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Poésie contemporaine
Miguel : Jusqu'à mon cercueil
 Publié le 11/08/16  -  17 commentaires  -  1905 caractères  -  218 lectures    Autres textes du même auteur

Élégie de style et d'esprit classiques ; alexandrins en rimes suivies.


Jusqu'à mon cercueil



La nuit de ma douleur ne connaît point d’aurore.
Les ans suivent les ans, et mon cœur saigne encore.
Le temps a beau couler, pour moi si lentement,
Rien ne peut adoucir mon terrible tourment.
On me disait jadis qu’un peu moins de tristesse
Viendrait me consoler des maux de la vieillesse,
Et que, si mon printemps avait été si froid,
L’automne tout au moins serait plus doux pour moi.
Hélas ! et j’ai blanchi dans la vaine espérance
De voir avec mes jours s’éloigner ma souffrance,
Mais je n’ai pu guérir du mal de mon amour,
Et je vous pleure encore ainsi qu’au premier jour ;
À l’heure où la jeunesse et la beauté fugaces
Déployaient sur mon front leur cortège de grâces,
J’étais trop abîmé dans ce profond chagrin
Pour me laisser ravir par l’éclat du matin ;
Et je n’ai point voulu que la vie et ses charmes
Tarissent un moment la source de mes larmes,
Et je n’ai point saisi les dons si précieux
Qu’étalaient sur mon front les largesses des cieux.
Je n’ai su que pleurer votre absence funeste,
Car ma peine est de vous le seul bien qui me reste,
Car vous m’avez donné comme un éclair d’amour,
Et moi je n’ai cessé de vous aimer un jour.
Mon cœur n’a pas senti la fuite des années ;
Vos grâces aujourd’hui peut-être sont fanées,
Mais dans mon souvenir, inaccessible au temps,
Vous n’avez point perdu l’éclat de vos vingt ans ;
Et, semblables à vous, ma trop puissante reine,
Mon mal est toujours vif, toujours jeune est ma peine.
Qu’on ne me vienne point parler de guérison,
Je ne saurais plus vivre ailleurs qu’en ma prison ;
Le bonheur n’est plus fait pour mon âme meurtrie :
Voit-on des papillons sur la rose flétrie ?
Ah ! je sais maintenant que jusqu’à mon cercueil,
Mon cœur devra porter le fardeau de son deuil.


 
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   Ioledane   
28/7/2016
 a aimé ce texte 
Bien ↓
Voilà un cri du coeur exprimé d'une traite en alexandrins solides et fluides.
Il est dommage que ce texte comporte beaucoup de clichés, des impressions de "déjà lu" ("mon coeur saigne encore", "ainsi qu'au premier jour", "la fuite des années", "l'éclat de vos vingt ans", etc.) qui, à mes yeux en tout cas, en atténuent la puissance poétique.
En revanche, j'aime beaucoup ces deux vers :
"Le bonheur n’est plus fait pour mon âme meurtrie :
Voit-on des papillons sur la rose flétrie ?"
Le ton lyrique est un parti pris qui convient sans doute bien au thème, je trouve juste une certaine surabondance de "point" au lieu de "pas" qui pour moi ne s'imposait pas.
Un beau travail d'ensemble tout de même, reste à travailler un peu plus l'originalité.

   Ramana   
3/8/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Je comprends à votre texte que votre personnage n'a pu faire le deuil de son aimée, bien que celle-ci ait pu vieillir en d'autres lieux ("Vos grâces aujourd'hui peut-être sont fanées"). Ce deuil impossible a obscurci toute sa vie, ne permettant pas à d'autres lumières de traverser sa peine. On est ici en plein romantisme noir. Pour moi, votre personnage s'attache à son image d'une compagne idéale qu'il cru trouver jadis ; mais le passé, qui ne bouge plus, est un refuge pour qui manifeste une propension à s’apitoyer en fait sur lui-même ! Peut-être bien que si l’idylle avait duré plus longtemps, elle serait maintenant oubliée (comme le dit la chanson, "Une fois que ta fugue t'aura passée, ta femme ne sera pas passagère").
Votre texte relève d'un art poétique consommé, même s'il ne surprend pas (le thème aussi est par trop classique), il est agréable à lire, il coule bien, il est parfaitement explicite.

   Hananke   
11/8/2016
 a aimé ce texte 
Passionnément
Bonjour

C'est un superbe poème bien dans la tradition
des plus grands classiques.

Même si le thème peut sembler quelque peu désuet, c'est avec
un réel bonheur que je lis ce genre de texte.

Du début à la fin : du splendide premier vers à ce :

"Voit-on des papillons sur la rose flétrie ?"

Bravo Miguel, c'est ce que l'on nomme un retour réussi.

   MissNeko   
11/8/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour

Quel beau poème pour commencer cette journée!
Certes le thème n est pas original, certes il y a des passages un peu "cliché", mais quelle fluidité et quelle justesse dans vos alexandrins.
Pour ma part, je perçois cette bien aimée non pas comme une femme mais comme la métaphore de la jeunesse perdue. Me trompé-je ?
Merci pour ce partage

   Anonyme   
11/8/2016
Bonjour Miguel

Quel beau poème! Peut-être allait-on trop certain de soi aux beaux jours ? Partager la vie ne semblait pas une obligation mais le temps attendait l’automne pour effeuiller des pages d’amour gâchées. La solitude est une compagne sans pitié.

Merci pour cette belle lecture

   Johannes   
11/8/2016
 a aimé ce texte 
Bien
Certes, il est beau que des poètes maîtrisent encore si bien l’alexandrin en notre début de siècle.
Ce qui m’embarrasse cependant ici, c’est le langage qui me semble résolument « inactuel ».
Dit-on encore « vous » aujourd’hui à l’être au l’on aime ?
D’une manière générale, il me semble que plus personne ne pense ni ne parle actuellement dans un style approchant celui de ce texte.
Si l’auteur a voulu écrire un pastiche de la poésie de l’ancien temps, jusque et y compris la période romantique, je dirais que le résultat est excellent.
Mais s’il s’agit d’exprimer la douleur d’un contemporain, j’ai du mal à y croire.
Bref, je reste perplexe. Mais je félicite l’auteur pour son aisance et la beauté de son style.

   papipoete   
11/8/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
bonjour Miguel,
On ne vous voit que rarement dans les colonnes oniriennes, et vous lisant, on comprend un peu pourquoi !
Ces vers si forts et délicats pour dire l'immensité de la peine du pauvre héros, dont la moitié n'est plus .
Il l'aime, la pleurera jusqu'à son dernier battement de coeur ( car ma peine est de vous le seul bien qui me reste )
Elle est là dans chaque seconde de sa survie, et l'éclat de ses vingt ans est toujours intact !
Jusqu'à son cercueil, il l'emportera blottie au creux de lui .
NB j'aime particulièrement cette écriture surannée qui convient si bien pour évoquer l'amour ...

   Anonyme   
11/8/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Salut Miguel ! Première interrogation, pourquoi Contemporain et non point Classique ? Hormis la rime froid/moi, je ne vois pas d'autres raisons. Mais qu'importe et qu'importe aussi si la plume est trempée dans un encrier du XIX ème... siècle il va sans dire !
En lisant ce superbe poème j'ai pensé à Marceline Desbordes-Valmore et ses élégies. Je ne me lasserai jamais de cette écriture certes un peu surannée, il faut bien l'admettre, mais tellement plus poétique que les productions actuelles qui me sont si souvent indigestes.
Bref, tu n'as rien perdu de ton talent et chacune de tes visites apporte un plaisir de lecture.
Un léger bémol si je puis me permettre... A l'antépénultième vers j'aurais mis : Voit-on le papillon...
Je ne ferai pas ressortir un vers plus qu'un autre car tout est si bien pesé, construit que le déclamer à voix haute est un véritable bonheur. Je vais arrêter là ce commentaire avant que l'on m'accuse de trop en faire !
Bravo et merci Miguel...

   Cristale   
11/8/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour Miguel,

"La plaintive élégie en longs habits de deuil Sait les cheveux épars gémir sur un cercueil ; Elle plaint des amants la joie et la tristesse, Flatte, menace, irrite, apaise une maîtresse ; Mais, pour bien expliquer ses caprices heureux, C'est peu d'être poète, il faut être amoureux". Boileau, L'art poétique.

Autrefois en pentasyllabes ou hexasyllabes l'élégie prend ici ses aises et délivre la triste tendresse de sa plume nostalgique dans les bras de l'alexandrin que nous tend le poète amoureux.

Bien évidemment, c'est la poésie que j'aime, celle où le parler fait montre d'élégance, où l'émotion rehausse le phrasé.
Je trouve ici tout le plaisir du langage soutenu.
Techniquement, j'ai remarqué la rareté de ce fameux "e" muet obligeant l'élision à l'hémistiche et pour cela, entre autres, je vous félicite.
Puis-je ronchonner à mon tour sans vous offenser ? Je pense que le mot "point" est un peu redondant : 5 fois dans le poème, c'est beaucoup à mon humble avis.
Mais la qualité de votre écriture est telle que des petites imperfections la rendent plus attachante encore. Ce poème me fait penser à R.F. Sally Prudhomme "La vieillesse", à V.Hugo également "Où est donc le bonheur ?", si vous me permettez de telles comparaisons.

Quel plaisir de lire et relire ce poème !
Merci à vous Miguel.
Cristale

   Sodome   
11/8/2016
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Alors, je ne sais pas si c'est voulu, mais les rimes sont d'une banalité terrible. Tristesse, vieillesse... espérance, souffrance... amour, jour (deux fois)... année, fanées... temps, ans (...)... meurtrie, flétrie... cercueil, deuil...
Bon, il n'y a qu'elles qui me posent problème.
Mais je trouve qu'à faire des rimes, autant qu'elles donnent du sens, profondément, pleinement.

Le thème est vieux. Faut-il faire dans le vieux, dans le poli, l'usé, dans les thèmes saturés pour plaire ?

D'accord, d'accord, c'est des choses joliment dites. "J'aime ce texte bien" parce que c'est bien écrit.
Mais le reste, le thème... non.

   troupi   
11/8/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonsoir Miguel.

Je me hasarde trop peu souvent à commenter des alexandrins surtout de cette qualité, étant moi-même incapable d'en composer d'aussi prenants, je dirais même poignants.
"Voit-on des papillons sur la rose flétrie ?" étonnant mais magnifique !
C'est une véritable tragédie, et si longue, que vous nous contez là et on se prend à espérer qu'il s'agisse d'un texte de composition et non pas d'un vécu.
Bonne soirée.

   JulieM   
13/8/2016
 a aimé ce texte 
Passionnément
Très beau poème dont le classicisme convient parfaitement au thème du deuil, de cette âme perdue et inconsolable. Vos mots subliment la tristesse, et leur beauté tragique me submerge.

Digne des grands poètes classiques, mon vocabulaire limité a bien des difficultés à exprimer ce que j'éprouve.

Merci beaucoup

   Vincente   
13/8/2016
 a aimé ce texte 
Passionnément ↓
Bonjour Miguel,

J'ai beaucoup apprécié cette élégante plainte. Autour du très bel "Je n'ai su que pleurer votre absence funeste / Car ma peine est de vous le seul bien qui me reste", se déroule lancinant ce cris du cœur tellement bien écrit.
Votre poème est paradoxalement réjouissant : de la mélancolie débordante de tendresse qui engendre un plaisir de lecture sans retenue et une facture classique qui apporte une saveur délicatement surannée à votre douleur.

Au plaisir de vous lire.

   luciole   
14/8/2016
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour,

Des vers d'une grande élégance. Vous avez manifestement suivi le conseil de Boileau : " ce qui se conçoit bien..."
J'aime ce classicisme mais je ne peux pas m'empêcher de penser que ce poème manque un peu d'images fortes.

   GilbertGossyen   
20/8/2016
 a aimé ce texte 
Passionnément ↑
J'ai peu de choses à dire sur ce poème. Juste qu'il m'a profondément touché.

   Rain   
1/9/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Splendide ! Vraiment un cri d'amour mêlé de chagrins. Exceptionnel !

   jfmoods   
24/12/2017
I) Un homme amoureux

1) Un point d'attraction fuyant

Une métaphore matérialisant le coup de foudre ("un éclair d’amour") signale la cristallisation du sentiment. La femme devient l'élue, la maîtresse indétrônable d'un coeur (figure élective : "ma trop puissante reine"). Cependant, elle ne répond pas à cette inclination (marqueur d'intensité : "mon printemps avait été si froid").

2) L'argumentaire des proches

L'entourage du locuteur tente de lui redonner de l'espoir, misant sur les vertus curatives du temps, sur le travail de l'oubli pour dépasser cette douloureuse expérience (discours narrativisé : "On me disait jadis qu’un peu moins de tristesse / Viendrait me consoler des maux... / Et que... / L’automne tout au moins serait plus doux pour moi").

II) La tonalité élégiaque du poème

1) Un coeur inconsolable

Incapable de tourner la page de cet épisode douloureux de sa vie (chiasme : "Mon mal est toujours vif, toujours jeune est ma peine", adjectifs qualificatifs : "mon terrible tourment", "ce profond chagrin", "votre absence funeste", marqueur d'intensité : "J'étais trop abîmé", métonymie : "mon âme meurtrie"), l'amoureux s'y accroche sans espoir de comblement.

2) Le renoncement définitif au monde

Fidèle au souvenir d'un éblouissement indicible (litote : "Vous n’avez point perdu l’éclat de vos vingt ans"), il n'envisage pas de nouvelle opportunité de bonheur (formes négatives : "je n’ai point voulu", "je n’ai point saisi", "ne saurais plus vivre ailleurs qu’en ma prison", métonymie : "Mon cœur devra porter le fardeau de son deuil").

Merci pour ce partage !


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