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Poésie contemporaine
Obi178 : Des poètes maudits
 Publié le 26/12/18  -  4 commentaires  -  1927 caractères  -  87 lectures    Autres textes du même auteur

De l'idée que j'ai pu me faire de quelques oiseaux de passage (du recueil "La voie des rimes").


Des poètes maudits



J’évoque ici l’âme des poètes maudits,
Fils des hommes absents et des trop saintes mères,
Enfants mal préparés aux larges appétits,
Ouvrant des yeux géants et aux vies de chimères.

Ceci pour évoquer les terribles destins
Ou les tristes sorts que ces gueux, au fil des Moires,
Partagent. Ils ressemblent à des clandestins,
Sans pays affectif que leurs tristes mémoires.

Leurs sens sont un peu fous ; et gavés d’absolu.
Ils rêvent toujours des minutes historiques
— Une seconde prise au temps, irrésolu,
Et les voilà donc pétris d’ardeurs homériques.

Leurs goûts sont simples ; et cruels. Et leur langage,
Ceint d’une expérience cardiaque, révéré,
Crée des mondes où l’espace est un bagage ;
Et le silence un art de penser libéré.

Leurs amours sont des filles faciles, à hommes.
Elles n’attendent pas le retour de l’époux.
Elles vont chercher au fond des bourses les sommes
Et les tiennent dans leurs mains, comme des joujoux.

Quant à leurs poèmes, issus de sombres heures,
S’ils insultent cette république des arts,
Écheveau maladroit créant autant de leurres,
C’est parce qu’ils naissent, authentiques bâtards.

Eux, ce sont leurs exploits exempts de lettres mortes,
Enterrés à la sauvette, trop efficients,
Trop fiers d’appartenir à de sombres cohortes,
Qui vont rejoindre d’autres beaucoup trop prescients.

Eux, ce sont leurs césures tridimensionnelles,
Leurs rimes dans le vent sur fond de clair-obscur
Où l’horizon s’éprend de formes rationnelles,
Pendant qu’un écho transcende le tout si pur.

Eux, ce sont de lointains vertiges nés des âges,
Vestiges antiques des cœurs à l’unisson,
Chemins d’éternité répandant leurs messages :
— Et pour les autres, des symboles, un frisson.


 
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   Gemini   
4/12/2018
 a aimé ce texte 
Bien ↓
La prosodie un peu bâclée, notamment dans les césures, hache la lecture, et par là même, parfois, le sens du propos. Il y a, de plus, des constructions de phrase sur lesquelles je m’arrête : « Ouvrant des yeux géants et aux vies de chimères. » (je crois que le « et » devrait relier deux propositions de même nature). Il me semble que dans « destins, sorts et Moires », il y a au moins un mot de trop. Deux fois « tristes » dans le même quatrain v5,8. « Les voilà donc pétris » je pense que « donc » n’est pas de rigueur en poésie. « Leurs amours sont des filles à hommes » n’est-il pas un truisme ? (bien que je reconnaisse que l’auteur se soit fait plaisir dans ce quatrain aux rimes « joyeuses ».
En sus de l’emphase de certains adverbes : « Trop saintes mères, trop efficients, trop prescients, le tout si pur », j’ai trouvé parmi les images certaines un peu outrées « langage ceint d’une expérience cardiaque », et d’autres un peu étranges « Eux, ce sont de lointains vertiges nés des âges » (je ne comprends pas ces lointains vertiges et ne vois pas de quels âges on parle).
J’en ai trouvé, par contre, d’excellentes, trop pour toutes les signaler, cependant la « césure tridimensionnelle » du trimètre est particulièrement savoureuse.
Dommage donc cette prosodie qui rabaisse le sujet (même si l’on peut rétorquer que les poètes maudits sont des décadents), et ce léger excès de lyrisme (ou de fièvre) qui ne le sert pas non plus : il me semble que ces incorrigibles romantiques auraient préféré l’austérité des hommages à l’éclat des louanges.
Enfin, il m’a semblé plus reconnaître Baudelaire que Verlaine ou Rimbaud.

   Queribus   
26/12/2018
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour,

Deux remarques me viennent à l'esprit en lisant votre texte, une positive: l'excellente maitrise de la prosodie et la rigueur de vos alexandrins et une négative: la longueur de votre écrit qui me semble bien trop long mais, bien-sûr, ce n'est qu'une vision personnelles; je pense qu'il aurait fallu quelques strophes de moins. Ceci dit, votre poème est clair et ne nécessite pas plusieurs lectures pour essayer d'y comprendre quelque chose. Le résultat global m'apparait donc plutôt comme positif, ne serait-ce que par le travail qu'il a dû susciter.

Bien à vous.

   PIZZICATO   
26/12/2018
 a aimé ce texte 
Bien
Une vision toute personnelle et explicite du parcours des " poètes maudits ", même si j'ai trouvé un peu shématisés certains passages.

" Fils des hommes absents et des trop saintes mères "
" ces gueux "
" authentiques bâtards ".

Le passage que j'ai le mieux apprécié :
" Eux, ce sont leurs césures tridimensionnelles,
Leurs rimes dans le vent sur fond de clair-obscur
Où l’horizon s’éprend de formes rationnelles,
Pendant qu’un écho transcende le tout si pur."

   papipoete   
26/12/2018
 a aimé ce texte 
Bien
bonjour Obi178
Ils furent maudits, à cause de leurs moeurs légères, du lit au verre sur la table, et aux volutes douteuses montant de leurs narguilés...mais sans cela furent-ils connus ou reconnus ? Sans vouloir les imiter, aujourd'hui on essaie au moins de se frotter à eux, la plume en éveil !
NB l'auteur ici manie le crayon d'une mine alerte, tirant le portrait de ces " fils d'hommes absents et de trop saintes mères " .
à la 5e strophe au second vers, j'aurais préféré " Dames n'attendant pas le retour de l'époux " ( par exemple )
la forme contemporaine est-elle celle que vous proposâtes ?


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