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Poésie classique
Miguel : Triste [Sélection GL]
 Publié le 17/08/12  -  15 commentaires  -  1261 caractères  -  261 lectures    Autres textes du même auteur

Lyrisme, élégie. Le cri de détresse d'un cœur exilé, dans la tradition classique.


Triste [Sélection GL]



Ah ! prête-moi ta plume, Ovide, mon ami,
Pour dire une misère à la tienne semblable,
Et la soif du pays, et l'ennui qui m'accable,
Et ces cieux sous lesquels je ne vis qu'à demi.

Hélas ! loin du rivage où courut mon enfance,
Entre le bleu du ciel et le bleu de la mer,
De l'exil à présent je bois le vin amer :
Contre l'ire des dieux, c'est peu que l'innocence.

Et toi, bel horizon de vigne et de cyprès,
Dont je croyais jouir jusqu'à mon heure ultime,
Je me fusse écrié : "Mais pour payer quel crime ?"
Si l'on m'eût dit qu'un jour je te regretterais.

Or, c'est là seulement la moitié de ma peine :
L'autre me vient de ce Tartare où je me vois ;
Les villes sans soleil, l'hiver de douze mois,
Et cette étendue âpre où le vent se déchaîne.

Ici, même juillet ne va point sans rigueur ;
Comme ils sont loin, ces jours dont chaque heure était belle !
Ce bonheur d'autrefois, que rien ne me rappelle,
Son souvenir pourtant ne quitte pas mon cœur.

Tout me navre, si loin de la terre que j'aime.
Oh ! si l'on me disait, pour me mieux retenir :
"Quand tu la reverras il te faudra mourir",
J'y voudrais courir tout de même !


 
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   merseger   
22/7/2012
 a aimé ce texte 
Bien ↑
La pensée est limpide si le thème de l'exil n'est en rien original. Mais pourquoi tout un chacun n'éprouverait-il le besoin d'exprimer ce sentiment . L'auteur le fait ici dans une forme très aboutie, avec une noblesse de ton qui convient bien à l'élégie, même si la forme classique, comme souvent, lui confère un hiératisme qui éteint quelque peu la vibration.
Je relève malgré tout un ou deux points qui m'ont gêné :
quelques images un peu convenues :
"Ah ! prête-moi ta plume,...De l'exil à présent je bois le vin amer...Comme ils sont loin, ces jours dont chaque heure était
belle !..."
Au vers 14, une césure qui tombe entre le démonstratif et le nom déterminé, l'inversion du pronom personnel du vers 22 qui paraît un peu artificielle car ne se justifiant pas par la prosodie (L'ordre syntaxique courant me semble plus fluide), une cohérence discutable peut-être due à la construction des vers 19/20 dont la syntaxe me paraît peu élégante :"Ce bonheur... son souvenir..."
(pour moi le possessif est en cause)
Au total de petites mises au point qui ne gâchent pas un beau poème exprimant une souffrance morale réelle.

   socque   
26/7/2012
 a aimé ce texte 
Bien
Je ne déteste pas la rupture de rythme apportée par le dernier vers, elle est expressive, apporte un plus au poème à mon avis.

Sinon, un mouvement classique, des rimes solides mais pas très inventives selon moi ("la mer"/"amer" par exemple, et "enfance"/"innocence" use d'une association d'idées un peu trop évidente à mon goût) : le poème sert bien son sujet, mais sans plus, il n'y a pas de beauté fulgurante, me semble-t-il. De l'honnête ouvrage, ce qui est déjà appréciable !

   Pimpette   
27/7/2012
 a aimé ce texte 
Beaucoup
je pense à Du Bellay...
C'est bien musiqué et ce théme arpenté mille fois ne mannque pas de charme...je pense que c'est parce qu'il est sincère et aussi parce que les images sont à la fois simples et significative...L'auteur ne cheche pas à faire'joli'.

"Entre le bleu du ciel et le bleu dela mer"

"Les villes sans soleil l'hiver de douze mois"

L'évocation d'Ovide m'avait fait peur, peur de m'ennuyer et pas dutout;
C'est élégant et sans recherche. Epatant!

   Anonyme   
18/8/2012
 a aimé ce texte 
Beaucoup
On dirait le poème d'un jeune instituteur muté dans le ch'nord.
Dans la même veine qu'un amour perdu, on a ici une belle plainte sur les terres natales que l'on rappelle comme pour conjurer le sort de l'implacable "loin des yeux, loin du cœur".
Manque peut-être d'un peu de candeur pour qualifier ce texte d'élégie, mais le lyrisme, par contre, enveloppe avec justesse ce petit chant d'amour parfaitement dosé dont la clarté n'est pas le moindre des atouts. Tout tombe sous le sens.
Toujours de belles références : Ovide, Tartare.
La contrainte liée à l'exil n'aura pas eu que du mauvais. Et pour quelqu'un qui ne vivait "qu'à demi".. Pas mal.

   Anonyme   
17/8/2012
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour Michel !
"Quand revoiray-je, hélas, de mon petit village
Fumer la cheminée et en quelle saison
Revoiray-je le clos de ma pauvre maison,
Qui m'est une province et beaucoup d'avantage ?"
Ton magnifique poème c'est Du Bellay "modernisé", tout au moins c'est ainsi que je l'ai ressenti !
Lyrique, élégiaque ou que sais-je, pour moi il est tout simplement de la fort 'bel ouvrage', un poème intemporel qui s'applique aussi bien aux siècles passés qu'à notre époque.
Je n'avais pas lu aussi beau depuis fort longtemps et je le dis sans flagornerie aucune !

   stony   
17/8/2012
 a aimé ce texte 
Passionnément ↓
Étant parfaitement inculte, je serais bien incapable de rapprocher votre écriture d'une autre.
Mais que me chaut ? Celle que je goûte ici est la vôtre.
Elle est de bien belle facture
et je n'en ferai point caricature.
Je la prends pour découverte
Moi, qui suis encore si verte.

Le ton est certes très soutenu, lyrique, mais il ne s'en dégage aucune impression de grandiloquence, à cette seule exception près, mais notable, du vers 8 : "l'ire des dieux" est en excès, selon mon très humble avis. C'est dommage, mais ne ternit qu'un tout petit peu le très grand plaisir que j'ai ressenti à la lecture de ce texte.

   Marite   
17/8/2012
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Très beau vraiment et il me prend l'envie de faire miennes les trois premières strophes : les mémoriser en souvenir d'un époque assez lointaine car elles reflètent tout à fait le trouble qui envahit les coeurs des "exilés" aux premiers temps du déracinement.
Les trois strophes suivantes n'ont pas provoqué le même ressenti en moi. Elles m'apparaissent plus "modernes" en dépit de cette allusion au Tartare.
Une très agréable lecture poétique.

   Charivari   
17/8/2012
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour. Une poésie très maîtrisée, dans la forme, dans la structure... Un peu trop maîtrisée peut-être à mon goût, car rien ne nous surprend, les images sont assez conventionnelles, impersonnelles. Bref, c'est une poésie objectivement très bien ecrite, mais qui, hélas, ne m'a pas vraiment touché.

   TheDreamer   
17/8/2012
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Un beau poème nostalgique qui dit le mal du pays…

Une belle musicalité se fait entendre dès le premier vers et l'on sait que le poème la prolongera jusqu'à la fin (excepté le dernier vers en octosyllabe qui tombe coupe un couperet : "j'y voudrais courir tout de même », vers plus court pour accélérer le rythme du pas et le retour ?)

J'ai longtemps ressenti ces sentiments que vous décrivez à partir de votre seconde strophe : habitant depuis 23 ans au Pays Basque, ma Lorraine natale me manque.

   Arielle   
18/8/2012
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Un pur plaisir de langue ce vin de l'exil !

Un de ces poèmes hors d'âge dont le bouquet flatte l'oreille avec tant d'élégance qu'on hésiterait presque à le dater d'aujourd'hui.

La noblesse de ses références, de ses formulations (l'ire des dieux, juillet ne va point sans rigueur, tout me navre) a le charme fou d'une marquise poudrée dont le dernier vers et sa rupture de rythme serait la mouche sur la joue qui rehausse la perfection de son teint.

Je suis sous le charme mais pas vraiment émue ...

   pieralun   
19/8/2012
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Il est vrai que ce texte n'est que peu émouvant par le message qu'il véhicule. L’expression de la souffrance appartient effectivement à notre passé poétique et semble aujourd'hui décalé.

En revanche, l'écriture! quelle écriture! et ça c'est émouvant!
Michel trouve parfois des accents, des vers, des strophes entières, qui sont de la poésie à l'état pur, mêmes s'ils nous renvoient au romantisme, au lyrisme, peu importe:

- Or, c'est là seulement la moitié de ma peine : sans déc' ça n'a pas une sacré gueule ça?

- Ici, même juillet ne va point sans rigueur ; et ça?

- Contre l'ire des dieux, c'est peu que l'innocence.

- Oh ! si l'on me disait, pour me mieux retenir :
"Quand tu la reverras il te faudra mourir",
J'y voudrais courir tout de même !

je ne veux pas apparaitre dithyrambique, mais je suis certain que nous trouverions tous ces passages parfaitement à leur place dans les plus beaux de nos poèmes classiques.

   David   
30/8/2012
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour Miguel,

Un sentiment-titre que le poème révélera plus comme une émotion assez violente, puisque la mort pour la résoudre est même envisagée à la fin, même potentiellement, un peu comme les ados qui mettent du "à mort" partout, pour jouer au foot ou qualifier l'ennui, mais dans un cadre de nostalgie, ça élève mieux l'expression bien entendu. Il y a quelque chose d'irréelle quand même dans cette description de la terre quittée, les souvenirs sont souvent plus fait d'émotions justement que de faits, que penser des :

"Comme ils sont loin, ces jours dont chaque heure était belle !"

C'est encore dans l'exagération, comme cette fin, et surtout en lisant j'ai pensé aux poèmes lus sur les retours d'exil, sur la confrontation entre les images gardées en tête et ce qui se trouve là réellement au retour, comme un "revers de la médaille" à ce bon sentiment nostalgique quelques fois.

   Mona79   
14/9/2012
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Les vers semblent couler "de source" fluides et sans à-coups. C'est de la poésie comme je l'aime, romantique et belle dans sa simplicité.

Seul le second vers de la 4ème strophe m'a un peu accroché l'oreille par la césure après le ce : "L'autre me vient de ce/ Tartare où je me vois ;" mais ce n'est pas une faute en soi, le vers n'est pas bancale, cela lui enlève seulement un peu de sa continuité et de sa souplesse. C'est là un petit détail.

Le dernier vers, avec ses 8 pieds, est une trouvaille bienvenue qui accentue l'effet de chute. Bravo !

   stellamaris   
28/9/2012
 a aimé ce texte 
Passionnément
La poésie classique dans toute sa splendeur ... On peut la lire en se laissant bercer par le rythme, sans faire vraiment attention au sens mais plutôt au sentiment de douce nostalgie qui s'en dégage, comme tel qui, sur la plage, se laisse bercer par le son des vagues ... Et, au dernier vers, on est réveillé par la coupure de rythme qu'introduit ce vers court, ce qui est un effet ici particulièrement réussi ! On peut aussi apprécier les nombreuses références littéraires, la beauté des images, la pureté de la langue ...

Ce qui me séduit le plus dans ce texte : Si l'on change la présentation typographique pour le présenter en paragraphes et non en vers, on obtient une prose rythmée absolument parfaite, sans la moindre inversion de termes, solecisme ou autre figure de style plus ou moins douteuse justifiée exclusivement par la nécessité de se plier à telle ou telle exigence prosodique. C'est là un tour de force qui est, à mon sens, la marque d'un grand, très grand poète.

Avec toute mon amitié.

   CharlesVerbaud   
20/10/2012
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
Une belle plume qui malheureusement tombe dans certaines facilités. Ne serait-ce que la rime mer/amer, et les syntaxes inversées "de l'exil à présent je bois le vin amer".
La brusque irruption de l'octosyllabe au dernier vers est d'un effet saisissant, comme un pied de nez, par le fond et la forme, à tout l'argumentaire développé en alexandrins.


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