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Poésie néo-classique
notrac : Je dépose une fleur
 Publié le 28/03/09  -  24 commentaires  -  1676 caractères  -  259 lectures    Autres textes du même auteur

Je me souviens des heures étendues sur l'absence...


Je dépose une fleur



Je me souviens des heures étendues sur l’absence
Qui palpitaient au rythme d’un balancier de sang
Des berges cramoisies de la déliquescence

De ce cœur rescapé
D’un massacre récent

J’imagine le soleil en fixant le plafond
En ma mémoire flottent des épaves d’argile
Un faisceau de morsures inspecte les tréfonds
De mon esprit de glu aux frontières inutiles

Je me souviens du souffle de l’aurore nacrée
Qui venait caresser la dépouille du Temps
De la plaie entrouverte d’une nuit dépecée
Par la lame rouillée du couteau de l’instant

Entre mes doigts de glaise se glisse l’incertain
Mes murs sont poissés des glaires du silence
Dans ma chambre l’oxygène se fait rare ce matin
Et mon âme se drape d’un air de somnolence

Je me souviens des yeux de l’horloge des leurres
Qui fixaient le linceul de l’imagination
D’un spectre d’apparence aux prunelles d’erreur
Arpentant les sentiers de la contradiction

Sur mes joues s’éternisent les larmes de l’errance
Tandis que je m’enivre des vapeurs du présent
À l’aube j’ai emprunté le livre de l’existence
Brûlé entre les cils d’un ciel agonisant

Je me souviens d’un monde aux cernes d’insoumission
Où les plumes étaient toutes poissées de liberté
De cette petite fille au rire d’éventration
À la chambre garnie de poupées édentées

Je me lève et pourtant s’éloigne ma fenêtre
Je repeins les barreaux de mon bagne intérieur
L’amertume dessine les contours de mon être

Sur la tombe de l’espoir
Je dépose une fleur


 
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   Pluriels1   
28/3/2009
 a trouvé ce texte 
Bien +
Toute une folie de mots sur les rives du temps où je suis pris encore pour une nuit au basculant langage...

Une empreinte!

Mes Pluriels (...en 1 la dérivant sur le do et le ré d'un soupir).

   estelane   
28/3/2009
 a trouvé ce texte 
Très bien
De tout beauté !
Lu avec le coeur, ce poème est bouleversant !
Merci Notrac

   xuanvincent   
28/3/2009
 a trouvé ce texte 
Bien +
J'ai bien apprécié ce poème, malgré le côté sombre de beaucoup d'images (comme c'est souvent le cas je crois chez l'auteur).

L'espoir (mais mort...), et une fleur pour cet espoir, malgré tout, pour finir.

Les images, souvent belles et originales, m'ont bien plu. Notamment (parmi celles correspondant à mon goût :

"Je me souviens des heures étendues sur l’absence" ;
"Entre mes doigts de glaise se glisse l’incertain" ;
"Je me souviens des yeux de l’horloge des leurres" ;
"Arpentant les sentiers de la contradiction";

"Sur mes joues s’éternisent les larmes de l’errance
Tandis que je m’enivre des vapeurs du présent
À l’aube j’ai emprunté le livre de l’existence"

"Sur la tombe de l’espoir
Je dépose une fleur"

   Alauda   
28/3/2009
 a trouvé ce texte 
Exceptionnel
Superbe !
Les mots tissent la trame - dense - de la valse triste d'un "cœur rescapé/D’un massacre récent" qui peine à retrouver ses contours.
Sombre réveil, hanté par les souvenirs et l' "aquabon " présent ,
"Un faisceau de morsures inspecte les tréfonds/De mon esprit de glu aux frontières inutiles"

"De la plaie entrouverte d’une nuit dépecée/
Par la lame rouillée du couteau de l’instant"

et cette fin, magnifique :
" Je repeins les barreaux de mon bagne intérieur/L’amertume dessine les contours de mon être/ Sur la tombe de l’espoir/
Je dépose une fleur"
Du grand art et de l'émotion pure...

   isfranco   
28/3/2009
 a trouvé ce texte 
Exceptionnel
Je n'ai que peu de mots devant tant d'émotion... c'est très beau Notrac, du grand toi...

Je me souviens des yeux de l’horloge des leurres...

Et cette fin fantastique...

J'en frissonne, c'est ... au-delà de mes mots

   Selenim   
28/3/2009
 a trouvé ce texte 
Bien +
Un écrit sombre, admirablement servit par des images bien choisies.

Bravo.

Selenim

   Marite   
28/3/2009
 a trouvé ce texte 
Exceptionnel
J’ai lu ce poème Notrac et suis stupéfaite que tout puisse être si justement et magnifiquement traduit. J’aime les deux premières strophes … et aussi « A l’aube j ‘ai emprunté le livre de l’existence »… le simple fait d’avoir pu formuler de cette manière une telle douleur est pour moi le signe que l’espoir n’est pas dans une tombe…

   widjet   
28/3/2009
En terme de musicalité, certains vers passent mieux que d’autres à la lecture (à voix haute). Si j’aime beaucoup la plaie entrouverte d’une nuit dépecée ou des yeux de l’horloge des leurres , mon oreille adhère moins aux Et mon âme se drape d’un air de somnolence , sentiers de la contradiction ou autres petite fille au rire d’éventration (fort dans la symbolique, mais assez disgracieux à l’écoute celui-là).

En revanche, le final est superbe.

Je sais que notre nouveau Maître fait gaffe aux répétitions, alors sans doute le « poissé » répété deux fois est une omission.

Un poème un peu long, tout à fait recommandable, mais j’ai lu bien mieux de Notrac.

W

   FredericBruls   
8/5/2009
 a trouvé ce texte 
Bien
Je n'ai rien à ajouter à ce que Widjet a dit. Des vers superbes, quelques accrocs, et toujours cette voix tremblante et forte à la fois. Mais j'avoue avoir préféré le précédent, même si celui-ci est évidemment très beau.

   hana   
28/3/2009
 a trouvé ce texte 
Exceptionnel
bonjour
plein d'image et d'émotion
que dire, sinon... trop beau et la fin est magnifique !

" sur la tombe de l'espoir
je dépose une fleur"

et comme isfranco; j'en frissonne !
merci notrac ...pour tout ces frissons

hana

   clementine   
28/3/2009
Que dire lorsque tout a déjà été dit?
Je reste une inconditionnelle du style unique et inimitable de Notrac.
Chaque mot, chaque image trouve un écho en moi à chaque fois. C'est toujours puissant, parfois on a le ventre serré tellement l'émotion est grande.
Bravo Notrac et merci de nous faire partager ta vision si sombre et photographique de la vie.

   Anonyme   
28/3/2009
 a trouvé ce texte 
Bien -
J'ai toujours le même problème à la lecture. Je passe d'une image qui me touche, m'émeut, à une autre que je trouve forcée
voire incongrue.
C'est souvent beau, mais cet amoncellement me lasse un peu à force.
La fin fluide passe bien.
"les barreaux du bagne intérieur" fort ça.
"l'amertume dessine..." aussi.
Par contre "le rire d'éventration"...
Merci

   David   
28/3/2009
 a trouvé ce texte 
Très bien
Bonjour Notrac,

Associer la mémoire à une prison ça arrange un mariage à l'oubli et la liberté, genre convenu, un peu forcé, parce-qu'il-le-faut-bien, mais tout les potiers ne sont pas d'accord sur le temps de cuisson.

   FIACRE   
28/3/2009
Je garde " l'horloge des leurres " sans en changer !

   jensairien   
28/3/2009
 a trouvé ce texte 
Très bien
Bien que le commentaire de Bebertlelyonnais n'est pas forcément faux, je trouve ce poème superbe.

   Anonyme   
31/3/2009
 a trouvé ce texte 
Bien +
Un texte qui ne laisse pas indifférent... J'en suis sorti avec un sentiment de malaise difficile à définir entre espoir et désespoir .

   Benway   
3/4/2009
 a trouvé ce texte 
Très bien +
Moi je pense plutôt à un taulard qui regrette un crime innommable. Un meurtrier qui ressasse son crime. Peut-être un père de famille qui pour d'obscures raisons a buté sa famille et qui serait lui même ce "cœur rescapé/d'un massacre récent".
j'interprète à ma façon car tes vers ouvrent un panel de possibilités d'interprétation (un peu comme ceux de David) qui me font penser à la peinture où rien n'est joué au niveau du ressenti.
Moi j'interprète à ma façon et tant pis si ce n'était pas le sujet de l'auteur.
Ton poème me plait comme ça et tant pis si j'ai rien compris.

   colibam   
23/4/2009
 a trouvé ce texte 
Bien +
Comme toujours avec Notrac, les mots sautillent et chantent de vers en vers sans jamais se poser.

J'adore "les épaves d'argile", "les murs poissés des glaires du silence", "qui venait caresser la dépouille du Temps".

Bravo

   nico84   
28/4/2009
 a trouvé ce texte 
Très bien
Je rejoins les commentateurs, c'est un superbe poéme que celui ci, j'adore surtout la fin, profonde, intense et vraie. C'est là que ton écriture me plait, quand l'hermétisme (pour moi) laisse la place à l'émotion. Tu as beaucoup de chose à dire et à écrire.

Là est ton talent. En toute objectivité, j'ai adoré, cj'ai l'impression qu'on fait pas la même chose quand on écrit de la poésie. Tu es à un autre niveau. Bravo.

   TITEFEE   
1/5/2009
 a trouvé ce texte 
Très bien
enfermement au dedans de soi-même au centre même d'un manque évident de liberté. J'ai reçu ce poème comme des réminiscences de la vie du dehors, de la vie d'avant, pour un prisonnier enfermé dans sa cellule. Prison morale ou véridique, tout y est et l'on peut prendre ce qui nous convient au moment où on le lit... Les images ensuite sont les nôtres.

   hevoeh   
8/5/2009
 a trouvé ce texte 
Bien
Selon moi si le poème est réussi cela tiendrait au fait qu'il est surchargé de tellement d'images diffuses, si nébuleuse qu'elles défendent à la raison du lecteur de pouvoir se fixer nulle part et cela pour une fin qui est de retranscrire le brouillard mental dans lequel toi même tu sembles plongé.

   Anonyme   
11/5/2009
J'ai été transporté par ton poème.Cette noirceur effraie quand même un peu, mais cela est si bien écrit.

   Marquisard   
1/6/2009
 a trouvé ce texte 
Très bien
Très beau celui là, déjà lu, j'y reviens, et le ressenti est resté le même. touché.

   Anonyme   
27/6/2009
 a trouvé ce texte 
Exceptionnel
Très beau poème. "Je me souviens des heures étendues sur l'absence" ! et "sur ma joue..." "Je me souviens du souffle de...""Je repeins les barreaux de mon bagne..." Je me sens envahie par une grande émotion et me sent habiter par cette absence... Je lirai vos autres poèmes plus tard...
Mes excuses, j'écris trop vite. Je me "sens" : correction.

[édité par Estelle2L, fusion des deux posts]

 

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