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Poésie néo-classique
Miguel : Ballade des vendus
 Publié le 22/12/17  -  24 commentaires  -  1608 caractères  -  249 lectures    Autres textes du même auteur

Une ballade d'un poète presque homonyme de François Villon, découverte il y a peu dans les archives d'un érudit.


Ballade des vendus



Pauvre fretin, qui sans le sou vivez,
N’ayez les culs contre nous endurcis,
Car si respect de nous riches avez,
Vous ferez mettre et nous direz merci.
Vous nous voyez comptant millions cinq, six,
Quant à la chair mieux que vos os nourrie,
Fraîche et belle est, si notre âme est pourrie,
Et ne craignons ni le gel ni la foudre.
Nous avons tout, votre misère crie,
Mais vous prions que nous veuillez absoudre.

En vous prenant le rien que vous avez,
Nous amassons trésors toujours grossis ;
En magouillant, ce dont rien ne savez,
Avons châteaux, et comptes épaissis.
Mangez herbette, et nous, chapons farcis.
Pour que fortune encor plus nous sourie,
Voulons toujours piétaille plus marrie.
À nos banquiers nous donnons grain à moudre.
Nous gobergeons, en vous force est tarie,
Mais vous prions que nous veuillez absoudre.

Nous vous chantons que sans nous ne pouvez
De doulce France écarter les soucis.
Élisez-nous et tous serez sauvés,
Et moult verrez vos malheurs adoucis.
Mais quand serons au pouvoir bien assis,
Vous ferons voir, par notre pillerie,
Que tout ceci n’estoit que menterie ;
À tout donner bien vous faudra résoudre.
Nous vous dupons par mainte clownerie,
Mais vous prions que nous veuillez absoudre.


Peuple naïf, enfants de la patrie,
Donnez pouvoir à notre confrérie,
Et sous nos coups deviendrez cendre et poudre.
Armez nos mains aux urnes des mairies,
Et bien verrez que nous devez absoudre.


 
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Toute copie de ce texte est strictement interdite sans autorisation de l'auteur.
   Fowltus   
9/12/2017
 a aimé ce texte 
Un peu
Toutes ces facéties de tournures pour retomber sur ses pieds et ses rimes ont gâché mon plaisir de lecture.
J'ai buté contre elles au dépend du fond.
On sent trop le travail et du coup la fluidité est parent pauvre du poème.
C'est du classique suranné alors que je l'aime 'moderne'.
Bonne continuation.
Fowltus en EL.

   Eccar   
9/12/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour,
Et bien dîtes moi, c'est un rude travail que le vôtre, que de vouloir retrouver cette langue d'un autre temps. Par bien des côtés, vous y êtes parvenu et j'ai vraiment apprécié.
C'est jouissif presque par endroits, ce mélange du moyen âge et de l'âge " moyen" qui est le nôtre.
Exemples: "Car si respect de nous riches avez,
Vous ferez mettre et nous direz merci.",

"En magouillant, ce dont rien ne savez,
Avons châteaux, et comptes épaissis.",

"Elisez-nous et tous serez sauvés,
Et moult verrez vos malheurs adoucis.
Mais quand serons au pouvoir bien assis,
Vous ferons voir, par notre pillerie,
Que tout ceci n’estoit que menterie ; "

"Peuple naïf, enfants de la patrie,
Donnez pouvoir à notre confrérie,".

Je ne sais si la forme est bonne, n'étant pas spécialiste des ballades, même si l'envoi m'a semblé bizarre ( le dernier vers ne doit-il pas être identique au dernier des strophes ?).
En tous cas le fond est superbe, l'écriture drôle et quasi d'époque.

Un grand bravo à vous.

Eccar

   BeL13ver   
9/12/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
La forme originale de ce pamphlet (une ballade en moyen français) en fait une œuvre amusante. La difficulté d'un pamphlet est de ne pas être trop direct, ce qui est hélas le cas ici. Le manque de subtilité volontaire, l'auteur en conviendra, ne fait pas très poétique. Après, le contenu donne le sourire, énerve un peu aussi, car décidément ces politiciens nous tirent un peu sur les nerfs !

BeL13ver, en Espace Lecture

   LenineBosquet   
9/12/2017
 a aimé ce texte 
Passionnément ↑
Bonjour et bravo, j'adore, c'est superbe.
Une sorte de pastiche de "La ballade des pendus" de Villon vu du côté des riches et des puissants pour ce coup-ci.
Alors non seulement j'adhère au fond si cynique mais la forme est magistralement exécutée, en vers décasyllabiques découpés en 4/6 si je ne m'abuse.
Même la langue utilisée colle à l'époque de Villon, avec un côté plus moderne tout de même, Villon étant de nos jours presque incompréhensible hein...
Encore bravo, je vais lire et relire, le copier et l'afficher dans mes waters (c'est encore un compliment).

   Gemini   
8/1/2018
 a aimé ce texte 
Bien
Salut Michel,

Visait-il l’Elysée ce maquignon ? Villon, Fillon fripons ?
On aurait dû faire un concours de poésie sur les gabegies de Fillon.
Y’avait de quoi faire. Ton texte m’avait inspiré une Ballade des drames du temps jadis, une épitaphe et un quatrain (que Fillon fit avant d’être jugé à mûrir).
Le plus remarquable dans ce pastiche, c’est la conservation du ton et du parler de l’époque (avec de jolis mots semés ça-là), qui fait s’apercevoir que cette ballade aurait tout autant convenu en son temps. Les abus de pouvoir n’ont pas d’âge, et la dénonciation de leurs auteurs peut être populaire (comme l’était l’un), sans être populiste (comme l’était l’autre). Même si ce texte est dans l’ensemble bien caricatural (mais comme un bon pastiche).
Et pour finir, une mouture de déca (discrètement néo-classiqué) n’est pas désagréable à se mettre sous la langue.

   luciole   
22/12/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Une réussite tant sur le fond que sur la forme. Les mots claquent sec.
J'ai beaucoup aimé. Félicitations.

   Hananke   
22/12/2017
Salut Miguel et contant de votre retour même si ce texte
dont je salue le travail énorme me laisse sur ma faim.

N'étant pas fanatique du vieux français, je ne peux l'apprécier
à sa juste valeur.
Donc, je ne mettrai pas non plus d'appréciation. Il faut une logique
en toute chose.

   Palrider   
22/12/2017
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Beau détournement de la chanson de Ferré "Frères humains", on entend la musique.
Le fond est assez juste, les dirigeants politiques se gavent des largesses de la "finance" à leur égard pour services rendus (voler aux pauvres pour donner aux riches)et balancent au "peuple" des miettes de plus en plus âprement partagées...Mais priez Dieu que tous nous veuillent absoudre !

   papipoete   
22/12/2017
 a aimé ce texte 
Bien
bonjour Miguel
Déjà, en vieux françois, on promettait bombance et tranquilité, au temps des bons rois de France !
NB pas besoin de dictionnaire pour traduire cette affiche revendicative, car les mots d'avant sont les même qu'aujourd'hui, et chaque allusion est éclatante !

   Vincendix   
22/12/2017
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour Miguel,
Un pastiche du célèbre poème de François Villon en respectant la structure et les rimes, un exercice assez difficile et « techniquement » bien réussi.
Le thème est également respecté mais cette fois, le narrateur (mais pas l’auteur, je n’en doute aucunement) est de l’autre côté de la barrière, sa ballade a un ton moqueur et suffisant, il nous dévoile le fond de sa pensée et c’est malheureusement crédible.
Seul bémol, j’aurais préféré un langage contemporain, qui donnerait, à mon avis, plus de force.
Vincent

   silver   
22/12/2017
 a aimé ce texte 
Passionnément
Alors là, je dois dire que j'ai vraiment apprécié cette satire à l'humour grincant et ne manquant d'élégance
Le langage, d'inspiration médiévale, est haut en couleur et en meme temps tres esthétique, agréable à lire meme à haute voix...et sa tournure un rien truculente sied, à mon sens, parfaitement au propos.

Le propos lui-meme n'est pas forcément tres original et presque un peu "cliché" mais apres tout, meme dans les clichés il peut y avoir du vrai...Et puis c'est drole, tres bien écrit et c'est décidément une bonne et belle surprise!

Merci pour ce partage!

   Ithaque   
22/12/2017
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour Miguel,
Poète prends ton luth ! Mon point de vue est mitigé . D'un côté il faut reconnaître le labeur qu'a déployé l'auteur pour mettre en forme une versification inhabituelle de nos jours. D'un autre, il me semble qu'à trop vouloir s'en approcher, il a manqué d'énergie pour que le propos, pourtant fort pertinent et encore d'actualité, ait "du peps". Ce thème aurait pu (selon moi, bien sûr) "claquer" davantage en octosyllabiques qui se prêtent bien à la chanson qui proteste, qui nargue, qui brocarde..etc
Bonne continuation,
Ithaque

   Marie-Ange   
22/12/2017
 a aimé ce texte 
Un peu
Plusieurs lectures, et le même constat, ce n'est pas agréable
à lire du tout. Cela m'a fait un peu grincer des dents.
Pourtant j'ai lu avec attention les poèmes de François Villon.
C'est intéressant à lire, curieux à découvrir, mais je n'en ferai pas
mon poète favori.

Ces tournures ne m'enchantent pas, cela manque prodigieusement de fluidité, de rythme, c'est un peu rebutant.
De plus les images ne viennent pas, tant je suis à vouloir m'attacher à la compréhension de ce phrasé.

C'est très proche des poèmes de François Villon, c'est bien mené,
mais ce genre de performance me laisse quelque peu indifférent.

   troupi   
22/12/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonsoir Miguel

J'ai adoré ce texte, tout, le fond, la forme, le travail que cela a dû demander est lui aussi respectable.
Les 4 premiers vers annoncent la couleur et c'est avec délectation que j'ai lu et relu le poème.
Je ne peux rien ajouter aux commentaires précédents, simplement je dis bravo.

   Bidis   
22/12/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
J'ai adoré la forme mais un peu moins le fond. Bien entendu, les gens du pouvoir sont haïssables, mais le peuple ne l'est pas moins. Les gens qui ne sont pas corruptibles sont rarissimes et cela se vérifie dans tous les pays où il n'y a pas d'état de droit. Alors la corruption s'étend indifféremment à toutes les classes de la société, comme une gangrène. Il n'y a rien à faire, je crois. Le communisme n'a fonctionné nulle part.
Cela n'empêche pas que j'ai beaucoup aimé ce poème.

   Queribus   
23/12/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour,

La bonne surprise du matin; tout d'abord, votre écrit témoigne d'une grand virtuosité et d'une grand maitrise de la prosodie; en effet, la grande ballades est considérée comme une des formes les plus difficiles à pratiquer avec ses vers en 4/6; vous avez su, habilement, mêler langage en vieux françois et langage d'aujourd'hui; certains trouveront votre langue un peu vieillotte; personnellement, j'ai compris tout de suite votre propos et n'ai pas eu besoin de relire plusieurs fois pour en saisir toutes les subtilités. j'ajoute une remarque en ce qui concerne le dernier vers de l'envoi: celui-ci devrait, en principe, être le même que le dernier vers des trois strophes. De toute façon, votre écrit témoigne déjà d'un gros travail propre à inspirer le respect.

Sur le fonds, pas besoin de longs discours, on saisit tout de suite votre propos; ceci dit, j'imagine qu'en d'autres temps et sous d'autres cieux, les problèmes que vous évoquez devaient déjà exister, d'où la nécessité d'une petite (ou grande) révolution de temps en temps.

En conclusion bravo pour votre ballade et faites-nous en vite d'autres de cet acabit.

   Alexandre   
27/12/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour Michel et merci pour cette ballade contemporaine quant au fond et moyenâgeuse, mais point trop, pour ce qui est du vocabulaire et la syntaxe.
J'imagine le travail que représente ce type de création même si le canevas de François Villon était là pour guider ta plume...

Bravo et encore merci...

   Mokhtar   
23/12/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Miguel
Je ne commenterai pas votre texte, car je vous en veux.
Figurez vous que j'ai eu la même idée que vous. Un pastiche sur le même texte, mais sur un thème différent. Comme vous, j'ai essayé de placer des vieux mots, de trouver des tournures médiévales...
Bien sûr, et je le dis en toute objectivité, mon texte est bien bien supérieur au vôtre. Je le remet dans mes chausses. On va le faire attendre un peu.
Plaisanterie mise à part, votre "truc" est très bien goupillé.

   jfmoods   
23/12/2017
Ce poème, composé de trois dizains et d'un quintil en décasyllabes, à rimes croisées et suivies, riches et suffisantes, est, comme l'indique son titre, une ballade. On pourra évidemment ergoter sur le fait que le dernier vers de l'envoi ne reprenne pas la chute des trois premières strophes.

Cette "Ballade des vendus" est en quelque sorte l'envers de celle des pendus de François Villon. Dans un troublant jeu d'intertextualité, elle en emprunte une bonne partie des rimes, leur agencement (5 féminines et 5 masculines dans les dizains, 6 féminines dans le quintil), ainsi que les codes lexicaux, grammaticaux et syntaxiques.

L'entête suggère les circonstances qui ont présidé à la rédaction du poème : les fâcheuses révélations qui ont vu le candidat de la droite républicaine française (qualificatif sarcastique de l'entête : "un poète presque homonyme de François Villon") perdre une bonne part de son électorat et échouer à se qualifier pour le second tour de l'élection présidentielle de 2017.

Le poème est à visée satirique, cynisme et matérialisme répondant, de manière grinçante, à l'appel à la compassion, à la spiritualité, véhiculé par le texte support.

Dans cet appel de la classe politique au peuple se lit l'apparence d'un plaidoyer (anaphore des vers 10, 20, 30 : "Mais vous prions que nous veuillez absoudre", chute : "Et bien verrez que nous devez absoudre").

Cependant, ce plaidoyer est paradoxal, puisque le reste du propos méprise l'auditoire auquel il s'adresse, puisque le mépris en est la clef de voûte.

L'entame (terme fortement dépréciatif : "Pauvre fretin") met le lecteur immédiatement dans l'ambiance. L'allusion, vulgaire, à la sodomie imposée (les culs... endurcis", "Vous ferez mettre") plante le clou, si j'ose dire.

Au fil du poème, avec un cynisme décomplexé (chiasme : "Fraîche et belle est, si notre âme est pourrie"), le nanti brocarde sans vergogne l'impuissance financière du démuni (antithèses : "Nous avons tout, votre misère crie", "Nous gobergeons, en vous force est tarie", jeu délétère des comparatifs : "mieux que vos os nourrie", "trésors toujours grossis", "fortune encor plus nous sourie", "toujours piétaille plus marrie", litotes : "sans le sou", "le rien que vous avez").

L'escroc se rit ouvertement d'une victime si aisément bernée par ses beaux discours ("tout ceci n’estoit que menterie", "vous dupons par mainte clownerie", "Peuple naïf"), si facilement dépouillée de ses biens ("En magouillant, ce dont rien ne savez", "comptant millions cinq, six", "Avons châteaux, et comptes épaissis", "À nos banquiers nous donnons grain à moudre").

En appelant l'électeur, ironiquement, par la bouche du politique, à un sacrifice sur le champ d'honneur du scrutin ("enfants de la patrie", impératif : "Armez... aux urnes des mairies"), en poussant jusqu'à l'absurde une logique rapace d'extorsion ("sous nos coups deviendrez cendre et poudre"), le poète entend provoquer un sursaut, une onde de choc, réveiller les consciences endormies de ses concitoyens, ou, pour reprendre une formulation heureuse du regretté Pierre Desproges utilisée dans un contexte bien différent, "faire sortir la léthargique en blouse de ses gonds encrassés".

Merci pour ce partage !

   Cristale   
27/12/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour Miguel,

Une grande ballade en vieux françois pour un discours bien actuel, une maîtrise remarquable de la versification, le rythme du décasyllabe parfaitement respecté et me voici comblée par le plaisir de ma lecture.

Bravo pour les belles qualités de votre poème.

Cristale

   Arielle   
27/12/2017
 a aimé ce texte 
Passionnément
Je m'étais régalée de ce magnifique pastiche en le découvrant en EL et je m'étonne de ne pas l'avoir encore commenté. La trêve des confiseurs est sans doute responsable de ce manquement que je m'empresse de réparer.
Tout a été dit sur les qualités de cette ballade dont l'ironie mordante n'est pas la moindre des qualités. Je me suis plongée avec délices dans cette savoureuse langue médiévale que l'auteur a su mettre à notre portée et je ne me souviens pas avoir apprécié avec un tel bonheur, sur le site, une forme fixe que je trouve en général lassante et répétitive du fait de ses rimes peu variées.
Merci Miguel pour ce joli cadeau intelligent et harmonieux

   Hiraeth   
3/1/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Merci pour ce pastiche virtuose, fidèlement écrit en un ancien français maîtrisé.

   fried   
20/1/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
j'adore,
Ce texte fait bien le pendant à celui de cette chanson,
"Misère misère, c'est toujours sur les pauvres gens que tu t'acharnes obstinément" reprise par Coluche.
le premier vers "Pauvre fretin, qui sans le sou vivez,"
me rappelle cet homme politique qui parlait des "sans dents".
Ce texte est d'un cynisme terrible, il donne comme une envie de révolte. bravo

   Rincedalle   
20/1/2018
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Un pastiche remarquable qui témoigne de la maîtrise du genre et qui reste dans l'esprit de Villon. A la lanterne les vendus et vive Saint Marx.


Oniris Copyright © 2007-2017