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Poésie néo-classique
Miguel : Complainte de celui qui vécut trop de jours
 Publié le 19/09/12  -  16 commentaires  -  762 caractères  -  327 lectures    Autres textes du même auteur

Le blues du vieillard solitaire. Sonnet.


Complainte de celui qui vécut trop de jours



Il est temps de partir ; nul des miens ne demeure ;
La Mort a tout fauché du champ de mes amours,
Et m'a laissé languir en d'inutiles jours.
Qu'elle me sera douce, enfin, la dernière heure !

Le Sort plein de malice a voulu que je pleure
Ceux de qui ma vieillesse espérait le secours ;
À ma prière, hélas ! les dieux sont restés sourds,
Et tout ce que j'aimais meurt, au lieu que je meure.

Ah ! n'avoir plus personne à serrer dans ses bras,
Plus que de froids tombeaux où conduire ses pas,
Est-ce là vivre encore, ou n'en est-ce que l'ombre ?

Et moi, qui vis monter tant de roses aux cieux,
Je rougis de mes jours dont j'usurpe le nombre,
Et je bénis la main qui fermera mes yeux.


 
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   socque   
29/8/2012
 a aimé ce texte 
Bien ↓
Ah, les deux derniers vers sont très beaux, je trouve ! Ils closent le poème avec élégance, dans une digne émotion.

Avant, eh bien, pour moi il y a des vers touchants, notamment les deux derniers du premier quatrain, mais le narrateur, disons-le, je ne puis m'empêcher d'avoir l'impression que ce qui le désole surtout, c'est que ses bâtons de vieillesse soient partis avant lui au lieu de l'aider dans ses derniers jours. De ce point de vue, le sixième vers est beaucoup trop clair pour moi, le narrateur y exprime sans fard une forme d'égoïsme à mes yeux.
Par ailleurs, je n'aime guère l'image du douzième vers qui me donne l'impression que le narrateur ne pleure que la mort des femmes (les "roses") ; j'entends que sans doute il parle des jeunes encore dans la fleur de l'âge, mais l'évocation des roses brouille selon moi la comparaison.

Un bon rythme, des rimes solides mais guère inventives à mes yeux... j'aurais tendance à regretter que l'auteur n'ait pas profité de la souplesse autorisée par la catégorie néo-classique pour oser des associations plus hardies. Tel quel, pour moi, le poème a tendance à ronronner plaintivement. Il est vrai que le sujet s'y prête !

   pieralun   
19/9/2012
 a aimé ce texte 
Bien
Toujours cette belle écriture qui caractérise Michel.

Ici pourtant, les quatrains n'ont pas le souffle habituel que porte son écriture. Je ne m'attache pas à ce qu’évoque le poème, mais à sa forme. Je n'y retrouve pas la fluidité habituelle, " quelle me " du 4eme vers n'est pas particulièrement esthétique, "le sort plein de malice" du 5eme manque un peu de poésie à mon sens, et le 8eme vers manque de fluidité, de sonorité. Un peu comme si la forme du sonnet et l'attente des tercets t'avaient contraint Michel.

En revanche, retour du poète que j’apprécie tant dans les tercets. Le premier me semble excellent, avec un très beau 10eme vers.
Les deux vers de chute sont sublimes, émouvants, bref empreints d'une grande poésie.

   Marite   
19/9/2012
 a aimé ce texte 
Bien ↓
Pour la néophyte que je suis en ce domaine poétique, je trouve ce poème accessible et très agréable à lire. Rien d'alambiqué dans le choix des mots ou des expressions. La réflexion de ce très vieil homme est naturelle et je n'y vois aucun égoïsme.

" Et tout ce que j'aimais meurt, au lieu que je meure"

La répétition "meurt" et "meure" a interrompu le fil de ma lecture. N'aurait-il pas été possible de trouver une autre formulation ?

   Arielle   
19/9/2012
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Une détresse qui s'exprime simplement et avec sincérité.
Oui, le grand âge est souvent égoïste, son horizon frileux se refermant autour de lui.
Comment lui en vouloir à ce vieillard perdu dans un monde qui lui échappe, qu'il ne comprend plus, où il n'a plus rien à partager et qu'il souhaite quitter ?

Un portrait juste et digne travaillé avec beaucoup d'élégance.
J'aurais simplement évité la répétition de meurt et meure dans le même vers.

   leni   
19/9/2012
 a aimé ce texte 
Bien
Ce texte très compréhensible respire la tristesse La monotonie s'impose vite à la lecture Il ya un vers qui choque un peu:Et tout ce que j'aimais meurt au lieu que je meure Nulle part une évocation d'un moment passé qui fut agréable
Et moi, qui vis monter tant de roses aux cieux,
Je rougis de mes jours dont j'usurpe le nombre,
Et je bénis la main qui fermera mes yeux.
Ces trois vers sont beaux:ils "enterrent" tout espoir
Quelle tritesse!

   Anonyme   
19/9/2012
 a aimé ce texte 
Beaucoup
J'ai bien aimé le choix des rimes, avec la première, "demeure", qui appelle le plus naturellement du monde "meure" et "dernière heure" que le thème exige (et avec trois verbes conjugués messieurs dames). J'ai par contre trouvé mon bien choisis "sourds" et secours" qui me semblent moins coller au sujet.
Quant au choix des tonalités (oui, je sais que c'est plus facile à dire qu'à faire) je trouve que la deuxième vocalique en "ieux" n'est pas la plus adaptée pour évoquer cet appel macabre. Autant celle d'avant "pas/bras" sonne funèbre à souhait, autant l'autre, même avec deux mots assez neutres "cieux/yeux" ne le fait pas.
J'admets que c'est outrageusement pointilleux, et que ce n'est qu'un point de vue esthétique, mais je n'ai rien d'autre à dire sur ce texte que je trouve parfait.
Peut-être aurons-nous droit à une explication sur les majuscules de Mort et Sort. J'en ai bien une, mais elle explique une majuscule et pas les deux.
Je n'avais jamais remarqué en outre que "hélas" appelle un point d'exclamation qui est suivi d'une minuscule. C'est sans doute très juste, mais si je peux avoir une confirmation...

   LeopoldPartisan   
19/9/2012
 a aimé ce texte 
Bien
Si vous vous sentez prendre un coup de vieux, à lire absolument.
C'est d'une tristesse quasi morbide, c'est carrément hallucinant. Comment savoir ou pouvoir écrire ainsi aujourd'hui, je me pose la question. Y a-t'il encore des endroits où le temps semble s'être arrêté ainsi où l'on se laisse languir d'inutiles jours ?

Vraiment cela vous donne un bourdon, mais un bourdon...

   Anonyme   
19/9/2012
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
Hola Miguel, salut Michel… Je t’avoue que le commentaire de ce poème me pose problème.
Fort bien écrit, exception faite de deux points sur lesquels je reviendrai, Ronsard ou Du Bellay ne l’auraient pas renié mais, car il y a un mais, le vieillard contemporain et solitaire (dont à 71 piges je suis un peu le représentant) ne soliloquera jamais en employant ces termes et c’est là que le bât blesse.
Tu aurais dû, à mon avis, situer ton vieil homme dans le temps, XVIème ou XVIIème siècles…
Non seulement tu ne le situes pas mais, plus encore, en incipit tu nous parles de blues, un terme vraiment anachronique par rapport à ce qui suit…
C’est vrai que ce thème est intemporel, simples mortels que nous sommes, mais même un vieux classique comme moi ne les emploierait pas.
J’ai donc décidé de considérer que ce monologue nous venait des siècles précités et de le noter en conséquence. Cette condition remplie, je trouve ce sonnet Très bien ficelé avec quelques vers de toute beauté, et particulièrement le tercet de chute…
Comme d’autres avant moi, je pense que le vers 8 avec ses meurt et meure n’est pas des plus heureux, mais c’est peut-être « au lieu que » qui me gêne le plus... d'où le (petit) moins qui accompagne le TB.
Muchas gracias y hasta luego amigo !
Edit : Je n'y avais pas vraiment porté attention, mais si j'en crois le titre, par ailleurs un peu long à mon goût, le "qui vécut" laisse quand même supposer qu'il s'agit bien ici d'un vieillard d'antan.
Si tel était l'idée de l'auteur, mes élucubrations concernant l'époque tombent à l'eau et le style "ronsardien" est tout à fait justifié... Mea culpa !

   stony   
19/9/2012
J'apprécie particulièrement les deuxième et septième vers ainsi que le dernier tercet.
Les deuxième et septième vers pour leur rythme binaire parfait (on entend le tic-tac- du métronome). Le deuxième également pour la métaphore agricole ainsi que les allitérations en "ch", rapprochées et quasiment symétriques par rapport à l'hémistiche. Le septième également pour les allitérations en "s".
Le dernier tercet pour sa grande clarté, concernant la forme autant que le sens, et pour son dernier vers qui clôt le sonnet en même temps que les yeux.

Les rimes pauvres des neuvième et dixième vers affaiblissent légèrement l'ensemble, mais ce n'est pas bien grave.

J'ai toujours beaucoup de mal à apprécier l'esthétique d'un e final qu'il faut prononcer lorsqu'il ne s'accompagne pas d'une consonne sonore pour faire liaison ("ES J" dans "inutiles jours" du troisième vers). J'ai un peu l'impression d'un pied usurpé, qui n'est présent que pour faire la douzaine, mais au détriment de l'harmonie. Cependant, s'il n'y avait pas ce petit truc qui me chipote, j'apprécierais encore beaucoup le rythme binaire de ce vers.

Les cinquième, sixième et onzième vers sont de loin ceux que j'apprécie le moins, pour leur syntaxe inutilement complexe, leurs sonorités heurtant un peu l'oreille et surtout un rythme que l'on ne parvient pas à identifier, ce qui contraindrait les danseurs les plus virtuoses à se marcher sur les pieds (sans mauvais jeux de mots).


J'espère que ne vous ne m'en voudrez pas d'avoir utilisé votre sonnet pour m'exercer à l'analyse formelle, pour laquelle je ne possède que des compétences sommaires, en conséquence de quoi je ne note pas. Et vous seriez tout à fait avisé de me reprendre là où j'aurais péché.
Sachez toutefois que j'ai aimé votre poème, par le fond et globalement par la forme.

   funambule   
19/9/2012
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
D'un certain point de vue (je précise que je ne lis pas les commentaires "avant"" mais les "évaluations" m'ont alerté) ce texte est très "bateau"... mais j'ai embarqué dès le début. Je trouve ces mots simplement beaux et leur musique berce l'oreille de mon esprit comme rarement. Lorsque c'est écrit (à mon sens tout subjectif) aussi bien, aussi beau... je ne demande rien de plus; je dis juste merci.

   Mona79   
19/9/2012
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Ce beau poème est néo-classique en effet, c'est bien vu : on ne répète pas deux fois le même mot dans un sonnet, sinon pour en souligner l'effet, ce qui est le cas ici pour meure. (se souvenir des stances à du Perrier : "mais rose elle a vécu ce que durent les roses, l'espace d'un matin")

Bien sûr le thème est triste, voire morbide, Je côtoie beaucoup de personnes âgées qui, même seules, n'appellent pas la mort à grands cris, ou bien, après l'avoir fait, la repoussent avec épouvante quand elle montre le bout de sa grande faux...

Mais ce sont quand même de beaux vers, même si, Miguel, j'aimerais lire quelque chose de plus optimiste venant de vous, car avec votre belle façon d'écrire c'est toujours un plaisir de vous lire. A bientôt.

   Blacksad   
22/9/2012
 a aimé ce texte 
Bien ↑
C'est un beau texte. Indéniabalement. Sur la forme et sur le fond.

J'aime sa tristesse et même son appel morbide que le narrateur ne cherche pas à tempérer, bien au contraire (répétition appuyée par exemple). J'aime le constat amer et lucide, l'aspiration au repos.
La forme est très classique, presque archaïque... c'est ce qui m'empêche de noter plus haut : l'impression de déjà vu, l'impression de devoir souffler la poussière au dessus de certains vers pourtant très beaux.

   Miguel   
22/9/2012
Je vous invite à nous retrouver à propos de ce texte sur le forum "Discussions sur les récits".

   domi   
25/9/2012
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Michel
un beau poème, une belle complainte qui chante au coeur...
à la première lecture j'avais ressenti une difficulté, comme un manque de fluidité, puis à la deuxième lecture, je l'ai trouvé fluide au contraire ! puis, en analysant, je pense que ma première gêne vient du trop grand nombre de "que".
mais il reste la beauté, comme de ces musiques tristes, qui sont les plus belles... merci !

   CharlesVerbaud   
23/10/2012
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
Voilà un sonnet qui aurait mérité d'être en catégorie classique.
Il y a une rime pauvre bras pas aux tercets, certes, c'est perfectible, mais pas décisif.

La répétition du verbe mourir (meurt/meurre) est ici visiblement voulue puisque dans le même vers, il me semble difficile qu'elle ait pu échapper à l'auteur. Cela donne un effet de miroir à la phrase. Vous gagneriez sans doute d'ailleurs à les mettre l'une à la césure, l'autre à la rime, pour renforcer cet effet :
Tout ce que j'aimais meurt XXX que je meurre.
Ce qui aurait donc la triple conséquence :
1- de mettre en valeur ce balancement en faisant coincider la syntaxe et le rythme, plutôt que ce rejet du verbe après la césure
2- d'éviter le et de début de vers, vous en avez quatre qui commencent par et : vers 3, 8 et 12, 14
3- de corriger le "au lieu que"

Sujet universel, traité simplement, sans fioriture inutile. Mais la poésie n'est pas une éternelle quête de nouveauté.

   Anonyme   
12/5/2013
 a aimé ce texte 
Beaucoup
« Et tout ce que j’aimais meurt, au lieu que je meure »
Eh bien, moi, ce vers me plaît.
J’aime la répétition expressive* du verbe.
J’aime aussi « au lieu que », tour peut-être suranné (donc parfaitement dans le ton) mais en aucun cas fautif. Le « corriger » enlèverait au vers une grande partie de son charme.

Je trouve de nombreux mérites au sonnet, notamment sa construction impeccable et sa prosodie (le rejet interne de « meurt » ne me choque pas; il présente aussi des avantages).
Que la langue lyrique ne soit pas celle en usage chez mon coiffeur ou ma boulangère ne me pose pas non plus de problème. Après tout, si dans la vraie vie j'ai à me plaindre des vicissitudes de l’existence, je ne le fais pas en alexandrins…

* En rhétorique, c’est (je crois) une des figures en -phore, mais son nom exact m’échappe obstinément.


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