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Poésie classique
Miguel : Il viendra
 Publié le 19/03/12  -  20 commentaires  -  621 caractères  -  612 lectures    Autres textes du même auteur

Évocation des rêves qu'on n'ose pas réaliser, des chances qu'on n'ose pas saisir, à cause sans doute du poids de la réalité.


Il viendra



Il viendra des lointains, quand le soleil s'efface :
Le soir le posera dans l'ombre de ton seuil ;
Tu ne pourras rien voir de sa figure lasse,
Mais tu sauras surprendre, en ses yeux, de l'orgueil.

L'orgueil d'être inconnu des chagrins de la terre,
À nul, par nul devoir, par nul serment lié,
Et, dans son incessant voyage solitaire,
Oublieux des humains dont il est oublié.

Tu le verras passer, ivre de ciel pur, ivre
De cette liberté dont tes jours sont en deuil ;
Tu le verras partir et tu voudras le suivre,
Et tu demeureras dans l'ombre de ton seuil.


 
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   socque   
4/3/2012
 a aimé ce texte 
Bien ↑
À première lecture, ce poème ne m'avait guère parlé... mais un peu tout de même, puisque j'ai eu envie de le relire.
Le propos est net, le mouvement aussi, et j'ai apprécié l'enjambement (si c'est bien le terme) entre les neuvième et dixième vers. Le ton est réussi aussi, je trouve, avec ce quelque chose de fatigué, de résigné.
Je peux comprendre aussi le choix de la forme, des vers corsetés, soumis aux dures contraintes du classique, qui marquent la prison mentale où s'étiole "tu".

... Mais voilà, me manque de l'éclat, de la révolte. C'est injuste sans doute, parce que je ne pense pas que vous ayez voulu évoquer un tel sentiment. Si j'analyse, je trouve votre poème réussi dans ce qu'il veut dire, mais mon sentiment général est de frustration parce que je trouve l'ensemble trop sage. Et ce sentiment, une fois de plus, marque peut-être que vous êtes en plein dans ce que vous avez voulu exprimer, seulement il diminue le plaisir de ma lecture.

   brabant   
13/4/2012
commentaire enlevé par son auteur.

   placebo   
5/3/2012
 a aimé ce texte 
Un peu
Assez déçu par ce texte qui avait si bien commencé ; j'étais déjà prêt à parler de ces rêves qu'on n'ose pas réaliser, mais je vais devoir m'arrêter sur du plus factuel :/

"en ses yeux" perso, je vois surtout la contrainte de la césure, ici, qui empêche de dire "dans ses yeux", beaucoup plus naturel
J'aime beaucoup le 1er quatrain, à part ce "en".

Le deuxième quatrain fait un peu "mystique" avec "oublieux des humains dont il est oublié" et me semble surtout un peu trop tiré par les cheveux. 2e vers dans la même veine un peu trop complexifiée.

3e quatrain sur la lancée du 2eme : pas mal, mais il ne s'élève pas, ne gagne pas en puissance : on reste avec "dont tes jours sont en deuil" et "ivre de ciel pur, ivre" : deux essais qui sont manqués pour moi, et la répétition du dernier vers clôt le mouvement.

Au final, le titre, l'incipit, les premiers vers me faisaient attendre beaucoup mais je trouve que l'ensemble peine à prendre de l'envol.
Bonne continuation,
placebo

   Anonyme   
19/3/2012
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Autant vous le dire tout de suite : j'ai adoré votre allégorie du bonheur. C'est le sentiment que j'ai identifié, là où vous parlez plutôt de "rêves" dans votre préambule.

J'ai beaucoup apprécié les rimes, que je trouve bien choisies et très phoniques.
Particulièrement terre/solitaire et lié/oublié où vous réussissez la prouesse de faire rimer deux images antinomiques, la "terre" qui incarne plutôt la profusion, avec "solitaire", et puis " lié " qui ne peut mieux exprimer l'union, avec "oublié ". Encore bravo pour cette réussite où le signifiant et le signifié trouvent cette correspondance qui donne toute sa grâce à la poésie.
Certains autres vers sonnent pour moi comme de beaux aphorismes :

- " Oublieux des humains dont il est oublié."

Bref. Beaucoup de plaisir.

Pour autant les puristes ne pourront pas évacuer la question du respect de la prosodie. Sans être un spécialiste de la poésie classique, j'ai eu le pressentiment que certains vers ne pouvaient pas être conformes à cette classification. Je suis guidé par mon instinct qui me dit qu'une proposition grammaticale doit restée contenue dans un seul vers. Et la confirmation m'est venue des règles adoptées par le site.
Donc, rejet autorisé, mais pas enjambement ou contre-rejet. Le vers suivant n'aurait donc pas tous les attibuts de la respectabilité :

- ",,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,ivre
De cette liberté dont tes jours sont en deuil "

où on retrouve notre fameux enjambement.
J'ai même un doute (mais là je ne suis pas allé vérifier dans le pavé de Gilles Sorgel) sur la validité de :

- " À nul, par nul devoir,,,,,,,,,,,,,,,,"

où on trouve deux propositions grammaticales distinctes, liées dans la première hémistiche. Si quelqu'un d'instruit peut nous renseigner là-dessus,,,

Pour ma part je choisis de noter l'émotion plutôt que la norme, même si je ne peux pas faire l'impasse. Et puis je me dis que si votre poème a été accepté dans cette catégorie, c'est pas moi qui vais me plaindre.

Cordialement
Ludi

(Edition) : à la suite de mon commentaire j'ai obtenu des réponses positives concernant le respect de la prosodie. Seule mon innocence en la matière a pu me faire douter. Et puisque ce seul critère a fait baisser ma note, il me semble honnête de restituer le + qui lui manquait.
Avec mes excuses et mes compliments répétés.
Ludi

   Arielle   
19/3/2012
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Touchée par ce rêve insaisissable auquel s'adresse un narrateur désabusé qui sait, dès le seuil, qu'il ne pourra le faire entrer dans son ombre malgré sa lassitude.
Ce soir qui tombe, ces jours en deuil ... Trop tard sans doute pour déployer ses ailes !

La forme est, pour moi, parfaite, contre-rejet, répétitions et inversions brisent heureusement le rythme des alexandrins et permettent une lecture agréablement nuancée.

   Anonyme   
20/3/2012
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour Michel ! Je ne parlerai pas de la prosodie classique parfaitement respectée dans ce texte puisque publié ici.
Pour ce qui est du thème, je ne sais pas si, sans l'incipit, j'aurais compris que ce "Il" était en fait le rêve impossible de tout un chacun ou tout au moins de l'auteur.
Ceci dit, il y a de très beaux passages et le tout est d'une lecture très agréable avec une mention spéciale pour les deux vers de chute... Au plaisir de te lire !

   Meleagre   
19/3/2012
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Une belle écriture, et un beau récit.
Je prends le "il" au sens concret d'un mendiant qu'on regarde passer, et pas comme une métaphore du rêve. Mais le passage de ce mendiant qu'on regarde passer et s'éloigner, réveille dans le spectateur des rêves abandonnés, des envies de partir, une soif de liberté qu'on n'ose pas écouter.
Par le personnage du mendiant, et le regard que l'on porte sur lui, ce texte me rappelle un poème de Victor Hugo, intitulé "Le Mendiant", et qui commence par "Un pauvre homme passait dans le givre et le vent."

Ici, ce "il" (voyageur, mendiant, ermite ?) apparaît comme l'opposé de celui qui le regarde : libre, orgueilleux, heureux, solitaire. Il est magnifié par le poète, et le spectateur, calfeutré dans sa maison, en vient à l'envier. Paradoxe bien amené par le récit.
Quelque chose dans le rythme du poème vient imiter la marche du voyageur : le texte progresse, suit l'arrivée ("il viendra"), le passage ("tu le verrais passer") et l'éloignement ("tu le verras partir") du mendiant. Mais cette progression constante s'opère par des répétitions qui scandent le texte, comme l'écho entre le début ("Le soir le posera dans l'ombre de ton seuil") et la fin ("Et tu demeureras dans l'ombre de ton seuil" - deux très beaux vers, au demeurant). Des répétitions de mots viennent donner du rythme, comme un marcheur répète les mêmes pas : "À nul, par nul devoir, par nul serment lié", "Oublieux des humains dont il est oublié" (beau vers aussi).
J'aime beaucoup les vers "Tu le verras passer, ivre de ciel pur, ivre
De cette liberté dont tes jours sont en deuil".

Cette image exaltante du mendiant nous donne, a contrario, une image assez négative du spectateur, c'est-à-dire de nous-mêmes : pas libre (car emprisonné dans sa maison), en proie aux "chagrins de la terre", lié par des serments, et incapable de suivre ses rêves, de saisir la chance qui passe. Et, avec regret, à cause du poids de l'habitude et de ses attaches, il demeure "dans l'ombre de (son) seuil".

   pieralun   
19/3/2012
 a aimé ce texte 
Passionnément
Du grand Michel Martinez.
Pour moi, deux strophes somptueuses: la 2et la 3
La première n'est pas mal, qui introduit le sujet, mais pâle au regard des deux autres.
Le vers 6, qu'elle belle répétition que ce ' nul' ....trios fois
Vers 7 et 8, magnifiques de musicalité, de sens.........dignes des plus grands vers de notre littérature.
Un ivre emprunté à Mallarmé dans sa force, puis renforcé par ce remarquable enjambement.
Deus vers de chute très émouvants dans l'évocation qui nous paralyse tous quand la chance nous est donnée de réaliser un rêve.
Enfin un poème qui, dans sa forme, prend sa source dans notre 19 eme siècle, sans en être une pâle imitation, sans laisser place à un lyrisme bêlant, et qui réussit à obtenir son propre statut de vraie poésie.
Bravo Michel

   fredericprunier   
20/3/2012
 a aimé ce texte 
Beaucoup
si je sépare mon jugement en deux,
d'in côté la forme poétique me sonne à merveille
avec toute la langueur qui s'impose à l'oreille
de l'autre
au niveau de l'histoire
j'hésite entre rire de l'orgueil, me/se prenant pour dieu le père
et dire... et grand couillon ! ôte-toi de mon soleil...
amitié

   merseger   
20/3/2012
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour,

C'est un fort beau poème où ce "Il" et ce "le" ouvrent un champs d'interprétation infini au lecteur. La progression est très bien marquée par la reprise d'"orgueil" à la rime (V4) et à l'initiale (V5).
La répétition de "nul" et la progression dans le découpage du vers (2,4,6), la forme adoptée du chiasme "Oublieux...oublié" et le passage de l'actif au passif, la répétition "Tu le verras" en initiale (V 9 et 11) et le contrerejet (V 9 à 10), La reprise de l'image "ombre de ton seuil" (V 2 et 12) qui referme le texte sur lui même, soulignant l'impression de tangence, revêtent ce poème d'une grande richesse et d'une savante recherche.
Tout ne s'arrête pas à la valeur stylistique puisqu'il s'en dégage un profond sentiment de résignation, de manque, d'impuissance exprimés métaphoriquement sans grands effets de manche trop perceptibles. Sa simplicité dédramatisée ne lui donne que plus de force. La répétition de ce "ivre" mis en valeur à l'hémistiche et à la rime (V 9) comme l'atmosphère qui se dégage de l'ensemble du texte m'ont fait penser à Stéphane Mallarmé.

   Miguel   
20/3/2012
Je vous invite à me rejoindre sur notre Petit coin de tranquillité.

   funambule   
20/3/2012
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Un thème cher aux poètes auquel j'aurais envie de répondre par l'écho. Que dire, c'est tellement vrai et tellement banal. A épingler d'urgence... épinglé ici différemment. L'idée de cette ombre circoncit le sujet dans un temps donné, parce que "plus tôt", l'ombre est substance. Mais les choix d'auteur ne sont (à mon sens) pas discutables, pas plus que les perceptions de ceux qui lisent. La musique des mots adoucit un peu l'aridité du propos où le désenchantement est exclu au profit du constat. Une habile (et très poétique) rationalisation.

   widjet   
21/3/2012
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
En dépit de répétitions volontaires (le verbe "voir" utilisé plusieurs fois, "orgueil" et "seuil" idem) et quelques effets pour renforcer l'effet d'insistance ("Tu le verras" x 2..."et tu voudras le suivre, Et tu demeureras"), j'ai apprécié ce poème triste et résigné.

Ma préférence va au second quatrain et au joli "Oublieux des humains dont il est oublié".

Désolé, je ne puis en dire davantage.

W.

   Anonyme   
24/3/2012
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Salut Michel,
Ce qui m’a principalement marqué dans ce poème, c’est l’emploi de ce futur (jussif ?) qui exprime une réalité (à venir, bien sûr) teintée de déterminisme, comme une prophétie, un sort jeté sur le lecteur qui m’a procuré d’agréables sensations. Bien sûr, ça rappelle Hugo, mais le changement de sujet en "tu" (en "vous", je te connais) me semble très intéressant.
Le choix des rimes, pour celle en « euil », peu courante, et surtout la double vocalique « ié » (avec la voyelle « i » en consonne d’appui de "é" ?); juste au milieu du poème.
Enfin, le ton général, le choix, la netteté et la concision du propos, la recherche d'épurement, fleurent bon la maturité et la rigueur d’un auteur bien dans ses stylos.
Question technique. Ne dit-on pas qu’une même rime, ici « seuil », ne peut revenir qu’après 12 vers seulement ?
Amitiés.

   Charivari   
26/3/2012
 a aimé ce texte 
Beaucoup
J'aime beaucoup. Cette progression, à partir de répétitions, est très réussie à mon avis, elle nous donne l'impression à la fois de doute et de quelque chose qui avance lentement, implacable.

C'est sobre, ça a beaucoup de gueule. Ça manque peut-être un peu d'images, de fantaisie, c'est figé comme un bloc de marbre, mais c'est aussi ça qui fait la beauté du texte.

   David   
27/3/2012
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour MichelMartinez,

Un poème au futur comme "Demain, dès l'aube" de Victor Hugo ou "Sensation" de Rimbaud, ce même chemin de traverse poétique j'ai eu l'impression pour évoquer des choses qui n'existeront plus. Le style est volontaire avec ces répétitions multiples de "seuil", "orgueil", "nul", "ivre" qui semblent marteler plus que ce qu'elles ont à dire au cours du poème, c'est une impression diffuse ou le renoncement le disputerait à la défiance, presque une colère palpable devant cette fatalité annoncée entre le titre et le dernier vers.

Le "Il" pourrait être symbolique ou pas suivant les lectures, même d'un même lecteur sans doute, pour une atmosphère très dense, pas forcement résignée d'ailleurs, ce "seuil" a aussi un air de frontière, de Rubicon à traverser.

   Anonyme   
9/4/2012
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Début difficile à comprendre..
Merci pour l'introduction qui m'a permis de retrouver tout le sens de ces mots... que je partage tellement..

   expression   
12/4/2012
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Je ne connais rien à la poésie mais j'aime bien ces phrases à l'envers comme un envers du décor, les mots sont simples et très vivants, façonnés en courbes.

   matcauth   
22/4/2012
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
bonjour, j'aime ce poème dont le sujet doit parler à beaucoup.

En réalité, il dit énormèment en si peu. Le titre déjà, est intéressant car il affirme, il énonce une certitude. Je trouve cela intéressant.
Puis l'énonciation du rêve, un rêve dont vous expliquez la futilité et la dangerosité. Et puis la fin qui montre à quel point ce rêve est inaccessible, à quel point on se refuse à lui. Les mots sont assez forts pour que ce refus soit compris sans explication, sans justification. La force de ce poème est, pour moi, de montrer une fatalité, celle de ce refus de suivre le rêve. Celle aussi de montrer combien il est imprévisible, il peut se manifester à tout moment, et, surtout, on y échappera pas.

Très bien, vraiment.

   jfmoods   
19/12/2015
Ce poème de trois quatrains (à rimes croisées, riches et égalitairement réparties entre masculines et féminines) me rappelle, par la thématique qu'il soulève, le roman « Eldorado » de Laurent Gaudé.

I) L'étranger

1) Une créature mystérieuse

Celui qui surgit de nulle part (complément de lieu : « des lointains ») n'est présenté que de manière allusive, à travers un simple pronom personnel (« il » x 2). Cette apparition improbable est assimilable à la réalisation d'un miracle (allégorie : « le soir le posera dans l'ombre de ton seuil »).

2) L'ébauche d'un portrait

Deux caractéristiques physiques (« sa figure lasse », « ses yeux ») brossent les traits saillants d'une physionomie où se lisent à la fois la fatigue et la soif de découvrir. Une caractéristique morale s'y ajoute (effet de relance soulignant l'indépendance d'esprit : « … de l'orgueil. / L'orgueil... »).

II) Un ailleurs introuvable

1) Un récit prémonitoire

Le poème, construit au futur et s'appuyant principalement sur des verbes de mouvement (« viendra », « posera », « pourras voir », « sauras surprendre », « verras passer », « verras partir », « voudras suivre », « demeureras »), décrit, par le menu, chacune des étapes d'une rencontre avortée.

2) L'histoire d'un divorce

Le chiasme (« Oublieux des humains dont il est oublié ») avalise une séparation par avance consommée, tandis que le contre-rejet (« … ivre / De cette liberté dont tes jours sont en deuil ») dresse cette muraille, ce mur d'enceinte infranchissable entre l'individu et ses aspirations les plus profondes.

Merci pour ce partage !


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