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Poésie contemporaine
Miguel : À des morts menacés
 Publié le 18/09/13  -  13 commentaires  -  804 caractères  -  283 lectures    Autres textes du même auteur

"Cette concession, réputée à l'état d'abandon, fait l'objet d'une procédure de reprise. S'adresser au secrétariat du cimetière."


À des morts menacés



Tremblez que quelque jour le jour ne vous revoie,
Hibernants éternels, dormeurs à claire-voie !
L'offrande a déserté votre marbre ancien,
Dont la fidélité ne sait plus le chemin.
Le temps a maintes fois transmis vos héritages ;
Personne n'a connu vos voix ni vos visages ;
Nul ne répand pour vous ni larmes, ni soupirs ;
Vous n'êtes plus, hélas, même des souvenirs.
Alors, considérant cet inutile espace,
Des vivants inconnus convoitent votre place ;
Et ces profanateurs, jaloux de vos tombeaux,
Rêvent de vous voler votre dernier repos.
Qui vous protégera dans ce péril suprême,
Défunts du temps jadis, que plus personne n'aime ?
Mes yeux jettent vos pleurs, ma bouche votre cri,
Morts orphelins, chassés de vos havres d'oubli !


 
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   troupi   
28/8/2013
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Je trouve qu'un poème si bien écrit et si "vivant" avec un tel sujet est une petite prouesse.
Un petit bémol toutefois ; s'il avait été fractionné en quatrains n'aurait-il pas gagné en fluidité ?
Le premier vers est un morceau de choix !

   Hananke   
5/9/2013
 a aimé ce texte 
Bien ↓
Ecrire sur le relevage des corps dans les cimetières est une
bonne idée de départ.

Le poème alterne le bon et le moins bon :

Après un premier vers incompréhensible ou mal énoncé, l'écrit
déroule sa longue litanie avec des images assez belles, ma foi.

Après jadis la virgule est intempestive et le vers ultime
est comme le premier : à revoir.

Au final un poème non dénué de qualité mais ou les premier
et dernier vers sont à refaire.

   Anonyme   
19/9/2013
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Hola Miguel ! Ah oui, j'ai bien aimé ce salut aux morts "anciens" dont tout le monde se moque éperdument si ce n'est pour leur piquer leur "inutile espace".

"Tremblez que quelque jour le jour ne vous revoie", le ton est donné dès le premier vers. L'ultime concession autrefois respectée est aujourd'hui, c'est exact, l'objet de convoitise dans bien des cimetières et le repos éternel n'est plus au goût du jour...
Bon, je ne vais pas faire ici le procès de la société moderne mais, tout comme toi à priori, je suis passablement choqué par ces tombes abandonnées puis réquisitionnées pour faire de l'argent car, au delà de la place qui se fait rare, c'est bien le fric la finalité du processus.
De très jolis vers dans l'ensemble... j'ai juste tiqué sur "que plus personne n'aime" sans avoir mieux à proposer.

Au final, c'est un sujet peu courant et de surcroît très bien traîté... à mon goût !

Edit... Je trouve le premier vers tout à fait exceptionnel par la force que lui apporte la répétition de jour. Comme quoi certaines répétitions ont parfois leur raison d'être !

   Anonyme   
18/9/2013
 a aimé ce texte 
Bien ↓
"Et je lui dis : «Tais-toi ! respect au noir mystère !
Les morts gisent couchés sous nos pieds dans la terre. "

écrivait Hugo.

******

Mais même les morts doivent laisser leur place, tôt ou tard. Sujet assez inattendu : bravo pour ce choix.

Le premier vers est assez lourd.

"Mes yeux jettent vos pleurs, ma bouche votre cri,
Morts orphelins, chassés de vos havres d'oubli !"

... est une belle conclusion.

L'ensemble est bien balancé.

Peut-être un peu trop d'emphase stylistique pour moi, tout de même, ce qui m'empêche d'être totalement séduit.

nb Je me demande pourquoi il n'est pas posté en néo ???

   Anonyme   
18/9/2013
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Miguel

Sujet rarement abordé, ici, déclamé avec une belle voix d'outre-tombe.
Cela rappelle que l'éternité n'existe pas, qu'il faut des vivants pour se souvenir des morts, car après...
Pas très gai le sujet mais bien traité, avec élégance et vraiment, une belle voix.
Merci

   Ioledane   
18/9/2013
 a aimé ce texte 
Bien
Quelle bonne idée d'écrire un poème sur ces défunts oubliés dont nul n'a plus la moindre mémoire ... Le ton est un peu trop lyrique à mon goût, mais l'écriture est de qualité, et l'ensemble offre une lecture agréable.

   pieralun   
18/9/2013
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Moi je l'aime ce premier vers, et, bien qu'inhabituelle je trouve excellente la répétition rapprochée de " jour " , et l'image véhiculée n'en est que plus forte.
Le reste est parfait, les métaphores simples, la musique bien rythmée et le manque de classicisme des rimes ne me dérangent pas car les sonorités sont là.
Le fond est une bonne idée, et surtout peu commune.
Bravo Miguel !

   Renaud   
19/9/2013
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
Fort. J'aime tout, la méchanceté là où le discours convenu veut qu'on respecte les défunts, le développement et le maintien de l'intensité jusqu'au dernier mot. Une idée simple et originale exploitée avec une certaine exhaustivité. C’est la langue de la vie qui déteste la mort, elle la rejette et elle est la seule à pouvoir le faire. Ouste, les cadavres ! En creux, on obtient une apologie de la vie. Aussi je dirais que votre texte s’apparente à un memento mori, le seul que j’aie lu sur Oniris. Mais vous auriez pu aller plus loin :
- Intégrer la phrase d'accroche et parler de mètres carrés de terrain et de prise en charge financière, afin de ramener cette deuxième mort à quelque chose de concret, à des préoccupations organisationnelle et de « fonctionnaires », à l’opposé des nuages vers qui s’envolent les âmes.
- Et puis, cette deuxième mort parle aussi de la première. On a toujours un petit peu l'impression que la mort n'est qu'un passage vers une deuxième vie, même quand on est athée. Or les jeunes générations poussent les vieux, les ados font sentir aux trentenaires qu’ils sont déjà vieux et les trentenaires pensent, sans le dire par politesse, que les sexagénaires sont en fin de vie, même si les octogénaires ne désirent pas vraiment profaner les tombes, pousse-toi-que-je-m’y-mette. Un trait d’humour qui passe bien. C'est comme dans ce jeu de billes dont j'ai oublié le nom, où l'introduction d'une nouvelle bille entraîne le déplacement d'un cran de toutes les autres (Abalon peut-être). Dans le cadre de cette réflexion, le mot de « personne » à la place de « personne de vivant actuellement » résonne : les morts, c’est personne.
- Et il y a cet amour des proches défunts qui dans l'absolu est absurde, solipsiste, presque anti-vital.
C'est fort, monothématique, ça me nourrit, mais c'est un peu court et le poème aurait gagné à exploiter les idées connexes. On a l’intensité mais pour moi, on n’a pas la longueur. Imaginez qu’un comédien dise le texte d’une voix forte dans toute la salle si vous ne l’avez déjà fait et peut-être que vous serez de mon avis. Vous mettez beaucoup d’essence dans la voiture mais pour le prix d’un plein, elle s’accommode d’une destination un peu proche : on n’a pas rentabilisé le voyage.
La répétition du mot jour n’a aucune pertinence, pour moi, c’est un exemple de maladresse qui veut se faire effet de style, mais c’est le seul hic que j’ai relevé.

   leni   
19/9/2013
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Miguel
La triste actualité visitée en poésie L e ton est juste sans excès...Des vivants inconnus convoitent votre place....Ce sont des profanateurs Pourquoi?QUEL EST LA SIGNIFICATION DE CET ACTE?
J'ai imaginé que ceux qui sont "déterrés" parlent eux-mêmes Que c'est triste..Salut à vous leni

   rosebud   
19/9/2013
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Je pense au poème d’Aragon « Tu n’en reviendras pas » et à son ultime quatrain :

« Déjà la pierre pense où votre nom s'inscrit
Déjà vous n'êtes plus qu'un mot d'or sur nos places
Déjà le souvenir de vos amours s'efface
Déjà vous n'êtes plus que pour avoir péri »

Lui parlait de nos glorieux soldats, ceux de la der’ des der’ (tu parles!), dont les noms figurent pour toujours sur nos monuments aux morts. Et pourtant eux aussi « ne sont plus que pour avoir péri ». Personne ne se souvient plus non plus s’ils étaient grands ou petits, rouquins ou chauves, aimants ou brutaux, intelligents ou cons comme des valises. Et leur corps, s’il est parvenu jusqu’au caveau familial, n’est plus qu’un petit tas d’os peut-être déménagés en vrac pour faire « place aux jeunes en quelque sorte » (comme disait Brassens).
Une fois mort, on n’est plus là pour personne. La Terre peut bien s’écrouler, le malheur s’abattre sur sa famille, et ceux que vous avez aimé pleurer votre absence, vous n’en bougerez pas le petit doigt pour autant. C’est dire si les cadavres sont bien ceux que la profanation de tombe concerne le moins. Sacrilège ? Pas tant que ça puisque, pour les croyants comme pour les athées, l’enveloppe charnelle ne vaut que tant que la vie l’habite.
Pourtant l’idée des morts oubliés, profanés, archi-morts depuis qu’on a oublié même qui ils étaient, est fertile et le poème tel quel la sublime. Je suis juste un peu réservé sur quelques petites choses qui « grandiloquent » un peu trop à mon goût comme : « L'offrande a déserté votre marbre ancien », ou « péril suprême », mais le reste est parfait.

   Gemini   
19/9/2013
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Miguel,
On n'a pas tous droit au Panthéon.
Pour moi, c'est une épigramme comme convenu. Un bon coup de gueule en écrit. Je ne comprends pas la somme de précautions que tu as prises pour classer ce texte en contemporain, mais c'est secondaire. En ce qui me concerne, le lyrisme me semble normal pour un tel chant. Qu'employer d'autre pour des morts à qui on a vendu (promis) un repos éternel ? Du Romantisme ? La strophe en monobloc me convient aussi : on pourrait la graver sur une épitaphe. À la relecture, je trouve des accents d’Hugo dans « Nos morts » ou "Hymne".
En parallèle, j'aimerais aussi payer mon respect à ceux qui n'ont pas eu de tombe, mais qui sont pourtant acteurs de l'histoire de ma (notre) présence.

   CharlesJosephin   
19/9/2013
Ces quelques phrases m’emmènent sur les cimetières où mes yeux aiment à balader sur les plaques pour deviner qlq bribes d'histoires de vie... et ces quelques phrases je me les suis dit souvent quand je voyais accroché ce même petit mot. Voilà la force de ce poème nostalgique: il met vos vers en pensées qui coulent et me font oublier les rimes que pour ne venir réveiller que les pensées qu'ils soulèvent et coulent en fleuve silencieux derrière...

   Anonyme   
21/9/2013
Commentaire modéré

   LeopoldPartisan   
27/10/2013
 a aimé ce texte 
Pas
Voilà vraiment de la poésie qui vibre et qui résonne comme une brabançonne. Cela parle sans doute de pauvres poilus sacrifiés comme du bétail par des gradés bien bornés aux chemins des dames, mais un siècle plus tard sanctifiés par les premiers je m'en va en guerre venu. Poésie de l'inutile qui au nom de la menace de l'oubli, vous a un petit parfum bien revanchard. Question mais qui menace ces morts ? Pas ceux qu'on a déjà repoussé à Poitiers !!

Petit conseil, pour parler de ces morts, allez plutôt relire les lettres de Maxime Leforestier (au moins là vous comprendrez ce que c'est que l'empathie et leur condition de vie, hors destination chair à canon) et Jacques Brel : "Jaurès".


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