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Poésie classique
Miguel : In memoriam filiorum
 Publié le 18/02/21  -  16 commentaires  -  641 caractères  -  278 lectures    Autres textes du même auteur

« Nul ne peut être assez fou pour préférer la guerre à la paix.
Pendant la paix les fils suivent les funérailles des pères,
pendant la guerre les pères suivent les funérailles des fils. »

Hérodote


In memoriam filiorum



Partout la joie éclate au son de l’armistice :
Le clairon pacifique a vaincu les combats ;
Mais qu’importe à nos yeux que le ciel s’éclaircisse ?
La source de nos pleurs ne s’en tarira pas.

Nous, les mères toujours inquiètes et douces,
Les pères attentifs sous des dehors altiers,
Hélas ! au lieu de voir mûrir nos jeunes pousses,
Marcherons vers la terre orphelins d’héritiers.

La paix sera pour tous une éternelle fête,
Mais à nous le bonheur ne sera pas rendu.
Pour nous ton ciel, victoire, est noir de la défaite,
Puisque en perdant nos fils nous avons tout perdu.


 
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   socque   
30/1/2021
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Voilà, c'est clair et net ; un message sobrement et bellement délivré. J'ai bien aimé l'association « clairon pacifique », moins les mères inqui-ètes et douces, je trouve que la diérèse et la scansion un poil artificielle de l'hémistiche (il faut vraiment être en vers classique pour prononcer « inquiètes » sur quatre syllabes) troublent la limpidité de l'ensemble. Je regrette aussi un peu le Hélas pour moi chevillesque du septième vers, mais je sais bien, parfois il faut remplir l'alexandrin...
Dans le chapeau, jolie citation d'Hérodote qui n'était pas exactement un imbécile !

Le plus beau vers à mes yeux :
La source de nos pleurs ne s’en tarira pas.
Cela dit, dans l'ensemble les vers m'apparaissent de qualité soutenue et à peu près constante, ce qui ajoute à la cohérence du poème. Bref, du fort bon boulot pour moi.

   Lebarde   
8/2/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Beau poème classique, d'une forme parfaite aux rimes alternées suffisantes et à la métrique sans faute puisqu'au vers 5, Littré donne le mot "inquiètes" en diérèse.
A coup sûr, le travail d'un(e) auteur(e) maitrisant son métier à merveille!

Que dire de plus sur la guerre qui fait disparaitre les héritiers avant les donateurs, les fils avant les parents?

Le propos est clair, sobre, sans artifices grandiloquents, avec un ton poétique mesuré qui va bien au sujet traité.

J'ai bien aimé:

"Partout la joie éclate au son de l’armistice :
Le clairon pacifique a vaincu les combats ;"

"Hélas ! au lieu de voir mûrir nos jeunes pousses,"

Un peu moins:

- les deux derniers vers dont l'idée qu'ils apportent, m'est apparue banale et un peu simple, voire simpliste ( bon c'est ma perception!)

- le vers 4: "La source de nos pleurs ne s’en tarira pas" dont la succession de "r" accroche à la lecture.

Beau travail que j'apprécie beaucoup.
Merci.

En EL

Lebarde

   inconnu1   
8/2/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Poème classique qui semble respecter les canons du genre. Je tique un peu sur la césure du 5ème ver qu'il m'a fallu lire à plusieurs reprises pour m'assurer qu'il s'agissait bien d'un alexandrin. La faute à un enjambement à l'hémistiche . Le toujours devrait être lu avec inquiètes et douces.

Sur le fond, un poème antimilitariste qui prend le point de vue des parents qui ne voient pas revenir leurs enfants du front, après le dormeur du val qui prenait le point de vue du spectateur et du déserteur. Il y en a eu d'autres mais celui ci est de belle facture

bien à vous

   Hananke   
8/2/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour

Très beau texte classique dont le message est tellement vrai.
Q'aussi belle soit la victoire, qu'aussi victorieux soit le chant
des clairons, jamais ils ne rapporte les disparus et ce poème
le dit parfaitement.
La victoire d'une guerre sera toujours amère quand elle survient
avec son lot d'absents.

   Corto   
18/2/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup
En termes simples ce poème va à l'essentiel. La vie, la mort, la souffrance, la guerre, la paix.
Un poème devant lequel tous les képis devraient se soulever spontanément avec respect.

   Anje   
18/2/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Un poème court, lourd, dense où chaque mot porte la douleur. Même mûrir qui subtilement appelle mourir. Ces mères et pères n'ont pas de consolation : "nous avons tout perdu". Il restera pour beaucoup, là sur le buffet, l'enfant éternellement souriant dans un cadre vieillissant.

D'autres combats font aussi, en temps de paix (qui n'est pas vraiment une fête éternelle), marcher vers la terre des parents orphelins d'héritiers. Je suis hors sujet bien sûr mais c'est mon petit signe en mémoire des fils.

Merci Miguel.

   papipoete   
18/2/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup
bonjour Miguel
Derrière une joie se cache une peine, et vice et versa...La balance ne sera jamais équilibrée ; quand on mettra d'un côté les fils tués au combat, les mères par cela éplorées, les pères fauchés par la mitraille, les fils orphelins de père, orphelins de mères...
NB " tous seront de fête, quand de la guerre sonnera la défaite " mais à quel prix !
La seconde strophe est particulièrement forte, " les pères attentifs sous des dehors altiers " car un homme, ça ne pleure pas !
L'ensemble résume bien le " bilan " d'une guerre, justement à travers les lignes du second quatrain !
Après vérification de la prosodie... ( je plaisante ! ) tout est clair comme un soleil radieux

   Ombhre   
18/2/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour Miguel,

un très beau texte sur la guerre, la paix, et le prix de la victoire. Malgré une forme classique que je trouve d'ordinaire lourde, votre poème est fluide, et se lit facilement. Les mots sont choisis avec finesse, et amènent à l'inéluctable fin: nous avons tout perdu. La douleur inextinguible des parents est rendue sans pathos, mais avec force.

La citation d'Herodote est en parfait accord avec votre texte.

Bravo pour cette écriture très soignée, aux mots parfaitement choisis.

Ombhre

   Damy   
18/2/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Belle pièce sur le revers de la médaille.
Poème d'une écriture limpide au service d'un sujet limpide.
Et l’émotion est là.

Puisque en perdant nos fils nous avons tout perdu.
Le chagrin est éternel si la victoire est factuelle.

J'ai juste failli me laisser avoir par la diérèse de inqui/ète au 5° vers qui, si l'on n'y prête attention en 1° lecture, casse le rythme des alexandrins. Il m'a fallu une 2° lecture pour la dénicher.
Pas bien grave.

Ce poème m'a captivé. Merci Miguel.

   Hiraeth   
18/2/2021
 a aimé ce texte 
Bien
J'avoue avoir été un peu dérangé par ce texte à la première lecture. Il m'a d'abord semblé manquer cruellement d'authenticité et de puissance. Sur un sujet aussi douloureux, si douloureux qu'il est littéralement indicible (il n'existe aucun mot pour désigner le parent qui a perdu son enfant, malgré la périphrase intéressante du v8), comment se contenter d'écrire trois strophes d'alexandrins convenus, sans aucune perturbation notable dans les tournures de phrase et les images, toutes très classiques ?

"Ce dont on ne peut parler, il faut le taire", écrivait Wittgenstein. Je ne sais pas si c'est vrai, je pense que la poésie est magnifique quand elle tente de dire l'indicible, qui seul peut-être mérite d'être dit en vérité ; mais ici, je suis tenté d'approuver le philosophe. Non pas que la poésie tolère des tabous ; mais quand elle se saisit de certains sujets particulièrement tragiques, elle doit absolument à mon sens retrouver dans ses mots la qualité du silence, c'est-à-dire du réel -- il ne faut surtout pas qu'on y sente un discours convenu ou désincarné. Or c'est ce que j'ai senti ici, hélas. Et le titre du poème, plein de pompe latine, renforce cette impression.

Ma sensibilité moderne humaniste s'est également irritée de la réduction des enfants à des "jeunes pousses" et des "héritiers", comme si les enfants n'étaient que les simples produits d'un jardinage visant à assurer la continuation de l'existence des parents après la mort ; j'ai également regretté l'omniprésence du pronom "nous", qui centre le texte exclusivement sur la douleur des parents, alors que le vrai scandale se trouve plutôt à mon sens dans le sacrifice de cette jeunesse morte avant même d'avoir vécu.

Cependant, à la seconde lecture, et en relisant notamment les v5-6, je me suis dit que ces strophes pourraient bien être intégrées à un chœur de tragédie, et ça change tout. Le chœur n'étant pas un personnage à proprement parler, cela justifie le certain détachement dans le propos, la dimension de commentaire sur l'action et la souffrance des parents, que je méprenais pour un discours convenu, égoïste et inauthentique. Et l'on comprend du coup la vision des enfants-héritiers-végétaux : il suffit simplement de ne pas lire ce poème avec des lunettes modernes et des attentes de réalisme psychologique. Dès que je me suis imaginé un chœur de tragédie antique, avec tout ce que ça implique en matière de forme du discours et de vision du monde, j'ai tout de suite apprécié ce texte davantage.

   Angieblue   
18/2/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Coucou Miguel,

J'ai trouvé très beau et très puissant le premier quatrain.

Le deuxième, j'ai eu une petite gêne au niveau de la construction.
En fait, entre le sujet "Nous" et le verbe "Marcherons", il aurait dû y avoir seulement des énumérations. Là, il y a une autre phrase qui commence par "Hélas", et donc il m'a manqué un "nous" devant "marcherons" pour que ce soit grammaticalement correct.

La dernière strophe est plutôt bonne, je trouve juste un peu faible d'un point de vue poétique le "nous avons tout perdu". J'aurais préféré quelque chose de plus métaphorique.

Mais, dans l'ensemble, c'est une belle composition. On sent qu'il y a eu beaucoup de travail.

   Castelmore   
18/2/2021
 a aimé ce texte 
Passionnément ↓
Bonsoir Michel,

L’exergue du plus grand historien de la Grèce antique et le titre latin placent immédiatement votre propos.

Une mère, un père, des mères et des pères expriment ici l’horreur de perdre un enfant.

Leur peine singulière a bien évidemment une portée universelle mais multipliée et présentée sous ce titre et ce « nous » elle prend une puissance une résonance « historique ».
D’une certaine manière vous nous présentez le deuil de l’humanité.
La guerre par cette inversion dans l’ordre naturel des choses est une blessure mortelle faite au sens de toute chose, une blessure à la Vie ...

Vos vers classiques sont bien évidemment ( qui pourrait en douter ?) à la hauteur du propos et pourraient trouver place parmi les pages que vous avez ouvertes avec vos nombreux étudiants dans les années passées...

De la très belle poésie classique sous plus d’un aspect !
Bravo et merci

Castelmore

   pieralun   
19/2/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Très beau texte, équilibré et qui évite la monotonie.

J’ai beaucoup aimé le vers 5: « toujours inquiètes et douces » très poétique.
Le dernier quatrain est splendide, les images, le rythme et ce dernier vers.
Bravo poète

   Cristale   
19/2/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Un excellent poème sur des vers harmonieux où s'entend le chagrin qu'aucune fête de la victoire ne saurait effacer.
Perdre un fils, un enfant, c'est une mutilation, une douleur qu'aucun parent ne devrait connaître.
La musique est triste mais a bercé mon coeur d'une poésie où les mots se disent d'une voix douce.

"Pour nous ton ciel, victoire, est noir de la défaite,
Puisque en perdant nos fils nous avons tout perdu."


Du "beau Miguel"

Cristale

   Myo   
19/2/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Il ne faut pas écrire des pages quand les mots choisis sont essentiels et portent, en un phrasé juste et simple, toute la force du propos.

Une poésie touchante

Merci du partage.

   sympa   
20/2/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour Miguel,

Au travers de cette courte poésie, le message est clair , inutile d'en rajouter.
Je ne citerai aucun vers, l'ensemble est beau, le chagrin et la souffrance contenus.
Rien à rajouter de plus, tout est dit dans ce très beau poème dont la forme classique est parfaite.


"La paix sera pour tous une éternelle fête,
Mais à nous le bonheur ne sera pas rendu.
Pour nous ton ciel, victoire, est noir de la défaite,
Puisque en perdant nos fils nous avons tout perdu".

Si, quand même, je cite le dernier quatrain, magnifique et fort de vérité.


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