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Poésie classique
Miguel : Les rides de l’amour
 Publié le 08/03/21  -  16 commentaires  -  658 caractères  -  336 lectures    Autres textes du même auteur

L'amour peut-il rester jeune quand les amoureux vieillissent ?
« Mais oui ! » diront certains ; d'autres diront ceci :


Les rides de l’amour



Les nuits de nos vingt ans, si belles et si brèves,
Ne nous menaient jamais jusqu’au bout du désir :
Nous maudissions alors l’heure claire des trêves,
Et les jours nous semblaient ne devoir point finir.

Puis vinrent de ces nuits où, la lumière éteinte,
Comme pour s’apprêter aux douceurs du sommeil,
Nos bras se rejoignaient dans une calme étreinte,
Et les rêves sereins nous menaient au réveil.

Nos nuits sont maintenant solitaires et lentes ;
La morne indifférence en a tué l’ardeur,
Et dans le noir convoi de leurs heures dolentes,
Nous nous tournons le dos, de corps comme de cœur.


 
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   Lebarde   
8/3/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
Miguel

Un constat bien peu réjouissant mais pourtant bien réel sur l'évolution de l'amour au fur et à mesure des rides qui apparaissent chez les amoureux.
Moins de fougue certes entre "Les nuits de nos vingt ans" et celles de "Nos nuits sont maintenant solitaires et lentes ;
La morne indifférence en a tué l’ardeur"

Devrait-on le regretter, ainsi va la vie et c'est très bien ainsi.

Le sujet est loin d'être original mais il est simplement et pudiquement traité dans un poème classique sans faille a priori, sobrement mélancolique, un brin nostalgique et résigné.

Bon pour cette fois çà ira encore, mais n'y revenez pas trop souvent quand même.

   papipoete   
8/3/2021
 a aimé ce texte 
Bien ↑
bonjour Miguel
Nous nous sommes tant aimés ; ah ces nuits, où nous ne voulions pas du sommeil qui prend notre temps, ce temps si précieux quand nous sommes amants !
Nous nous aimons toujours, mais la nuit qui nous tend les bras, nous emporte pour un profond sommeil.
NB quand la tristesse des nuits emplies d'ardeur, nous prend par le regret, réjouissons-nous de les avoir connues, à s'en éclater le coeur et se dire que ce sommeil qui vient, de ces amours torrides en sera plein..
La dernière strophe est bien mélancolique et plombe un peu l'atmosphère...
Un honnête classique sans faute !

   Castelmore   
8/3/2021
Bonjour Miguel
J’ai trouvé trois vers, chacun extrait d’un quatrain différent, proprement magnifiques :
« Ne nous menaient jamais jusqu’au bout du désir »
« Nos bras se rejoignaient dans une calme étreinte »
« Et dans le noir convoi de leurs heures dolentes, »

et le dernier fort bien tourné !
« Nous nous tournons le dos, de corps comme de cœur. »

L’ensemble me laisse cependant entre deux sentiments, ou plutôt en-dehors de toute situation « sentimentale », peut-être est ce votre intention?
Il y a comme une forme de froide constatation, une anamnèse purement technique qui ne me touche pas, et cela s’arrête là.
Peut-être pouvez-vous écrire une quatrième strophe qui libèrerait les émotions du narrateur devant cette situation ?

En l’état, je m’abstiens de noter ce très beau travail formel
Castelmore

   Anonyme   
8/3/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Ce poème évoque avec justesse le lent déclin du désir au fil des années... On passe de la passion à un amour plus apaisé, avant l'indifférence et une forme de solitude.
Poème fort pessimiste, mais assez réussi je trouve, malgré sa brièveté.

Les deux derniers vers sont tristes et beaux :
"Et dans le noir convoi de leurs heures dolentes,
Nous nous tournons le dos, de corps comme de cœur."

   Hananke   
8/3/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour

Oui, un texte qui rejoint le mien : Le vieux couple.
L'érosion est inéluctable mais demeure la tendresse et ... les souvenirs.
Très beau texte classique qui fait honneur à la catégorie.
Beaucoup trop de beaux vers pour n'en citer que quelques uns.
12 vers et la messe est dite : vivement l'élixir de jeunesse !

   Ligs   
8/3/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
Bonjour Miguel,
3 strophes, une sur chaque étape de la vie amoureuse en déclin.
Le poème fait un constat amer : l'indifférence a vaincu la passion. Le passage du passé au présent est parlant. "Avec le temps, va..."
La description des nuits pour faire ce constat, terme qui revient dans le premier vers de chaque strophe, est habile. Les adjectifs "belles et brèves" font place à "solitaires et lentes".
La tournure finale est très poétique.

S'il faut absolument chercher la petite bête, je dirais que quelques formules n'emportent pas mon adhésion : "la morne indifférence", "le noir convoi". Les inversions et l'image un peu convenue... mais c'est purement personnel, et je pense que cela colle bien à l'esprit classique.

Le poème reste très juste dans ce qu'il exprime, même si j'en déplore le pessimisme !

   inconnu1   
8/3/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Beau poème techniquement parfait. J'aime aussi le style, avec quelques belles formules poétiques "et dans le noir convoi de leurs heures dolentes". Bravo. Et finalement, j'applaudis la fin. Je ne suis pas d'accord avec d'autres qui disent qu'il manque de l'émotion. L'émotion la plus forte est celle qui est suggérée et la dernière strophe est pleine d'une émotion froide et enfin, vous osez rompre le dogme qui veut qu'un beau poème est celui qui véhicule des émotions positives ou parle de l'amour éternel. Eh bien non, l'amour, très souvent n'est pas éternel et cela vaut bien un poème

Bien à vous

   Cristale   
8/3/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Un sujet qui me fait me demander si les couples sont obligés de passer toute leur vie ensemble jusqu'à la mort...quand je lis le désintérêt de l'un pour l'autre allant crescendo, je trouve cela bien dommage et surtout bien triste.

Je trouve que la construction des quatrains schématise bien les étapes fondamentales de la vie du couple. Tout dire en douze vers serait presque une gageure mais les alexandrins enchaînent leurs images dans la pure tradition du classique.

C'est parfait.
Merci Miguel,

Cristale

   Anonyme   
8/3/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonsoir Miguel,

Nos nuits sont maintenant solitaires et lentes ;
La morne indifférence en a tué l’ardeur,
Et dans le noir convoi de leurs heures dolentes,
Nous nous tournons le dos, de corps comme de cœur.

Je retiens, dans ce très beau poème pessimiste ce quatrain, très dur où l'amour, parfois prend autant de rides que le couple .
Biensûr, la tendresse reste, mais quand le coeur est indifférent, quand la flamme s'éteint, il ne reste plus grand chose et rien n'est plus difficile que l'indifférence le jour et "l'hôtel du cul tourné" la nuit ( pardonnez l'expression).

Rien à dire concernant la forme classique et les alexandrins parfaits.

Très belle poésie.

   Myo   
8/3/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Heureusement si ce déclin du désir, de la tendresse de l'amour se vit dans certains couples, ils en est d'autres qui trouveront la façon de se réinventer et de garder la flamme du cœur en éveil.

Bien sûr, le corps a ses limites naturelles, mais le cœur, lui, n'a que celles qu'on lui met.

Mais restons dans le sujet de ces sentiments qui se rident et se fanent au rythme des saisons.
Vous avez en quelques vers très bien transmis cette lente décrépitude.

Un travail soigné et touchant.

   Damy   
8/3/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Aussi nostalgique que la chanson de Reggiani « La femme qui est dans mon lit » que votre poème m’a fait réécouter avec bonheur.
Il m’a aussi ramené à Ronsard « puisque la beauté ne dure que du matin jusques au soir »

Pour ces deux références, merci, Miguel.

   dream   
8/3/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Miguel, bonsoir

Avec la vieillesse, les heures lumineuses de l’amour se sont émoussées, érodées, pour disparaître tout à fait et devenir un vague à l’âme permanent. Chacun se love dans une couverture grise parce qu’il se sent délaissé par l’autre.

Dans une mélancolie profonde enfouie sous des tonnes d’habitudes et de lassitude, une fois de plus, on se heurte à la solitude de l’être Mais c’est la vérité que l’auteur vise et qu’il atteint magnifiquement avec des mots simples ; puisqu’il veut donner à travers son poème une image exacte de la vie d’un couple, dont l’existence n’est plus que routine et ennui et le désir n’est plus qu’absence. La routine et le temps, ces monstres froids qui dévorent tout, ont anesthésié toutes leurs capacités de séduction et, au fil du temps qui passe, ont transformé leurs mots en maux.

Le couple ne serait-il, alors, qu’un truc d’illusionniste où les galères de la vie qui nous soudent bien souvent se seraient insidieusement substituées à l’amour et au désir ?

Enfin, il y a ce vers terrible : « Et dans le noir convoi de leurs heures dolentes », qui apparaît comme une évocation de la mort quand les sentiments ont cessé d’exister.

Merci pour cette belle lecture pas très réjouissante, mais tellement vraie… souvent.
dream

   Provencao   
9/3/2021
 a aimé ce texte 
Bien ↑
" Et les rêves sereins nous menaient au réveil. "

Merveilleux vers où les rides de l'amour accueillent avec grâce le sens "des limites".
J'ai bien aimé ce laisser vivre la délicatesse, le fait que rien, ni le temps, ni les années ne soient apposés, combinés pour la vie.

J'aime beaucoup habiter ce concept de belle tendresse, loin d'être douloureux, avec ces rides de l'amour...

Au plaisir de vous lire
Cordialement

   jfmoods   
9/3/2021
Au fil des quatrains, les trois marqueurs temporels ("alors", "Puis", "maintenant") balisent les étapes de la vie d'un couple.

À travers ce moment important de l'existence qu'est la nuit, le poète met en scène la déliquescence d'une relation.

Dans la jeunesse ("nos vingt ans"), l'amour est vécu avec effervescence (marqueurs d'intensité : "si belles, si brèves") et un certain sens de l'absolu (négations catégoriques : "Ne nous menaient jamais jusqu’au bout du désir", "nous semblaient ne devoir point finir"). Le surgissement du jour (périphrase à tonalité guerrière : "l’heure claire des trêves") provoque toujours une insupportable frustration ("nous maudissions").

À l'âge mûr, la modération s'installe dans le couple (douce concorde amoureuse véhiculée par un verbe pronominal à sens réciproque : "Nos bras se rejoignaient", groupes nominaux fixant le cadre d'une relation pacifiée : "calme étreinte", "rêves sereins", rime signifiante marquant la plénitude du temps vécu : "sommeil" / "réveil").

La vieillesse dresse le constat du délitement inexorable des choses. Du feu initial ne subsistent plus que des cendres froides (allégorie : "La morne indifférence [...] a tué l’ardeur", verbe pronominal à sens réciproque faisant écho à l'autre : "Nous nous tournons le dos", comparaison : "de corps comme de cœur"). Pour chacun des partenaires, ce temps qui s'étire interminablement n'est plus qu'une longue séance de torture (adjectifs qualificatifs : "nuits [...] solitaires et lentes", métaphore sinistre : "le noir convoi de leurs heures dolentes").

On pourra regretter la double occurrence du verbe ("menaient", aux vers 2 et 8). On pourra aussi considérer que cette répétition permet de mieux saisir le contraste entre ces deux moments de la vie.

Merci pour ce partage !

   pieralun   
9/3/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
En route pour la vieillesse, l’essoufflement de l’amour, la nostalgie....

Très joliment traité, rien à dire.
Les mots sont simples, les vers coulent au rythme du temps et un magnifique dernier vers, vraiment, clôture ce très beau texte.

En y regardant de plus près, il manque toutefois le quatrain sur l’embrasement, le plaisir, les nuits les plus folles, sans sommeil.

Mais l’émotion est là !
Bravo Miguel.

   Ioledane   
16/3/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
Trois quatrains, trois étapes de la vie d'un couple, racontée sous l'angle des nuits communes ... D'enchantement en désillusion, le récit en est bien tissé, en alexandrins sans faille.
Le dernier quatrain est mon préféré, un peu plus original et puissant que les précédents avec ses nuits "solitaires et lentes", et "le noir convoi de leurs heures dolentes".
Triste et beau.


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