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Poésie contemporaine
Miguel : Cordis solitudo
 Publié le 18/04/19  -  14 commentaires  -  1470 caractères  -  245 lectures    Autres textes du même auteur

Élégie sur la solitude du cœur.


Cordis solitudo



Ce soir, comme chaque soir,
En poussant ma porte,
J'ai retrouvé, dans le noir,
Une maison morte ;

Ni sourire, ni chanson,
Ni lèvres offertes,
Mais l'ennui triste et profond
Des pièces désertes.

Ne m'attendait sous mon toit
Qu'un foyer sans flamme,
Et cette ombre avec ce froid,
A gagné mon âme.

Tout augmentait maintenant
Ma désespérance,
Et j'ai dit en frissonnant,
Au vide, au silence :

« Quand donc viendra le bonheur
Au regard magique,
Qui transformera mon cœur
En boîte à musique,

Qui remplira ma maison
De cette lumière
Que les lustres du plafond
Ne savent point faire ?

À mon cœur las de rester
Comme le nid vide,
Quel oiseau viendra chanter
Son refrain limpide ?

Alors dans ce clair matin,
Le myrte et la rose
Couvriront de mon jardin
L'argile morose.

Ô toi qui, je le sais bien,
Quelque part existes,
Quand viendras-tu mettre fin
À tant d'heures tristes ?

Mon rêve de chaque nuit
T'invente une forme,
Quand la peine qui me suit
Permet que je dorme ;

Et ces mots trop attendus,
Qu'entend mon oreille,
Tintent comme l'angélus
D'un jour qui s'éveille. »

Mais la bise en s'engouffrant
Dispersait ma plainte ;
Dans l'espace indifférent
Ma voix s'est éteinte.


 
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Toute copie de ce texte est strictement interdite sans autorisation de l'auteur.
   Corto   
25/3/2019
 a aimé ce texte 
Bien
Beau poème sur la solitude du cœur hélas fréquente.

Mais sur le sens du poème, on a envie de dire "il faut se bouger !"
Car ici règne une ambiance de passivité voire de complaisance face à une situation insatisfaisante.

Il y a autour de chacun de nous quelques milliers de personnes accessibles, dont une belle proportion a des goûts, des envies, des passions qui méritent d'être découvertes.

Bonne route à ceux qui veulent la prendre.

   Gemini   
31/3/2019
 a aimé ce texte 
Bien ↑
La forme (7/5) est très originale (on ne peut s'empêcher de penser à une chansonnette ou des vers de Verlaine) mais je trouve qu'elle dessert le sujet (par le fait des vers courts), avec ce monologue qui part de "Quand" v17, pour finir sur "s'éveille" v44 quasiment invisible entre deux petits guillemets. Je pense qu'il faudrait trouver une mise en page plus marquée (un décalage ?) pour mieux mettre cette phrase en évidence, parce que dans le sens du texte elle pourrait s'arrêter après "limpide", ou d'autres quatrains qui suivent.
Pour moi, bien entendu.
Côté prosodie, selon moi toujours, je pense que la catégorie n'est pas exacte pour la consonne d'appui "attendus/angélus" (c'est faire, de plus, rimer une consonne sourde avec une consonne sonore selon Sorgel).
Pour le fond, il y a un ton tout à fait charmant dans cette complainte au vide (où l’on parle à soi-même). Beaucoup d'images frappent par leur naturel dans cette manie typique des solitaires qui ont une conscience aiguë de leur cas. Celui-ci ouvre son cœur en toute franchise ; rien de bien extraordinaire dans le propos, sinon qu’il est bien concocté, bien enveloppé, bien poétique et bien servi.
Un plaisir de lecture.

   papipoete   
31/3/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
classique
Chez moi, il n'y a pas de poussière, il n'y a pas de désordre et tout simplement il n'y a pas âme qui vive !
Le maître ici, c'est le silence...pas de chansons entonnées, pas de parfum féminin, même la cuisine se languit !
Je sais bien qu'Elle existe pourtant ; peut-être même dans le village d'à côté ?
" dis, quand viendras-tu ? redonner vie ici ; ranimer un sourire qui, de mon visage a fui ! "
NB un poème dont l'histoire est sûrement un vécu pour l'auteur ? en effet, j'en connais si bien le scénario, que cette peinture m'apparait sans faute, sans dérapage du pinceau !
la 5e strophe en est l'exemple le plus criant !
Dans la dernière, je n'aurais pas conjugué " disperser " à l'imparfait ; " mais la bise en s'engouffrant/disperse ma plainte "
Je suis désolé de vous dire que la forme " classique " n'est pas au rendez-vous :
la métrique est inégale
certaines rimes sont fausses ( lumière/faire........bien/fin.....et flamme/âme qui fait débat )
mais ce récit me plaît, de par sa vérité et l'élégance de ses vers !
papipoète

   Anje   
1/4/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Classique.
Le choix du rythme impair et court me semble bien approprié à ces quatrains. Il efface un peu la longueur du poème qui se lit très facilement et sans heurt. Les premières rimes m'ont parues banales (soir/noir, porte/morte). Sans doute à cause de leurs mêmes longueurs et le fait que l'on peut les associer directement (nom/adjectif) dans des vers très courts. Mais d'autres images m'ont plu. J'aime "qui transformera mon cœur en boite à musique", "quand la peine qui me suit permet que je dorme"... Une maison vide pleine d'ombre, où "l'espace indifférent" écoule les heures jusqu'à ce que la voix s'éteigne. On sent bien la solitude pesante dans un espace lourd du néant.
Il me reste un petit doute sur quelques rimes, notamment à l'avant dernière strophe (attendus/angélus). A mon sens, le "s" d'angélus se siffle (an-je-lus').
Merci.
Anje en EL

   senglar   
18/4/2019
 a aimé ce texte 
Passionnément
Bonjour Miguel,


Oui c'est très beau... J'ai ressenti le vide de cette demeure (un vide à demeure) mis en corrélation avec la solitude du coeur de cet homme. Le texte, les mots sont dépouillés (volontairement) telle cette solitude même et le dernier quatrain vient confirmer (sans grande surprise) cette désespérance.

Pas d'échappatoire ici. La solitude est d'un réalisme implacable que la part de rêve, incantatoire mais lancée à l'encan c'est-à-dire nulle part, n'a pas réussi à distraire.

Ce poème est totalement celui de l'absence irrémédiable.

Excellent exercice.

Bien le titre en latin, en fait il isole encore un peu plus.

Tout est parfait ici !


senglar

   Vincente   
18/4/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
J'ai beaucoup aimé la justesse du ton et des images franches, honnêtes, comme venues directement du malaise évoqué ; la construction littéraire réussie fait montre d'abnégation.

Voilà des sentiments dépressifs qui gardent de l'élégance, et un certain espoir comme une fin en soi.

   Hananke   
18/4/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour

La solitude peut être un atout, tout dépend de ce que l'on en fait.

Ce je qui clame son ennui me remémore un peu le Lamartine
du Lac qui voulait retenir le temps.
De beaux vers dans l'ensemble même si la rime empêche le classique.
J'aime moins cette argile morose mais rime oblige.

Oui, dans son ensemble, un poème à vers courts qui se lit avec plaisir.

   Pouet   
23/4/2019
Modéré.

   Davide   
18/4/2019
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
Bonjour,

Pourquoi un titre en latin ?

Le texte est touchant, mais je le trouve un peu mièvre, avec un certain nombre de formulations pléonastiques, comme "l'ennui triste" ou "Qu'entend mon oreille" entre autres.
D'autres me paraissent affectées, peu élégantes, dans l'esprit du poème : "Ne savent point faire ?", "Au regard magique", "Son refrain limpide ?" ou encore le mot "désespérance".
Une petite répétition du mot "cœur".

J'ai l'impression toute personnelle que l'ensemble manque de relief, de musicalité, les mots choisis me paraissent trop convenus et sans réelle surprise.

Cependant, j'ai bien aimé la structure en 7/5 syllabes, intéressante, qui permet une lecture agréable et fluide.
Baudelaire, dans "Invitation au voyage", s'y était attelé, à ces vers impairs et pas faciles à faire chanter.

En parlant de "faire chanter", j'ai beaucoup aimé ces deux passages :
"Ni sourire, ni chanson
Ni lèvres offertes"

"Mon rêve de chaque nuit
T'invente une forme,
Quand la peine qui me suit
Permet que je dorme"

Sur l'ensemble, mon avis reste mitigé, mais je salue le ton élégiaque bien rendu dans cette "solitude du cœur", complainte enveloppée d'une sincérité très touchante, vraiment.

Merci du partage,

Davide

   Castelmore   
18/4/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Miguel

Un rythme pair aurait pu donner à ces vers une langueur, une allure de douce complainte ...
Point de tout cela dans ces vers impairs alternant parfaitement hepto et des pentasyllabes .

Une tristesse froide, métallique presque glacée se répand, accentuant la noirceur des propos du narrateur.

Ni lumière, ni musique, ni chaleur dans cet univers où les premiers rayons de soleil et les rêves sont chassés par la bise.

Pourquoi le titre en latin?
Pour inscrire ce texte dans une permanence... solitude éternelle... que nos ancêtres connaissaient déjà bien sûr ?
Pour introduire une réflexion métaphysique... solitude de l’homme sans Dieu ... ( latin langue de l’Eglise) ?
J’espère que l’auteur nous éclairera ...

Un texte juste
Merci pour cette lecture

   Anonyme   
18/4/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonsoir,
Que c'est triste cette solitude, ce vide, ce silence...Mais que c'est beau et joliment écrit.
J'aime l''originalité de la forme , qui a dû vous demander beaucoup de travail.
Une belle lecture .

   Cristale   
18/4/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour Miguel,

L'art poétique se conjugue sur tous les rythmes et vous en représentez l'un des fleurons avec ce poème en vers layés, le terme "layé" étant une façon de versifier qui consiste à raccourcir un vers sur deux, supprimant l'habituelle isométrie et parfaitement en osmose avec les règles qui régissent la poésie dite classique.

Après il ne s'agit que de concordances de rimes qui font basculer la catégorie ...ce n'est rien au regard de la valeur d'un tel écrit.

Un tour de force que cette alternance d'heptasyllabes et de pentasyllabes, des vers très courts qui, dans ce poème ont l'art de décrire "le rien" le vide, la solitude.

"Alors dans ce clair matin,
Le myrte et la rose
Couvriront de mon jardin
L'argile morose."

Superbe de poésie !

Merci Miguel.

Cristale

   jfmoods   
18/4/2019
Le rythme impair (7-5-7-5), bancal, claudiquant, de ces douze quatrains à rimes croisées, pauvres, suffisantes et riches, alternativement masculines et féminines, majoritairement consonantiques, souligne le déséquilibre, l'instabilité psychique à l'oeuvre.

Malgré les questionnements douloureux qui le jalonnent ("Quand" × 2, "Qui" × 2, "Quel"), le discours direct qui s'étend des strophes 5 à 11 entretient chez le locuteur laissé à lui-même le vague espoir d'un nouveau printemps amoureux (apostrophe : "Ô toi qui [...] / Quelque part existes", futur : "viendra", "transformera", "remplira", "viendra", "Couvriront", viendras").

Cependant, le paysage état d'âme qui se déploie au fil du poème, glacial ("ce froid", "en frissonnant", "la bise en s'engouffrant"), muet ("ni chanson", "silence", "Ma voix s'est éteinte"), dépouillé ("Une maison morte", "Des pièces désertes", "vide" × 2), dépourvu de toute clarté salvatrice ("dans le noir", "un foyer sans flamme", "cette lumière / Que les lustres du plafond / Ne savent point faire"), ne produit qu'une hallucination auditive ("ces mots trop attendus, / Qu'entend mon oreille, / Tintent comme l'angélus / D'un jour qui s'éveille"), qu'un spectre fuyant de femme (jeu allégorique : "Mon rêve de chaque nuit / T'invente une forme, / Quand la peine qui me suit / Permet que je dorme").

L'assonance (an), assez marquée, épouse la déploration tandis que l'allitération (m) matérialise le lourd fardeau de cette morne existence.

Merci pour ce partage !

   Lulu   
19/4/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Miguel,

J'ai été très touchée par ce poème qui sait si merveilleusement dire la solitude. Bien souvent, quand on évoque la solitude, il y a plainte, vraiment. Mais là, j'ai trouvé tant de finesse et d'authenticité dans les mots que j'ai ressentis comme vrais et simples que j'en ai été profondément touchée. S'il y a plainte, c'est avant tout pour moi un regard poétique sur le rapport à l'autre… Pour cela, je dis "Bravo !".

La poésie a cette faculté de dire les choses avec subtilité, et je trouve que vous y parvenez très bien ici.

Si je devais émettre un bémol, ce serait peut-être cette dernière strophe qui m'a semblé en décalage avec la délicatesse du reste, comme si elle m'avait semblé lourde, mais peut-être l'ai-je mal comprise… ?

"Cordis" … qu'est-ce que cela signifie ? Pardon pour cette question… Je suppose la réponse, mais sans savoir vraiment… J'imagine "Chaque solitude", et suis sûre de me trompée. Mais je serai ravie d'apprendre un terme en rapport…

Mes encouragements.


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