Page d'accueil   Lire les nouvelles   Lire les poésies   Lire les romans   La charte   Centre d'Aide   Liens Web 
  Inscription
     Connexion  
Connexion
Pseudo : 

Mot de passe : 

Conserver la connexion

Menu principal
Les Nouvelles
Les Poésies
Les Listes
Recherche


Poésie classique
Miguel : L'enfant qu'on m'a volé
 Publié le 20/09/20  -  21 commentaires  -  1077 caractères  -  420 lectures    Autres textes du même auteur

Un autre regard sur un point considéré comme consensuel.


L'enfant qu'on m'a volé



« Les tests sont positifs », me dit-elle un beau jour.
Un enfant ! Mon bonheur confinait au délire.
« Ah, comme il sera beau, tendre fruit de l’amour,
De voir tes premiers pas et de t’apprendre à lire !
Et puis tu grandiras, et puis nous vieillirons,
Et quand le temps qui passe aura blanchi nos fronts …
– Tout doux, trancha soudain ma belle au froid sourire :
Sacrifier aux soins de la maternité
Les jours de ma jeunesse avec ma liberté,
Ce n’est pas, à cette heure, après quoi je soupire. »
Et, sourde à ma prière, en proie au noir dessein
De jeter au néant ce trésor de son sein,
Sans un regard pour moi, sa deuxième victime,
Elle claqua la porte et courut à son crime.
Elle avait fait son choix ; qu’avais-je à dire ? Rien.
Or c’était mon enfant tout autant que le sien.

Trente ans se sont passés. Il serait ma lumière.
Je dirais : « C’est mon fils ! » d’une voix pleine et fière.
Et, dans ma solitude, amer et désolé,
Je pleure sans repos l’enfant qu’on m’a volé.


 
Inscrivez-vous pour commenter cette poésie sur Oniris !
Toute copie de ce texte est strictement interdite sans autorisation de l'auteur.
   Gabrielle   
14/9/2020
 a aimé ce texte 
Bien
Un sujet délicat...

L'auteur(e) renvoie sur un crime dont la gravité est perçue avec la lumière du discours poétique.

La poésie renvoie sur une certaine forme de légèreté qui se fait alliée du crime et ainsi de la tragédie qui se joue (première strophe).

Le texte est divisé en deux partie : l'une, longue (16 vers) renvoie sur les événements passés et l'autre, plus courte (4 vers), aborde le présent et le chagrin qui ne veut s'en aller (chute).

Un thème qui interroge sur les limites des libertés individuelles et collectives.

   dream   
14/9/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Un ombre plane sur cette poésie aux accents tragiques. Mais quelle ombre ? Celle d’un enfant qui n’a pas de nom puisqu’il n’existe pas.
Avec un saut de trente années dans le temps dans le dernier quatrain, l’on retrouve, dans un vague à l’âme permanent, un homme désespérément seul, qui souffre dans son cœur et dans ses tripes :

"Et dans ma solitude, amer et désolé,
Je pleure sans repos l'enfant qu'on m'a volé".

Dans ‘l’enfant qu’on m’a volé », la jeune femme campe un personnage qui semble très sec car décidé à rester libre. La naissance d’un enfant serait, pour elle, vécue comme une entrave à sa jeunesse, un enchaînement à vie plutôt. Mais « la femme d’aujourd’hui », être à part entière, n’est-elle pas libre de faire ce qu’elle veut de son ventre ? Il semblerait que Mme Veil ne soit pas encore passée par là…

Mais au-delà de ces considérations, je trouve que ce poème est superbe ! BRAVO !

dream en EL

   Corto   
20/9/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup
La vérité, la décision de l'une envoie l'autre vers la solitude et la souffrance. C'est en quelque sorte un remake de la rupture amoureuse puisque sous-jacente est l'idée que pour cette femme il n'est pas temps de vivre une grossesse ni une vie de mère. C'est son choix et il n'est pas partagé: drame comme dans une séparation qui fait souffrir davantage l'un que l'autre.
Faut-il ainsi attendre trente ans pour trouver un autre chemin à sa vie ?

Le débat sur le fond ne peut guère aller plus loin et il est plus sage d'en rester à la forme. Ce poème me parait bien construit, d'une lecture simple et fort élégante.
La partie consacrée au passé qui est l'essentiel est bien exprimée, avec le temps d'en exposer chaque élément.
Le final en forme de lamentation sans fin se suffit en quatre vers.

Bravo à l'auteur.

   Annick   
20/9/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Le ton fait penser à une tragédie classique, l'écriture presque exaltée semble nous plonger dans un passé littéraire révolu.
Et pourtant, l'action est bien contemporaine puisqu'on y parle "de test positif".
D'ailleurs, dans ce cas précis, c'est la femme qui domine, maîtresse de son avenir, de son corps, libre, indépendante.
Elle exerce son pouvoir sur l'homme et met à mort le père qu'il voulait devenir.
La violence de la femme est inouïe. Sa décision tombe comme un couperet. L'auteur montre à quel point cette envie de paternité est forte en l'anéantissant.

Si l'écriture est classique, l'époque est bien moderne.
Un drôle de mélange que j'ai pourtant aimé.

Une magnifique écriture, un souffle lyrique qui m'a emportée.

   Donaldo75   
20/9/2020
 a aimé ce texte 
Pas
Encore un texte sur lesquels les avis sont positifs et qui pourtant ne m’a pas fait la même impression ; décidément c’est la journée. Je commente quand même. Au-delà du sujet qui n’a pas brisé la mer gelée en moi, je trouve la forme trop racontée ; ce n’est pas vraiment ce que j’attends de la poésie même en forme classique. J’attends plus d’évocations, d’images, de quoi donner au lecteur de la matière à interpréter plutôt qu’à suivre passivement un déroulé mis en forme dans une versification certes propre mais qui ne constitue pas une fin en soi. Je comprends que ce poème est personnel et l’exergue tend à confirmer ce fait. Est-ce suffisant pour emporter mes suffrages, l’ajouter aux avis positifs déjà livrés ? Je ne crois pas.

   Gemini   
20/9/2020
 a aimé ce texte 
Bien
J'ai pensé aux "Passantes" dans le final : solitude, pleur... Seuls diffèrent le sujet : enfant / passantes, et la cause : qu'on m'a volé / qu'on n'a pas su retenir. Mais tout ça est bien proche dans le regret.

J'ai trouvé bien écrit, avec un rythme maîtrisé grâce au type des rimes et à la discussion, prenante.

Je dois pourtant dire que j'ai buté sur la construction (vers10) de
"Ce n'est pas.. après quoi je soupire". Il me semble qu'il aurait fallu dire "ce à quoi je soupire" (faux par hiatus) avec "ce à quoi" pour sujet, alors que "après quoi" ne fait pas sujet.
Dans la même phrase "à cette heure", fait cheville sensible.

Au quatrain final j’aurais préféré aussi, sans vouloir faire injure à nos âges, "Quarante ans ont passé" plutôt que ces "Trente ans" qui excusent moins, à mon sens, le choix de cette belle qui évoque les "jours de sa jeunesse".
Et puis, j’avoue que "Trente ans se sont passés" sonnent mal à mon oreille. Mais c’est sans doute le hiatus "passé /il" qui a valu ces dix ans d’écart.

La rime "crime / victime" est toujours évidente. Sitôt lu l’une, on attend la seconde.

Autrement, il semble que cette belle avait un caractère bien trempé, ou la maturité pas atteinte. Au choix.

Un choix comme l’avortement, présenté ici sous un angle différent.

   pieralun   
20/9/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Quel poème particulier !!

Pardon Miguel, mais les 2 premiers vers ont failli me faire fuir.

Heureusement je suis resté, et là 4 très beaux vers qui font un peu penser à « elle avait pris ce pli dans son âge enfantin » de VH

Puis 4 vers qui pourraient être extraits d’un fable de Lafontaine...

Enfin, à partir de « sourde à ma prière » j’ai trouvé un sublime mélange de vers oscillant entre Vigny et Hugo.
Je ne sais trop que dire...

   papipoete   
20/9/2020
 a aimé ce texte 
Bien
bonjour Miguel
Attention, ça pique ! sujet oh combien épineux !
Un enfant ! Un petit de nous-deux, quelle bonne nouvelle...pour le futur père ! Moins bonne pour Madame qui n'attendait vraiment pas ça ; pas question de sacrifier sa liberté, pour une maternité non désirée ! Et le fruit de ces entrailles pas prêtes à enfanter, ne poussera pas en ce ventre...
NB ouh làlà, des vers à faire bien des remous, sur ce futur enfant à peine embryonné ! Nous sommes bien aujourd'hui, puisque " tests positifs " !
L'on connut les " faiseuses d'ange " avec leur aiguille à tricoter ( pour les pauvres ) et plus de douceur pour ces Dames qui avaient le sou...
Gisèle Halimi et Simone Weil passèrent par là pour ce que nous savons...et ne pas vouloir mener une grossesse à son terme, est aujourd'hui tout-à-fait légitime.
Le discours du poème est complexe, car futurs père et mère ne se sont pas mis d'accord d'où désespoir d'un côté et liberté de l'autre...
La scène semble se passer " avant " et " maintenant " ; l'on comprend les sentiments de l'un et de l'autre...
Le récit est on ne peut plus cruel, fort bien écrit et l'on a du mal à trancher !
je dirais peut-être simplement qu'en 2020, on décide à deux de concevoir un enfant.
Je noterai sur le " classique " sans faute et le sujet si âpre...

   Gouelan   
23/9/2020
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour,
"L'enfant qu'on m'a volé"
Je dirais l'enfant qu'on a volé, volé de sa vie.
Avorter pour des raisons de confort, alors que le papa est heureux de l'événement, qu'il pourrait épauler la maman, à notre époque, c'est...

Ce poème fait de la peine. Cette petite lumière aurait grandi, la maman je ne sais pas. Avec un papa heureux, la vie aurait donné des ailes à l'enfant.

Sujet délicat. Tout dépend des circonstances.
Ne volez pas la vie si vous pouvez lui donner des ailes.

   Lebarde   
20/9/2020
 a aimé ce texte 
Bien ↓
Bonjour Miguel

Un point considéré comme consensuel, dites vous, mais qui donne lieu à controverses; ce qui était prévisible.

Le sujet est délicat et je n'entrerai pas dans les débats tant il est lié à la sensibilité et la culture de chacun mais surtout aux situations et aux contextes du moment qui peuvent faire évoluer les réflexions et changer d'avis.
Vaste sujet "sociétalo-philosophique" qui pourrait remplir facilement plusieurs copies de dissertation.

Je ne ferai qu'une remarque: Un enfant se fait à deux et les "sciences et techniques" actuelles permettent dans la plupart des cas d'éviter les "accidents" et de gérer presque sereinement les imprévus . Mais, Mais, Mais pas nécessairement les problèmes relationnels du coeur et de l'âme... et je m'arrête ... la poésie n'est pas un traité de philo.

Je ne jugerai donc que la forme, et bien que d'un classicisme sans faille, ce poème ne m'enthousiasme que moyennement du fait de son écriture narrative, trop directive qui gomme une grande part de la poésie.
J'apprécie ici une jolie prose avec ses dialogues et son discours à sens unique mais je cherche en vain le ton et le lyrisme que mérite la poésie classique qui m'émeut.
Je regrette.

Lebarde

   Anje   
20/9/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Un poème lourd, par sa forme massive, son sujet difficile. Dès le titre, accusateur, l'ambiance est posée. Le narrateur s'estime lésé et porte longtemps son amertume. Aujourd'hui, elle déborde, il dit sa rancoeur. Mais c'est l'histoire d'un couple réellement. Un couple qui devrait partager la responsabilité du manque de dialogue. Un couple qui devrait assumer la responsabilité de ne pas avoir établi les règles préalables. Résultat, il souffre de ce qu'il qualifie de vol, elle (ce que le narrateur ignore) d'avoir claqué la porte à un amour incompris.
Elle avait fait son choix, j'avais le mien... il n'était pas le notre et nous l'avions tu. Voilà le questionnement que me suggère ces vers croisés, embrassés et suivis. Ils racontent plus qu'ils n'imagent mais ils produisent une musique tel ce "claqua la porte et courut à son crime" très sec.

Et si ç'avait été une fille ?...

   Bellini   
20/9/2020
Déjà, on est sûr que la fille s’appelait pas Christine Boutin.
Le sujet de l’avortement n’étant plus vraiment un sujet sociétal qui me passionne dans la France de 2020, je préfère aborder ce poème sous l’angle plus personnel d’un locuteur désespéré qui témoigne de sa rancœur, sentiment qui est le concentré d’une profonde amertume, de ressentiment, de haine, lié au souvenir d’une injustice ou d’une désillusion (définition du CNRTL). C’est dingue comme il existe souvent en français un mot juste pour exprimer une idée complexe.

Je n’ai rien à dire sur cette rancœur comme je n’ai rien à dire sur le père prêt à tuer l’assassin de sa petite fille, bien qu’il soit contre la peine de mort. Le sentiment de justice universelle est souvent mis à mal par la secousse infligée à nos raisons de vivre.

Je souscris donc au récit de la première strophe, et je respecte même le mot « crime » si c’est l’avis du locuteur. Par contre, on retrouve dans la seconde strophe toute l’emphase des sentiments dont on croit souvent utile d’alimenter la poésie classique. Comment après trente ans un homme peut-il pleurer SANS REPOS un fils qu’il n’a même jamais eu ? Qu’il redevienne amer lors d’une discussion entre amis, OK pourquoi pas, mais faut quand même pas pousser, quoi. Les mots ont une importance, sinon on y croit plus, l’empathie fait pschitt, et l’écriture finit par alimenter un lyrisme douteux.

Je qualifierais le style de « rustique » : simple, sans apprêt, brut.
- Sa seconde victime serait plus juste que sa deuxième victime, qui laisse supposer avec certitude qu’elle en fera d’autres après.
- Après avoir VÉRIFIÉ, je n’ai pas trouvé de confirmation grammaticale à l’expression : Trente ans se sont passés. On dit soit Trente ans ont passé, s’il s’agit d’une action, soit Trente ans sont passés, s’il s’agit d’un fait accompli, ce qui est le cas ici. Mais pas Trente ans SE sont passés. J’accepte volontiers d’apprendre que votre expression serait correcte.
J’insiste sur ce point car nous sommes en poésie classique, et que cette erreur disqualifierait le vers en question.

J’ai décidé de ne plus afficher de notes inférieures à Bien.
Bellini

   hersen   
20/9/2020
 a aimé ce texte 
Vraiment pas
Je suis effondrée de lire encore aujourd'hui ce genre de propos.
Il y a un machisme violent dans ce texte, car il y a en opposition une femme qui ne voudrait pas de cet enfant pour, bien évidemment, des raisons "futiles", et un père qui aurait bien voulu avoir ce "fils", car naturellement, comme par hasard, c'est un fils, comme bâton de vieillesse.
Je suis tout simplement à trente mille lieues de cette raison de faire un enfant. Non : de demander à une femme un enfant dont elle ne veut pas.
Je n'ai eu aucun plaisir à lire ce texte.

   sympa   
20/9/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonsoir Miguel,

Le sujet évoqué est délicat et difficile.
L'auteur n'est peut-être pas le narrateur et j'ai lu ce texte avec l'idée que l'auteur se met dans la peau d'un homme brisé par cette non paternité pourtant désirée.
Dans le cas contraire, je n'e ne me permettrai pas de juger ces propos.


Aucune notation, donc, pour le fond.
Quand à la forme, l'ensemble est bien écrit, la déception, la tristesse et l'amertume sont ici bien exprimés.

   Hananke   
21/9/2020
 a aimé ce texte 
Passionnément ↑
Bonjour

Au-delà du thème de ce texte qui fait, quoiqu'on en dise, encore
débat aujourd'hui, malgré le temps qui passe, ce poème est écrit
magnifiquement.
Car l'avortement fait encore débat malgré sa loi de régularisation
qui date de plus de 40 ans.

Tout est dit en peu de vers, l'avis de l'un comme de l'autre.

Que dire de plus : cet écrit est tout sauf passéiste.

   Cristale   
21/9/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Madame n'a pas pris la pilule, Monsieur n'a pas mis son préservatif, et voilà un cas de divorce avant même d'avoir entamé la vie à deux. Et ça ne sera pas à trois non plus. Déjà on se dispute à cause d'un enfant ! enfin de celui qui n'a pas eu la malchance de voir la vie.

En même temps, le futur-ex-père a échappé aux bruyants réveils nocturnes, aux dents qui poussent à grands cris, aux visites interminables dans les salles des urgences pour les bobos des chutes de vélo et autres coins de table en mouvement, et que dire des crises de l'ado boutonneux à la voix en pleine mutation qui râle "je sais c'que fait" "j'ai pas faim :" parce qu'il a pillé le frigo toute la nuit "j'veux ma liberté" ou pire "t'es p'têt même pas mon père" et vous claque la porte au nez pour dormir toute la journée bercé par les mega-décibels de baffles excités sur une musique dont on ne sait même pas de quelle planète elle provient.
Je passe les autres détails de la joie de la paternité mais je voulais juste offrir un soupir de soulagement à cet homme pétri de remords et de regrets et lui dire qu'il l'a échappé belle.
J'aurais fait ce que j'ai pu...

Sinon, j'ai aimé l'écriture mouvante et bien imagée, un récit comme du vécu bien que je ne le pense pas, l'auteur stipulant "un autre regard". C'est vrai, l'ombre du grand Hugo plane sur cette plume.
Chacun a le droit de dire les choses comme il les ressent et je ne porte aucun jugement sur cette histoire.
Seule compte la qualité de l'écriture et celle-ci est un bon cru.

Merci Miguel.
Cristale

   Lariviere   
21/9/2020
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
Bonjour,

Même si je reconnais le travail de l'auteur et une écriture qui tient plus que la route, je n'ai pas été conquis par ce poème.

Le fond méritait peut être mieux pour être "attractif" que ce déroulé de poésie classique certes bien mené mais plutôt terne, sans grand effet singulier sur la réalisation.

Je dois avouer aussi que je n'aime pas du tout l'axe de traitement, qui me montre un narrateur de mauvaise foi au mieux, assez manichéen, ou très réac, au pire. (quid de la perception envisagée de madame, elle qui devra "porter" le vrai poids de cette grossesse ?... c'est un peu nié dans ce texte)

Ca se lit bien, c'est fluide, ca présente bien le thème, mais il manque ce petit quelque chose d'âme qui fait une poésie quelle que soit la catégorie... surtout sur un sujet pareil...

Bonne continuation

   Provencao   
22/9/2020
" Et, dans ma solitude, amer et désolé, "

J'ai aimé ce vers où l'amertume rencontre ces trente années, qui sont accueillies par les larmes et les pleurs. La force des mots "amer, désolé " deviennent la force de cet homme et cette absence de résistance qui exprime que ce qui devait être brisé l'a été. La blessure n'est plus hors de lui, mais en lui...pour toujours.

Sujet ô combien délicat.

Au plaisir de vous lire
Cordialement

   Myo   
22/9/2020
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Quitte à remettre un peu d'huile sur le feu, j'y vais de mon opinion. Notre condition humaine est ainsi faite que la femme reste celle qui enfante... N'est-il pas normal qu'en cas de désaccord, son choix prime ? L'équilibre des tâches est encore bien souvent une belle théorie dans l'éducation d'un enfant. Et le courage d'admettre que ce n'est pas le bon moment est parfois plus grand que celui de mettre au monde un enfant dont on n'a pas les moyens ou les capacités( financières ou psychologiques ) de prendre soin.

Les regrets de ce père sont touchants mais le choix de la mère me semble exprimé fort grossièrement, alors que les raisons de l'avoir posé peuvent être multiples et complexes.

J'ai presque l'impression que le ressenti du narrateur est immature, comme-ci on l'avait privé d'un cadeau auquel il avait droit Aurait-il toujours été présent si cet enfant n'avait pas été celui de ses rêves ?

Mis à part ces réserves sur le fond, la forme est très réussie et cela reste de la belle poésie.

Merci du partage

   Mokhtar   
23/9/2020
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Tu voulais un enfant et je n’en voulais pas….Mais ici pas de Cécile pour le narrateur.

S’il existe des femmes qui ont pris l’habitude de se faire avorter comme elles vont se faire retirer une verrue, je pense que c’est pour d’autres souvent une décision difficile, un pis-aller, une moins mauvaise solution, mais qui laisse des traces.

Et ce serait certainement un bien émouvant poème que celui d’une femme évoquant l’enfant perdu, et qui la hante.

Un tel poème, qui existe surement, subirait-il les assauts vindicatifs des féministes à l’affût ? Lui contesterait-on le droit d’évoquer des instants de mélancolie, de vague à l’âme ?

Ici, c’est l’ex futur père en souffrance qui s’exprime. Est-ce illégitime ? Alors que le père se voit de nos jours de plus en plus pressé de s’impliquer dans les tâches parentales, on lui dénierait l’égalité dans le chagrin ?

J’admets cependant que dans le texte de Miguel, la façon, très amère, dont est présentée la femme qui avorte, est un peu trop caricaturale. Même si le stéréotype doit bien exister. N’oublions pas qu’il s’agit d’un poème, et que le narrateur qui exacerbe sa souffrance, peut aussi attiser sa rancœur.

Nous sommes sur un site d’écriture, et si l’on peut s’exprimer sur la façon dont le thème est traité, on ne peut que juger de la qualité d’écriture mise au service de l’opinion propre à l’auteur. Il faut reconnaitre cette l’écriture ici est d’une aisance remarquable (sous réserve de l’observation formulée par Bellini).

Toutefois, je me range un peu à l’avis de Donaldo, Lebarde et Larrivière. J’aurais préféré un peu plus d’élan poétique, un peu plus de rêve, un peu moins de circonstanciel dans la présentation. Le thème de l’enfant perdu pouvait s’y prêter.

   Yannblev   
28/9/2020
Bonjour Miguel,

Voilà un texte déroutant.

Ce que j’en retiens premièrement c’est a priori un certain égocentrisme de l’auteur pour évoquer un thème qui le tolère assez mal. Ainsi, dès le titre, on « lui a volé » un enfant ? à la lecture on s’aperçoit vite qu’on lui a plutôt confisqué l’idée qu’il s’en faisait … un « garçon » bien sûr parce qu’il aurait pu dire « c’est mon fils ».

Sa blessure et son ressentiment sont sans conteste légitimes, admissibles, mais le portrait qu’il esquisse mine de rien de celle qui, dit-il, s’adonne au crime puissance 2 relativise aussitôt cette idée qu’il avait d’un « fruit de l’amour ». On l’imagine assez seul à l’avoir eue et dès lors parler de « fruit » et « d’amour » ne tient plus. Cette rancune tenace après 30 ans le confirme un peu.

Déroutant aussi parce que je n’arrive pas vraiment à donner une dimension poétique au texte même si la forme travaillée et bien travaillée en ce sens peut me le laisser accroire, le fond m’en dissuade sans doute.

il a le mérite pour moi de rappeler que rien n’est jamais acquis quand on évoque une évolution sociétale.

Merci pour cette lecture.


Oniris Copyright © 2007-2020