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Poésie néo-classique
Miguel : Le souffle de janvier (soir d'hiver d'autrefois)
 Publié le 21/02/13  -  12 commentaires  -  838 caractères  -  286 lectures    Autres textes du même auteur

Quatrains de rimes embrassées.


Le souffle de janvier (soir d'hiver d'autrefois)



L'éteignoir de la nuit s'est posé sur l'éclat
Des sommets, où la nue en ténèbres s'épanche ;
L'ombre coule des monts en obscure avalanche ;
La plaine s'assoupit dans le silence plat.

Les maisons des hameaux, sous la bise aiguisée,
Semblent se resserrer pour se tenir plus chaud ;
Les constellations, dans le ciel sans défaut,
Brillent, feux impuissants sur la mare glacée.

Les troupeaux, avant l'homme abrités et repus,
Rêvent de verts pâtis dans l'air doux des étables,
Et la soupe de lard, fumante sur les tables,
Rend la force et la joie aux paysans recrus.

Grande paix, que bientôt nulle rumeur ne ride ;
On veille près de l'âtre, où l'hiver est si bon,
Cependant qu'au-dehors, farouche vagabond,
Le souffle de janvier parcourt le pays vide.


 
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   troupi   
21/2/2013
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Comment ne pas aimer l'hiver quand il est raconté de si délicate façon. La vie s'écoule paisible, un peu comme un glacier qui parcourt son chemin sans déranger l'ordre des choses. Imperceptiblement mais sûrement. Au contraire de nos vies, torrents tumultueux qui brisent tout sur leur passage. C'est la comparaison qui me vient à l'esprit, je ne sais pas si elle est bien choisie.
J'ai l'impression de lire un poème d'un bel auteur du XIX ème. Un régal. J'ai bien aimé "recrus" assez peu usité.
Une question cependant : qu'apportent les points virgules des vers 2.et 6 ? Pourquoi pas un point ?

   Damy   
21/2/2013
 a aimé ce texte 
Bien ↓
J'aime assez ce tableau de la vie rurale pourtant tant de fois étalé sur la toile. L'effet est réussi: en plein hiver, il tient chaud. L'âtre est pour moi comme une nostalgie. Vie rude mais vie confortable.

Par contre, pour moi, il y aurait quelques faiblesses de style. Des formules élaborées un peu à la va-vite et qui mériteraient peut-être un peu plus de soins, comme:
la bise aiguisée
ou
le ciel sans défaut
ou: rider la paix
qui sonnent un peu platement.

Quelques questions :
V2 : pourquoi la virgule après « Des sommets » ? L’effet rejet ne me paraît pas pertinent dans l’ambiance. Le vers coulerait mieux sans, me semble-t-il.
Pourquoi avoir choisi la catégorie néoclassique ? J’aimerais assez que vous m’expliquiez pourquoi il n’est pas classique, je n’ai pas su voir.

   Anonyme   
21/2/2013
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Salut Miguel... C'est de la poésie comme je l'aime et qui me fait songer à celles que nous a laissées, entre autres, Henri de Régnier... Un tableau campagnard qui nous ramène un siècle en arrière, voire peut-être moins, avec l'âtre et la soupe fumante si chères à nos anciens.
J'ai un peu tiqué concernant la ponctuation surtout au premier quatrain ; je ne vois pas l'intérêt de la virgule du second vers et j'aurais bien vu une virgule en lieu et place du point virgule à la fin du vers 3.
Je trouve aussi que le vers de chute, surtout "le pays vide", manque un peu de souffle quoi que ce mot y figure...
Enfin le titre est assez mal tourné à mon goût et sans doute un peu longuet... Pourquoi pas tout simplement Hiver d'autrefois ou Souffle de janvier... Des détails sans grande importance qui ne gâtent en rien cette suite de quatrains bien maîtrisée...
Classique, néo-classique, ça n'a guère d'importance à mes yeux.
Un bien beau texte avec une petite préférence (abstraction faite de la ponctuation) pour le premier quatrain... et particulièrement ces deux vers...
L'éteignoir de la nuit s'est posé sur l'éclat
Des sommets où la nue en ténèbres s'épanche ;

Merci Miguel...

   Labrisse   
21/2/2013
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour Miguel,

Je trouve cette pièce comme une belle peinture champêtre et bucolique, mais, de mon goût personnel il y demeure un aspect un peu suranné. (Ceci étant, j’étais prévenu d’un hiver d’autrefois… hum !)

Bien sur, votre technique est remarquable et j’ajoute qu’il n’y pèse rien en « bavardage »… non je ressens de cela une causerie assez sympathique, comme d’un bon ami revenant de voyage et dépeignant le décor de ses aventures.

edit... annulation du paragraphe.

Malgré cela, je trouve que votre technique sait se faire « oublier » par la vigueur narrative et la clarté de votre discours. Vous avez par je ne sais quel arcane, ce que je trouve être l’élément le plus noble et le plus précieux de la sémantique, la simplicité.

Pourtant à la relecture, je trouve l’histoire encombrée de-ci de-là de clichés (celui des paysans écrasés du labeur me fait rire aux éclats), je crois que vous êtes un idéaliste utopisé, sympathique !

Il est un autre caractère de votre écriture que je dirais être « filant », musicalement parlant. Je ne sens pas de percussif chez vous… je dirais que vous seriez engagé dans mon orchestre des Poètes comme le type qui fait des nappes de synthé… comment puis-je dire ? L’alternance des notes de cette narration est filée, glissée, napée, coulée… C’est beaucoup de « douceur » mais cela conviens t-il à un tableau ou le gel va casser, craquer, craqueler, pierre-fendre etc. ? C’est mon point de vue… il ne vaut pas grand-chose, malgré tout, j’ai apprécié ce tableau qui fait sa magie dans le regard.

Amitiés,

Labrisse.

   Mona79   
24/2/2013
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Oui Miguel, pourquoi pas en classique ce texte qui glisse ses mots comme du miel liquide dans l'oreille ? "Bon et vagabond" sans doute qui ne riment pas parfaitement vous ont fait basculer en néo mais sans que cela ne fasse démériter ce beau poème.

D'accord le ton est peut-être suranné, mais c'est un soir d'hiver d'autrefois, comme le précise le titre et, autrefois, les paysans étaient "recrus" au soir d'une longue journée. Aujourd'hui, tant mieux si leurs conditions de vie sont différentes, mais cela ne fait pas oublier le passé aux "anciens" que nous sommes...
Merci pour vous être penché vers les souvenirs avec autant d'élégance.

   Marite   
24/2/2013
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Qui sait ... peut-être existe-t-il encore certains lieux dans nos montagnes où les soirs d'hivers peuvent ressembler à celui décrit dans ce poème.
Depuis la première strophe décrivant l'espace environnant, en passant par "les maisons des hameaux" pour finalement se retrouver devant "la soupe de lard, fumante..." avec, à proximité les troupeaux paisibles dans l'étable, l'ensemble de la scène est évoquée avec beaucoup de justesse et d'habileté poétique.
Voici un "souffle de Janvier" et un "soir d'hiver d'autrefois" qui nous donne envie d'y être.

   pieralun   
24/2/2013
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Michel, un de nos meilleurs classiques......
Une belle première strophe où seul le " silence plat " me déçoit un petit peu.
La seconde.....bof!!!! pas vraiment digne de ce que tu es capable d'écrire. Je la sens un peu sous contrainte, quelques clichés: bises aiguisées, constellations qui brillent.
La troisième me prouve que j'avais raison!!! Revoilà notre vrai poète! De beaux vers sonores, riches d'évocations, d'odeurs de campagnes, de soupe au lard autour de laquelle se regroupait la famille........
La quatrième à l'image de la précédente, avec en prime cette très belle image d'un Janvier d'hiver ( pas le contrebandier de la traversée de Paris, le MOIS )
Un grand plaisir pour moi Michel de lire de la poésie simple, qui ne s'embarrasse pas de mots savants et souvent inutiles, qui ne fait pas appel au lyrisme bêlant, qui parle aux grands et qui peut parler aux petits, qui parle de l'homme simplement, et de la terre sur laquelle il vit et meurt.

   Miguel   
24/2/2013
Je vous invite à me rejoindre sur le forum Discussions sur les récits.

   David   
1/3/2013
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour Miguel,

La scène semble presque immobile : un village endormi, des bêtes à l'étable, des gens près de l'âtre, alors que les vers en feraient presque une sarabande :

"la nue en ténèbres s'épanche"
"L'ombre coule des monts en obscure avalanche"
"Les maisons des hameaux, sous la bise aiguisée,
Semblent se resserrer pour se tenir plus chaud"
"Et la soupe de lard, fumante sur les tables"
"Cependant qu'au-dehors, farouche vagabond,
Le souffle de janvier parcourt le pays vide."

Ce qui est animé se repose et c'est l'inanimé qui fait son jeu dans les images.

   Anonyme   
10/3/2013
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour,
Un soir d'hiver comme on en vit encore aujourd'hui dans mes monts d'Auvergne.
Je ne suis pas experte et surtout assez fainéante pour décortiquer la prosodie de votre poème mais je note rapidement un travail certain et surtout réussi.
L'alexandrin aura toujours mes faveurs.
Un rythme évidemment idéal pour décrire une atmosphère aussi feutrée que ce soir d'hiver.
J'ai adoré lire ceci:

" Les maisons des hameaux, sous la bise aiguisée,
Semblent se resserrer pour se tenir plus chaud ;"

Je note très bien cette lecture, même si le thème a été maintes fois visité...votre poème est réussi.

Merci.

   In-tenebris   
10/3/2013
Commentaire modéré

   In-tenebris   
10/3/2013
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Ce qui m'a particulièrement plu dans ce poème?
Tout d'abord, l'auteur me plonge dans un décor merveilleux, qu'il arrive à mettre, et avec brio, en image.
Ensuite, me faire percevoir de l'hiver une période chaleureuse et accueillante malgré la rudesse de cette saison, je trouve cela tout simplement poétique.
Savoir apprécier "la soupe de lard, fumante sur les tables" alors que dehors "le souffle de janvier parcourt le pays", c'est, à mon sens, une belle leçon de vie.
Chapeau

   Laroche   
5/4/2013
Derrière la forme impeccable de ces belles stances virgiliennes, on peut être un peu gêné par l'aspect "imagerie pieuse" de la vie montagnarde d'autrefois. Cela me fait avoir une pensée pour les absents de ce tableau idyllique: les "petits savoyards" qui sont partis, à douze, treize ans, pour gagner leur croûte comme ramoneurs.
Mais il est vrai que le lecteur n'est jamais content: quand je relis Hésiode, j'admire "Les travaux et les jours", et en même temps un auteur aussi réactionnaire (il a l'excuse de l'âge) me révolte par son discours d'une misogynie atroce.
Félicitations.
Cordialement.
Marc Laroche


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