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Poésie classique
Miguel : À un enfant malheureux
 Publié le 26/01/21  -  14 commentaires  -  662 caractères  -  361 lectures    Autres textes du même auteur

Le bonheur est plus court que la vie ; il suffit qu'il vienne à son heure.


À un enfant malheureux



Il est des matins froids saturés de tristesse,
Des matins pleins de pleurs, enfant, des matins sots,
Où les fleurs n’osent pas éclore, où les oiseaux
Boudent au fond des nids que leur chanson délaisse ;

Et puis il est des soirs radieux et vermeils,
Des soirs pleins de lumière, enfant, des soirs magiques,
Où Dieu, tant brille d’or en leurs rayons obliques,
Semble avoir dans l’azur allumé vingt soleils.

Ne pleure pas, enfant, sur ta méchante aurore :
L’avenir aux vaillants est riche de vertus,
Et ces jours de splendeur dont tu rêves encore,
Mieux vaut les espérer que les avoir perdus.


 
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   Wencreeft   
15/1/2021
 a aimé ce texte 
Passionnément ↑
Exceptionnel ! De ce poème, j'ai tout aimé ! Sa concision (il ne se perd pas en circonlocutions inutiles), son optimisme, son espoir, ses images et la puissance incroyable de sa poésie !

Chaque vers est beau, singulier, puissant. Je ne saurais faire une sélection ici des passages que je préfère sous peine de citer tout le texte ! Je dirais tout de même qu'il monte en puissance : le dernier quatrain est pour moi le meilleur, ce qui est logique puisque cela va de pair avec le fond du poème : l'optimisme monte, et le soir sera meilleur que le matin.

Le rythme, avec cette répétition du mot "enfant", est tout à fait charmant ; et ce choix de réaliser un texte dense, court et diaphane est une excellente idée. Combien aura dilué la puissance de leur discours en rajoutant deux ou trois quatrains supplémentaires, quitte à en rajouter des caisses ? Ici, vous jouez juste, et chaque mot vient toucher la corde sensible.

J'aurai terminé par un point le premier quatrain, et je mets un bémol sur la rime "sot"/"oiseau" qui est tout de même assez pauvre. Pour le reste la prosodie est impeccable, et je choix des rimes croisées est judicieux.

Nulle complaisance ici puisque je suis en EL et j'ignore qui vous êtes, mais c'est l'une des meilleures lectures qu'il m'a été donné de faire sur ce site ; il est donc normal que j'ensevelisse votre écrit sous les dithyrambes.

Je suis admiratif et jaloux.
Toute mes félicitations.

   Anje   
15/1/2021
 a aimé ce texte 
Bien
Classique

Prosodiquement, il semble que le troisième vers soit fautif. La césure se trouve à la huitième syllabe car je ne perçois pas de coupure entre "n'osent pas... éclore". Mon oreille me dit que la césure est après éclore. Il s'agirait donc d'un dodécasyllabe et non d'un alexandrin.

Je regrette la répétition du mot "enfant" qui connait pourtant tant de synonymes empreints de tendresse. On aurait pu ajouter de la douceur à la consolation que tente d'apporter le ou la narrateur(trice).
Avec ses matins froids saturés de tristesse et ses nids que le chant des oiseaux délaisse, le premier quatrain m'emporte. Dommage que les vingt soleils allumés dans l'azur du soir m'interrogent un peu car la troisième strophe titille ma réflexion notamment par le dernier vers de ce court poème qui me suspend dans mes pensées.

Anje en EL

   Dugenou   
16/1/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour,

Oui, il est des matins où il vaudrait mieux ne pas se lever, parce qu'on n'en a pas envie, où il vaudrait mieux lâcher prise plutôt que se raccrocher à la vie...

Et il est des soirs où, petit ou grand, on se raccroche aux rêves d'une bonne nuit de repos...

Merci pour ces évocations.

   Corto   
26/1/2021
 a aimé ce texte 
Un peu
Le thème abordé ici est inusable et incontestable: il y a bien tour à tour des "matins froids saturés de tristesse" et des "des soirs radieux et vermeils".
Mais comme le titre nous indique que l'on s'adresse "À un enfant malheureux" ce poème perd beaucoup en crédibilité.
Je suis gêné par le ton choisi, non dénué d'une certaine puérilité.
Dans cette démarche l'auteur appelle Dieu en renfort mais tout cela conforte une démarche condescendante et abstraite qui n'est sûrement pas ce dont "l'enfant malheureux" a besoin pour mobiliser son énergie et ses qualités.
Le choix de la forme classique ne permet pas de fermer les yeux sur cette tonalité qui pour moi est bien la plus "malheureuse".

   papipoete   
26/1/2021
 a aimé ce texte 
Bien ↓
bonjour Miguel
" ne pleure pas enfant, toi qui n'as connu que des envies ; demain peu-être les réaliseras-tu ! "
NB un poème en forme de parabole chrétienne, dont la clé du bonheur plutôt du non-malheur, est de chercher en soi Dieu...
Coluche disait " Dieu a partagé ; il a donné la nourriture aux riches, l'appétit aux pauvres "
Sur cette bonne parole, l'enfant n'est pas malheureux tant qu'on ne lui a pas coupé l'appétit...
C'est la seconde strophe qui m'inspire ce moment lumineux.
le 7e vers me trouble ( en / leurs rayons ) de quoi, ou de qui sont ces rayons ?
je pinaille, mais la rime " sots/oiseaux " est-elle juste ? ( dans le Jura, nous prononçons " sot " non point " seau " )

   ANIMAL   
26/1/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Voilà un très beau poème d'espoir. Parfois, tout semble sombre et vain mais il est d'autres jours qui vont se lever et où tout vous sourira. Alors ne nous arrêtons point sur le malheur car les épreuves ne dureront qu'un temps.

"Et ces jours de splendeur dont tu rêves encore,
Mieux vaut les espérer que les avoir perdus."

Au lieu de s'appesantir sur les mauvais moments, il faut se dire que le hasard, la chance, ou Dieu si l'on y croit, viendront un jour éclairer le quotidien et dissiper les nuages.

Si ce texte évoque la tristesse, il parle aussi de magie et de courage.

"Des matins pleins de pleurs, enfant, des matins sots,"
"Des soirs pleins de lumière, enfant, des soirs magiques,"

Une ambiance positive émane de ce poème.

   sympa   
26/1/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour Miguel,


J'ai beaucoup aimé cette poésie triste mais avec la pointe d'optimisme bienvenue qui s'en dégage.
Le narrateur s'adresse à un enfant, les mots et le vocabulaire employés s'accordent donc très bien au contexte : Ils sont à la portée de l'enfant.

Il est des jours sans, mais aussi des jours avec...ne dit-on pas qu'après la pluie vient le beau temps?

"Et ces jours de splendeur dont tu rêves encore,
Mieux vaut les espérer que les avoir perdus."

Mention spéciale pour ces deux derniers vers réalistes et très beaux qui valent pour tout un chacun.(comme le reste du discours, d'ailleurs).

   Provencao   
26/1/2021
 a aimé ce texte 
Passionnément
"Et puis il est des soirs radieux et vermeils,
Des soirs pleins de lumière, enfant, des soirs magiques,
Où Dieu, tant brille d’or en leurs rayons obliques,
Semble avoir dans l’azur allumé vingt soleils. "

Magnifique quatrain où j'en ai aimé ce courage qui aux soirs radieux et merveilleux mêmes si l’on se croit totalement perdu et malheureux ...peut allumer vingt soleils.

Comme si le vrai courage n'exigeait rien d'autre.. Merci pour cette belle réflexion poétique.

Au plaisir de vous lire
Cordialement

   pieralun   
26/1/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
J’ai aimé....
J’ai aimé cette interpellation directe de l’enfant à chacun des quatrains.
Peut-être aurait-il fallu simplifier quelques complexités grammaticales du fait que le propos s’adresse à l’enfant.
Le dernier quatrain me semble le plus abouti, il est plus simple d’ailleurs.
« Il fait noir, enfant, voleur d’étincelles !
Il n’est plus de nuits, il n’est plus de jours.........
Une belle inspiration pour une belle réalisation.

   Davide   
27/1/2021
Bonjour Miguel,

J'avoue m'être senti très mal à l'aise à la lecture de ce poème.

Le titre ("A un enfant malheureux") et les premiers vers ("matins froids saturés de tristesse [et] pleins de pleurs") nous communiquent la grande souffrance d'un enfant, qui, hélas, ne trouvera pas l'écoute et l'attention dont il aurait tant besoin pour se sortir de la situation inextricable dans laquelle il est envenimé. Car un enfant n'est jamais "malheureux" pour rien.

En fait, les conseils du narrateur m'ont paru carrément "irréalistes", comme à côté de la plaque, jusqu'à lancer à cet enfant en larmes que "l’avenir aux vaillants est riche de vertus" !?

Avec le recul, je pense que le terme "malheureux", très englobant et très chargé, n'est pas le terme adéquat, car le poème me semble davantage évoquer les petites douleurs qui font la vie et qui rythment le quotidien de chacun d'entre nous. Veillons donc à faire attention aux mots que l'on choisit ! ;)

Sur la forme, le vers 3 n'est pas acceptable en classique, selon le Sorgel, l'hémistiche ne pouvant se situer entre deux verbes liés par le sens (ce vers ne peut pas non plus être lu en trimètre classique) :

"Où les fleurs n’osent pas // éclore, où les oiseaux"

Voici le vers inacceptable en classique que donne le Sorgel en exemple :

"Et je vis qu'il voulait // pleurer sans qu'on le voie"

EDIT : Pour répondre à Bellini, voyons ce que dit le Sorgel à propos des rimes masculines (p. 25) : "Les rimes sont suffisantes (...) quand la dernière voyelle ou la dernière diphtongue forme avec ce qui la suit le même son, même si la consonne précédente n'est pas la même." Le traité donne cet exemple : "débats"/"trépas".

La rime "vertus"/"perdus" est donc tout à fait correcte en classique.

   wancyrs   
26/1/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Salut Miguel,

J'entends ici le refrain guerrier qu'on enseigne à ces enfants en peine, afin qu'ils sachent prendre à bras le corps cette vie pas toujours rose. Je lis en filigrane le "À chaque jour suffit sa peine" cher à la vie chrétienne, et cela me réjouit. Ici le narrateur encourage l'enfant à ne pas gâcher les jours à venir, ou l'instant d'après, tout simplement parce que l'instant présent est sombre. Mes vers préférés sont : " Où Dieu, tant brille d’or en leurs rayons obliques,
Semble avoir dans l’azur allumé vingt soleils." J'aime cette image de Dieu allumant vingt soleils, matérialisant cette idée que l'Éternel redonne au centuple ce qu'on perd, ou ce qu'on manque...

Merci pour le partage !

Wan

   Bellini   
26/1/2021
Coucou Miguel,
C'est quoi cette rime classique vertus/perdus ?
L'auberge est accueillante mais là ça devient open bar :)
Bellini

   Hiraeth   
27/1/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Je me fiche des questions de catégorisation, dont je m'étonne qu'elles passionnent tant les Oniriens. Est-ce que telle rime ou telle césure est classique, je n'en ai strictement rien à faire, tout ce qui m'importe c'est le résultat : beau ou pas. Je prends donc ce poème tel qu'il est, avec ses nombreuses forces.

On associe traditionnellement le matin à l'espoir et le soir au désespoir ; même si l'inversion ici trouve des précédents dans la poésie (notamment romantique), elle plaît bien à l'oiseau de nuit que je suis. Ceci dit, l'hyperbole des "vingt soleils allumés dans l'azur" est un peu too much à mon sens. On parle du soir, quand même. A moins que les soleils en question ne soient purement métaphoriques (tout comme les rayons obliques ?), une représentation du bonheur, dans ce cas pourquoi pas, mais je préfère quand la poésie joint simultanément le littéral et le symbolique.

J'entends "émerveille" dans "et vermeils", je ne sais pas si la paronomase est voulue mais j'aime bien l'effet qu'elle produit.

J'ai l'impression qu'il y a un glissement rhétorique dans la dernière strophe : après avoir affirmé l'existence de soirs radieux et magiques, voici que la voix poétique se fait plus mesurée : elle promet la vertu au lieu du bonheur ("l'avenir aux vaillants est riche de vertus") et les jours de splendeur ne semblent plus si assurés que cela, vu qu'on enjoint à l'enfant de les espérer, plutôt que de les attendre. Pas sûr d'ailleurs d'être tout à fait d'accord avec le dernier vers (qui forme cependant un très beau mot d'auteur) : espérer, c'est faire crédit à un avenir qui pourrait très bien nous décevoir, n'avoir jamais lieu. Quant à la perte, elle prouve au moins l'existence passée de ce qui a été perdu.

Pour finir, j'approuve totalement la répétition rythmique du mot "enfant", qui fait comme un écho inversé au poème désespérant de Corbière : "Il fait noir, enfant, voleur d'étincelles !"

Au plaisir de vous relire.

   jfmoods   
28/1/2021
Le point-virgule qui clôt le vers 4 met en exergue le jeu de balancier qui s'exerce entre les deux premiers quatrains. Jeu de balancier construit sur un parallélisme de construction et dans lequel - contre toute attente - le jour apparaît encalminé et la nuit porteuse d'espoir.

Par cette entame paradoxale, le poète entend faire comprendre à son jeune et infortuné allocutaire que rien, dans la vie, n'est inexorable pour peu que l'on conserve en soi la force d'un idéal.

Merci pour ce partage !


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