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Poésie néo-classique
Miguel : La mort aux Aiguerelles
 Publié le 27/06/20  -  14 commentaires  -  1069 caractères  -  259 lectures    Autres textes du même auteur

Dans une petite ville du sud de la France, appelée Mauguio ("Melgueil" est le nom ancien, employé encore souvent de manière affective) la covid-19 a emporté en quelques jours quinze résidents parmi les plus âgés de l'Ehpad "Les Aiguerelles". Hommage leur est ici rendu.


La mort aux Aiguerelles



Après un long chemin parcouru sur la terre,
Ils sont partis ensemble au pays du mystère,
Emportant avec eux leurs regards et leurs voix,
Et tant de souvenirs du Mauguio d’autrefois.

Ils étaient les témoins d’un ancien millénaire :
Les chevaux dans les champs, les jours noirs de la guerre,
C’était hier pour eux ; et, lointains écoliers,
Leur enfance avait vu cent métiers oubliés.

Un siècle presque entier de regards sur le monde,
Une vie aux travaux, humble, honnête et féconde,
Les amours et les deuils, tribut du genre humain,
Les avaient amenés au bout de leur chemin.

Mais dans cette maison, paisible et familière,
Où s’achevait le cours de leur longue carrière,
Un mal mystérieux, venu d’un ciel lointain,
Les a conduits trop vite à leur dernier matin.

Ne les oublions pas, ces aïeuls vénérables !
De l’âme de Melgueil ils sont inséparables.
Et pour garder un peu de leur sourire enfui,
Rappelons leur mémoire aux enfants d’aujourd’hui.


 
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   Lebarde   
27/6/2020
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Oraison funèbre de circonstance mais sans grande originalité que tout à chacun pourra comprendre, même les plus jeunes qui devront s'en souvenir: "Rappelons leur mémoire aux enfants d'aujourd'hui".

C'est sobre, l'écriture est fluide et simple dans un classique sans reproche mais sans envergure non plus, si l'on excepte les rimes voix/autrefois que la catégorie ne va pas accepter.
Une broutille!

Je ne rejette rien, sur un tel sujet ce n'est pas possible, mais je ne m'enthousiasme pas!

En EL
Lebarde

Ed: on me souffle que les rimes incriminées ne sont pas fautives, je note et essaierai de m'en souvenir ( toutes mes excuses!) mais qu’il y en aurait d’autres qui elles le seraient ...,alors bon!!!

   Eclaircie   
10/6/2020
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour,

Un hommage aux anciens présenté en catégorie classique.
Ne connaissant pas assez les critères de cette catégorie, je laisse à d'autres le soin de d'aborder le sujet.
En lecture, le poème est harmonieux, rien n'est venu heurter mon oreille. (juste un peu hésité sur "...eux; et.." au vers sept.)

C'est avec beaucoup de pudeur que le narrateur évoque ces "Anciens", seul le titre cite clairement "La mort".
La poésie classique, ici, s'harmonise très bien avec le thème du poème, la régularité de l'alexandrin, les rimes suivies appuient la "lenteur" et le rythme régulier de la vie des résidents d'ÉPAHD. Le poème présente cette régularité et l'expression agréable qui gomment la monotonie de ces vies, parfois (car n'était pas là le sujet).
"Aïeuls" est assez rare, il me semble, j'ai aimé trouver ce terme.

Et c'est très personnel, mais j'ai ressenti le besoin de me rapprocher de "mes anciens" pour en apprendre encore plus d'histoire, par ces temps où l'on ne savait pas s'ils vivraient encore longtemps. Je suis ainsi, encore plus sensible à ce poème.

Merci du partage,
Éclaircie

   poldutor   
11/6/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour
Magnifique poésie traitant du décès de quinze résidents très âgés dans un Ehpad, des suites du coronavirus. Ils faisaient partie de ces malheureux que l'on n'a pas protégés par ignorance, dés le début de l'épidémie.
L'auteur(e) en mots simples et respectueux, rappelle tout ce que ces femmes et hommes ont vécu et vu dans le village qui les a accueilli..
On dit : "quand des anciens disparaissent, c'est une bibliothèque qui brûle"
"...Emportant avec eux leurs regards et leurs voix,
Et tant de souvenirs du Mauguio d’autrefois.

Ils étaient les témoins d’un ancien millénaire :
Les chevaux dans les champs, les jours noirs de la guerre,
C’était hier pour eux ; et, lointains écoliers,
Leur enfance avait vu cent métiers oubliés...
magnifique quatrain.
"Ne les oublions pas" en effet.
Poésie classée en "classique" ne répond pas, à mon avis aux critères du genre, j'ai relevé un vers à 13 pieds : le 4ème et deux
synérèse/diérèse pour : V5 ancien et V7 hier.
Mais bien sûr je ne suis pas spécialiste.

Merci pour ce beau moment d'humanité.
Cordialement.
poldutor en E.L

   bipol   
27/6/2020
 a aimé ce texte 
Passionnément ↑
Bonjour,

Je suis de Paulhan par adoption

donc pas loin

J'ai été ému au larmes par votre poésie

quelle saloperie cette pandémie

votre hommage est magnifique sobre et très poétique

je vous remercie d'avoir pensé à ces vieux dont je fait partie

bravo

   sympa   
27/6/2020
 a aimé ce texte 
Passionnément
Bonjour Miguel,

Très bel hommage et une tŕès belle pensée pour nos anciens
qu'un "mal mystérieux, venu d’un ciel lointain a conduits trop vite à leur dernier matin."
Merci de nous rappeler avec de très beaux vers qu'ils furent "les témoins d’un ancien millénaire ", ceux qui aimaient à conter ce qu'était leur vie "dans le temps" comme le disait si bien ma grand-mère.
Ils ont connu les guerres, ont trimé toute leur vie , on vu disparaître des métiers indispensables à leur époque.
Et j'ajouterais qu'ils ne rechignaient pas à parcourir des kms à pied pour aller travailler ou , pour les enfants, à se rendre à l'école quelles que soient les conditions météorologiques .

C'est très beau, c'est émouvant.

Merci pour eux.

   Hananke   
27/6/2020
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour

Un bel hommage rendu à ces anciens emportés par un mal
qu'ils n'avaient jamais connu.
C'est bien écrit et raconté, comme d'habitude, mais il me manque
un brin d'élévation ou de dramaturgie pour adhérer complètement
à cette oraison funèbre.
J'aurais aimé quelque chose qui nous fasse haïr encore davantage
ce virus venu d'ailleurs.
Bien sûr, on peut se contenter de cette simplicité d'évocation
mais nous sommes en écriture poétique.
Et surtout, ce qui me manque le plus est, peut-être, l'allusion
aux responsabilités diverses.

   Harvester   
27/6/2020
 a aimé ce texte 
Pas
Bonjour Miguel,

Je ne suis guère séduit par ce poème de circonstance mais je ne le suis jamais en tel cas. Je préfère qu'il y ait un certain recul sur l'actualité, la poésie n'est pas du journalisme si j'ose dire.

Ce qui me gêne n'est pas la forme mais le fond. Tout est traité comme si ces disparitions étaient seulement la conséquence d'un "mal mystérieux, venu d'un ciel lointain", un peu la faute à "pas-de-chance" en quelque sorte.

J'attends d'un tel sujet que soit mis en perspective autre chose que cet amour convenu des "vieux" mis au rencart dans ces mouroirs et j'attends aussi que l'on ose nommer "maltraitance" cette surmortalité bien aidée par ailleurs par le décret "Rivotril" de sinistre mémoire ! Ceci restera une honte attachée à cette période.

Je n'aime pas cette essentialisation des "vieux" que vous décrivez de manière générique comme :

"Une vie aux travaux, humble, honnête et féconde,"

C'est très beau de voir la vie en rose mais vous ne savez rien de ces gens et moi-même qui suis de ces "vieux" je ne me vois pas résumé en une formule de conte de fées comme vous le faites.

C'est convenu, c'est circonstanciel et j'espère que cette mémoire à transmettre que vous appelez de vos vœux ne se résumera pas à cette vision étriquée du monde.

Merci de ce partage car il fallait tout de même oser prendre le risque de tomber sur un grincheux de mon genre et vous l'avez fait !

   Myo   
27/6/2020
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour Miguel,

Aie aie aie .... difficile pour moi de commenter cet écrit et pourtant, je me dois de le faire.
Pour cause, infirmière responsable en MRS ( maison de repos et soins ) comme on dit en Belgique, je connais le sujet ...
Par chance et professionnalisme ( quitte à ne pas respecter les circulaires des autorités "compétentes" ) nous avons réussi à maintenir "la bête" hors de nos murs.

Mais revenons-en à votre écrit.
Bien sûr il me parle et flatte mon empathie familière pour ceux dont j'ai la charge. L'écriture est fluide, la versification presque irréprochable ... mais je trouve cette approche un peu naïve et convenue.

Quelque chose me dérange ... est-ce ce virus qui les a emporté ou le manque de moyens, de clairvoyance .. de sérieux dans la gestion de la pandémie ? Ces résidents aujourd'hui pleurés, l'auraient-ils été s'ils étaient morts autrement ? Certains peut-être...mais combien d'autres, non...

Mais si le fond est pour moi un peu trop lisse, j'apprécie à sa juste valeur le travail de la forme.

Merci.

   Corto   
27/6/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup
On sent dans ce poème, émotion et hommage rendu aux anciens un peu comme on honore régulièrement les victimes de conflits ou de catastrophes.

Cet exercice du registre de l'oraison funèbre sait aussi s'approcher de l'épopée, celle d'une vie d'autrefois puisque c'était leur propre vécu. Les évocations sont justes et précises pour ces "témoins d’un ancien millénaire".

Le texte prend de la hauteur pour ne pas s'enfoncer dans les polémiques ou l'examen concret de ce qui aurait pu, ce qui aurait dû etc...

Le ton est bien choisi et rend compte de l'émotion.

Merci à l'auteur.

   Castelmore   
27/6/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup
« Ils sont partis ensemble au pays du mystère,
Emportant avec eux leurs regards et leurs voix,
Et tant de souvenirs du Mauguio d’autrefois. »

Poème de circonstance, mais permettez-moi le pléonasme... très circonstancié !!
Ces premiers vers délimitent très précisément le propos du narrateur-auteur.

Ces habitants disparus ensemble dans ce petit village emportent et, d’une certaine façon, effacent de nos mémoires, si nous n’y prenons pas garde, en un seul « coup de balai » tout un pan de son histoire ... qui est aussi plus généralement la nôtre ...

Et bien sûr, de cette façon, ce beau poème dépasse son cadre initial et touche à l’universel... sans polémique...

Faut il le regretter sur ce sujet ? Autre débat selon moi.

Nostalgie d’un monde plus lent, plus apaisé, où la communauté humaine avait semble-t-il des liens plus étroits et plus forts ( même s’ils n’étaient pas exempts de tension)
Idéal ?
Idealisé? Oui certainement...

La versification classique maîtrisée convient parfaitement au propos et donne à cette évocation pleine de respect un écrin qui lui sied.

Merci du partage.

   Hiraeth   
27/6/2020
 a aimé ce texte 
Pas
Tout en reconnaissant votre talent, Miguel -- et vous savez que j'ai beaucoup apprécié votre poème précédent --, je dois vous avouer mon désarroi face à ce texte. Même s'il est loin d'être bâclé, et qu'il témoigne toujours d'une grande maîtrise technique de votre part, il pèche par un excès de poncifs, de sentiments convenus, et également par une certaine incohérence (je vais y venir).

Il m'est difficile de commenter ce poème sans prendre en compte son intention. Il s'agit d'un éloge funèbre de ces nonagénaires dont le nom a dû apparaître dans le journal local mais dont il est probable (désolé si je me trompe) que vous ne savez personnellement rien, et dont vous vous servez uniquement pour peindre une image d'Epinal pouvant représenter (de manière très -- trop -- romancée bien sûr) tous les vieillards de Melgeuil et d'ailleurs -- donc, au fond, aucun vieillard. A ce titre, je ne comprends pas pourquoi vous avez tenu à ancrer ce poème dans un contexte précis. Vous auriez pu changer le nom du village ou de l'EHPAD, le résultat aurait été exactement le même.

A vrai dire, je ne comprends même pas pourquoi vous avez tenu à dédier à ces gens une élégie. En quoi leur mort des suites du Covid est-elle plus digne de considération que la mort de ceux (vieillards ou non) qui périssent, en beaucoup plus grand nombre d'ailleurs, du cancer par exemple ? On attend d'un poète qu'il renouvelle notre vision et prenne un peu de distance par rapport aux événements, pas qu'il suive le vent du journalisme et de la surmédiatisation des phénomènes nouveaux.

Une surmédiatisation absurde, car comme je l'avais expliqué sur un fil de discussion, tout se passe comme si le Covid avait rappelé aux gens leur mortalité. Quel scoop ! La mort est vraiment devenue tabou, même quand elle frappe ceux qui y sont naturellement les plus exposés. Ce poème semble ériger la vie en valeur suprême, ce que je trouve déjà assez ridicule ; mais en plus il n'est pas sans incohérence. On lit en exergue que le Covid a emporté quelques résidents "parmi les plus âgés", et dans le corps du texte que "Les amours et les deuils [...] / Les avaient menés au bout de leur chemin" ; pourtant, dans la strophe suivante, leur mort est décrite comme prématurée : "Les a conduits trop vite à leur dernier matin." Trop vite ? Mais combien de temps pensez-vous qu'un être humain aujourd'hui puisse vivre en bonne santé ? Puisse vivre tout court ? Nous sommes tous des morts en sursis, et a fortiori "les plus âgés". J'ai l'impression de dire des lapalissades...

Cerise sur le gâteau, le texte nous invite à rappeler leur mémoire (encore une fois très impersonnelle et romancée) aux enfants d'aujourd'hui, alors que pendant ce temps 30 000 enfants vivent dans la rue en France, 3 millions d'enfants meurent de malnutrition dans le monde... Mais l'on préfère apparemment déplorer le décès de quelques nonagénaires "avant l'heure". Ne pensez-vous pas, Miguel, que la mort ou la misère des enfants est une tragédie méritant davantage votre plume ?

   Provencao   
27/6/2020
 a aimé ce texte 
Un peu ↓
Bonjour Miguel.

L'idée qu’une pensée d'un siècle presque entier, qui se concède et s’épele à la volonté d'efficacité pourrait rendre raison de l'engagement et de la confiance – c’est-à-dire aussi d'être les témoins d'un ancien millénaire, ont toute prophétie devrait saisir le temps.

Mais cette réflexion est-elle juste ? La pensée de ces aïeux vénérables, éternel ricochet de l’identique confisque-t-elle réellement l'espoir et le présage?

J'aurai préféré une réflexion sur la mort en terme de la communauté des morts et des vivants.....réflexion aujourd'hui qu’il nous faudra poser autrement ...au regard de ce que nous vivons


Au plaisir de vous lire
Cordialement

   papipoete   
29/6/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
bonjour Miguel
Des anciens de Mangio, qui vécurent ensemble des moments oubliés, désuets et métiers disparus, attendaient paisiblement de finir leur passage sur terre, aux " Aiguerelles ". Mais un mal mystérieux éteignit toutes ces bougies, aux flammes vacillantes. Ils étaient l'âme de Melgueil, ils ne sont plus...
NB leur mort fait songer à l'école d'autrefois quand, en rang les enfants entraient tous ensemble, de la cour à la salle de classe. Là, dans leur EHPAD la camarde sonna le rassemblement, et tous ces témoins d'avant prirent le dernier train...
L'avant-dernière strophe m'émeut, face à ces voyageurs " malgré eux "...
au 16e vers, j'aurais préféré le passé-simple ( les a conduits/les conduisit )

   Yannblev   
29/6/2020
 a aimé ce texte 
Un peu
Je ne suis pas très fanatique des oraisons funèbres.

Même si ici l’éloge est « prosodiquement » dosé et orchestré, travaillé, et si l’on ne saurait douter de l’émotion sincère de l’auteur en choisissant ses termes pour exprimer ses ressentis et impressions, ce texte reste pour moi une oraison funèbre qui respecte avec adresse les codes et les attendus du genre poétique mais aussi les attendus et codes de l’oraison.
Les oraisons funèbres sont parfois de grands moments littéraires mais elles ont textuellement souvent bien du mal à entrer dans un poème.

Il y a toutefois un grand mérite à tenter d’en faire un.
Merci


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