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Poésie classique
Miguel : Timothée
 Publié le 14/01/14  -  10 commentaires  -  1058 caractères  -  253 lectures    Autres textes du même auteur

Je donnerai des explications sur la genèse de ce texte s'il est publié. Mais je pense que pour mériter de l'être, un poème doit se suffire à lui-même et pouvoir fonctionner de manière autonome.


Timothée



Il était allongé, la face vers l'azur,
Poignant gisant de chair dans son voyage obscur.
Il n'avait point perdu, dans l'ultime détresse,
L'éclatante beauté qui parait sa jeunesse ;
Un reste de sourire éclairait ses traits doux,
Mais il était déjà parti bien loin de nous.
Le sang ne courait plus dans ses membres inertes ;
Le regard avait fui ses paupières ouvertes ;
L'âge ne sait jamais que blanchir nos cheveux :
Tant nous vieillit la mort qu'elle blanchit nos yeux.
Ces hommes dont la vie est d'œuvrer pour les nôtres,
Soldats dont l'arme sauve en miracles d'apôtres,
N'eussent pas plus peiné pour leurs propres enfants.
Nous implorions le Ciel pour les voir triomphants,
Mais déjà l'ange noir avait fait son ouvrage.
Les yeux rougis de pleurs, les traits durcis de rage,
Ils rangèrent leur trousse et maudirent le sort ;
Ils avaient échoué, Timothée était mort.
Un mois… c'était hier. Timothée, ombre chère,
Aujourd'hui c'est Noël et je pense à ta mère.


 
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   Robot   
30/12/2013
 a aimé ce texte 
Bien ↑
J'ai perçu des élans hugoliens dans ce texte brut (peut-être en raison de cette rédaction en alexandrins rimés 2 à 2 successivement) Ce poème révèle sans fard et sans pathos une tragédie. Un texte presqu'intemporel et sans lieu mais qui provoque par sa simplicité une troublante émotion.

   Hananke   
2/1/2014
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
Joli poème sur ce jeune soldat mort au champ d'honneur.

Quelques beaux passage :

L'âge ne sait jamais que blanchir nos cheveux :
Tant nous vieillit la mort qu'elle blanchit nos yeux.

Quelques passages plus obscurs à mon goût :

Poignant gisant de chair ...
Soldats dont l'arme sauve en miracles d'apôtres

Peut-être une virgule après poignant éclaircirait le vers ?

N'eussent pas plus peiné : dès l'instant que les trois vers
comprenant cet hémistiche sont au présent, je ne sais saisis pas
bien le temps du verbe avoir : n'aurait pas plus peiné ?

Malgré ces quelques broutilles le texte reste intéressant
à lire.

   socque   
4/1/2014
 a aimé ce texte 
Bien
J'ai hésité à commenter ce poème qui me paraît issu d'une douleur intime, un deuil devant lequel des remarques littéraires peuvent paraître inappropriées, voire brutales. Mais je me dis que vous avez choisi de le soumettre à une évaluation sur Oniris, site littéraire, non sur un site de témoignage ; c'est donc sous l'angle esthétique que je me permettrai d'aborder ces vers, en vous priant d'excuser ma franchise si elle vient exacerber une souffrance personnelle.

Des vers qui dans l'ensemble m'ont plu, que j'ai trouvés à la fois simples et intenses. Point n'est besoin de grands mots pour exprimer, c'est ce que je pense et qu'à mon avis vous illustrez bellement. J'ai particulièrement aimé
"L'âge ne sait jamais que blanchir nos cheveux :
Tant nous vieillit la mort qu'elle blanchit nos yeux."
Le texte, à mes yeux, n'est pas non plus exempt de clichés, tels le gisant de chair, le voyage obscur, l'ultime détresse, l'éclatante beauté, les membres inertes ; du reste je trouve le début trop chargé en adjectifs, cela, à mon avis, a pour effet paradoxal d'affadir le propos.
Je trouve bien meilleure que le début l'évocation des hommes des services de secours qu'on voit renoncer, la rage au cœur, à conserver Timothée en vie ; cette partie, pour moi, est poignante et sonne particulièrement vrai.
Les rimes, dans l'ensemble, m'ont paru solides mais peu inventives. Il est vrai que, au vu du sujet, une débauche de virtuosité serait sans doute de mauvais goût.

   Anonyme   
14/1/2014
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Salut Miguel. Très beau texte issu d'une grande plume classique mais ça nous le savions déjà.

Quelques vers hors pair comme ceux qui suivent...

L'âge ne sait jamais que blanchir nos cheveux :
Tant nous vieillit la mort qu'elle blanchit nos yeux.

Je ne vois pas Timothée en tant que soldat mais plutôt en victime d'un accident... de la route ou de la vie plus simplement.
Qu'importe, le tableau que dessinent ces vers est sobre, grave et poignant à la fois... Merci Miguel.

   Marite   
15/1/2014
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
" Il était allongé, la face vers l'azur,
Poignant gisant de chair dans son voyage obscur.
Il n'avait point perdu, dans l'ultime détresse,
L'éclatante beauté qui parait sa jeunesse ; ..."

Et voici que, dès les premiers vers, s'ouvrent les portes d'un récit poétique, court certes (j'en aurais bien lu davantage) mais si bien écrit que j'ai eu le sentiment de retrouver Victor Hugo.
Tout y est harmonieux, les sonorités, le rythme, les rimes ... des vers qui peuvent s'inscrire dans notre mémoire sans effort et que l'on prend plaisir à redire, à haute voix.

   Anonyme   
15/1/2014
Salut Miguel

Le thrène est un exercice périlleux.
Il faut savoir, comme dans ce poème monolithique, susciter l'émotion sans créer le malaise.


Le choix des rimes plates est ici très pertinent. Dans le contexte, elles ne sont pas monotones et confèrent au propos beaucoup de retenue.

Perso, j'aurais laissé un espace après :
"Tant nous vieillit la mort qu'elle blanchit nos yeux."
Il y a en effet une charnière à cet endroit du poème.
De même aurais-je isolé les deux derniers vers.
Mais je comprends ton choix du monolithisme dès lors qu'il apporte en gravité.

Puissent ces beaux vers atténuer le chagrin de la maman de Timothée.

   Folibri   
17/1/2014
 a aimé ce texte 
Bien
"Soldats dont l'arme sauve en miracles d'apôtres" me paraît biscornu, dommageable, mais j'ignore peut-être quelque syntaxe miraculeuse !
"Timothée était", cela se fait, bien sûr, mais l'hiatus sonore ne régale pas l'oreille et fracture le rythme. — Précisons : oui, les plus grands poètes n'ont sans doute qu'à peine considéré l'hiatus sonore tant la liberté de la forme poétique contraignante manquait de concurrence. Mais aujourd'hui, la poésie classique entrant en compétition avec bien d'autres formes, il ne suffit plus de dire "je peux faire fonctionner cette poésie", mais "je peux la faire fonctionner dans une mesure supérieure" ; l'hiatus visuel (et donc également sonore) est prohibé en poésie classique, soit… Il faut élision fictive pour permettre à deux sons voyelles de se toucher à la frontière de deux mots. Mais cela ne donne pas raison à l'usage de tout hiatus, cela n'est rien d'autre que le moyen choisi par le classique pour permettre l'usage de l'hiatus et d'augmenter ainsi la diversité des sons en poésie, de permettre de ne pas éviter cette musique déjà présente en toute diérèse. Hiatus sonore composé de deux sons voyelles identiques, voilà tout ce que je reproche à "Timothée était". —
"Aujourd'hui c'est Noël et je pense à ta mère" : l'on se doute, je me doute que le ton du poème est grave, mais ce vers m'a malheureusement amusé, comme les terribles paroles d'une chanson de mauvais goût, prétendument banlieusarde mais composée dans un hôtel quatre étoiles. — J'édite ici mon commentaire afin de l'éclaircir quelque peu : imaginez le dernier vers saisi hors contexte, imaginez-le ! Imaginez le tenir pour propos auprès de quelque personne méconnue ; ce serait fâcheux, n'est-ce pas ? —

Il y a cependant de très beaux vers et de jolies formules ; je ne crois pas que l'auteur ait besoin que je les relève pour s'en rendre compte, mais je le pourrais faire.

   Ioledane   
17/1/2014
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Un texte rédigé d’une très belle plume, fluide, ne versant pas dans un pathos débordant - et d’autant plus touchant.

Après une longue description, l’apparition de « Ils », puis du prénom du défunt, puis du « je » tout à la fin, permet un vrai crescendo de l’émotion, très bien amenée.

Bien aimé cette réflexion au passage : « L'âge ne sait jamais que blanchir nos cheveux / Tant nous vieillit la mort qu'elle blanchit nos yeux. ».

Un peu perplexe cependant quant au vers « Soldats dont l'arme sauve en miracles d'apôtres », alambiqué et obscur.

« Peiné » me paraît un peu faible au vers suivant, j’aurais mis « souffert ».

Une belle lecture en tout cas, impactante, et qui donne envie d’en savoir plus comme l’incipit semble le promettre.

   wancyrs   
20/1/2014
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Salut Miguel,

Quand j'ai lu ton texte pour la première fois il y a quelque jours, à cause de Timothée et apôtres quelque part dans le texte, j'ai cru que tu faisais allusion à Paul, Saul de Tarse dans ses écrits bibliques. Il a fallu le forum pour que je me retrouve un peu, je l'avoue. Vibrant hommage, et chaque vers, chaque mot est à sa place dans ce texte. Je partage ta peine et celle de la mère du jeune homme, car il n'y a pas plus grande peine que d'enterrer ses enfants.(Edition, je m'étais mal exprimé, merci à Folibri d'avoir relevé.)

Wan

   Anonyme   
5/2/2014
 a aimé ce texte 
Bien ↑
J’ai eu plaisir à lire ce texte et je rejoins le commentaire de en soupçonnant que l'empreinte d'un certain Victor Hugo se dissimule entre les lignes.


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