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Poésie classique
Nemo : Les maîtres des basses œuvres
 Publié le 15/02/17  -  16 commentaires  -  730 caractères  -  288 lectures    Autres textes du même auteur

“Là où ça sent la merde ça sent l'Être.”
Pour en finir avec le jugement de Dieu (1948), d'Antonin Artaud.


Les maîtres des basses œuvres



Nous travaillons le plus souvent avec aisance
« Où ça sent l’Être » – Artaud déjà le proclamait –
Mais où chacun de nous, même au plus haut sommet,
Vient y faire le don de telle quintessence.

Point n’est ardu de détecter notre présence,
C’est votre nez, non pas votre œil, qui le permet ;
Nous laissons après nous un délicat fumet
Dont la fragrance vainc n’importe quelle essence.

Notre odorant labeur, que l’on doit aux Bretons,
A bien évolué mais nous nous adaptons ;
Nous affinons ainsi l’art de notre pratique.

Or le progrès avance à grands pas ravageurs
Et le tout-à-l’égout clôt la fosse septique !
Déjà sonne le glas des pauvres vidangeurs.


 
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   GilbertGossyen   
25/1/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Voilà un sujet sérieux qu'il est malaisé d'aborder en poésie. Mais vous y arrivez très bien, j'oserais dire, avec aisance. Cela prouve que la poésie peut parler de tout. Bravo pour la forme et pour le fond.

   TheDreamer   
31/1/2017
 a aimé ce texte 
Bien
Pour la forme, rien à redire : un sonnet Peletier dont le thème est pour le moins peu commun : les employés communaux chargés de l’entretien des égouts. Pas franchement ragoûtant, mais, pourquoi pas, d’autres auteurs se sont essayés à des sujets scabreux.

Pour ce qui est du fond, dans ce type de poèmes, on serait en droit d’attendre quelque chose qui rehausse par le verbe l’incongruité du propos, en particulier par un humour bien tourné. Las, l’on reste sur sa faim et le sonnet déroule ses vers sans rien bousculer.

   Arielle   
2/2/2017
 a aimé ce texte 
Bien
L'exercice de style est réussi : aborder un tel sujet en poésie sans se prendre les pieds dedans était une belle gageure !
J'y ai appris que les Bretons sont de grands vidangeurs, merci pour le tuyau !

Le deuxième "nous" du premier quatrain prête à confusion (s'agit-il des vidangeurs ou des vidangés ?)

"Mais où chacun se doit, même au plus haut sommet,
de venir faire don de telle quintessence."

me semblerait peut-être plus clair.

   socque   
15/2/2017
 a aimé ce texte 
Bien
Je n'ai pas commenté ce poème en Espace Lecture parce que je croyais (à tort) en avoir déterminé l'auteur. Il m'a d'emblée bien plu dans son mélange de prosaïque (le sujet) et de préciosité (le champ lexical) ; le contraste ainsi créé me paraît plaisant.

J'apprécie la présence du mot "aisance" à la rime, l'astuce est sympa, l'allusion à notre condition commune, jusqu'aux plus hauts puissants. Comme disait Montaigne : "Sur le plus haut trône du monde, on n'est jamais assis que sur son cul."
Et faut voir ce qu'on y lâche, de ce trône !

Une fois le sujet bien posé et décliné, il est difficile de monter en puissance, cela dit, et les deux tercets, à mes yeux, ne servent guère qu'à clore la forme du sonnet... J'ai le sentiment que l'essentiel est dit avec les quatrains.

Mais les choses sont dites avec humour et netteté, et cela c'est déjà bien suffisant pour moi. Les rimes sont riches, recherchées mais n'ont rien de surprenant. Manque peut-être un peu de folie dans cet écrit que, pour le sujet, je trouve certes teinté d'humour mais sérieux, un peu engoncé dans sa forme peut-être.

   Anonyme   
15/2/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Nemo ! Encore un métier qui fiche le camp... J'ignorais que les Bretons, donc mes ancêtres, étaient à l'origine de cette noble profession d'autant que dans mon enfance c'était le tas de fumier qui faisait souvent office de fosse d'aisance (à la campagne s'entend !)...
J'apprécie la qualité de l'écriture classique, même si les rimes aisance/ quintessence ainsi que présence / essence ne sont pas phonétiquement identiques...
Un très bon sonnet sur un thème qu'il fallait oser traiter... et vous l'avez fait comme personne, pseudo oblige !
Bravo et merci pour le sourire.

   PIZZICATO   
15/2/2017
 a aimé ce texte 
Bien
Le sujet est traité avec humour et finesse.

" Or le progrès avance à grands pas ravageurs
Et le tout-à-l’égout clôt la fosse septique ! " Eh oui, le progrès s'immisce dans tous les domaines.
Il n'y a pas de sot métier, mais plus de métier seaux..

   LenineBosquet   
15/2/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Traiter d'un tel sujet n'est pas donné à tout le monde et vous le faites magistralement grâce à la forme classique de votre poème et à la langue riche, presque précieuse, que vous employez.
Cela crée un décalage fort sympathique entre le fond et la forme, c'est réjouissant.
Merci.

   papipoete   
15/2/2017
 a aimé ce texte 
Bien ↑
bonjour Nemo,
Il faut être " sonnet " pour versifier sur ce parfum que des hommes de l'art reniflent chaque jour, pour gagner une croûte auquel même un assistant parlementaire contribue par son " apport " journalier !
En bon capitaine, Nemo mène sa barque à travers ce dédale d'égouts, que regarde passer le rat, " sceptique " .
Non mais sérieusement, je salue le poète qui porta sa plume au-devant de ceux à qui rarement l'on pense, encore moins d'en ciseler 14 alexandrins !
" Nous laissons après nous un délicat fumet
Dont la fragrance vainc n'importe quelle essence . "
Bravo !

   Tadiou   
15/2/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Ah! Qu'en termes délicats ces choses-là sont dites!

C'est un bien grand mot que "quintessence"; c'est faire beaucoup d'honneur... Pourquoi pas?

Trouvé dans Wikipedia :"Substance éthérée que certains philosophes de l'Antiquité ajoutaient comme cinquième élément aux quatre éléments traditionnels. Littéraire. Ce qu'il y a de plus raffiné en quelque chose, ce qui est l'essence même de quelque chose."

Ainsi penserai-je dorénavant "substance éthérée" et "cinquième élément". J'en suis, à cette idée inattendue, tout esbaudi et j'ai hâte..

Je n'ai pas compris ce que viennent faire (si je puis m'exprimer ainsi) les Bretons ici.

Tout cela est très drôle et assez délicieux....

Bravo!

Tadiou

   Anonyme   
16/2/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Nemo,

Un sonnet qui sent fort l'égout, si je puis m'exprimer ainsi. Mais l'égout tant à la modernité et l'art est affiné.

Bien à vous,

Wall-E

   Cristale   
16/2/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Un fumet aigre-doux, teinté de belles lettres sur les choses d'antan, émane du sonnet. Siégeant sur leurs quatrains, posés comme un bonnet, trônent bien vaillamment deux couples de trimètres.

Sans doute ne fut-il point aisé pour ces êtres qui vidangeaient les pleins en délié benêt de se faire sentir après potron-minet, pourtant en la matière ils étaient de bons maîtres.

Livré sur un plateau, bien en prit à l'auteur de nous remémorer la sainteté d'odeur avec des vers si fins que rien ne les entache.

Quant à la forme, elle est moulée excellemment dans le fond clair-obscur où la plume ne ment,ouvrière elle aussi, si fidèle à la tâche.



L'art est en toute chose, toute chose est de l'art.

L'élégance est au rendez-vous, ici « pince-(nez)-sans-rire, comme toujours.

Bravo et merci Nemo !

   Nemo   
18/2/2017

   Proseuse   
18/2/2017
Bonjour Nemo,

Bon, à chacun s' (é) gouts , le sujet qui vous a inspiré est sans doute, pour vous un challenge audacieux, et le texte, sans conteste, dit bien ce qu' il a dire, malgré tout, vous avouerez que pour le lecteur qui cherche au travers de la poésie à rêver un peu , là , pour lui, c' est raté !
reste à en sourire ...
Je préfère ne pas évaluer, tout compte fait
à vous relire (peut-être) une autre fois

   Anonyme   
18/2/2017
 a aimé ce texte 
Un peu
Le papier se lit très bien avec lequel vous entourez ce que tous les humains produisent.
Le texte est bien léché, mais encore?
J'y trouve peu de poésie, un faire-valoir littéraire, seulement .

   Queribus   
25/2/2017
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour Nemo,

Tout d'abord bravo pour la qualité du sonnet qui témoigne d'une grande maîtrise de la versification (à l'exception des rimes aisance/quintessence, présence/essence (z et C) qui me semblent un peu limite). Pour ce qui est du contenu, j'aurais aimé un peu plus d'humour "qui bouscule" et provoque le rire; vous avez toutefois le grand mérite de vous être attaqué à un sujet inattendu et pas forcément simple à traiter; vous n'en avez que plus de mérite.
En conclusion, je trouve l'exercice plutôt réussi; si vous avez d'autres thèmes de ce genre qui sortent de l'ordinaire, je suis preneur.

Bien à vous.

   Provencao   
15/5/2017
 a aimé ce texte 
Passionnément
L'écriture classique a de cela l' inespéré...Où les fragrances vont ou bon leur semble dans un rythme autorisé sans fissure.
J'adore


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