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Poésie classique
Miguel : Quand des Grâces j'étais chéri…
 Publié le 29/06/21  -  10 commentaires  -  894 caractères  -  214 lectures    Autres textes du même auteur

Tout en nous vieillit, sauf le cœur.


Quand des Grâces j'étais chéri…



Si j’ouvrais la cage aux pensées
Qui chantent sous mes cheveux blancs,
Vos rebuffades courroucées
Me figeraient dans mes élans.

Votre prompte et juste colère
Me laisserait le cœur brisé,
Et je n’aurais pour tout salaire
Que le regret d’avoir osé.

J’avais autrefois plus de chance…
Plus d’une, en des jours plus heureux,
Ne reçut point comme une offense
Mes empressements amoureux.

Si vous aviez vu ma figure
Quand des Grâces j’étais chéri,
J’ose croire que l’aventure
Vous eût davantage souri.

Mais vous avez bien mieux à faire
Que d’écouter, même un instant,
Ces radotages de grand-père
Sur ce vieux timbre chevrotant.

Volez où l’amour vous appelle,
Savourez ce bonheur sans frein,
Et laissez-moi, ma toute belle,
Ma nostalgie et mon chagrin.


 
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   socque   
14/6/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup
"Marquise, si mon visage
A quelques traits un peu vieux,
Souvenez-vous qu'à mon âge
Vous ne vaudrez guère mieux..."

La muflerie en moins, votre poème m'évoque ces vers de Pierre Corneille (plus tard Brassens les a mis en musique et leur a adjoint une réponse imaginée de Marquise)... Chez vous je lis de l'élégance dans le dépit du narrateur, et j'applaudis les deux premiers vers que je trouve très représentatifs du ton général du poème.
Le rythme léger d'octosyllabes adoucit à mes yeux la cruauté du sujet, donne un recul bienvenu ; l'aigreur sous-jacente affleure en doux-amer et le dernier quatrain m'apparaît exemplaire.

Je salue aussi les rimes sans sophistication, mais pas banales pour autant (à part heureux/amoureux que je trouve rebattue) : celles des trois derniers quatrains sont tout simplement parfaites à mes yeux pour le propos !

Vraiment, du beau boulot pour moi.

   Myo   
16/6/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Et oui, le temps passe et la conquête est moins aisée...
Mais, c'est connu, "l'essentiel est invisible pour les yeux", cela vous laisse une chance.

Un poème bien mené, des octosyllabes qui me semblent respecter les règles du classique.

Un brin de nostalgie, une pointe d'humour et un soupçon de fatalisme assaisonnent justement ces réflexions.
Un thème proche de celui de la magnifique chanson de Serge Reggiani " Il suffirait de presque rien"

Merci du partage

En EL Myo

   Castelmore   
29/6/2021
 a aimé ce texte 
Passionnément
Tout est juste dans ce poème !
Le ton, le rythme, la construction... tout concourt à prendre le contrepied du badinage... tout en badinant ...
Les octosyllabes sont d’un choix très heureux .
Ce grand-père n’est plus chéri des Grâces ... mais sa Muse est toujours à ses côtés !

Savoureux, merci Michel

Castelmore
PS : j’ai compté ... recompté ... un seul cœur... un seul amour !

   Vincendix   
29/6/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour Miguel,
Que c'est bien dit mais je sens tout de même quelques regrets bien légitimes.
C'est vrai qu'il faut "essayer" de compenser la baisse sensible du capital physique par la beauté et la bonté de l'âme... Et puis ne pas trop se regarder dans un miroir!
Vincent

   papipoete   
29/6/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonsoir Miguel
Dans ma tête, j'ai encore " toute ma tête " et si j'osais ouvrir la cage de mes pensées ( qui toujours papillonnent), vous me renveriez là où est ma place à présent, à l'auberge de mes souvenirs... Ah. Si vous saviez le succès que j'avais avec les femmes !
NB un thème un million de fois traité, mais qui germe toujours au bout de la nostalgie !
" être et avoir été " face à la dure réalité de la vieillesse quand ça " travaille " toujours ! Mais pour celui qui " n'a jamais été... "
Que vienne à passer un jupon et " cheveux gris " n'en peut plus ; c'est tellement pathétique !
Pour cela, la seconde strophe est fort lucide et le final, dans l'esprit du héros avec lui me réconcilie !
De beaux octosyllabes ( je suis jaloux ! Non, juste un peu triste...)

   Cristale   
30/6/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
"Quand des Grâces j’étais chéri"
Ah oui! quand même ! ^-^-

J'aime ce langage bon chic bon genre où le verbe et la syntaxe soulignent la belle éducation. Ainsi les octosyllabes dévoilent un discours empli de désapointude*.
Et oui, le coeur aime pareillement à vingt ans qu'à cinquante ou quatre-vingts. C'est juste l'enveloppe qui a changé, pas ce qui se trouve à l'intérieur, même si la machine est un peu usée les sentiments et le désir continuent de caresser l'âme.

Et j'aime beaucoup ce poème.

Merci Miguel.
*ne cherchez pas, ce mot n'est sur aucun dictionnaire, sauf le mien :)

   emilia   
30/6/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Un nouvel opus sur la nostalgie de la jeunesse fanée et du chagrin ressenti, pour un plaidoyer attendrissant sur ce qui semble perdurer malgré tout : l’éternelle jeunesse « des élans du cœur » quand s’ouvre « la cage aux pensées… »

   jfmoods   
1/7/2021
I) L'aveu détourné d'un désir inavouable

1) Le recours au mode hypothétique

L'utilisation du conditionnel présent ("Si j’ouvrais", "figeraient", "laisserait", "aurais") permet de ne pas heurter trop violemment l'interlocutrice.

2) Chronique d'un échec obligé

Le séducteur met en scène la réception particulièrement défavorable de l'aveu (groupes possessifs : "Vos rebuffades courroucées", "Votre prompte et juste colère").

II) Le portrait d'un tombeur invétéré

1) Un tableau de chasse bien garni

Les deux litotes ("Plus d’une", "Ne reçut point comme une offense") trahissent les nombreux succès amoureux (mais aussi la grande fatuité) de notre séducteur.

2) Un plaidoyer un peu pitoyable

La beauté passée ("Quand des Grâces j’étais chéri") et l'hypothèse d'un regard jadis favorable (conditionnel passé : " Vous eût [...] souri") invitent la femme à l'indulgence.

III) Un recul salutaire sur la situation présente

1) Un séducteur non dénué d'humour

Le regard porté par le locuteur sur lui-même n'est guère flatteur (groupes démonstratifs : "Ces radotages de grand-père", "ce vieux timbre chevrotant").

2) Un appel au carpe diem

Le comparatif ("vous avez bien mieux à faire / Que d’écouter") et les impératifs ("Volez", "Savourez", "laissez-moi") poussent à profiter pleinement de la jeunesse.

"Cueillez dès aujourd'hui les roses de la vie"... avec un autre ? Le lecteur demeure circonspect. Ce texte en trois parties n'est-il pas l'argumentation particulièrement retorse d'un vieux beau prêt à tout pour parvenir à ses fins ? L'entête du poème, propos généralisant qui s'apparente à une maxime ("Tout en nous vieillit, sauf le cœur."), pourrait en tout cas le laisser penser.

Merci pour ce partage !

   Hiraeth   
2/7/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Le regret d'avoir osé ? Ce n'est pas très réjouissant ! Mais mieux vaut ça que le regret de n'avoir rien tenté...

Comme d'habitude j'admire vos vers bien frappés, qui suintent le classicisme dans l'esprit tout autant que la forme.

La cage aux pensées qui chantent sous les cheveux blancs, c'est joli. Le poème n'en demeure pas moins très triste, même si on sent également quelque chose comme une résignation apaisée. A chaque époque de la vie ses forces et ses faiblesses : la jeunesse peut se faire aimer mais ne sait guère écrire, la vieillesse ne peut plus se faire aimer, mais sait écrire et méditer.

La jouissance du chant vient remplacer celle du corps. Ou plutôt, ne reste que la jouissance du chant, amplifiée par des décennies d'expérience. Pas sûr qu'on gagne au change (la vieillesse reste un naufrage), mais il y a là indéniablement une forme de consolation.

   Virou64   
17/9/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup
J'aime beaucoup le rythme de votre poème, sa fluidité. Les octosyllabes s'enchaînent sans accroc, sans aspérités et chaque quatrain se lit en un seul souffle. Ce rythme me semble bien traduire la lassitude et la résignation du vieil homme.
"Il faudrait que l'envie s'en aille avec le pouvoir" me confiait un vieux voisin il y a quelque temps. Votre poème illustre bien ce qu'il devait ressentir.
Bravo pour ce beau poème classique, sans faille, "techniquement", à mes yeux de néophyte.


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