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Poésie libre
Palrider : Sentinelle
 Publié le 06/10/18  -  10 commentaires  -  1364 caractères  -  132 lectures    Autres textes du même auteur

Un bloc rocheux, tel un homme de pierre, perché sur sa montagne regarde vers la mer...


Sentinelle



Depuis la nuit des temps, sentinelle dressée
défiant les quatre vents et les cieux courroucés
des échos de fureur de sa terre pillée

Volutes de fumée du maquis qu'il domine
où ces envahisseurs transpercent crue la chair
des enfants qu'ils arrachent à l'amour de leurs mères

Un peuple dont l'honneur fut lavé par le sang
et tant d’âmes perdues de n'avoir pas laissé
l’harmonie d'une terre, une vie apaisée

Les ciels qui défilent, les effluves de myrte
la rivière lointaine où ondule une truite
les côtes où le ressac a des relents de poudre
fier dans la tempête insensible à la foudre

Forteresse de roches, ne cessant de recoudre
le présent au passé, ses vœux vers le futur
où ces lopins de terre que l'on donne en pâture

Aux appétits féroces de ces spéculateurs
qui brisent l'équilibre et arrachent le cœur
de ces âmes perdues qui survolent les monts

Où des battements d’ailes éloignent les démons
les criques cristallines, les troupeaux, les églises
les sources minérales, les voix qui cristallisent

La plainte des nations, la lueur d'une flamme
les chants qui montent aux cieux pour l'amour d'une femme

Toi le témoin du temps, droit, fier, l'Homme de Cagna


 
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   Gemini   
13/9/2018
 a aimé ce texte 
Bien
Comme lorsqu'on en approche en mer, j'ai assez vite senti la Corse : (maquis, myrte… mais aussi peuple, honneur, fier, chants)
L'île est rare sur le site, alors souhaitons-lui la bienvenue.
Il a fallu tout de même que je situe le lieu sur la carte. L'idée de personnifier ce sommet pour lui donner un rôle de sentinelle se rattache bien à la pensée qu'ont tous les îliens du monde : pas de voisins, pas de problèmes. Quand on a que la mer pour frontière, il suffit souvent d'une vigie pour être tranquille.
En faire, de plus, un témoin de l'histoire locale (narrée sans complaisance, mais avec beaucoup de tendresse), permet une présentation quelque peu différente que celle, caricaturale, que se plait à lui donner l’ignorant (sans doute continental).
On trouve pourtant dans ce beau chant d’amour des petits coups de pinceau dans le fond du tableau : « les ciels, les effluves, la rivière, les côtes, les criques, les troupeaux, les églises, les sources, les voix, les chants » qui donnent dans le caractéristique. Mais chacun de ces mots m’a renvoyé à un souvenir, et je dois avouer qu’en sortant du texte, j’avais voyagé.

   izabouille   
20/9/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
J'ai bien aimé, c'est très beau. De plus, je ne connaissais pas "l'Homme de Cagna", merci pour cette découverte, le site a l'air magnifique, et en photos et en poésie. En tout cas, ça donne envie de le voir en vrai.
J'aime bien "forteresse de roches, ne cessant de recoudre le présent au passé...", l'image est belle.
Merci pour ce bon moment de lecture

   myndie   
20/9/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour,

en vous lisant – et en me documentant sur cet Uomo de Cagna – je découvre la beauté du lieu qui vous a inspiré de si beaux vers.
Il me semble par moments retrouver le souffle du romanesque hugolien tant votre poème, par ses images, son côté narratif et son emphase (sans aucun sens péjoratif) prend une dimension épique.

Ce que j’aime, c’est que vous mettez le lecteur en situation d’imaginer l’histoire et ses fantômes rien qu’en décrivant ce bloc de rochers.
Ce que j’aime, c’est le procédé poétique qui, par le biais de la méditation, ne réduit pas la contemplation à une simple description : happer le paysage et l’immobiliser. Au contraire, votre contemplation se lie intimement au passé, au vécu des lieux et fait de ce rocher un témoin autant qu’une « sentinelle dressée « tel un homme de pierre ».

Sur la forme :
De très beaux vers qui, par leur rythme donnent au texte la force qui lui convient :
« la rivière lointaine où ondule une truite
les côtes où le ressac a des relents de poudre »

« les plaintes des nations, la lueur de la flamme
les chants qui montent aux cieux pour l’amour d’une femme
Toi le témoin du temps, droit, fier, l’homme de Cagna ».

Une petite remarque sur celui-ci :
« les chants qui montent aux cieux pour l’amour d’une femme »
dommage qu’il comporte un vers de plus que le précédent : remplacez par ex « montent » par « vont » et écoutez…

Et une dernière :
parfois un peu trop de « qui » dans une même strophe.

Mais au final, un très beau texte.
Merci pour ce partage.

   Gabrielle   
21/9/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
"Sentinelle", témoin de la tragédie.

L'auteur nous fait partager des scènes d'horreur relevant de l'histoire des nations.

Le talent est tel que le lecteur se trouve propulsé au sein même des scènes de guerre évoquées ici.

Un symbole :

"La plainte des nations, la lueur d'une flamme
les chants qui montent aux cieux pour l'amour d'une femme"


Merci à vous pour ce partage.

   TheDreamer   
6/10/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Un beau thème d'où émane un charme assez indéfinissable. Je pense à un tableau particulier en lisant votre poème "Le voyageur contemplant une mer de nuages" de Caspar David Friedrich. Le voyageur en question s'y trouve aussi tout comme votre rocher, homme de pierre d'où il regarde les nuages. La mer, comme les nuages semblant une métaphore d'un inconnu qui ne se laisse pas deviner.

Votre aplomb rocheux dans sa personnification d'après la description que vous en faites semble être un survivant. Force de la nature planté là et qui se souvient de tout ce que la vie d'avant pouvait avoir de bon et de cruel.

Je retiens un vers en particulier :

"Les côtes où le ressac a des relents de poudre", l'image en est particulièrement belle et soignée.

Merci.

   PIZZICATO   
6/10/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Jusqu'à " l'Homme de Cagna ", ma première lecture me laissait dans le flou.
Je me suis alors tourné vers l'Histoire de la Corse.

J'ai pu, ensuite, apprécier ce texte comme il le mérite ; tant par ses belles images descriptives de l'endroit, que ses allusions.

" où ces envahisseurs transpercent crue la chair
des enfants qu'ils arrachent à l'amour de leurs mères "

" Un peuple dont l'honneur fut lavé par le sang "

" Aux appétits féroces de ces spéculateurs
qui brisent l'équilibre et arrachent le cœur " entre autres...

J'ai bien apprécié ce texte. Merci Wiki ! Et l'auteur, ça va de soi.

   papipoete   
6/10/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
bonjour Palrider,
Il est un témoin, une sentinelle qui voit de haut, ce qui se passe sur sa terre, sur sa mer ... On y souffre, on y meurt ; on y galère, on s'y noie et les sac et ressac effacent comme une gomme d'écume toutes ces traces de sueur, de sang .
Et fière la sentinelle, affronte vent en colère et la foudre se perd à sa silhouette !
L'homme de Cagna veille ...
NB on peut être inculte et se mettre à lire comme le fit Aznavour, pour être riche de savoir et votre poème me fait découvrir ce mont aux rochers empilés ( un ignare dirait " c'est des cailloux quoi ! " )
Parcourir les vers oniriens, m'instruit beaucoup, en toute matière et vous montrez là une belle palette de Corse !
je craignais que votre " guetteur " ne parlât que de drames, mais les 2 dernières strophes et la conclusion donnent le sourire rassurant, de la vie qui va par delà les cieux " pour l'amour d'une femme " ;
Très beau !

   Donaldo75   
7/10/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Salut Palrider,

A la lecture de ce poème brillamment composé, je suis allé voir sur Internet ce qu'était cet homme de Cagna cité dans l'incipit. Et j'ai été impressionné par cet empilement de deux énormes blocs de granite qui font tant penser à la silhouette d'un être humain.

La force du poème vient de son lyrisme, et je pense que les Corses apprécieront encore plus que les continentaux comme moi, dont le souffle épique illustre l'histoire d'un bout de terre détaché dans la mer.

Bravo !

Don

   hersen   
7/10/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Je sens ici les odeurs et les vents de chez moi, et ce n'est ps en Corse ! :)

L'immuable voit défiler tant de contrastes, toutes les facettes de l'humain. nous sommes donc les feux follets (bien trop follets, sans doute !) de cet univers immuable qui nous entoure;

merci de cette lecture.

   Robot   
8/10/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Le récit exprime bien le ressenti séculaire que provoque la vision de cette montagne sur le narrateur. Je ne connaissais pas mais visuellement et symboliquement le récit est bien mené.

Un texte qui donne envie de s'intéresser à l'Histoire de la Corse, pas seulement à la Corse touristique.


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