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Poésie libre
Miguel : Promenade [Sélection GL]
 Publié le 09/08/18  -  14 commentaires  -  1014 caractères  -  214 lectures    Autres textes du même auteur

Une méditation sur l'esthétique des vieux cimetières.


Promenade [Sélection GL]



J’aime, au pied des cyprès, flammes noires,
cet escarpement de tombeaux ;
ces sarcophages anguleux,
ces infimes enclos à la grille lépreuse,
ces épitaphes délavées
qui désormais nous disent seulement
qu’aux mains du temps le marbre est sable,
ces élans de flèches gothiques,
dérisoires efforts pour égaler en leur stature
les sombres gardiens de ces lieux.
Çà et là, les puissantes poussées d’une nature indifférente
ont ébranlé la base et descellé tout l’édifice :
agonie d’un tombeau.
Ou bien le tertre herbu, sépulture du pauvre,
s’est effacé au fil des ans et des tempêtes,
comme si l’humble mort eût emporté dans son non-être
la trace même de ses jours.
Partout la mousse, la rouille, les croix penchées et vermoulues...
Mais, mon âme, quelle revanche,
entre la courbe austère d’un cyprès
et l’orgueil érodé d’une colonne,
que cet arpent d’azur où l’éclat du soleil
répand son glacis d’or !


 
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   Vanessa   
25/7/2018
 a aimé ce texte 
Passionnément ↑
Bonjour,
Vous donnez vie à ce cimetière.
Vous l'avez sculté et en avez fait une oeuvre d'art.
"qui désormais nous disent seulement
qu'au mains du temps le marbre est sable "
...
Vous terminez ce poème en nous inondant de lumière.

"Mais, mon âme, quelle revanche,
entre la courbe austère d'un cyprès
et l'orgueil érodé d'une colonne,
que cet arpent d'azur où l'éclat du soleil
répand son glacis d'or. "

J'admire et me délecte.
Félicitations.
:-)

   papipoete   
29/7/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
libre
Ce pourrait être moi qui tiens la plume, car cet endroit m'est familier ( non pas pour les enterrements ) mais pour l'atmosphère qui règne en ces vieux cimetières ! Nul Malin dans ces allées que la nature reprend peu à peu, ou près des grands caveaux ébranlés, autour des pierres tombales qui perdent au fil du temps gravures et fines sculptures !
NB vous dirigez la visite avec force détails, qu'un " promeneur " dans la lune ne saura pas voir, entre mousse et serpents de lierre !
La majestueuse sépulture de " grands " n'écrase plus l'humble tombe, et son gothique n'est comme la croix rouillée, plus du tout flamboyant !
" l'orgueil érodé d'une colonne ", que cette image est parlante !
très beau !
papipoète

   Eclaircie   
31/7/2018
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour,

Un titre "banal" dans le sens anodin, une présentation qui oriente cette promenade,
et un poème vraiment bien fait.
Bien sûr le poème commence par "Je" et ce "Je" se retrouve en fin de texte
par contre, je n'ai pas trouvé le verbe de "mon âme", peut-être n'y en a-t-il pas ? Est-il nécessaire ce verbe ? (je Me pose la question)


Un fin tableau de la société au travers de cette promenade finement détaillée.

Merci du partage,
Éclaircie

   Cyrill   
9/8/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour Miguel,
Est-ce parce que, partout où je vais, j’aime rencontrer ces cimetières abandonnés que j’ai aimé votre poème ?
Je les ai pris maintes fois en photo mais n’ai jamais songé à en faire un poème… Je serais presque jaloux de celui-ci ! Tant est juste la description et sont élégants les mots, avec ce qu’il faut d’émotion (« J’aime », puis « mon âme ») pour faire ressentir la douceur et la beauté des lieux.
Merci pour ce partage.
Cyrill

   hersen   
9/8/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Ah, Miguel, magnifique lecture !

Je mets enfin des mots sur ces cimetières dont certains paraissent quasiment abandonnés que j'aime à visiter.

l'ambiance est exactement rendue, le champ lexical est riche et...la fin, lumineuse !

Merci de cette lecture !

   Hananke   
9/8/2018
Bonjour

Mais qu'ont donc les auteurs de poésie pour fréquenter autant
les cimetières ? Moi-même leur ai consacré quelques textes.

Est-ce un état dans l'état, un port reposant loin d'une mer houleuse ?
Je ne sais mais, toujours est-il, qu'ils ont les faveurs de la lyre poétique.

Cher Miguel, connaissant votre aptitude à la prosodie classique, je prends ce poème comme une trahison où l'on voit bien que vous
n'êtes pas parvenu à vous défaire complètement des liens
de la prosodie.

Bien sûr, d'aucuns trouveront cet ensemble joli et il l'est sûrement.
Ne connaissant pas grand chose à la poésie libérée, je ne mettrai
pas d'appréciations.

   Brume   
9/8/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Miguel

Rien n'échappe au regard du promeneur. Il observe, et c'est avec plaisir que le narrateur se délecte de tout ce qui l'entoure, et c'est contagieux, car la lectrice que je suis se délecte aussi de suivre chaque éléments si joliment détaillés.

Descriptions lumineuses qui nous racontent leur histoire.

Juste je ne comprends pas l'utilisation du point-virgule au second vers.
Tout est si simple, si paisible dans l'écriture. Il y a une réelle harmonie qui fait du bien à lire.

   izabouille   
9/8/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
J'ai bien aimé cette traversée d'un endroit plutôt sombre et décrépi. Comme quoi, même la mort s'érode... Ensuite, c'est la revanche de la lumière. C'est sombre et lumineux, j'ai vraiment apprécié.

   Mokhtar   
10/8/2018
 a aimé ce texte 
Passionnément
Le marbre, le granit, et le fer…Pauvres essais misérables de l’homme pour maintenir trace de son passage. Morts bientôt, eux aussi, la tombe devenue sable, et l’acier devenu rouille. Imitant l’homme redevenu poussière, dont l’orgueil de subsister est vain.

Ainsi que des Anubis veillent les « cyprès, flammes noires…sombres gardiens de ces lieux » : superbe !

Comme l’homme, le minéral est rongé, ébranlé, descellé par le temps et la maladie. A l’image de sa vie, le pauvre voit son tertre symboliser l’insignifiance de sa destinée. (On aurait aussi pu mettre un « de » à la place du « dans » devant « son non-être »).

Le soleil, éternellement renouvelé, s’immisce pour instiller la vie revancharde entre les ruines de nos vanités terrestres. Pour le glorifier, l’auteur apostrophe son âme. Pas par hasard. Car de ce texte transpire une spiritualité ostensible.

Mais que c’est bien écrit. On a là une des pattes qui font la valeur du catalogue de ce site.

   Damy   
10/8/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Je viens un peu tard pour vous présenter mes éloges qui rejoignent celles des autres et je ne saurais être très original en rapport. Ce qui me frappe dans les cimetières c'est que les différences sociales s'expriment jusque dans la mort. Mais je me régale de lire les noms patronymiques gravés sur les tombes retraçant l'histoire locale.

J'aimerais, Miguel, que vous éclairiez ma lanterne sur cette image dont je ne saisis pas bien le sens dans le texte:
"quelle revanche
que cet arpent d’azur où l’éclat du soleil
répand son glacis d’or "!

En vous remerciant

   placebo   
11/8/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
De jolies images visuelles, parlantes.
Les autres ont relevé mieux que moi ce 'je' et 'mon âme' qui a un parfum ancien pour moi.
Beaucoup aimé.
Bonne continuation,
placebo

   Willis   
12/8/2018
 a aimé ce texte 
Pas
Le thème est morbide.
L'impression que ce texte me donne, est une prose infligée. Sans doute est-ce le fait d'avoir lu d'autres textes de votre plume.
Des images tristes, parfois "lourdes" que vous avez tenté d'égailler par cinq " lignes " qui déparent le récit. Car il serait mensonger de dire que c'est mal écrit. Je vois cela comme un essai non concluant.
Le lecteur que je suis, serait ravi d'avoir votre étoffe, mais ici, vous vous êtes quelque peu découvert.

   koko   
12/8/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
J'ai comme vous beaucoup apprécié cette « Promenade » contemplative de l'"impermanence" des êtres et des choses et de la Nature reprenant ses droits sur eux... malgré le chemin cahoteux.
Il suffisait pourtant de peu pour le rendre confortable, par la parité du mètre réduite à deux mesures, celles du iambe.
Avec votre permission...

J'aime, au pied des cyprès, ( statiques ) flammes noires,
cet escarpement de tombeaux ;
ces sarcophages anguleux,
ces infimes enclos à la grille lépreuse,
ces épitaphes délavées
qui ( ne ) disent ( plus ) désormais
qu'aux mains du temps le marbre est sable,
ces élans de flèches gothiques,
dérisoires efforts pour ( gagner la ) stature
(d)es sombres gardiens de ces lieux.

Ça et là,
les puissantes poussées d'une nature ( libre )
ont ébranlé la base ( inclinant ) l'édifice ( ... )
( et c'est l' )agonie d'un tombeau.
Ou bien le tertre herbu, sépulture du pauvre,
s'est effacé au fil des ans et des tempêtes,
comme si l'humble mort eût ( fui ) dans son non-être
la trace même de ses jours.

Partout la mousse,
partout la rouille,
les croix penchées et vermoulues...
Mais, mon âme, quelle revanche,
entre la courbe austère d'un ( vaillant ) cyprès
et l'orgueil érodé d'une colonne ( antique ),
que cet arpent d'azur où l'éclat du soleil
répand son glacis d'or ( sur la mort et la vie ) !

   lucilius   
12/8/2018
 a aimé ce texte 
Pas
Sublimer un endroit où "la mousse, la rouille, les croix penchées et vermoulues" s'alignent, est plutôt original, encore faut-il que le sens de cette sublimation soit développé.

Je débute par une énumération : "j'aime, au pied des cyprès, flammes noires, cet escarpement de tombeaux ; ces sarcophages, anguleux, ces infimes enclos à la grille lépreuse, ces épitaphes délavées… ces élans de flèches gothiques… etc...".
OUI, mais pourquoi ?

Et ça repart de plus belle : "partout la mousse, la rouille, les croix penchées et vermoulues…". On reprend de plus belle pour y opposer une âme (immatérielle et purement spirituelle) qui prendrait sa revanche ? Quel rapport avec le titre "promenade" ? Je trouve l'extrapolation excessive.


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