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Poésie classique
Miguel : Complainte du veuf
 Publié le 15/04/12  -  11 commentaires  -  948 caractères  -  268 lectures    Autres textes du même auteur

L'expression de la vieillesse aggravée de la douleur.


Complainte du veuf



Je n'ai pas vu couler mes jours :
Voici bientôt la nuit suprême ;
Au bout de mes derniers labours,
Mon cœur s'étonne, et trouve même
Que mes chagrins furent trop courts.

Que ne puis-je verser encore
Les pleurs bénis de mes vingt ans !
Au souvenir qui les redore,
Même nos peines de ce temps
Gardent la fraîcheur de l'aurore.

Chagrin d'amour, amour nouveau :
Telle était ma douce coutume ;
Même gris, mon ciel était beau.
Alors j'ignorais l'amertume
Des pleurs versés sur un tombeau.

Mais de cette ultime souffrance,
Le temps ne me guérira pas :
Aux derniers pas de mon errance,
Il ne reste, avant le trépas,
Nulle place pour l'espérance.

Il est temps : fermez-vous, mes yeux,
Sur la dernière de vos larmes ;
Et toi, ma bouche, pour adieux,
Dis de la vie et de ses charmes :
"Ce fut un rêve merveilleux."


 
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   socque   
30/3/2012
 a aimé ce texte 
Pas ↑
J'aurais presque tendance à trouver caractéristique qu'un sujet aussi crépusculaire soit évoqué en vers classiques... Comme si la forme se lamentait sur sa propre désuétude.
Car, bon. Ce n'est pas mal fait, à mon avis ; les vers coulent bien (il est presque impossible, je crois, d'écrire des octosyllabes non fluides). Mais l'ensemble me paraît très convenu, profil bas sous les contraintes formelles, sans jaillissement d'invention ni d'expression. Je ne veux pas m'attarder sur le sujet résolument banal : on est vieux, on souffre, on va mourir, c'était mieux quand on était jeune. Aznavour a dit la même chose, en mieux balancé à mon avis.
Non, outre donc le convenu du sujet, ce qui me gêne surtout ce sont les rimes inévitables : souffrance/errance/espérance, pas/trépas, larmes/charmes, et les notations qui, selon moi (et pardon pour ma dureté, il faut comprendre que j'en ai parfois assez de lire sempiternellement les mêmes choses), relèvent du "café du commerce poétique" : les yeux ont des larmes, le temps ne guérit pas, la vie fut un rêve merveilleux (là, je pense plutôt à Tino Rossi), le bonheur c'est à vingt ans...

Désolée, mais pour moi le rythme agréable d'octosyllabes maîtrisés ne suffit pas à faire un bon poème.
Je comprends bien qu'il ne saurait être question de réinventer à chaque fois, que beaucoup de choses ont déjà été dites, etc. Mais, en tant que lectrice, je n'ai pas à entrer dans ces considérations : si le poème me paraît mille fois lu ailleurs (et même si pour l'auteur il s'agit d'une grande première), j'évaluerai ce que je lis à l'aune des mes lectures précédentes.

   MonsieurF   
2/4/2012
 a aimé ce texte 
Pas ↓
J'ai trouvé ce texte très banal, sans charme, parce que trop classique.

Il cumule des clichés, des poncifs: "Et toi, ma bouche,", "Le temps ne me guérira pas :" "couler mes jours :" etc. et donc ne me convainc pas.
Certes, la forme est classique et le thème aussi, certes c'est du déjà-vu et il est surement difficile de faire mieux ou plus original, mais le sentiment de déjà-lu m'a gâché le peu de plaisir que j'eusse pu avoir.

Navré donc je n'ai pas aimé. Cependant je reconnais une indéniable qualité dans la prosodie.

   Anonyme   
15/4/2012
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Salut MichelMartinez ! Je pense qu'après ce commentaire je serai taxé de copinage, voire de flagornerie, mais ce n'est pas grave...
J'ai pour habitude de dire et d'écrire ce que je pense.
Parlons d'abord de la forme classique en octosyllabes, ce qui nous change un peu de l'alexandrin bien que je préfère ce dernier.
Il y a dans ce texte un parfait respect de la prosodie et c'est déjà un point non négligeable. Je sais qu'en cas contraire ce texte ne serait pas passé entre les mailles du CE mais il fallait quand même le souligner. Pour ce qui est du vocabulaire, tout est très clair et l'utilisation du dico n'est pas nécessaire, second point positif.
Parlons du fond de cette Complainte du veuf. Après l'introduction, objet du premier quatrain, les trois suivants sont une suite logique de la vie avec le veuvage qui intervient au troisième avant d'être développé, avec ses conséquences, au quatrième.
Le dernier quatrain, celui que je préfère, est une conclusion tout à fait logique de ce qui précède. Un bémol toutefois, cette bouche me dérange un peu. J'aurais bien vu "Et toi mon âme pour adieux", c'est quand même plus poétique.
Veuf et septuagénaire, je me retrouve parfaitement, et souvent mot pour mot, dans cette très belle poésie exempte de pathos et très réaliste. Reste que je ne suis pas pressé d'arriver à l'ultime quatrain mais sait-on jamais...
Ce poème m'a fait penser, surtout par rapport au dernier vers, à deux bouquins de Jean d'Ormesson : C'est une chose étrange à la fin que le monde et surtout à C'était bien.
Pour ma part, en parlant de ce poème, j'irai plus loin et je dirai C'était très bien ! Merci Michel

   Arielle   
15/4/2012
 a aimé ce texte 
Un peu
Si je n'avais pas vu le titre je n'aurais jamais imaginé lire la complainte d'un veuf.
Sa compagne est singulièrement absente des regrets du narrateur qui ne semble se plaindre que de la perte de sa jeunesse.
"Les pleurs bénis de mes vingt ans"
" Chagrin d'amour, amour nouveau
Telle était ma douce coutume "

Bien sûr il y a ces "pleurs versés sur un tombeau." mais ils me font plutôt l'effet de pleurs versés sur lui-même et sa solitude que sur la nostalgie d'un amour partagé.
Sans doute est-ce cet égocentrisme de vieillard au coeur sec qui m'empêche d'éprouver la compassion que le titre me laissait attendre.

L'émotion n'étant pas au rendez-vous je ne peux que me rabattre sur la forme que je trouve honnête mais assez banale et peu inventive.

   Anonyme   
15/4/2012
Bonjour
"Mon cœur s'étonne, et trouve même
Que mes chagrins furent trop courts."
Comme c'est juste et bien dit !
Je ressens que cet homme a bien vécu, et qu'il en est conscient et c'est cet état de fait qui me plait. Il pleure sur la dernière femme qu'il aura aimée, prend conscience d'autre chose, de plus amer mais n'oublie pas l'essentiel à savoir que vivre aura été "un rêve merveilleux."
Un bémol pour la dernière strophe, un peu trop "grandiloquente" à mon goût mais elle est sauvée par le dernier vers.
Merci.

   Anonyme   
20/5/2012
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonsoir Michel Martinez

L’imaginaire est un superbe poète, je ne chercherai pas trop d’ explications sur le fond de cette réflexion poétique, excepté le dernier vers. Si ce fut un rêve merveilleux, il ne s'est donc pas réalisé.
La métaphore « Au bout de mes derniers labours » a fait sourire le paysan. Et lui, le jour venu, aura–t-il réalisé ce « rêve merveilleux » en compagnie d’une douceur qui lui parlait avec les yeux ?


Amitiés

   wancyrs   
15/4/2012
 a aimé ce texte 
Bien
Même si le thème a été rabattu plusieurs fois, c'est son traitement qui fait la différence. Ici, la fin du texte introduit quelque chose de positif dans tous ces regrets, et j'aime ça. Pour ce qui est de l'aspect technique du texte, désolé, je ne peux rien en dire, le classique n'est pas ma tasse de thé.

   Folibri   
29/6/2012
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Les deux premiers quintils, la dernière strophe sont d'une impitoyable beauté ; je trouve de la faiblesse d'expression dans les autres « Même gris, mon ciel était beau. » par exemple.
Je trouve le poème sobre, tranquille et sûr de lui-même. Élégance qui rompt avec les gris-gris auxquels je suis habitué avec MichelMartinez.

   Miguel   
17/4/2012
Je vous invite à me retrouver sur notre petit coin de tranquillité pour parler de cette complainte.

   FABIO   
21/4/2012
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Si le thème est banal il n'en reste pas moins imparable, et lorsque il est sublimé par une écriture coulée et raffinée comme la votre, alors
mon cœur se sert et se relâche pour vous souffler un bravo.

   Charivari   
21/4/2012
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour.
L'écriture est belle, raffinés mais sobres, les vers sont harmonieux, et le tout présente une belle cohérence.
Il n'y a guère que "nullEU placEU" que je trouve assez moche.

Hélas, je trouve que l'ensemble manque un peu d'émotion, le ton est trop détaché, on ne sent pas le tourment de ce narrateur, et c'est dommage. D'ailleurs, comme quelqu'un l'a déjà souligné, on ne comprend nulle part qu'il s'agit d'un veuf, on pense simplement que c'est un vieillard arrivé au crépuscule de sa vie.


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