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Poésie classique
Miguel : L'antique nef
 Publié le 15/12/13  -  14 commentaires  -  876 caractères  -  317 lectures    Autres textes du même auteur

Un regard affectif sur la fin d'une époque.


L'antique nef



Jadis l'antique nef, superbe et saint ouvrage,
Voyait les villageois chaque jour à genoux ;
La Parole de paix leur disait : "Aimez-vous",
Et tous gagnaient leurs champs nourris de ce message.

Parmi les ostensoirs et les chasubles d'or,
Sous l'enchevêtrement de ses voûtes gothiques,
Montaient dans la ferveur les hymnes, les cantiques,
Le "Salve Regina", le "Veni Creator".

Les cœurs étaient alors forts d'une foi profonde ;
Ceux qu'on avait portés sur les fonts baptismaux
Consacraient leurs amours dans l'éclat des vitraux,
Puis le glas gémissait pour leurs adieux au monde.

Aujourd'hui, la poussière a posé son linceul
Sur l'autel sans prière où ne luit nulle flamme.
L'homme sert d'autres dieux que l'auteur de son âme ;
Plus de chants ; plus d'encens ; l'ombre ; Jésus est seul.


 
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   Anonyme   
3/12/2013
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour. Aussi bizarre que cela puisse paraitre votre poème m'a tout de suite conduit à L'Angélus de Millet, peut-être suite au vers 4 qui parle de champs. C'est un regard lucide et désabusé sur ce qu'est devenu cette foi chrétienne qui a régné sur nos campagnes en particulier. De confession catholique, je l'ai moi-même perdue depuis longtemps mais il m'arrive encore d'entrer dans une église pour y chercher la paix de l'âme. Si ce poème est retenu par le CE, ce que j'espère, je pense qu'il y aura débat mais je ne vois pas ici de prosélytisme, simplement le constat d'un croyant.
Honnêtement, je trouve ce poème magnifique avec une préférence pour le quatrain de chute en espérant que les rimes flamme et âme soient compatibles, ce que je crois selon le Larousse des rimes.

   Ioledane   
6/12/2013
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
Bien que je sois peu sensible au thème évoqué (mais sans a priori), et que son descriptif me paraisse caricatural (l’âge d’or idyllique versus la déchéance absolue), je trouve ce poème très bien réalisé.

Je note de belles formules comme « Sous l’enchevêtrement de ses voûtes gothiques », « Consacraient leurs amours dans l’éclat des vitraux », « Puis le glas gémissait pour leurs adieux au monde ». Le dernier quatrain me semble particulièrement réussi, et le dernier vers, saisissant !

Sur le plan formel, je note néanmoins quelques faiblesses de rimes, qui me semblent un peu limite pour la prosodie classique (notamment flamme / âme).

   PIZZICATO   
15/12/2013
En lisant ce poème j'ai l'impression d'assister à un prêche, plus qu'à l'analyse de la fin d'une époque; plutôt de certains rites religieux.
" saint ouvrage,"Aimez-vous",
" ostensoirs et les chasubles d'or "
"les cantiques,
Le "Salve Regina", le "Veni Creator"
" fonts baptismaux
l'éclat des vitraux, ".

Bien sûr la forme est excellente, mais l'ensemble ne m'apporte rien que je ne sache déjà...

   leni   
15/12/2013
Bonjour Miguel
Votre poème est d'excellente facture L'écriture est remarquable

La Parole de paix leur disait : "Aimez-vous",
Et tous gagnaient leurs champs nourris de ce message.


Aujourd'hui, la poussière a posé son linceul
Sur l'autel sans prière où ne luit nulle flamme.

C'est un constat un bilan de "la pratique" que reste-t-il dans le
coeur de l'homme d'un message exemplaire celui de Jésus
J'ai perdu la foi peu importe mais je continue à croire à certains hommes certains jours
Salut cordial à vous Leni

   Robot   
15/12/2013
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Ce poème est d'une qualité classique indéniable. Au niveau de la sonorité, flamme - âme ont la même résonnance et me paraisse compatible. Ce texte s'arrête au constat, j'attends un prochain de même qualité qui s'intéressera cette fois-ci aux raisons de cette désertification des antiques nefs. Car en l'état il ne s'agit que du regret d'un passé révolu sur lequel il faudrait faire une croix. Cette désaffection se réduit-elle seulement au service d'autres dieux... et quels sont-ils... meilleurs... moins bons...

   Beaufond   
15/12/2013
Bonjour Miguel,

Je ne sais pas dans quelle mesure mon commentaire pourrait vous servir, mais s'il vous sert, alors le temps que j'y consacre n'aura pas été perdu.

Votre poème se formule en deux temps particulièrement distincts : les trois premiers quatrains, puis la dernière strophe. Discuter cet équilibre ne paraît pas franchement intelligent : je m'intéresserai donc aux modalités d'existence de ces strophes en considérant une répartition immuable des forces de ce poème.

Les trois premiers quatrains sont heureusement engagés dans une vision du beau, mais ne la rendent, à mon goût, que trop peu.
Ce poème s'ouvre un peu vite : "l'antique nef" est décrite comme un "superbe et saint ouvrage" avant même que je ne la voie.
Je ne fais pas de la représentation abstraite un problème général dans la poésie, mais cette première strophe donne peu à voir par rapport à la soif qu'elle suscite.
La seconde strophe continue à évoquer sans entrer dans la description : "les ostensoirs et les chasubles d'or" laissent planer une mystérieuse beauté mais ne s'en saisissent pas. "Sous l'enchevêtrement de ses voûtes gothiques" est le vers le plus descriptif, bien que vague, et celui qui m'a le plus plu dans ce quatrain. Les "hymnes, les cantiques, / Le "Salve Regina", le "Veni Creator" : une énumération qui ne se laisse pas franchement pénétrer par ma lecture.
La troisième strophe s'ouvre par "Les cœurs étaient alors forts d'une foi profonde" et pourrait annoncer une description plus lente, ce n'est pas tout à fait le cas. Il y a cet "éclat des vitraux" qui resplendit légèrement au regard, mais l'ensemble paraît caressé en surface.
Ces trois quatrains baignent dans une idée semblable qui ne se renforce, de mon avis, pas assez ; il y a comme une lenteur peu justifiée au vu de la légèreté de la description.
Aussi, ces trois strophes manquent, je trouve, parfois de force à la rime, de par la rime elle-même, ou de par les échos internes ("alors forts" après la rime en "or").

Le dernier quatrain en vient à aujourd'hui et pose une morale autour de ce poème. Il s'ouvre agréablement mais se compose d'un deuxième vers qui me semble perfectible (la rime interne à la césure prend une place grande). Son troisième vers est splendide, la raison d'être de ce poème, et qui pourrait, hélas ! trop facilement résumer le tout. Le dernier vers est d'une délicatesse particulière et formule élégamment le propos : il convient de le considérer au sein de l'essence poétique de cet écrit.

Sous un regard sérieux, ce poème n'est pas long. Et un poème court qui propose autant de splendeur qu'en ces deux derniers vers ne peut que générer une lecture enchantée.

Merci de ce partage.

   hanternoz   
15/12/2013
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Sur la forme, c'est très bien écrit !

Sur le fond, il y aurait de quoi ouvrir un large débat qui hélas me verrait sans doute parmi vos détracteurs :-)).

Mais toute spiritualité est respectable, et peut très bien être servie par la poésie et ce poème est bien construit.

Cordialement,
Hz

   pieralun   
15/12/2013
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Il y a un parti pris de l'auteur........et alors!
L'homme sert d'autres dieux que l'auteur de son âme: je n'y crois pas non plus....et alors?
Cela peut-il, doit-il m'empêcher de commenter, d'aimer un grand poème?
C'est une belle poésie que vous avez devant les yeux, ce n'est pas si souvent! Oniriens réveillez-vous! Il ne s'agit pas de faire une politique de croyants ou non croyants.
Il s'agit de juger un poème ! Une très belle poésie aux sonorités, aux rythmes parfaits.
Les vers sont profonds de signification, éclatent à la diction, le fond ( dans le sens de l'auteur est parfaitement exprimé)
La 4 eme strophe est éminemment poétique, cette poignante poésie de l'abandon sous la poussière:
Peu importe qu'on soit d'accord on non avec la poussière, alors commentons et apprécions, " le reste est littérature" aurait dit Verlaine.
Vous viendrez-t-il de critiquer 30 années de labeur de Monet, parce que vous n'aimez pas les nymphéas?
Allons tous! Saluons ce très beau texte, qu'elles que soient nos convictions.
Merci Miguel, merci Alex.

   Damy   
15/12/2013
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Merci, Miguel, pour la beauté de ce poème qui me va droit à l'âme (et je l'ai musicale).
Nostalgie d'un passé quasi révolu, celui du temps de Millet comme dit Alexandre. Quasi révolu ici mais pas partout et, ici, pas forcément définitivement mort donc ne célébrons pas l'extrême-onction trop tôt, à fortiori les obsèques.

   Hananke   
15/12/2013
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour Miguel

Oublions le message pour saluer le poème car si l'Eglise est
aujourd'hui désertée, elle l'a bien cherché en refusant d'évoluer
et surtout prenant le contre-pied de la société : pilule, avortement
et affaires de pédophilie.
Je vous laisse la paternité du vers :
L'homme sert d'autres dieux que l'auteur de son âme.

Chaque religion ayant son Dieu ...

Le passéisme du poème est bien rendu et les images
de référence sont belles.

Il n'est que le "alors forts" qui me gène à la lecture, je pense
que cette répétition phonique eût pu être évitée.
Oublions également la rime linceul/seul.

Bien à vous.

Hananké

   wancyrs   
15/12/2013
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Salut Miguel,

Tes deux derniers vers me parlent plus que le reste du texte, je ne suis hélas pas catholique, et depuis que j'ai eu conscience de l'enseignement du Christ, je ne me suis plus agenouillé que dans le secret de ma chambre.

Oui, Jésus est seul, ou bien il le semble... comme d'ailleurs au Golgotha. Mais tout ce qui arrive il l'avait prédit ; ce n'est donc que normal cette diaspora de la foi chrétienne.

Sur un plan technique, les images sont bien amenées et coulent comme une source d'eau vive. C'est un petit voyage visuel bien rendu.

Bonne continuation

Wan

   HELLIAN   
16/12/2013
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Longtemps la poésie s'est réclamée de la foi puisant ses sujets et ses thèmes dans la mythologie chrétienne. Rien de choquant à ce qu’un poème d'aujourd'hui s'inscrive dans ce registre. Il y a actuellement une sorte de propos laïcisant de rigueur qui consiste à se défendre de toute connotation religieuse et qui voudrait s’affranchir de deux mille ans de culture sacrée . Personnellement non croyant, je demeure néanmoins très attaché aux images rituelles et à leur symbolisme. Aussi, c’est ce qui me retient tout particulièrement dans ce poème, cette nostalgique évocation de temps apparemment révolus où les rites valaient structures. De ce point de vue, il y a là des couleurs et des sonorités parfaitement à l'aune ce cette saveur ancienne qui résonnait de salve regina et sentait bon l'encens. Votre poème, paradoxalement n'est pas dénué d'une certaine sensualité. Il parle à la mémoire et fredonne au coin de l'âme.

   troupi   
16/12/2013
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Miguel.
Une belle poésie classique comme j'aime en lire ici. Un sujet parfois polémique mais pourquoi n'aurait-il pas droit de cité sur Oniris ?
Ne serait-ce que pour le réconfort que la religion a pu apporter aux peuples dans des périodes tourmentées de leur histoire.
la troisième strophe est ma préférée mais la dernière témoigne d'une réalité révélatrice d'un monde en complète mutation.
Merci pour cette intéressante lecture.

   Arielle   
16/12/2013
J'ai parcouru l'antique nef en m'accompagnant de ce "Veni Creator"
http://www.youtube.com/watch?v=yY-_DKaViPU en sourdine.
Le pas majestueux de l'alexandrin se mariant à l'éclat des ostensoirs et à l'or des chasubles, je reconnais que ça vous a une classe dont je garde encore la nostalgie ... Je ne m'attarderai pas à évoquer les flammes des bûchers et les peuples soumis, privés de leurs cultures.
Je me contenterai de penser que si Jésus grelotte un peu dans son périzonium ces temps-ci ce n'est qu'un juste retour des choses : il en est des religions comme des civilisations et comme toutes choses en ce monde : elles naissent, s'épanouissent et meurent et nos regrets n'y changeront rien.


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