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Poésie néo-classique
Miguel : Un beau rêve
 Publié le 19/07/21  -  15 commentaires  -  1605 caractères  -  266 lectures    Autres textes du même auteur

Tout est dans le titre…


Un beau rêve



J'errais seul dans la nuit sur la plage déserte,
Le long des flots plaintifs promenant mon ennui.
Les regards dans la vague et la pensée inerte,
J'errais seul dans la nuit.

Sur l'immensité sombre et mouvante des ondes
L'œil révulsé du ciel jetait peu de clartés,
Et dans l'opacité des ténèbres profondes,
On ne distinguait pas les deux immensités.

Soudain, m'apparaissant comme dans une gloire,
Ô splendeur inconnue aux regards d'ici-bas,
Un ange radieux surgit de la nuit noire,
Illuminant mes pas.

En la voyant, je dis : « Est-ce déjà l'aurore ?
Phébus apparaît-il à mes yeux éblouis ?
Pourtant l'étoile au ciel… Non, il est nuit encore,
Les noirs brouillards ne se sont pas évanouis. »

Nos pas s'étant rejoints, nous fûmes face à face.
Nous demeurions, tous deux, muets, sans mouvement,
Comme si nous étions des figures de glace,
Et pleins de feu, pourtant.

Oh ! que n'avons-nous pas échangé sous la lune,
Pour avoir seulement laissé parler nos yeux !
Mais bientôt, comprenant qu'elle était importune,
Celle-ci se cacha dans un recoin des cieux.

Un pas de plus fut fait. Qui le fit ? Je l'ignore.
Son haleine m'effleure et mes sens éperdus
Cèdent au chaud baiser qui déjà me dévore.
Après, je ne sais plus.

Lorsque je m'éveillai, j'étais seul sur la plage ;
Nulle trace de pas à ma proximité.
Je n'avais qu'en rêvant rencontré ce visage,
Et le regard divin qui m'avait enchanté.


 
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   Lebarde   
1/7/2021
 a aimé ce texte 
Bien
Rencontre « amicale » sur la plage au clair de lune qui sait se faire discrète au moment opportun, en se cachant « dans un recoin des cieux ».
Un rêve qui se confond peut être avec une réalité.

De belles images, un beau texte plaisant et délicat qui échappera au classique pour quelques petites anomalies insignifiantes ( rimes, césures ) que les spécialistes pourront détailler.
Dommage pour les répétitions. Entre autres « nuit » (4 fois), immensité (2 fois).

En EL
Lebarde

   socque   
2/7/2021
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Voilà une belle ampleur d'expression à mon avis, des vers bien balancés qui m'ont fait voyager ; j'ai suivi le narrateur sur cette plage déserte où les belles rencontres intenses ne sont que des rêves. Intéressant, me dis-je, ce rythme de quatrains avec alternance d'alexandrin et d'hexasyllabe en vers final... Cela me paraît marquer une rupture illustrant l'hésitation entre réalité et rêve.
Les rimes manquent d'inventivité à mes yeux, sans sombrer dans le cliché ; honnêtes, quoi.

   Cristale   
20/7/2021
 a aimé ce texte 
Passionnément
Un tout petit problème de concordance entre deux rimes que je ne citerai pas pour laisser une chance de correction qui permettrait à ce poème de rester dans la catégorie choisie. Un pluriel suffirait:
https://www.bonjourpoesie.fr/lesgrandsclassiques/poemes/charles_baudelaire/la_cloche_felee

Pourquoi ? Parce que j'aime ces alexandrins joliment déclinés sur une histoire romantique d'un onirisme délicat. Le rythme plus court en hexa toutes les deux strophes ajoute à la musicalité de l'ensemble.
Cela rejoint mon univers poétique bien agréablement.
Cristale
en E.L.

Edit : au vu de certaines interventions contradictoires concernant mon commentaire, je confirme ma conviction inébranlable de la rime fautive "ennui/nuit" en classique, signalée par d'autres commentateurs. Je me ferai plaisir de développer si Miguel ouvre une discussion sur son texte.

   Provencao   
10/7/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup
" Oh ! que n'avons-nous pas échangé sous la lune,
Pour avoir seulement laissé parler nos yeux !
Mais bientôt, comprenant qu'elle était importune,
Celle-ci se cacha dans un recoin des cieux. "

J'ai bien aimé ce quatrain ayant pour vocation à révéler le mystère . Votre poésie confie des mirages pour se tenir à l’écoute de l'importune de l’échange.
Ressentir en poète, c’est écrire et songer dans l’espoir de l’invisible....

Au plaisir de vous lire
Cordialement

   Eskisse   
19/7/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Miguel,

Une scène de rencontre fantastique, douce et fluide, placée sous le signe de la gémellité ou du double " deux immensités", " tous deux, muets sans mouvement", " nos pas s'étant rejoints", thème clé du fantastique qui dit bien ici cette union rêvée.
J'ai bien aimé aussi l'opposition glace/ feu pour dire la sidération et la passion.
Une très agréable lecture.

   Beaufond   
19/7/2021
Vers exquis de douleur, profonds, nocturnes, taciturnes, nés et mourant dans un murmure.


Il faut bien des rires pour supposer que nuit et ennui rimeraient au pluriel et non au singulier, avec pour argument d'autorité les vers d'un poète ouvrant son recueil de poésie faisant rimer houka et délicat.

Merci pour ces strophes classico-romantiques parfaitement noyées dans un rêve.

   Hiraeth   
19/7/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Très beau texte que ce récit d'une lutte nocturne avec un ange, dont on peut gager qu'elle s'est terminée cette fois par quelque chose de plus agréable qu'une hanche déboitée.

Les vers sont fluides et simples et certains contiennent de vraies belles trouvailles. L'hétérométrie fonctionne bien. J'eus préféré ceci dit que le poème finisse sur deux vers moins explicites (on devine bien que ce n'était qu'un rêve avec les deux premiers de la dernière strophe), voire laissant planer le doute sur la réalité de la rencontre. En l'état ils n'apportent rien au poème, et donnent l'impression de le finir parce qu'il faut bien le finir. Mais le reste demeure excellent.

   papipoete   
19/7/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
bonsoir Miguel
Au loin, sur la crête de l'onde, je ne distinguais plus le jour se couchant ni la nuit se levant, quand m'apparut une ange... Il vint sur moi déposer ses ailes, et me prenant dans ses bras, je m'engaillardis...c'était merveilleux, quand ouvrant les yeux, je réalisai avoir fait ce rêve dont j'eus tant voulu qu'il fut réalité !
NB on fait des cauchemars d'où l'on sort en sueur, exténué et des rêves que l'on voudrait reprendre au début pour en savourer à nouveau les délices...
Connaissant le penchant de l'auteur pour le Ciel et son Roi, je vois bien que l'objet de ce rêve n'est pas de chair, et féminin comme moi pauvre pécheur l'imagine...( je revois ma mère à travers vos lignes, que la foi illuminait... jusqu'à son dernier souffle ; mais pas du tout " grenouille de bénitier ", simplement habitée par Dieu et les siens. )
la seconde strophe jette le décor, avec ces deux immensités, dont on ne discerne pas l'une de l'autre.
dans la 5e, où les " figures semblent de glace, en plein feu pourtant " l'atmosphère fantastique est aussi bien rendue !
je poserais un bémol sur la conjugaison, dans l'avant-dernière strophe mais me garde de vérifier votre prosodie, qui sans doute ne pêche aucunement ?
mais un texte agréable à lire dans l'ensemble.

   Davide   
19/7/2021
Bonjour Miguel,

Un thème maintes fois traité en poésie, l’exposé du rêve, le saisissement du poète devant l’invraisemblable et sa beauté, et, enfin, sa résolution : le réveil du narrateur. Sauf que, la plupart des poèmes exploitant cette thématique n’utilise pas un titre qui nous spoile déjà tout – en nous spécifiant qu’il s’agit bien d’un rêve... Mais bon, de toute manière, l’incongruité de la scène – un homme rencontrant un ange en se promenant la nuit sur la plage –, nous amène rapidement, nous lecteurs, sur la piste onirique.

En fin de compte, je trouve un peu dommage de n’avoir pas fait de ce poème une sorte de conte de fées, de n’avoir pas fait perdurer la magie de cette rencontre jusqu’au dernier quatrain. Pourquoi le narrateur devrait-il se réveiller et désamorcer la crépitation émotionnelle qui s’était délicieusement posée sur le rivage des vers précédents ? L’écriture est d’un beau classicisme, assurément, mais il m’a manqué d’être secoué, émerveillé par cette rencontre du troisième type. Un poème à peine trop poli à mon goût, un peu trop bridé, trop confortable. Cela dit, j’avoue avoir commencé à frétiller sur les quatrains 5 à 7, élégants, mystérieux à souhait, en particulier sur l’avant-dernier, très joli, rehaussé par un présent de narration bien circonstancié qui rend tout à coup l’action très réelle, très vivante. J'aime beaucoup l'effet.

Ah oui, j’ai un peu tiqué sur certains passages, deux en particulier, mais rien de bien méchant : le vers 7, d’abord, avec cette "opacité des ténèbres profondes" pléonastique, trois longs mots, étirés sur un vers entier, et qui veulent tous dire exactement la même chose. Ensuite, le ton du quatrième quatrain sonne trop théâtral à mes oreilles pour apparaître entre guillemets ; j’ai du mal à imaginer le narrateur, quel qu’il soit, s’exprimant naturellement en ces termes : "Phébus apparaît-il à mes yeux éblouis ?". De nos jours, on dirait plutôt : "Put***, c’est quoi ce truc ?". M’enfin, soyons sérieux, il doit bien y avoir un juste milieu entre le vulgaire et le cérémonieux, n'est-ce pas ?

Enfin, je me trompe peut-être, mais je ne comprends pas bien ce qui retient ce poème de figurer en classique. En effet, concernant la traditionnelle rime "ennui"/"nuit", le Sorgel l’autorise tout à fait en poésie classique ; et, à ce sujet, il me semble tout à fait explicite (p. 27 de son traité) :

"La consonne d’appui est infiniment plus importante que la consonne finale qu’on ne prononce pas. C’est pourquoi, dans ce cas, la règle des équivalences [consonnes équivalentes] peut ne pas être appliquée."

Il poursuit en donnant cet exemple : "En effet, sang rime plus parfaitement avec blessant qu’avec rang ou flanc."

A ce titre, je ne vois pas ce qui interdirait la rime "ennui"/"nuit" de figurer dans un poème classique, du moins sur Oniris, où le traité de Sorgel fait loi.

Le vers 16, quant à lui, doit être lu en trimètre : "Les noirs brouillards // ne se sont pas // évanouis."

Bon, voilà, il ne m’a pas manqué grand-chose pour vraiment apprécier cet élégant poème, sans doute un poil de liberté en plus ; c'est trop sage. Finalement, je ne sais pas trop quoi mettre comme note, et qui synthétiserait convenablement mon ressenti, peut-être autour de bien ↓, mais je me sens trop "déchiré" entre divers ressentis pour trancher ; je préfère donc m’abstenir.

   Provencao   
22/7/2021
2eme lecture sur cette poésie

A l'errance de la nuit, votre poésie et le mystère s'unissent. Cet oeil révulsé du ciel ne se donne -t -il pas à apparaître en un beau rêve, tel un ange radieux où se blottit le secret?


N’est-ce pas dans l’orbe de la pensée que la poésie et le mystérieux entrent en duo authentique ? J'ai été très sous le charme de cet écrit....un véritable coup de coeur. Merci Miguel.

Au plaisir de vous lire
Cordialement

   Bellini   
20/7/2021
Bonjour Miguel,

Un pas de plus fut fait. Qui le fit ? Je l'ignore.
Son haleine m'effleure et mes sens éperdus
Cèdent au chaud baiser qui déjà me dévore.
Après, je ne sais plus.


C’est pourtant simple : si vous vous êtes réveillé en planant à quelques centimètres du sable, c’est que l’ange s’est fait la malle avant la fin. Un peu comme le type qui fait des pompes sur la plage et à qui son pote dit : « te fatigue pas, elle est partie ! »
Il y a tout de même un érotisme quelque peu débridé dans ce contact avec l’ange métaphorique ! Je ne suis pas un spécialiste des Saintes Écritures mais tout ça est-il bien chrétien ? :)) Doit-on demander à Dieu ou à Freud ? J’ai l’impression que c’est un peu le bordel dans vos souvenirs de catéchisme…

Sinon, c’est beau comme du Chopin sur une plage de Majorque, après qu’il fût viré de son lit cartusien par George Sand.
J’ai remarqué aussi que dans les rêves il y a beaucoup trop d’allumeuses. Il paraît qu’on ne peut jamais tomber d’une falaise et se voir mourir. Ben là c’est pareil, le touche-pipi c’est bien le maximum que vous pouviez en tirer.

Les modulations de la voix me paraissent ici plus féminines que masculines, mais bon, les anges étant asexués, sauf pour votre touriste, je ne vois pas d’inconvénient à les rendre hermaphrodites. Est-il vrai que l’Enfer est pavé de bonnes intentions ?

Je suppose que vous n’avez pas osé proposer ce texte en classique avec la rime ennui/nuit, évidemment non conforme. Je regrette pourtant de le retrouver dans cette catégorie néo-classique, vaste tri non sélectif où il pourrait bien avoir trop de mauvaises fréquentations.
Du Miguel formaté à la tentation non aboutie du pêché :)) Ne craignez rien, pas besoin de faire des économies pour payer vos indulgences. Je vous absous :)

Bellini

   Ascar   
20/7/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup
J’ai bien aimé cette confusion rêve/réalité sur le thème de LA rencontre fortuite. Les vers s’enquillent naturellement pour livrer l’histoire. Les images sont belles et projettent un décor, une ambiance de circonstance.
C’est plutôt agréable de se mettre à la place du narrateur 😉

Merci pour ce beau moment d’évasion.

   myndie   
20/7/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Miguel

Je me suis laissé porter par la grâce de votre poème et le charme qui s’en dégage.

Sur la forme, pas de trouvailles ou d’innovations poétiques particulières : les jolies images :
« le long des flots plaintifs promenant mon ennui
Les regards dans la vague et la pensée inerte »
alternent avec d’autres plus convenues :
« Et dans l’opacité des ténèbres profondes »

mais comme cette histoire est joliment contée ! Votre plume est élégante ; j’en aime le raffinement et le rythme qu’elle impulse à vos vers (« Un ange radieux surgit de la nuit noire
illuminant mes pas »)

Un beau rêve dit le titre, moi j’y vois plus que cela : une rêverie subtile portée par un souffle romanesque et un rien suranné.
En conclusion, j’ai lu et relu votre poème avec beaucoup de plaisir.
Merci pour le partage.

myndie

   emilia   
22/7/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Une scène nocturne au bord de la plage propice au rêve et à la rencontre inattendue, dont on partage l’ambiance bien rendue sous la lune au portrait métaphorique « l’œil révulsé du ciel », quand « un ange radieux » apparaît (aux contours féminins), illustrant l’oxymore d’un amour impossible entre la glace et le feu dans un irréel baiser dévorant, laissant le narrateur à son enchantement romantique… ; merci pour cette charmante lecture au rythme musical apprécié…

   dom1   
1/9/2021
 a aimé ce texte 
Vraiment pas ↓
On s'ennuie, en effet...

Le style est classique, ce qui est dit tout autant.
Un poème du siècle dernier revisité.
Ou alors, l'ennui en est le thème, auquel cas, c'est réussi...


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