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Poésie classique
Miguel : Combats joyeux
 Publié le 05/12/12  -  18 commentaires  -  738 caractères  -  317 lectures    Autres textes du même auteur

Quand le rêve n'est plus suscité par l'espoir mais par le regret ; sonnet.


Combats joyeux



J'ai rêvé que j'avais quelque dix-huit printemps,
Et que j'étais plus beau que l'amour en personne…
Doux âge, où la tendresse, espiègle et polissonne,
Rend le cœur et le corps assouvis et contents :

Une suite sans fin de magiques instants.
Mais voici, dans l'extase où mon esprit frissonne,
Le réveille-matin qui trépigne et qui sonne,
Et ramène aussitôt mes quasi soixante ans.

Dans le reflet cruel qui m'inflige ma face,
Je retrouve l'automne où ma beauté s'efface,
Auberge où le plaisir est un repas frugal…

Mais… Si c'était le jour que la vie est mensonge ?
Ôte-toi de mon âme, et rends-moi, maudit songe,
À ces combats joyeux qui m'ont vu sans égal !


 
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   Damy   
17/11/2012
 a aimé ce texte 
Bien ↓
Agréable lecture pour ce sonnet de bonne facture mais qui a été gênée par 2 ou 3 petites choses:

Je ne vois pas très bien ce qu'apporte l'enjambement strophique entre le 1° et le 2° quatrain;

"ramène " aussitôt, me paraît trop commun;

"m" ' inflige "ma" face me paraît limite dan la répétition du "m";

le mot "Auberge" apparaît comme... un cheveu sur la soupe. Il me paraît incongru, rien ne l'annonce;

et surtout le dernier vers du dernier tercet qui heurte de plein fouet la qualité vertueuse du dernier vers du 1° quatrain. Pour l'effet nostalgique j'aurais bien vu une nouvelle évocation de la tendresse, la douceur ou mieux, pour l'amplifier, de l'amour passionné, pas de la guerre.
Ainsi le titre semble plomber le poème de ce seul souvenir de la force agressive de l'âge.

   Pimpette   
18/11/2012
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Moi qui boude souvent les sonnets celui là me convient!
Le sujet est bon, joyeux en plus
Les mots sont simples Les tournures bien propres et efficaces!

C'est un sonnet 2012 et ça, c'est chouette!

   socque   
19/11/2012
 a aimé ce texte 
Un peu
Pour moi, le poème commence mal avec deux vers chargés de que quelque que que ; le quatrième présente selon moi deux adjectifs frôlant la redondance, ce qui n'allège pas.
Au cinquième vers, l'inversion "magiques instants" est peu naturelle pour moi, imposée par la rime. Au sixième, un esprit qui frissonne, j'ai du mal à me représenter, je trouve l'image au bord du burlesque. Au septième, je trouve gauche la forme "qui et qui" ; je comprends l'intention d'insistance, mais elle me semble lourde dans des vers qui n'ont pas besoin de cela.
Au neuvième vers, le mot "face" est peu naturel pour moi ; le poème continue par la rime banale "songe"/"mensonge" (dommage, dans l'ensemble les rimes me paraissent soignées et solides ; celle-ci, pour moi, affaiblit le poème). Le dernier vers clôt sans guère d'invention à mon avis.

Si j'ajoute que le sujet, évidemment, a déjà été abondamment traité, dans la mesure où son traitement me paraît assez maladroit, vous comprendrez que l'ensemble du poème ne m'a guère convaincue.

   kamel   
20/11/2012
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour

Un sonnet sans égal à cet âge où l'espoir se transforme en un regret;hélas! ces "combats joyeux des dix-huit printemps,un repère d'une histoire pleine de rêve et d'extase ne reviennent jamais,Des mots pleins de sens et chargés complètent ce beau tableau comportant un paradoxe d'un changement moral et physique de l'être humain,un des moments à se faire reconnaître la vraie face lorsqu'on a ses 60 ans et plus,le rêve disparaît et fait place aux multiples regrets d'un passé subitement effacé.Un sonnet qui fait appel à une réalité vécue d'une vision qui n'était que songe par ce dernier tercé qui exprime largement l'opposition fondamentale de toute énonciation.

   Labrisse   
5/12/2012
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Cher Miguel,



Voici un sonnet tel que vous aimez en offrir à votre lectorat, et cela doit surement bien prendre étant donné que j’ai beaucoup aimé cette belle pièce.

Alors extirpons de son os poétique cette substantifique moelle !

Nous avons un sonnet classique, composé de beaux alexandrins, les rimes, jolies, y sont embrassées (à bouche que veux-tu !) jamais plates mais riches et suffisantes, il n’est pas un hiatus ni une diérèse qui poserait une complication, la lecture coule de source, claire et désaltérante, elle va à l’abandon amoureux des belles lettres… Bon, la technique est sans faille et ce succès est discret assez qu’il ne gâche pas le fond (comme l’on ressent d’auteurs au trait culturiste ostensiblement appuyé) ; j’eusse, au vers neuf, plutôt écris QUE m’inflige ma face… mais vraiment je dis cela par gourmandise !

Le fond est un vrai sujet de poésie, fort, terrible, implacable, prégnant ; Du flétrissement de cette image, lorsque, vieillissant, nous retrouvons un jour le visage affligeant de notre vieillesse dans la glace, ou rien ne s’efface… et cette question, ce cri ;

Est-ce que le jour lui-même n’éclairait que mensonges ?

Nous qui n’avions, qu’en butinements à la beauté, goût des formules harmonieuses et moulé notre devenir sur le postulat d’un beau éternel et impérissable … Tout autour de nous, et un comble, sur nous-mêmes, chevaliers défenseurs de la beauté, la tornade des vides infinis, le formidable maelstrom du temps et ses corolaires, n’aura valu que flétrissement, laideurs, empoisonnements et infamie dans le travail larvé de sa propre rémanence.

Merci encore.

Amitié,

Labrisse

   leni   
5/12/2012
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Miguel
Voilà un sonnet qui coule de source et de compréhension aisée
L'espoir rêvé se transforme en regret Le miroir renvoie l'image de la vieillesse Dur à accepter Nous serons tous un jour confrontés à cette image Modalité de "si tu t'imagines" de Greco au masculin Il y a un sursaut qui me plait beaucoup:"Si c'était le jour que la vie est mensonge? Hélas! Deux bémols:reflet qui (que?) et magiques instants Excellent moment de lecture Merci et bien cordial salut Leni

   Ioledane   
5/12/2012
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Un vrai plaisir de lecture, ce sonnet empreint de simplicité - non pas dans sa réalisation car il est artistement travaillé, mais dans le vocabulaire et les images employées.

J'ai bien aimé "le réveille-matin qui trépigne et qui sonne", audace moderniste et malicieuse dans un genre souvent ultra-classique.

Le titre est bien choisi ; le zeste d'autodérision présent dans ces vers n'est pas non plus pour me déplaire.

Une jolie réussite !

   Anonyme   
5/12/2012
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Hola Miguel ! Où sont mes soixante balais ? Passons...
La prosodie est respectée, rien à signaler du côté technique !
A mon avis les deux premiers vers comportent quelques "que" en trop et je pense que c'était évitable pour éviter d'alourdir ce début de poème qui, bien souvent, met le lecteur en condition.
Au vers 9, bien que ça soit grammaticalement correct, j'aurais mieux vu "que" en lieu et place de "qui".

J'aime beaucoup les deux vers de chute...

Ôte-toi de mon âme, et rends-moi, maudit songe,
À ces combats joyeux qui m'ont vu sans égal !

Comme dit l'autre, faut pas rêver tant le réveil est parfois cruel.
Je ne vais pas te reprocher d'avoir repris un thème traîté x millions de fois d'autant qu'ici il est plutôt bien traîté.
Un bon sonnet avec ses petites imperfections mais ne sommes-nous pas de simples amateurs ?

Hasta luego, companero, y muchas gracias !

   Artexflow   
5/12/2012
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour à vous fameux Miguel !

Content d'avoir pu lire une de vos productions, tout d'abord.

Comme le dit Labrisse, votre poème me semble impeccable sur la forme, pour une fois qu'on ne peut rien dire quant au classement d'un poème ahaha !
Je suis habituellement plutôt sensible aux sonnets, c'est un bon point.

En revanche je dois vous avouer que je n'ai pas été particulièrement séduit par le fond, qui loin d'être mal traité m'est un peu "passé au dessus".

espiègle, polissonne et contents m'ont dérangé, des mots trop peu chargés de force ?

Mais voici, dans l'extase où mon esprit frissonne,
Le réveille-matin qui trépigne et qui sonne,

En revanche ça j'ai adoré, beaucoup de musicalité !

D'ailleurs, c'est un point fort de votre poème sa musicalité. Si certains mots ne me plaisent pas forcément, force est de constater que c'est impeccable rythmiquement et mélodieux.

Merci !

   Arielle   
5/12/2012
Je ne m'attarderai pas sur la forme de ce sonnet au sujet de laquelle tout a déjà été dit par de plus fins commentateurs que moi.
Plutôt que sur la prosodie je préfère me pencher sur le fond de cette sorte de "vanité" qu'on a plus souvent l'habitude de rencontrer dans des miroirs féminins et c'est là ce qui fait son originalité.

"Doux âge, où la tendresse, espiègle et polissonne,
Rend le cœur et le corps assouvis et contents "

Ces notions de contentement, d'assouvissement me paraissent plutôt celles de la maturité que de la prime jeunesse que je vois plus avide, moins satisfaite, en recherche constante, les adjectifs espiègle et polissonne lui convenant d'ailleurs beaucoup mieux.

Les deux tercets évoquant la vieillesse m'ont déçue, je vous l'avoue. Il doit en effet être bien malheureux celui qui aurait mis toute son âme à jouir de la beauté si éphémère qu'on rencontre dans les miroirs !
Son auberge me semble curieusement morne et vide, il serait grand temps pour lui de faire une croix sur les surgelés clinquants et d'apprendre à cuisiner de vraies nourritures solides qui donnent envie de s'attabler en sa compagnie !

Bien entendu je ne me permettrai pas d'évaluer une vision des choses qui diffère de la mienne. Le narrateur est libre de ses choix et de ses combats ;-)

   wancyrs   
5/12/2012
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Il y a de la tendresse dans ces lignes, et je crois que le choix des rimes embrassées accentue cette impression là... Parfois, moi aussi je me regarde vieillir dans un miroir et j'ai peur de ce moment où je ne pourrais plus que rêver de ma jeunesse...

Un texte tout en douceur : j'aime bien "Mais… Si c'était le jour que la vie est mensonge ?" Un peu comme si on ne voulais plus vivre que par le rêve.

Merci !

   Anonyme   
6/12/2012
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Salut Michel,
C'est bien d'imaginer que la glace peut servir de rétro. Quant au mensonge, (au passage, j'ai adoré la tournure "si c'était le jour que la vie est mensonge') je croise tous les jours sur la route des gens qui, ne croyant pas ce que dit leur rétroviseur, préfèrent se retourner pour voir ce qu'il y a derrière. Je ne suis pas d'accord cependant avec cette prise de conscience qui serait soudaine et spontanée. Je suis plus partisan d'un darwinisme à la papa avec une évolution lente et harmonieuse des choses. Mais pour les besoins de la poésie, je crois que c'était nécessaire.

   pieralun   
6/12/2012
 a aimé ce texte 
Bien ↑
J'ai bien aimé ton sonnet Michel.
Le style est parfaitement fluide et le français magnifiquement exprimé.
Quant à la question onirique finale, qui ne se l'est jamais posée?
Seul le vers " je retrouve ma face" ne me semble pas esthétique, c'est personnel.
L'ensemble est léger, dans tous les sens du terme, mais ça c'est une des qualités de la poésie.

   merseger   
6/12/2012
 a aimé ce texte 
Beaucoup
"Car on voit de la flamme aux yeux des jeunes gens,
mais dans ceux du vieillard on voit de la lumière"

disait (à peu près) le grand Victor en courant à 80 ans sonnés après sa petite bonne.
Je ne suis pas sûr que le sentiment que tu évoques ici, avec beaucoup de réussite dans la forme, soit le plus sage qui étreigne un homme. Pourtant, comme je le comprends à mon âge et comme je partage le regret des temps où, bardé de certitudes, je pouvais me consacrer à l'hédonisme, et m'en sentais le droit. Comme le grand Victor, faisons fi du fardeau des années pour nous consacrer encore un peu à cultiver l'amour, la beauté, l'amour de la beauté et pourquoi pas l'amour de l'amour.

   KIE   
8/12/2012
Pourquoi nous livrez-vous des textes dont vous connaissez les défauts ? Ce n’est pas « fair ».
Vous possédez la technique, vous avez le sens de l’harmonie, vous savez utiliser les coupes, vous savez jouer avec les sonorités…
Et voir tant de qualités se laisser aller à la facilité !
Bon ! C’est vrai, l’important, ici, c’est le sujet, et vous l’avez traité de bien charmante façon. Puisqu’il faut le dire, j’ai pris beaucoup de plaisir à sa lecture.
Me permettrez-vous de vous la livrer cette lecture ?
Vers un et deux. Cette avalanche de « que » un rien disgracieux (quand même) pour l’oreille appelle à mon esprit l’immédiate antidote humoristique qui neutralise la « que que phonie », à savoir : « il n’y jamais trop de « que » lorsque l’on a vingt ans. »
Vers Quatre : « Rend le coeur et le corps assouvis et contents »
Mon M.O.I. (Module Organopoétique Intérieur) ajuste en : « Rend le corps et le coeur assouvis et contents » pour entendre : « Rend le corps assouvi et le cœur content ». La rime, toujours la rime.
Vers cinq : « Une suite sans fin de magiques instants ». Pourquoi pas, par exemple, « Une suite sans fin de fabuleux instants ? »
Le M.O.I. : C’est le mot « magique », (que, que,) qu’il faut voir. Il doit être mis en évidence. C’est donc bien fait.
Vers sept et huit. Ne m’en veuillez pas, Miguel, je vais lire les vers comme il me plaît de les entendre :
« Le ramène-matin qui trépigne et qui sonne,
Et réveille aussitôt mes quasi soixante ans. »
J’aime beaucoup.
Vers 9 : « Dans le reflet cruel qui m’inflige ma face. »
C’est bien le reflet qui m’inflige ma face. Toute autre tournure châtre le sens. L’idée d’abord ! Je vous salue de ne pas l’avoir sacrifiée sur l’autel d’une médiocre euphonie.
Vers 10 et 11 : Tout justement simple (je sais !). Les « o » d’automne trouvent un écho dans le « o » d’auberge. Quoi que « ma beauté » ? Encore un « o », mais il y a autre chose. De l’ironie, dis-tu ? (Excusez, c’est interne.) On essaie de creuser ?
- Ça va, là ! Abrège !
- Dommage !
Vers 12 : Hé ! Hé ! Que vois-je çà ? Mais c’est du Lie-Tseu !
Je : Bizarre, ce vers 14, non ? Tu crois qu’il fait de l’autodérision ?
Le M.O.I. : Après l’âge mûr il y a l’âge pourri.
Je : T’inventes rien, là ! Et alors.
Le M.O.I. : Il rêve de sa jeunesse perdue en même temps qu’il se moque de se voir rêvant de sa jeunesse perdue.
Je : C’est pas un peu compliqué, là ?
Le M.O.I. : Si tu veux lire des berquinades, débranche-moi, et va lire des chansons ou des B.D. (ce n’est pas bien ou mal, c’est autre chose). La poésie s’adresse à l’âme, lieu où l’on n’entre pas avec la raison.
Je : Tu veux interdire la poésie aux athées ?
Le M.O.I. : Imbécile ! Tout le monde (presque) possède une âme. Un humain sans âme est une bête. Celle des athées est mortelle, voilà tout.
(Connaissant la susceptibilité des uns et des autres, ceci devait être précisé).
Veuillez excusez ces longueurs, Miguel, ne commentant pas souvent les textes, les oniriens ne peuvent pas me situer ; si je vous critique, je ne veux pas le faire masqué, voilà, c’est fait, je me suis montré, je n’y reviendrai pas.
Laissez passer, gentils modérateurs, nous (je et el M.O.I.) ne recommencerons pas.

Revenons à notre propos. Donc je ne sais pas si c’est ce que vous avez écrit, mais c’est ce que j’ai lu. Au total, ça m’a bien plu.
« Qu’est-ce qui t’a bien plu ? Ce que Miguel a écrit ? Ou ce que tu as lu ? »
Il faut être deux pour faire un bon poème, un bon auteur et un bon lecteur. Que le seul auteur soit bon ne suffit pas…
…et conversement.
Contrairement à l’idée commune, c’est le poète qui choisit ses lecteurs…

   Mona79   
8/12/2012
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Très bon sonnet, fluide et sans faute. Le sujet doux-amer cher à votre coeur (et au mien !) est cent fois abordé mais toujours différent :vous avez su lui donnet la touche de fantaisie qui fait son charme : j'ai aimé "le réveil-matin qui trépigne" "l'auberge où le plaisir est un repas frugal". J'aurais peut-être mis "où" à la place de "que" dans le vers suivant : "Mais… Si c'était le jour que la vie est mensonge" cependant, je ne suis pas certaine d'avoir raison...
Merci pour ce bon moment de lecture.

   Titato   
11/12/2012
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Ce sonnet a le tempérament rageur, me laisse cette sensation qu'à se laisser avaler par le marais, le narrateur se débat, s'en élève, avec une énergie qui en veut encore du demain...et la pointe de nostalgie de ce poème, au regard de l'adolescent, s'en trouve balayée par l'appétit de l'homme.

J'y ai ressenti, de par le dernier tercet, quelqu'un qui rit encore, et loin d'être aigri, de la vie et de lui aussi.

La sentimentalité un peu lasse, usée du poème, je le revois comme un pied de nez, une certaine idée de la désinvolture...toute adolescente - en le cliché, pour sûr - finalement.

La lecture est plaisante, il y a les rimes plates qui viennent bien exprimer ce côté lassé, presque épuisé du narrateur, quand il l'expose.

Amicalement

   jfmoods   
29/3/2018
Ce sonnet en alexandrins est à rimes embrassées et suivies, suffisantes et riches, majoritairement féminines.

Les 6 premiers vers fixent l'ancrage d'un moment merveilleux traversé par le locuteur (projection de l'inconscient : "J'ai rêvé", superlatif absolu : "plus beau que l'amour en personne", allégorie : "la tendresse, espiègle et polissonne", dualité marquant la plénitude : "le cœur et le corps", adjectifs qualificatifs : "assouvis et contents", hyperbole : "une suite sans fin", groupes nominaux : "magiques instants", "l'extase où mon esprit frissonne").

Préparée par la conjonction de coordination ("Mais") et le présentatif ("voici"), la chute brutale dans le réel s'opère au fil des 5 vers suivants (personnifications : "Le réveille-matin qui trépigne", "ramène aussitôt", violence de l'antithèse : "quelque dix-huit printemps" / "mes quasi soixante ans", allitérations en f du vers 9, expression de la violence : "cruel", "m'inflige", verbe pronominal : "ma beauté s'efface", métaphores déceptives : "l'automne", "Auberge où le plaisir est un repas frugal").

Confronté à la réalité bien amère de l'âge, notre homme postule, dans le tercet final, un renversement de l'ordre naturel des choses (hypothèse : "Si c'était le jour que la vie est mensonge ?"). Se révoltant contre l'inexorable perte (injonctions : "Ôte-toi de mon âme, et rends-moi, maudit songe"), il veut se fondre à nouveau dans la jeunesse exaltante qui fut la sienne (démonstratif : "ces combats joyeux", hyperbole : "sans égal", exclamation qui clôt le sonnet).

Merci pour ce partage !


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