Page d'accueil   Lire les nouvelles   Lire les poésies   Lire les romans   La charte   Centre d'Aide   Liens Web 
  Inscription
     Connexion  
Connexion
Pseudo : 

Mot de passe : 

Conserver la connexion

Menu principal
Les Nouvelles
Les Poésies
Les Listes
Recherche


Poésie classique
Miguel : Mon cœur ne battra plus
 Publié le 30/10/13  -  19 commentaires  -  1082 caractères  -  334 lectures    Autres textes du même auteur

Un texte d'empathie avec un jeune veuf de ma connaissance, dont l'infortune m'avait inspiré ces vers.


Mon cœur ne battra plus



Ils ont dans un cercueil cloué ma bien-aimée,
Celle que chaque nuit j'entourais de mes bras ;
La porte du bonheur à mon cœur s'est fermée,
Le soleil est pour moi comme s'il n'était pas.

Le prêtre nous a dit que Dieu l'a rappelée,
Et que pour plus de joie au Ciel son âme a fui…
L'aimais-je donc si mal, qu'elle s'en est allée ?
Qu'il a de chance, Dieu, de l'avoir près de Lui !

Autour du trou béant nous formions un grand cercle ;
Les cordes ont grincé, j'ai détourné les yeux,
Et puis la terre a fait du bruit sur le couvercle,
Et des mains m'ont conduit hors de ces tristes lieux.

J'aimais contre ma peau sentir sa bouche tendre,
J'aimais sentir son souffle à mon souffle mêlé…
Et voilà maintenant que de sa froide cendre,
Tout souvenir de ces instants s'est envolé.

Dors en paix, ma splendeur, comme aux aubes heureuses,
Au bout des chaudes nuits de nos corps en émoi :
Mon cœur ne battra plus d'extases amoureuses,
Jusqu'à ce que la mort se souvienne de moi.


 
Inscrivez-vous pour commenter cette poésie sur Oniris !
Toute copie de ce texte est strictement interdite sans autorisation de l'auteur.
   Anonyme   
30/10/2013
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Miguel

J'aime la limpide simplicité du troisième quatrain.
Ces quatre vers me parlent et me touchent car à eux seuls ils traduisent l'état d'esprit du veuf comme son incapacité.
Merci

   Hananke   
30/10/2013
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Poème de circonstance puisque la Toussaint approchant.

Quelques belles tournures :
La porte du bonheur à mon cœur s'est fermée,

Jusqu'à ce que la mort se souvienne de moi.

Et d'autres moins bonnes :
Et voilà maintenant que de sa froide cendre,
Tout souvenir de ces instants s'est envolé.
(surtout pour le singulier à tout souvenir).

Les pensées du veuf au bord du gouffre sont bien rendues
lorsque les souvenirs affluent comme une marée à cet instant.

Au final un poème avec du bon et moins bon mais qui exprime
bien son message.

PS : je ne comprends pas bien l'acceptation de la rime bras/pas
en classique ?

Bien à vous.

Hananké

   Robot   
30/10/2013
En cette période de Toussaint les poèmes en hommage aux défunts abondent. Comme si seule cette époque incitait au souvenir des défunts.
Ecrits tout empreint des chagrins des auteurs mais qui tous se ressemblent.
Personnellement, devant cet afflux je trouve trop difficile de commenter sereinement ces textes et je m'abstiendrai de poser une notation sur ces poèmes de la douleur.
Difficile de dégager le ressenti de l'émotion de la valeur des textes sans risquer de blesser l'intime.

   PIZZICATO   
30/10/2013
Salut Miguel.
De même que la musique et peut être encore plus, l'écriture est une façon d'alléger un peu son coeur après la disparition d'un être aimé.
Chacun a ses souvenirs et je pense qu'il ne serait pas très judicieux d'émettre un avis sur un écrit de ce genre; je m'en garderai donc.
Bien à toi.

   Anonyme   
30/10/2013
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Hola Miguel ! Belle écriture classique comme il fallait s'y attendre car tu es vraiment maître dans cet art.
Le thème me touche beaucoup, et pour cause, quand bien même le temps a chez moi adouci sinon effacé le traumatisme que provoque le décès d'une épouse que l'on voyait éternelle...
J'aurais aimé écrire moi-même ces superbes quatrains voilà douze ans mais j'en étais bien incapable, terrassé à l'époque par le chagrin...
J'ai une préférence pour le premier quatrain mais tout est beau y compris le second traitant du prêtre et de Dieu quelles que soient nos propres convictions...
Merci l'ami Miguel, je n'oublierai pas ce poème.

   Anonyme   
30/10/2013
 a aimé ce texte 
Bien ↓
Bonjour Miguel,

Je ne doute pas un instant que votre ami ne vous remercie pour cette évocation chargée de souvenirs et de retrouvailles paradisiaques.
Je sais aussi qu'il est préférable dans ces circonstances, par pudeur, de rester à la lisière des sentiments. Surtout ne rechercher aucun effet, lequel pourrait paraître affecté, sophistiqué, loin du caractère sobre et spontané de la chère disparue. Si , en plus, elle avait confié son âme à Dieu...

Donc, 10/10 à :
" La porte du bonheur à mon cœur s'est fermée," Oups...
" Et que pour plus de joie au Ciel son âme a fui… "
" Qu'il a de chance, Dieu, de l'avoir près de Lui ! "
" Mon cœur ne battra plus d'extases amoureuses,
Jusqu'à ce que la mort se souvienne de moi. " : le fameux temps des retrouvailles évoqué plus haut.

La béatitude est certes un fertilisant du bonheur, il ne lui reste plus qu'à être poétique. J'en viens à me poser une question sans aucune ironie : peut-on écrire de la poésie en état de béatitude ? Car, sous l'angle poétique, la note passerait soudain à 2/10. Je me rends compte une nouvelle fois que la béatitude ou le bonheur n'ont rien à dire, car toute parole, déplacée de la liturgie ou du " mystère ", deviendrait suspecte, prosaïque, diabolique.

Je ne vais détacher aucun vers, puisque tout est béatitude. Mais je la respecte.
J'ose donc à peine parler de la forme :
- la banalité, la trivialité de l'expression, dont le summum est atteint avec : " Et puis la terre a fait du bruit sur le couvercle ". C'est un vers réservé aux mécréants comme moi. Mais comment un chrétien comme vous peut-il réduire le symbole du voyage vers Dieu à un "bruit sur le couvercle" ? Au moins aurait-il fallu opposer cette contingence à une transcendance divine. Faible inspiration poétique... Il y en a beaucoup d'autres.

- les nombreuses rimes en " é " , aimée/fermée - rappelée/allée - mêlé/envolé, qui flattent les verbes du premier groupe, lesquels doivent représenter les 3/4 du dictionnaire des rimes.

- le 2e quatrain est un peu surchargé en "que" et "qui".

Je regrette, Miguel, que votre poésie soit toujours un peu étriquée par le carcan du discours spirituel. Vous avez un talent indiscutable, il demande juste à se libérer. Je pense que Dieu a moins peur que vous de ce qui peut lui arriver. Je suis sûr qu'il est prêt à vous pardonner vos éventuels égarements stylistiques.

Cordialement
Ludi

   Folibri   
30/10/2013
Le dernier vers est magistral.

   leni   
30/10/2013
c'est simplement triste sans doute classique et conventionnel C'est personnel A chacun son tour de vivre ces moments Jusqu'à ce que la mort se souvienne de moi...la camarde n'oublie personne je ne note pas Salut cordial Leni

   LeopoldPartisan   
31/10/2013
 a aimé ce texte 
Pas
Comme évoqué par d'autres ici-bas, ce texte part d'une bonne intention, toutefois face à pareille douleur le romantisme évoqué tombe pour moi à plat. Je n'irai pas jusqu'à dire que je trouve le texte choquant, mais je n'en suis pas loin, tant la réminiscence de mon vécu est bouleversée. Souvent en évoquant les hommages rendus, ma mère veuve à 28 ans, me confiait son désarroi d'avoir dû les supporter alors que c'est dans la plus stricte intimité qu'elle aurait voulu pouvoir faire son deuil et criez à l'assemblée de se retirer immédiatement. Personnellement toujours et sans bien sûr vouloir en quoi que ce soit contester le brio classique de l'écriture, j'en voudrais à mort à celui qui oserait commettre pareil texte comme éloge funèbre tant à l'un de mes proches qu'à moi-même surtout avec le quatrain du milieu qui est l'exemple type de ce que j'appellerai du voyeurisme absolu et honni :

Autour du trou béant nous formions un grand cercle ;
Les cordes ont grincé, j'ai détourné les yeux,
Et puis la terre a fait du bruit sur le couvercle,
Et des mains m'ont conduit hors de ces tristes lieux.

Ma voix est peut être discordante, mais elle existe hélas et n’a pu s’empêcher de s’exprimer.
Ma cotation puisqu’il en faut une et au risque de me répéter ne concerne en rien l’écriture, la forme qui à mon sens touche à une quasi perfection, c’est la démarche tellement consensuelle du partage de la peine qui avec un tel talent d’écriture aurait pu…

   stony   
31/10/2013
 a aimé ce texte 
Bien
Les plus grandes douleurs seraient les plus silencieuses ?
Certes, la pudeur de l'intimité sied sans doute au respect et au recueillement, mais pour ce qui me concerne et aussi curieux que cela puisse paraître, je considère qu'un texte littéraire, et peut-être en particulier un poème, relève de l'intime, fut-il lu par des millions de lecteurs. Pour cette même raison, je considère qu'il n'y a pas le moindre prosélytisme à exposer sa foi dans un poème, ni aucun abaissement moral à exposer la douleur. Dans son poème, l'auteur est chez lui, la porte entrouverte, et si le lecteur se sent voyeur, il n'a qu'à passer son chemin.

Rien de dérangeant donc, pour moi, quant au fond.

Concernant la forme, j'ai un goût assez modéré pour les inversions, du moins celles qui me paraissent un peu forcées par la recherche d'un lyrisme à tout prix et davantage encore par la recherche de la rime. Ca démarre donc assez mal avec le premier vers et même le premier quatrain tout entier.
Dans ce contexte, le prosaïsme des premier et dernier vers du deuxième quatrain, qui n'ont en eux-mêmes rien de déshonorant, me paraissent intrus dans l'ensemble, remarquant par ailleurs qu'ils entourent une nouvelle inversion au deuxième vers de ce même quatrain, inversion qui d'ailleurs engendre une incertitude grammaticale un peu gênante, même si l'on construit le sens sans peine.
Nous retrouvons encore une telle inversion au premier vers du quatrième quatrain. Ca fait beaucoup, trop pour moi.

J'en ai fini avec les "reproches" et si je n'ai pas encore évoqué les troisième et cinquième quatrains, c'est que je les trouve magnifiques et qu'ils expliquent à eux-seuls que j'aie passé un bon moment à la lecture de votre poème.

Les plus grandes douleurs ne sont pas toujours les plus silencieuses et les moins silencieuses ne sont pas toujours les moins célébrées :
http://www.youtube.com/watch?v=3rLjzT9aNEc

   Mona79   
1/11/2013
 a aimé ce texte 
Beaucoup
J'ai beaucoup aimé ce poème. Triste, morbide, sans doute -même s'il transmet la note d'espoir véhiculée par la Foi- mais la douleur est bien là, présente et immuable pour les humains que nous sommes. Merci Miguel.

   Marite   
1/11/2013
 a aimé ce texte 
Bien
Plusieurs fois je suis revenue sur ce poème Miguel ... impossible de trouver les mots, trop de souvenirs ont afflué surtout à la lecture de la troisième strophe. Merci à vous car je sais combien il est difficile de coucher sur le papier ces moments.

   Ioledane   
1/11/2013
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Voilà un texte qui oscille entre de jolies trouvailles (vers 4, 7, 8, 17) et des clichés (titre, vers 1 à 3, 13 à 16, 18), ces derniers étant d’autant plus dommageables que la plume est fluide et solide.

Un coup de cœur particulier pour les vers 7 et 8.

Les vers 15 et 16 m’ont un peu gênée, au niveau du sens : le souvenir des instants s’envole de la froide cendre ?

L’ensemble reste néanmoins de qualité, à mes yeux.

   pieralun   
2/11/2013
 a aimé ce texte 
Bien
Un cinquième quatrain, peut être au style suranné, nous rappelle que Miguel est capable des plus beaux élans poétiques.
Quatre vers magnifiques de rythme, de souffle et de sonorités.
Je ne retiens que ceux là Miguel, ce n'est pas vraiment toi qui a écrit ceux qui le précédent.

   HELLIAN   
2/11/2013
Micuel, je vous salue,

Désolé que je suis de ne pouvoir commenter votre poème qui exprime avec dignité la souffrance d'un deuil provoqué parla perte de la personne aimée.

Je suis aux prises, ici, avec une question prégnante de l'écriture poétique, celle du sujet intime. Il y a grosso modo deux types de poésies, celle qui fait objet d'une réalité extérieure et celle qui parle de soi-même. Votre récit me semble relever de la seconde espèce et je ne me vois pas en mesure d'exposer un sanglot, fût-il retenu et sublimé, au dérisoire de ma critique. Je ne peux juste qu'évoquer cet strophe dérobée à François de Malherbe (Stances à duperrier) :

Mais elle était du monde, où les plus belles choses
Ont le pire destin ;
Et, rose, elle a vécu ce que vivent les roses,
L’espace d’un matin.

Bien cordialement

   hanternoz   
3/11/2013
 a aimé ce texte 
Bien
Un beau poème, mais un tel sujet est un challenge.
Pour ma part c'est assez réussi, je trouve.

cloué dans le premier vers me dérange, j'aurai préféré couché ou posé

Et puis la terre a fait du bruit sur le couvercle,
en remplaçant "et puis la" par "un peu de" , vous évitiez la répétition de Et en début de deux vers.

L'ensemble propose tout de même une lecture agréable, surtout la fin du poème.

Bonne journée.
Hz

   David   
5/11/2013
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour Miguel,

Il y a une vigueur, une révolte aussi dans le ton et dans la syntaxe, comme dans : "Le soleil est pour moi comme s'il n'était pas." ou "Et puis la terre a fait du bruit sur le couvercle", "J'aimais sentir son souffle à mon souffle mêlé… ". Il reste surtout présent la "peine de mort", le deuil qui semble tomber comme une accusation, un châtiment, avec "L'aimais-je donc si mal, qu'elle s'en est allée ?" mais le poème va surmonter cela dans ses vers, tissant de souvenirs en souvenirs : "J'aimais... J'aimais... " un chemin pour accepter le décès parmi les vivants, le "Dors en paix" renvoie aussi à celle de celui qui reste, la paix n'a de sens que dans son partage. Il reste aussi dans ce poème sur la mort comme un défi à la vie qui fait "battre le cœur", pas sûr que les lois de la seconde y répondent plus que la première. La fin comme le titre du poème garde le ton du "prétendant", le vœu d'aimer toujours peut-il côtoyer celui de ne plus jamais aimer.

   Tilikum   
9/11/2013
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour, je trouve le 3ème couplet particulièrement poignant. C'est pour moi le plus beau. Bravo pour ce texte beau et douloureux.

   fugace   
10/11/2013
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Ce poème dit tout sur la disparition d'un être aimé.
Le 3° quatrain est d'une vérité renversante, poignante. Il se suffit à lui-même.
Il n'en demeure pas moins que tout est bon dans ce texte qu'il faut "oser", même si la période de la Toussaint est d'actualité.
Il n'y a pas de saison pour le chagrin.
Merci Miguel de cette authenticité.


Oniris Copyright © 2007-2018