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| Ornicar
12/7/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime beaucoup
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La phobie des maths ! Ou des chiffres. Il paraît que ça existe.
Parfois, il peut se cacher beaucoup de souffrances derrière cet handicap, comme pour l'illettrisme. Ici, rien de tel en apparence, ou alors, les premiers vers le disent avec tact et finesse, l'air de rien, sans y toucher, ou si peu : "Entre les nombres et les battements de mon cœur / il y avait la table de la cuisine". Et une table de cuisine, quand on est un(e) gamin(e) ce peut être diablement grand, comme un océan de difficultés à surmonter. Surtout, quand de l'autre côté règne la figure tutélaire de la mère pour qui tout, absolument tout, doit "tomber juste". Belle image que ces deux vers pour une bonne entrée en matière. Alors que faire ? C'est simple. On esquive, on joue à cache-cache avec les nombres, on développe des stratégies d'évitement, on sauve les apparences et les faux-semblants : "Entre les nombres et les cicatrices / j’apprenais à me taire / à cacher les erreurs sous la nappe / à sourire / quand le résultat tombait faux". Comme on cache ce qui ne va pas sous le tapis ou le masque des convenances. C'est tellement vrai. Là aussi, belle image, dans la continuité de la table, que cette "nappe" pour traduire le malaise et le mal-être de ne pas savoir. Jusqu'au jour où... La chute est aussi tranchante et "sèche" qu'un couperet : "Un bruit sec. / Presque rien. / Mais cette fois / quelque chose / est tombé juste". Un bruit sec comme un déclic. J'ai adoré. Et jubilé intérieurement à ce "juste" retour des choses. Conclusion, j'ai vraiment aimé la tonalité de ce libre. Certaines scènes oscillent entre surréalisme et fantaisie. L'écriture est fraîche, enfantine, presque naïve. Le propos, lui, a du poids, de la profondeur, il résonne en moi. C'est cette dualité qui rend ce petit poème, de prime abord inoffensif, si émouvant et attachant à mes yeux. Légèreté de la forme, gravité du fond. Les images sont concrètes, les mots simples, mais ils touchent juste. Et ce n'est pas si facile d'atteindre ce résultat, je trouve. Ornicar |
| Boutet
25/7/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime beaucoup
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J'aime bien ce joli texte sur la phobie des nombres et des maths jusqu'à envahir l'esprit de l'auteur; Du moins, c'est comme cela que je l'ai compris. Le huit tournait comme une mouche enfermée sous un bocal.
ça me rappelle ma fille, fâchée également avec les chiffres et le temps passé à essayer de lui mettre dans la tête sans grand succès d'ailleurs. J'aime bien la chute également. |
| Myndie
25/7/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime beaucoup
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Bonjour Passant75
comme c'est curieux, j'ai eu l'impression que vous parliez de moi ^^ ! Blague à part, j'ai trouvé votre poème d'une grande maturité et d'une grande sensibilité. Maturité parce qu''il ne faut pas se fier au premier regard sur une écriture simple (forcément, il s'agit d'un enfant)et plutôt voir plus loin que la simple phobie des chiffres. Et la sensibilité se niche dans les angoisses du petit garçon, étouffé, par la rigidité des maths autant que par la tyrannie de l'ordre et du rangement (le poids de la figure maternelle), ainsi que dans ses peurs nocturnes. J'aime beaucoup l'image des chiffres qui marchent dans sa chambre « avec des chaussures mouillées » Enfin, j'ai trouvé beaucoup d'élégance à la chute qui joue sur le double sens du verbe « tomber » pour amener au lâcher-prise salvateur. Comme quoi la poésie prendra toujours le dessus sur la logique et le calcul. |
| Robertus
25/7/2026
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime beaucoup
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Bonjour Passant75
Mes passages favoris " Elle alignait les chiffres comme des verres propres je les regardais trembler sans comprendre. " " Le huit tournait comme une mouche enfermée " Et ces deux vers au début et à la fin qui sont symétrique et encadrent l'ensemble. " et ma mère qui disait que tout devait tomber juste. " " Mais cette fois quelque chose est tombé juste " J'aime beaucoup cette géométrie Ce poème me parle beaucoup. Cet enfant semble avoir un fonctionnement différent pour apprendre. Un fonctionnement différent que la méthode qui lui est proposée, imposée ( parfois avec de violente corrections ? " les cicatrices " sont-elles dûes à cela ? ) Peut-être n'est-il même pas capable d'apprendre malgré des efforts sincères ? Cela m'a fait penser au sujet du handicap. Je me suis revu en classe de mathématique en 1ère Scientifique. Incapable d'assimiler des calculs abstraits " simples ". L'année d'après, réorientation 1ère Littéraire, où je me suis tout de suite senti comme un poisson dans l'eau. J'aime beaucoup la découpe du poème en plusieurs petits morceaux qui sont comme des jalons, des vertèbres temporelles qui développent l'histoire. La dernière partie du poème est une libération. " Je ne suis pas fait pour ça, et c'est ok, non en fait, c'est même normal " |
| rendu
25/7/2026
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime beaucoup
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Que de belles images dans ce poème libre. Elle alignait les chiffres comme des verres propres, et le huit tournait comme une mouche enfermée, et tout est tombé sur le carrelage.
Oui, un très bon écrit qui ne manque pas d'humour. L'auteur a du souffrir si ce poème lui est rattaché. |
| Donaldo75
25/7/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime bien
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C'est un peu trop raconté à mon goût, surtout au vu du format proposé mais c'est le seul bémol que je peux mettre sur ma lecture. Les images et leur progression déploient de la poésie. Il y a une tonalité.
"Elle alignait les chiffres comme des verres propres je les regardais trembler sans comprendre." Ces vers sont emblématiques de cette tonalité. Et c'est ce que j'aime le plus dans ce poème, le ton. |
| LeChevalier
25/7/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime un peu
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Il doit y avoir un nom pour l'amour des nombres et des chiffres (puisqu'ici il s'agit des deux). Mais ce texte semble plutôt parler de frustrations que d'amour. Les nombres (ou les chiffres) sont personnifiés, ils harcèlent le je, pas moins que sa mère, il me semble. Il faut que ça tombe juste... Mais comment sait-on si c'est juste ? En tout cas, le sens figuré et le sens propre du verbe « tomber » ont fourni ici un joli effet de chute (ça tombe bien, n'est-ce pas).
Dans l'ensemble, bien que je sente une émotion sincère, je n'arrive pas à saisir l'idée du texte. Heureusement que votre poème précédent nous éclairait un peu, mais celui-ci est-il pensé dans la continuité ? Je suis confus. |
| Marite
25/7/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime beaucoup
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Ce poème me semble destiné à exorciser définitivement un souvenir d'enfance : la phobie du calcul.
Et c'est réussi si j'en crois les trois dernières strophes. Facile à lire tout a été repris avec simplicité et brio : l'appréhension dans les premiers vers, la peur face aux chiffres et les images repoussantes qu'ils génèrent, la force de caractère encore secrète qui se manifeste dans la quatrième strophe, puis les cauchemars la nuit et finalement la réaction du coeur qui a dû trouver que tout devait cesser et le rejet définitif. |
| AMitizix
25/7/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime bien
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J’aime bien ce poème.
L'angle d'attaque choisi pour raconter ce morceau d'enfance est bien trouvé : je trouve que l’angoisse face à l'école est bien rendue avec cette obsession autour des chiffres, et la relation avec la mère qui se dessine en filigrane dans la première strophe enrichit le texte. J’ai été plutôt touché finalement, et la « chute » plus optimiste en est d'autant plus rassurante. J’aime la forme qu’elle prend, une sorte de pirouette ou de pied-de-nez aux chiffres, avec ces quelques vers très courts pour enfin « tomber juste ». Cette petite revanche, à la fois rageuse et rieuse fournit une conclusion efficace à l’ensemble. Les images sont prenantes, et la charge symbolique donnée aux chiffres eux-mêmes dans la troisième strophe (le trois, le cinq, le huit) poursuit en quelque sorte la démarche de « L’enfance décimale », que j’avais plutôt appréciée. Et puis, en général, j’aime bien suivre les idées, les réflexes d’un auteur d’un texte à l’autre, et il est plutôt rare d’avoir l’occasion d’une telle comparaison (certes, ici, très rapide) sur un corpus aussi réduit que ceux qu’on trouve sur Oniris ! En particulier, je trouve les vers 5 et 6 très évocateurs (peut-être une réminiscence de mes propres verres ?). Je me demande s’il faut pousser un peu l’analyse métatextuelle, en jouant sur les homophones de ces « verres » qui traînent au milieu de tant de chiffres ? La strophe 7 me semble aussi très évocatrice, très simple et très efficace dans l’expression d’une sensibilité « naïve », enfantine, réfractaire aux chiffres. Merci pour ce partage ! |
| Cyrill
26/7/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime bien
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Salut Passant.
L’enfance et la rigidité d’une mère vue à travers le calcul. J’ai pensé à une famille qui a du mal à joindre les deux bouts, les comptes ne devant pas souffrir d’inexactitudes ou d’approximations. C’est pas comme le cœur et la respiration, qui s’emballent et souffrent, ça doit tomber juste. Les scènes se visualisent, des « erreurs sous la nappe » à « j’ai laissé tomber le calcul / sur le carrelage », les nombres font la danse jusqu’à l’obsession. À chaque forme est associé un mouvement, une odeur… C’est un poème très expressif, émouvant sans tomber dans l’excès. Il expose plus qu’il ne raconte un tableau familial. La forme libre suggère que l’enfant s’est libéré de la rigueur parentale. Merci pour la lecture. |
| Mansoul
26/7/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime bien
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Un sympathique poème sur l'angoisse des chiffres et des maths, en revers de quoi le poète se découvre poète comme le cancre de Prévert. Non que math et poésie fassent nécessairement mauvais ménage (voire le très beau recueil "Elements de géométrie" du poète belge François Jacqmin) mais malheureusement on a par trop tendance à opposer les deux : matheux et littéraire, la raison et l'imagination... Toujours est-il qu'ici, chez notre poète, son aversion pour les chiffres se dépasse pour faire jaillir de très belles images poétiques, particulièrement dans cette troisième strophe très réussie et déjà soulignée par plusieurs autres commentaires. J'en soulignerai également la rythmique, plus variée dans l'ensemble que dans les autres strophes qui ont, comme souvent dans la poésie libre à mon grand regret, trop souvent tendance à rester monolithique, avec des vers de relativement même longueur, sans réelle variation. C'est particulièrement flagrant sur la fin du poème.
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| Polza
26/7/2026
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime beaucoup
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Commentaire écrit en EL, mais poésie disparue, j'ai été trop long à commenter, j'entends déjà Ornicar et son rire sardonique !
J’ai vraiment beaucoup apprécié ce poème. Je ne m’arrête pas à une seule forme de poésie puisque la poésie est capable de prendre toutes les formes, c’est son pouvoir magique ! L’exergue cite René Char dont la poésie peut parfois paraître difficile d’accès, mais le poème en lui-même est d’une simplicité et d’une intensité remarquables… Pas besoin d’un dictionnaire pour comprendre ce poème (et c’est bien quand une poésie demande un effort également, je n’insinue pas que la vôtre n’en demande pas, quand j’apprends de nouveaux mots, c’est enrichissant également). Mais comme je l’ai déjà évoqué, ici, c’est l’apparente « simplicité » de l’histoire qui fait toute sa force… « Le trois avait une odeur de métal froid le cinq collait aux doigts et le huit tournait comme une mouche enfermée. » La personnification les chiffres est une excellente idée qui fait mouche (enfermée ou pas) Il y a 4 fois le verbe « tomber » dans votre poème, j’ai trouvé cela malin, ça prépare et renforce petit à petit la chute à venir… « Entre les nombres et les cicatrices j’apprenais à me taire à cacher les erreurs sous la nappe à sourire quand le résultat tombait faux. » Même s’il y avait des prémisses dans les trois premières strophes, ces 4 vers viennent pleinement faire comprendre au lecteur le drame qui se « joue » sous ses yeux… « La nuit les chiffres revenaient. Ils marchaient dans ma chambre avec des chaussures mouillées laissant derrière eux de longues traces sombres. » Toujours cette personnification des chiffres qui fonctionne encore et toujours… « Ils comptaient mes pas mes respirations mes fautes puis recommençaient. Mais mon cœur passait entre les nombres accélérait sans prévenir sautait des mesures cassait les suites. » J’ai trouvé l’inversement subtil, le jour, le narrateur ou la narratrice doit apprendre à compter (sur elle-même suis-je tenté de dire) quand la nuit, ce sont les chiffres qui comptent, les pas, les respirations, les fautes… « Alors un jour j’ai laissé tomber le calcul sur le carrelage. Un bruit sec. Presque rien. Mais cette fois quelque chose est tombé juste. » Cette chute laisse la porte ouverte à plusieurs interprétations et j’aime bien quand l’auteur laisse au lecteur la possibilité d’écrire sa propre fin, celle qu’il imagine ou qui lui convient le mieux… On peut imaginer une fin cruelle, l’enfant qui, pris d’un soudain excès de colère, repousse véhément sa mère et la fait tomber sur le carrelage, sa tête faisant un bruit sec, presque rien, mais cette fois quelque chose est tombé juste (pas la fin la plus poétique, mais j’aime bien l’idée ! « Mais mon cœur passait entre les nombres accélérait sans prévenir » Une fin plus tragique pour l’enfant où c’est lui qui tombe sur le carrelage à cause d’une possible maladie cardiaque, ou d’une crise due à un calcul rénal (plus rare chez l’enfant, mais pas impossible), ce qui donnerait une double signification à « j’ai laissé tomber le calcul sur le carrelage. »… Une fin plus enfantine (pas de la part de l’auteur, mais liée à l’enfant même), de colère, j’ai laissé tomber le calcul qui m’exaspérait au plus haut degré, et bien fait pour lui, cette fois quelque chose est tombé juste… Je ne vais pas vous faire une énumération des fins possibles comme la tirade du nez de Cyrano, mais tout ça pour dire que j’ai bien aimé cette fin, façon porte ouverte… |





