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Poésie libre
MissNode : Les saisons du Temps [concours]
 Publié le 05/05/22  -  6 commentaires  -  3992 caractères  -  44 lectures    Autres textes du même auteur

Et puis l'éternité.


Les saisons du Temps [concours]



Ce texte est une participation au concours n°32 : Le temps dans tous ses états
(informations sur ce concours).






tellurique sol, de paysages gorgé… notre Terre nourricière

les bois de l'automne frissonnent de leurs mille feuilles
à perte de vue les pompons des châtaigniers, poumons des collines
la brume rampe aux champs de maïs noirs de froid
à quand les labours
à perte de vue les sillons de la terre et ses vagues

la brise molle glisse sur les cimes aux feuillées nonchalantes
le silence est de brume
notre balade automnale est en paix
rouges les érables

une pluie fine murmure
dans le brouillard le muret brille de sa lauze
les paquets d'eau du ciel jettent au sol les couleurs
l'automne a vieilli

et puis l'éternité
de l'éphémère danse
la vie la mort la vie


***

le pays sous une froide pleine lune, sa lumière argentée sur Terre
un glacier bleu de froid, le vent perce les rochers striés des fissures du gel
une giclée d'éclairs blancs, des squelettes gesticulants sur le ciel violet
l'arbre passe au noir quand l'hiver dénude ses membres

un mistral agressif mugit et secoue les nerfs, l'âme est en apnée
la voix du vent hurle, parfois l'air est coléreux, nettoyant la terre
le vieil arbre fier est tombé depuis la falaise
le vent est assassin

le cerisier tout nu, seule une guirlande jaune au long du tronc illumine l'ombre
la lumière est dorée sur les feuilles de l'érable
feu dans la froidure
le lichen sur les chênes, peau verte pour leur hiver, mitaines et bas

la mousse est gelée, sous les bois crissent les pas
temps d'hibernation
la terre est en gestation mais les temps gelés se délitent
matrice de germes

et puis l'éternité
de l'éphémère danse
la vie la mort la vie


***

goûter le printemps, visiter les floraisons
le guide est l'oiseau

notre voyage en eaux claires est une purification des os
la glace est fondue
c'est le printemps des forêts
les chants des piafs au lieu des mots soulagent l'aigreur
lâcher la rancœur dans le bain de verdure
le massage des mélodies

le rosier en arcade, ses fleurs en pluie dans la brise sont un rappel de tendresse
la féminité des tulipes en bouquet serrées pomponnées de roses
la balade vers mai, quand les coquelicots frétillent sur le bas-côté
la voûte des feuillées, la lumière émeraude filtre sous les châtaigniers

lieu de charme et d'eau, la rivière ici s'ébroue du fond de son lit
sur la roche ensoleillée de blancheur, l'écume
des gerbes d'eau en vol, quand les canards jouent en rivière
la frivolité

et puis l'éternité
de l'éphémère danse
la vie la mort la vie


***

un matin d'été, à l'heure où le vert se met aux cigales
là-bas déjà, canicule
au potager l'arrosoir en pluie murmure la chaleur promise
au jardin le chèvrefeuille et les roses vont s'entremêlant
au bassin grenouilles et libellules en contemplation

cette odeur d'orage nous offre la pluie d'été parfumée d'herbes
enfin la fraîcheur
c'est inattendu, la neige sur les bambous, l'hiver sur l'été

au crépuscule chaud pas même le chant des oiseaux
entre chien et loup
le foin en tas ronds sous les chants pointus des hirondelles
reflets d'or aux champs
puis la nuit noire d'été, une rainette chuinte
saut d'un tendre vert

autant de pétillances bleues dans la fraîcheur des boissons d’été
l’eau est un baptême

et puis l'éternité
de l'éphémère danse
la vie la mort la vie


 
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   Cyrill   
23/4/2022
 a aimé ce texte 
Bien
Un quadriptyque dont chaque saison est présentée sous forme de petites touches successives, que j’ai eu parfois du mal à assembler en des touts ayant une cohérence de style. J’ai plutôt eu la sensation de haïkus mis bout à bout, que j’ai eu des difficultés à lier et me représenter.
J’ai relevé des formules originales :
« la brume rampe aux champs »
« le silence est de brume »
« une giclée d'éclairs blancs, des squelettes gesticulants »
« le lichen sur les chênes, peau verte pour leur hiver, mitaines et bas »
« le guide est l'oiseau »
« la balade vers mai »
« lieu de charme et d'eau »
Je remarque la forme passive de « être » moult fois employée, donnant une impression trop statique. Celle-ci accentuée par le choix d’infinitifs (goûter, visiter, lâcher) et de nombreuses phrases nominales. Ce choix est peut-être sensé représenter ce que l’éternité a d’immobile, je me pose la question.
Le ‘refrain’ m’a séduit, venant comme une ponctuation et liant de l’éternel recommencement. J’ai trouvé curieux, d’ailleurs, mais ça ne ma pas déplu, cet éphémère comme oxymore à l’éternel.

La révolution est achevée, nous avons fait le tour des saisons et des sensations, j’ai ressenti une certaine mélancolie en faisant ce voyage qui nous ramène au commencement. Le thème annoncé me semble bien présent. Je reste, pour ma part, un peu mitigé sur quelques aspects de la composition.

   Donaldo75   
23/4/2022
 a aimé ce texte 
Bien
Ce texte m’a rappelé un tableau de je ne sais plus quel peintre européen – un Allemand ou un Néerlandais je crois, du début du vingtième siècle – où le clair-obscur de la réalité d’un paysage rendait la perception différente selon l’angle choisi par l’observateur. Cela peut paraitre théorique – je viens de lire un poème sur l’espace-temps alors peut-être suis-je encore empreint de la théorie de la relativité générale d’Albert Einstein – mais mon souvenir en la matière ne souffre pas d’un trop plein d’abstraction. Ici, la forme utilisée – au-delà de la mise en page centrée dont je ne vois pas ce qu’elle apporte mais bon chacun ses goûts et ses marottes comme disait ma grand-mère une fière institutrice du Sud-Ouest de la France qui laissait aux autres la liberté de choisir leur conception de l’esthétique tant que ça ne piétinait pas ses rosiers – tient presque de la poésie en prose et utilise les possibilités de découpage du libre pour enrichir le tableau. Un seul reproche cependant : c’est un peu long.

   AnnaPanizzi   
5/5/2022
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour,

J'ai trouvé votre poésie naturiste très bien faite, sur les saisons et le temps qui passe, avec de jolies formules ici et là.

Bravo

Anna

   Queribus   
5/5/2022
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour,

J'ai beaucoup apprécié votre écriture moderne variée même si quelquefois, on a effectivement l'impression de haïkus (ou de formes lui ressemblant) mêlés à des quatrains plus traditionnels. Mais pourquoi pas après tout, ça change un peu du ron-ron classique. Par ailleurs, on trouve tout au long de votre écrit, de très belles images poétiques qui se suivent de façon ininterrompue (il serait trop long de toutes les citer). Le seul (petit) point négatif, que j'ai trouvé à votre poème, c'est la longueur.

Bien à vous.

   papipoete   
5/5/2022
 a aimé ce texte 
Beaucoup
bonjour
Un texte résolument dans le thème, avec cette palette où l'auteur prend toute couleur, en touches délicates pour en faire un tableau écoulant le temps...
NB les quatre saisons en teintes vives, ou tinte une musique que Vivaldi eut aimé à n'en point douter !
Faussement narrative, la toile prend vie de cette façon :
- je rajoute cela
- et là, j'allais oublier !
Comme pour nettoyer sa plume/pinceau, l'artiste pose ce refrain " et puis l'éternité... vie " qui fait vibrer tout sujet dont je ne puis en retenir un en particulier !
" lieu de charme et d'eau... " par exemple me ravit !
de la belle ouvrage !

   Vilmon   
6/5/2022
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour,
J'ai aimé cette énumération d'observations pour chaque saison.
Sons, couleurs, température, brise avec une manière particulière de décrire de façon succincte et précise. Des images originales.
Bravo ! Très bien. :-)
Vilmon


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