Page d'accueil   Lire les nouvelles   Lire les poésies   Lire les romans   La charte   Centre d'Aide   Liens Web 
  Inscription
     Connexion  
Connexion
Pseudo : 

Mot de passe : 

Conserver la connexion

Menu principal
Les Nouvelles
Les Poésies
Les Listes
Recherche


Poésie contemporaine
Oslow : Dimanche (I, II, III)
 Publié le 02/02/19  -  9 commentaires  -  1359 caractères  -  120 lectures    Autres textes du même auteur

Cloué au lit, l'esprit continue de jouer.


Dimanche (I, II, III)



I.

Presque malade. À moitié
achevé. Forme tremblante.
Tout le dimanche : alité.
Calme. La voix chevrotante.

Mais le jour : a-t-il percé
le sein de ce nuage ?
La tête chaude... – Ai mangé
un peu de pain – du fromage.

Mais ce soir, ah ! le sommeil...
Comme la mort... sans le deuil !
Se réchauffer... sous la lune.

Blotti sous mon plaid. – Blotti...
et pour un siècle : endormi.
Sommeil profond.
Las, j'hiberne.

II.

Sommeil, pourquoi nais-tu le jour ?
Voici la nuit : tu m'abandonnes.
Je tousse. – Mon front est un four.
Le matin prend ce que tu donnes.
La nuit : vaincue. Et le réveil ?
Toujours trop tôt.
Je ferme l’œil.

III.

Il se hante lui-même
s'observe... s'aperçoit
entre deux vagues comme
un esquif – mais sans mât !

Bateau malade et sombre
qui, des gouttes sans nombre,
s'est fait un océan,
une mer – un divan...

Quel fiévreux capitaine
fier en ses bas de laine !
Quel homme celui-là !
Qu'il tousse celui-là !

Laissons-le. Il se hante.
Le silence se fait.
C'est lui-même qu'il porte
au travers de la nuit.


 
Inscrivez-vous pour commenter cette poésie sur Oniris !
Toute copie de ce texte est strictement interdite sans autorisation de l'auteur.
   Eclaircie   
22/1/2019
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour,

J'ai bien apprécié ce "laisser-aller" du cerveau qui peut sous la fièvre exprimer des pensées à la fois toute simples mais bien imagées.

Un dimanche en trois actes, donc, sans plaintes (c'est agréable)
L'acte I plante le décor, avec des détails amusants mêlés de sensations éparses pas vraiment désagréables mais pas agréables non plus.
On se demande si la maladie est grave.
Mais peu importe, on ne laisse emporter par cet esprit qui dans l'acte II interpelle le sommeil ce "mal venu" qui ne respecte pas le jour et la nuit.
Au cours de l'acte III, le tableau fixe l'œil pour s'élargir sur un vague océan.

Entre délire fiévreux et narration par le menu de cet épisode de maladie.

Merci du partage,
Éclaircie

   Robot   
2/2/2019
 a aimé ce texte 
Bien
Les journées de malade sont bien longues. Heureusement l'esprit vagabonde soutenu par la fièvre. Mais effectivement, le plus difficile, c'est quand le soir arrive avec l'insomnie. Le narrateur sait nous faire vivre sa journée de manière à nous captiver.

   domi   
2/2/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
J'aime beaucoup ce texte, mais j'ai peur d'avoir du mal à argumenter pourquoi...
Tout me plait, le travail pour arriver à cette sorte d'écriture "spontanée", cette liberté dans les rimes discrètes mais présentes, (lune/hiberne par ex), j'adore cette subtilité.
La mise en page, travaillée mais donnant l'impression d'une déstructuration, en cause cette maladie qu'on devine bénigne, genre grippe, sans être moins douloureuse pour autant, et la tête qui gamberge, qui poétise, pour passer le temps, la fièvre est une grande inspiratrice...

   senglar   
2/2/2019
 a aimé ce texte 
Passionnément ↑
Bonjour Oslow,

Instantanément ce poème m'a renvoyé à Cros par son humour, à Forneret par son absurdité. Vous poétisez sur un sujet a poétique par excellence : la maladie ! Vous faites de la poésie sur l'a poésie allant à rebours de ce que font tous les poètes sérieux. Et avec un style sautillant vous y parvenez parfaitement. Je ne vous cache que si j'ai commencé la lecture avec un léger rictus je l'ai terminée avec un franc sourire.
Je qualifierais ce texte de zuto surréaliste.
Pour la rigolade Allais n'est pas loin non plus, ce dimanche est très 1900, Chat Noir en quelque sorte.
Une vraie gaieté.

Très irrévérencieusement vôtre :)))


Senglar

   Vincente   
3/2/2019
 a aimé ce texte 
Bien ↑
C'est assez chaotique et à la fois fluide, très bizarre en fait !
C'est un rendu bien senti de l'état d'esprit du malade malmené par sa vision et ses sensations. Je m'y suis bien retrouvé dans mes souvenirs perturbés, en soit d'ailleurs c'est désagréable, dans ce poème dérangeant comme dans le vécu de la maladie. Des petites séquences qui reviennent en boucle saturer la tête ankylosée, sans lui apporter ni le repos ni même la patience d'attendre que ça aille mieux.
Bien vu et bien dit !

   YvonRichebourg   
3/2/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Un lâcher-prise de malade qui me met en joie ! Un côté rhapsodique aussi où une petite musique chaotique obsède quand on lit à voix haute. Et puis l'incertitude de la convalescence...

   STEPHANIE90   
3/2/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour Oslow,

amusante poésie avec auto dérision que j'apprécie beaucoup...
Je me suis laissé embarqué dans votre dimanche de galère.
La maladie vous rend grand poète, avec une mise en page avec ses trois actes, le temps de récupérer peut-être entre ?!?
Dans l'attente que vous soyez bien retapé de cette vilaine maladie qui vous cloua au lit, et de pouvoir vous relire sur un sujet plus gaie peut-être...

StéphaNIe

   Donaldo75   
5/2/2019
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour Oslow,

J'ai trouvé ce poème original, marrant parce que le lecteur imagine bien la scène, poétique parce qu'il joue des images comme dans un kaléidoscope mental. Les questions font penser à un Hamlet des nuits sans sommeil. La ponctuation résonne comme dans une pièce de musique concrète.

Merci,

Donaldo

   wancyrs   
10/2/2019
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Salut Oslow,

On dirait le délire d'un homme malade. le propos et la forme sont originaux, et permettent de bien visualiser ce qui se passe. Mais au III il y a une seconde personne qui observe et narre ?

Merci pour le partage

Wan


Oniris Copyright © 2007-2019