu
Ce n'est pas le genre d'humour dont je fais mes délices ; mais enfin, objectivement, l'esprit provocateur de Pierre Louÿs est on ne peut plus présent et le discours, ma foi, plein de malice et énoncé sur un rythme enlevé, comme on dit pour la danse..

   Corto   
5/5/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup
J'aime bien lorsque la poésie utilise un langage châtié et même rimé, pour exposer quelque horreur iconoclaste.
Ici je suis servi.

L'imagerie et la rouerie sont les deux pivots de ce poème.

Un beau style, comme une gargouille tirant la langue à la bien-pensance.

Bravo à l'auteur.

   LenineBosquet   
25/5/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour,
je n'ai pas la référence Pierre Louÿs, bien qu'ayant trouver son roman "Aphrodite" mais ne l'ayant pas lu encore, ce qui ne m'empêche pas de grandement apprécier ce poème gentiment iconoclaste et blasphématoire. Je suis, il est vrai, assez facile à satisfaire dans ce genre. Dès que c'est marrant, je prends. Sûrement que si j'avais la référence ce texte serai encore plus jubilatoire, vous me direz hein ?
Les quelques rimes faibles, très faibles, me laissent un peu sur ma faim. Allez, de la rigueur, plus de rigueur pour ce genre qui le mérite !
Merci.

   Donaldo75   
6/5/2020
 a aimé ce texte 
Un peu ↓
Bonjour,

Ce poème m’a fait la même impression que les sketchs de Pierre Desproges ; certains les trouvent géniaux, décalés, moi je les trouve juste lourds. Je ne connais pas spécialement l’œuvre et la vie de Pierre Louÿs et j’ai dû invoquer les divinités Internet pour trouver de l’information finalement inutile au vu de ce que j’ai lu. La forme est bien travaillée ; c’est tout ce que je retiens.

Une autre fois, dans un autre registre un peu plus moderne.

   Ascar   
25/5/2020
 a aimé ce texte 
Un peu
J'imagine qu'en pleine bandaison le cerveau est moins irrigué puisque le sang est autrement réparti. Cela doit finir par altérer la chasteté du langage surtout quand l'affaire dure. Ainsi l'on passe d'"amour", "florale" du 1er quatrain à "jet , pisse, jus doré, belle vidée" dans les derniers vers ;)))
Pour moi, c'est une poésie d'un autre siècle et, au vu de la référence, je pourrais dire que le but est atteint.
Pour autant et tout en soulignant la qualité de l"écriture, cela ne m'a fait ni rire, ni grincer des dents. Trop cru (surtout en plein petit déjeuner) pour le païen que je suis.

   papipoete   
25/5/2020
 a aimé ce texte 
Bien ↑
bonjour Malitorne
La maison du Seigneur offre le droit d'asile, pour une nuit, pour un instant à qui ne commet point de sacrilège à son encontre...Là, c'est un couple qui ne fait pas la guerre, mais l'amour...avec une pause urgente en son plein milieu.
NB certes, la bigote du coin hurlerait face à cette scène, où le Diable s'agite à travers deux démons masculins féminins !
J'avoue que ce n'est pas l'endroit qui me viendrait à l'esprit, pour ne pas être dérangé en cours d'ébat, mais je prends le parti d'en rire...
J'aurais plus vu à la fin, une ouaille tremper sa main à l'eau bénite, plutôt que votre " douce " ne remit le couvert, mais bon !
Ne voyant point ici d'outrage satanique, je me souviens de la crypte de la cathédrale de Mendes que je visitais, quand j'y découvris cannettes de bière, mégots de clopes... j'en fus sidéré !
le second tercet est " croquignolesque ! "
le 9e vers mesure 11 pieds = contemporain
l'ensemble m'a fait sourire, et je donne la bénédiction à ces pécheurs !

   Harvester   
25/5/2020
Je n'ai aucune connaissance de tout l'œuvre de cet auteur mais néanmoins le hasard a mis sur ma table son Aphrodite dont je cite ceci :

"Ô pieds, disait-il, ô cuisses douces, reins profonds, croupe ronde, figue fendue, hanche, épaules, seins, nuque mobile, ô vous qui m'affolez; mains chaudes, mouvements experts, langue active ! Tu es Romaine, tu es trop brune et tu ne chantes pas les vers de Sapphô ; mais Persée lui aussi a été l'amant de l'Indienne Andromède" Fin de citation

Il me faudrait connaître d'autres écrits pour juger de cet hommage mais somme toute c'est plutôt bien écrit quoique l'on puisse objecter. Est-ce que l'alternance des rimes que vous avez utilisée était une pratique de cette auteur ? J'attends avec intérêt que vous proposiez quelques pistes pour éclairer vos choix. Merci

   Eclaircie   
25/5/2020
Bonjour Malitorne,

Un poème surprenant, osé, c'est rare ici.
J'aime le titre qui est un indice de lecture bien utile. Je ne connais pas dans le détail l'œuvre de Pierre Louÿs, juste un de ses domaines de prédilection, l'érotisme. Il a traduit Sappho.

Alors, oui, ce poème est assez réussi. Le choix du contemporain appartient à l'auteur et je le considère comme un partie de l'hommage.
Le choix d'évoquer une cathédrale est bonne, Louÿs est provocateur.
Le fond me semble très bien choisi, trouvé.

La forme me convainc moins, sans que je sache vraiment dire en détail pourquoi, ou seulement ces deux vers, bien moins harmonieux, convaincants, limite inutiles :
"Conçue pour la foi mais pas les cris de l’amour,"
"Elle se presse, oubliant la hauteur du toit,"

Je ne pense pas vous avoir lu en poésie, et suis bien agréablement surprise.
(je ne mets pas d'appréciation, car ce serait "beaucoup -plus" pour le fond et le risque et "bien-moins" pour la forme. un mot sur l'exergue, que je ne saisis pas trop ?)

Merci du partage.
Éclaircie

   Davide   
26/5/2020
Bonjour Malitorne,

Tout d'abord, j'aurais inversé le titre avec l'exergue. Il me semble que "Sans espoir" fait un meilleur titre à ce poème que la référence-hommage à Pierre Louÿs...

Bon, pour être honnête, je n'ai pas vraiment apprécié cette lecture, non pas spécialement du fait de sa vulgarité assumée (c'est un style !), mais du fait qu'il n'y ait que "ça" à y voir ! En fait, seul le "Nous baisons" (v4) m'a fait sourire ; le reste, bien qu'osé, m'a semblé manquer de surprise, de drôlerie, de folie. En fin de compte, je crois qu'il m'a surtout manqué la réjouissance d'une chute moins attendue !

Enfin, même si le poème se lit sans difficultés, l'emploi d'alexandrins - au lieu des dodécasyllabes - aurait sans doute donné une consistance autrement plus "savoureuse" à cette petite scène.

Merci du partage !

   Recanatese   
27/5/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
Bonjour Malitorne,

ce poème m'a bien fait sourire, le rythme est alerte, la scène est visuelle, c'est très réussi, vraiment. Le ton irrévérencieux fait toujours son effet quand la langue est bien maniée comme c'est le cas ici.
Ceci dit, bien que n'étant d'ordinaire pas à cheval sur les questions techniques (hiatus, alternances des rimes ...), il me semble que votre texte gagnerait à être remanié (très peu) en tenant compte de la césure et du pied manquant au 9ème vers. Je vous le dis car c'est un reproche qui m'a souvent été fait et c'est vrai qu'après correction les vers coulent mieux à la lecture.
Hormis ce petit bémol, je n'ai pas boudé mon plaisir. J'aime beaucoup le deuxième tercet:
"Par le jeu retors d'une antique plomberie,
Le jus doré s'égare, suit vices cachés,
Pour s'égoutter - ploc! ploc! - dans le saint bénitier."
Un régal!

À vous relire

Recanatese

   Malitorne   
27/5/2020

   sympa   
27/5/2020
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonsoir Malitorne,

Je crois avoir zappé la lecture de ce poème original .
Merci le fil de remerciements.
Bon, je ne suis pas fan de la forme:
Une prosodie plus proche du classique aurait été un plus.
Mais le fond l'emporte largement .
Il en faut pour tous les goûts et le récit abracadabrant tient la route.
Au final, j'ai bien ri , et c'est le principal.

   Cristale   
27/5/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonsoir Malitorne,

Pour me scandaliser il faudrait faire pire...et encore ^^

Je reconnais, en cet hommage fort bien écrit, la liberté de Pierre Louys, dont j'ai lu quelques oeuvres savoureuses, pour décrire les "choses" du sexe et de l'amour avec la frivolité joyeuse du répertoire érotique.

De l'esprit, du détail, du son et de la couleur, la voix poétique s'amuse à décrire la scène avec espièglerie.

Bien évidemment, j'aurais préféré un contexte de versification plus rigoureux parce que c'est mon terrain de prédilection, mais ce poème au rythme enlevé se suffit à lui-même et la lecture en est vraiment plaisante.

La forme s'approche du sonnet caudé (augmenté de 2 vers).

Bravo et merci Malitorne.

Cristale

   Dugenou   
28/5/2020
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour Malitorne,

En voilà un 'poème polémique', ça doit vous plaire, ça !

Je ne connaissais pas ce Pierre Louÿs, merci de me l'avoir fait découvrir. Il paraît qu'il tutoyait Octave Mirbeau, un auteur qui meubla mes soirées de désoeuvrement adolescentes...

Merci de cette découverte.

   PPeronne   
1/7/2020
 a aimé ce texte 
Bien
Bonsoir,

j'adore Pierre Louÿs... peut-être est-il bon de faire savoir que son bouquin - Deux filles de leur père - a été réédité il n'y a pas longtemps.
Votre texte est coquin et jubilatoire... ça c'est l'esprit Pierre Louÿs.
Ce qui ne m'a pas tout à fait convaincu c'est, parfois, le manque de fluidité du style. Quelques sonorités qui n'étaient pas vraiment faites pour se rencontrer, viennent se heurter altérant quelque peu cette scène ondine... qui ne demandait qu'à s'écouler limpide dans l'âme goulue du lecteur que je suis.
Le plaisir était malgré tout au rendez-vous !

PPeronne


Oniris Copyright © 2007-2020