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Poésie néo-classique
notrac : Le miroir d'une île
 Publié le 15/12/08  -  13 commentaires  -  1616 caractères  -  88 lectures    Autres textes du même auteur

L'esprit est un voyage...


Le miroir d'une île



Le ciel métamorphose ses ailes de frimas

En un reflet d’ivoire sur les murs de la ville

Les immeubles

S’ébrouent

En sourdine

Et déjà

S’égarent des colliers de lumière servile

Au carrefour de l’ennui


Le boulevard suspend son regard carié

Aux branches anthracite des platanes errants

Frontières somnolentes

Songes expatriés

S’évapore l’haleine de la bruine éclairant

Le visage de la nuit


Puis l’instant se fiance aux pâles embruns de rouille

Gercés à la lisière d’une plage métallique

Mélancolie

Résonne

L’écho de la patrouille

Liberté ensevelie

Masques électroniques


Les dernières fenêtres se referment à demi

Destination sans pas

Cadence des paupières

Quand l’écrou du silence aux cernes d’infini

Verrouille les passions

Exauce les prières

Du dévot de l’ailleurs


Incendie perpétuel sur l’autel de l’absence

L’espoir se balance au gibet du néant

Quand les trottoirs expulsent des fœtus d’essence

Et que les heures s’enivrent

De cet enfantement

À la lueur d’un cri


L’éternité se farde…


Le mascara des âmes

Déteint sur l’horizon aux promesses d’exil

Dans la cité résonne la toux du macadam

Un nuage se brise


Le miroir d’une île



 
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   Anonyme   
15/12/2008
 a trouvé ce texte 
Bien +
Un retour en force que je salue avec plaisir...

Un texte plus léger, cela tourne bien... Une belle palette de sentiments aussi, bref j'ai aimé.

Ce vers particulièrement

Puis l’instant se fiance aux pâles embruns de rouille
Gercés à la lisière d’une plage métallique

   widjet   
15/12/2008
 a trouvé ce texte 
Bien
Un retour attendu (pour ma part). On est en terrain connu et en l'espace de quelques mots, tournures, métaphores, cette formidable et rassurante impression que l'on s'est quitté la veille. La même apesanteur et aussi...la même incompréhension par instant (j'ai pas changé non plus notrac !). Ca manquait. Vraiment.

Welcome back !

Widjet

   nico84   
15/12/2008
 a trouvé ce texte 
Moyen
Je trouve ton poème encore plus hermétique que d'habitude ou alors c'est moi qui comprends de moins en moins les choses (donc disons pour me rassurer que ce poéme est plus corsé).

Et pourtant je sais bien qu'il y a quelque chose et que ce n'est pas qu'une suite de mots apposés au hasard, ou à l'envie.

Dommage. J'espère que tu m'éclaireras. Le grand voile de l'incompréhension m'empéche de profiter de toute la qualité de ton poème.

   jensairien   
15/12/2008
des poèmes qui sonnent comme des tempêtes, ça doit être ça qu'il nous faut. Je n'ai pas bien compris mais est-ce bien important. Je crois que c'est David Lynch à qui on demandait d'expliquer un de ces films qui répondait "moi même je ne le comprends pas bien". Enfin.
En tout cas ces lignes m'ont évoqué des photographies de La Havane avec des jetées bordées d'immeubles vétustes sous la violence d'un océan déchainé. J'sais pas pourquoi.

   David   
16/12/2008
 a trouvé ce texte 
Très bien
Bonjour Notrac,

"Liberté ensevelie" ça m'a gèné, pas tant le "é en" mais le fait que le vers soit impair sans que je puisse le lire comme je veux, ce "ensevelie" passe mal. Pour le dernier vers par exemple, je le lis comme un vers pair - Lemiroireudunîle - mais c'est plus difficile avec l'autre. Il y a peut être d'autres façons de lire bien sûr, mais le rythme des mots est évident, il n'y manque pas une virgule...

Sinon, la ville en mouvement : immeubles, platanes. Les couleurs improbables : ça doit être un gris ce "reflet d'ivoire" ? "pâles embruns de rouille" aussi. La cité inhumaine se prend d'une toux, "Le boulevard suspend son regard carié", je me dis toujours que tu passes un quotidien par un putain de prisme pour l'écrire de cette façon. J'en ai lu des pires de toi, enfin des mieux j'veux dire, mais c'est toujours fortement singulier, poétique. Une nouvelle promenade incroyable, au bas mot.

   Alauda   
16/12/2008
 a trouvé ce texte 
Très bien +
Très touchée par cette errance en teintes désabusées à l'aube d'un jour déjà saturé de néant où pourtant vient s'ancrer le rêve d'une île.
Quand l’écrou du silence aux cernes d’infini/ Verrouille les passions/Exauce les prières/Du dévot de l’ailleurs

Un regard autre servi par des mots ciselés, précis, percutants.
Une pièce d'orfèvre !

   clementine   
16/12/2008
Notrac va et vient au gré de ses envies/humeurs et lorsqu'il publie, c'est encore meilleur car il nous a manqué.
Toujours ce regard gris, noir, paradoxalement lumineux sur la vie, sur la ville.
Et toujours ce ton, cette liberté de dire la poésie qui, à mon sens font son talent.
Des mots qui frappent, qui secouent, qui adhérent à notre conscient et au plus profond de notre inconscient. Des mots qui nous ressemblent.

"Les immeubles
S’ébrouent
En sourdine
Et déjà
S’égarent des colliers de lumière servile
Au carrefour de l’ennui

Wouaff, c'est du lourd ça! (comme dirait Abd Al Malik)
Bon, ben, à nouveau bienvenue cher Notrac.

   Anonyme   
17/12/2008
 a trouvé ce texte 
Faible
euh... on se perd dans la superposition d'images... trop fréquentes, trop tarabiscotées... texte beaucoup trop emphatique à mon goût... un vrai manque de simplicité.
désolé

   Sallymara   
17/12/2008
 a trouvé ce texte 
Très bien
Il m'a fallu plusieurs lectures pour saisir le sens des métapohores. Au premier abord, je n'ai rien compris. J'ai même failli renoncer. Et puis, comme je suis têtue, j'ai pris mon temps , j'ai pris le temps d'apprécier ce langage certes alambiqués et déroutant, mais finalement très riches de signifiants.

Finalement, ce qui me dérange ou me déroute le plus, c'est la disposition des vers, l'absence de ponctuation (voulue sans doute pour laisser au lecteur la liberté du rythme de lecture), et le fait que rien dans ce poème ne va de soi. Bref, ça demande un effort de concentration. Doit-on s'en réjouir ou blâmer l'auteur?
Moi, je le félicite de s'être torturé les méninges pour nous emmener dans l'inédit.

   Anonyme   
17/12/2008
 a trouvé ce texte 
Bien
Bon. J'aime pas tout mais au moins ça veut dire quelque chose.
Des images très belles, d'autres un peu tarabiscotées-à mon goût-
J'aime beaucoup la première strophe
Par contre j'arrive à l'adjectif carié et j'aime moins
anthracite question d'orthographe? Si adj de couleur pas de s(mais détail)
L'espoir se balance au gibet du néant j'aime aussi
Voilà
donc bien
toux du macadam (oubli )c'est bien aussi ça!

   daphlanote   
4/12/2009
 a trouvé ce texte 
Bien +
Welcome back à ta plume, notrac.

J'aime "des colliers de lumière servile", jolie recherche thématique.
Peut-être un champ lexical banal poru la première strophe. L'ivoire, les ailes, le ciel et la lumière...
Mais, franchement, le noeud de la strophe, il est là :
"Les immeubles
S’ébrouent
En sourdine".
Le reste est totalement superflu dans cette strophe. (Enfin, totalement... j'parle un peu fort, là ^^').

J'aime bien cette idée de boulevard parlant, même si cette histoire de "carié" me refroidit un peu à la seconde lecture.
Les branches anthracites frôlent le lieu commun, mais j'aime bien les platanes errants, ça compense un poil ^^.
J'aime aussi les "Frontières somnolentes" mais, franchement, ces "Songes expatriés" sont une horreur ^^. [Et je gomme les trois derners vers de cette strophe].

"se fiance", c'est horrible, enfin je trouve (même si ça se trouve, je suis juste jalouse, hein XD). "aux pâles embruns" Et là, je me demande où notrac a-t-il rangé son imagination. Par contre, j'aime bien la rouille qui suit, surtout avec la suite métallique. [Et de cette strophe, je ne garderais que le second vers].

"Les dernières fenêtres se referment à demi
Destination sans pas
Cadence des paupières
Quand l’écrou du silence aux cernes d’infini" J'aime beaucoup. Autant je trouve que ça baisse de régime.

"Incendie perpétuel sur l’autel de l’absence" ne me plait pas du tout. Commun, habituel, normal.
"L’espoir se balance au gibet du néant". L'idée est belle, mais je ne trouve pas ça suffisant pour assumer "espoir" (trop/pas assez connoté).
"Quand les trottoirs expulsent des fœtus d’essence". Hem. P'tet un peu... trop philosophico-scientifique que pour que j'y trouve de la poésie. Enfin, je toruve pas ça beau (même si la poésie est loin d'être une affaire de beau).
"Et que les heures s’enivrent" Toujours joli. Même si tu n'as rien inventé.
[Et j'aime définitivement pas la fin de la strophe].

"L’éternité se farde…" Sans les points de suspension, j'adhère, totalement.


"Le mascara des âmes"... j'aime pas les cosmétique (pas là, en tout cas, c'est quasi antithétique sans être oxymore et ça me plaint très moyennement -voir pas du tout-).
"Déteint sur l’horizon aux promesses d’exil". Invitation au voyage ?
"Un nuage se brise" Pourquoi pas. Tu tombes dans le sentimentalisme éhonté, tout de même...

"Le miroir d’une île" *a du mal à voir l'intérêt du dernier vers*.

   craone   
20/12/2008
 a trouvé ce texte 
Bien
Salut Notrac,

Il y a dans ce poème des idées qui font mouche chez moi et de vieux trucs de poètes qui m'endorment.
Les ailes de frimas ou le carrefour de l'ennui c'est un peu usé...
Par contre "pâles embruns de rouille" "l’écrou du silence aux cernes d’infini Verrouille les passions" et surtout " les trottoirs expulsent des fœtus d’essence" et "la toux du macadam" sont très parlant pour moi.
Un grand merci.

craone

   FredericBruls   
8/5/2009
 a trouvé ce texte 
Bien
Etonnant ! Merci en tout cas pour cette balade nocturne dans la cité des rêves. Ne serais-tu pas un peu insomniaque ?

 

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