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Poésie classique
pieralun : La migraine
 Publié le 22/06/14  -  11 commentaires  -  1194 caractères  -  326 lectures    Autres textes du même auteur

Bercé depuis tout jeune par les notes de Brassens, j'aime bien écorcher le clergé de temps en temps.
Mais que les catholiques fervents se rassurent, d'abord il s'agit d'humour, puis je porte un immense respect à tous les ecclésiastiques dont l'engagement humain n'est entaché d'aucune dérive que pourrait faciliter et masquer la soutane.


La migraine



Quand d'intenses douleurs palpitent sous mon crâne,
Qu'un marteau dur et lourd y plante un large clou,
Je vois, dans un brouillard, le clocher un peu flou
Qu'un abbé fait sonner, le vent dans la soutane.

Montant et descendant au rythme du ballant
De la cloche qui bat le tocsin de mes tempes,
Il me contraint à fuir la plus pâle des lampes
Et glisse dans ma veine un pouls horrible et lent.

Flottant sur le ressac d'une informe migraine,
J'invoque alors le temps des vieilles pendaisons
Où l'on nouait le chanvre, à l'aube des prisons,
Sur le cou blême et nu de la mauvaise graine.

Puis, rêvant que la corde austère du bourdon
Enserre sur-le-champ la gorge cléricale,
Je fais cesser ainsi ma clameur corticale
Avec l'espoir qu'un dieu m'accorde son pardon…

Ah ! le doux ding ding dong qui, comme une caresse,
Parvient à mes tympans, mélodieusement.
Du calotin, n'oscillant plus qu'avec mollesse,
J'embrasse la tonsure avec plein de tendresse
Et, libéré du mal, jouis pieusement
Des derniers tintements où le bronze paresse.







 
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   Anonyme   
29/5/2014
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Belle migraine et parfaitement décrite malgré la contrainte des vers !
J'aime beaucoup les petites piques humoristiques comme "le vent dans la soutane"..."j'embrasse la tonsure"...

Un détail : je suis surpris du mot "paresse", je vais, de ce pas vérifier s'il est transitif, mais cela importe peu, l'idée est là.

Ce texte - en tout cas- démontre bien que la poésie se cache partout. Ici dans cette évocation sans prétention mais si bien maîtrisée. Avec des images très parlantes et sans fausse simplicité : les mots sont choisis, rythmés, précis.
Le ton est impertinent à sa juste mesure, ni trop anti-calotin, ni trop peu.
Un délicieux petit moment de lecture.

   Hananke   
22/6/2014
 a aimé ce texte 
Bien ↑
C'est un beau poème classique, à n'en pas douter.
Mais si j'aime bien le début et la terrible description de la migraine
j'ai bien du mal à faire coïncider la fin du texte avec le reste.

Que vient faire la gent cléricale ici ? même en rêvant ?
La strophe ultime m'est complètement incompréhensible.

Au final, un texte bien structuré mais que je n'arrive pas
à pénétrer totalement.
Peut-être des commentaires futurs m'y aideront.

   Pimpette   
22/6/2014
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Pieralun

Tu es comme les virtuoses, tu pourrais écrire parfaitement des vers superbes sur n'importe quel sujet...Pimpette incapable et jalouse!!

e vois, dans un brouillard, le clocher un peu flou
Qu'un abbé fait sonner, le vent dans la soutane.

C'est vrai que Tonton Georges n'est pas loin...mais tu aurais dû être un peu plus méchant. C'est de tradition chez nous et indépendant de nos appartenances religieuses..c'est même ça qui est bien! Gaulois avant tout!

   Anonyme   
22/6/2014
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour pieralun... Belle écriture classique, comme à l'accoutumée, pour ce qui est de la forme et ces vers que j'aime particulièrement :

J'invoque alors le temps des vieilles pendaisons
Où l'on nouait le chanvre, à l'aube des prisons,
Sur le cou blême et nu de la mauvaise graine.

Pour ce qui est du sujet et de son traitement je suis un peu plus réservé... De la migraine à l'abbé en rêvant de potence comme remède j'ai eu un peu de mal à suivre le cheminement de l'auteur et le quintile de chute, s'il m'a rassuré quant aux maux de tête en voie d'extinction, ne m'a pas vraiment séduit... Je trouve que l'affaire est un peu tirée par les cheveux... malgré la bise sur la tonsure !
TB pour la forme, moins l'embrouillamini final, ça fera Bien +
Bonne journée collègue !

   Bidis   
22/6/2014
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
J'ai trouvé les deux premières strophes extraordinaires : c'était à aller chercher un calmant anti douleur !
Mais ce n'était pas la peine. La troisième strophe déjà estompe le malaise. Et celui-ci finit par se perdre dans les deux strophes finales qui en deviennent hors propos.
Quel dommage ! D'autant que l'écriture est superbe bien sûr. C'est du Pieralun...

   Condremon   
22/6/2014
Très drôle, j'adore.
Un mélange de Don Camillo et de Robert Derhy (scène des sonneurs de cloches dans les belles bacchantes) pour les références cinéma.
Et le rythme qui rend bien la douleur lancinante.
Tordre le cou à la douleur...

   Ioledane   
23/6/2014
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Voilà un texte pour le moins original et truculent, sur un sujet plus vraiment d’actualité depuis que les curés ou autres sonneurs de cloches n’ont plus besoin de se suspendre au bourdon ... Bref, un petit côté ‘rétro-provoc’ pimenté d’ironie grinçante, qui m’est plutôt sympathique.

J’ai particulièrement apprécié « un pouls horrible et lent », « le temps des vieilles pendaisons / Où l’on nouait le chanvre », « la gorge cléricale », « le doux ding ding dong ».

En revanche « à l’aube des prisons » me paraît moins approprié ; « J’embrasse la tonsure » un peu surprenant ; « avec plein de tendresse » trop familier. Le sizain final me semble globalement en deçà du reste : le style est plus maladroit, plus poussif, malgré son sympathique vers en 4/4/4 « Du calotin n’oscillant plus qu’avec mollesse ».

N.B. Plusieurs corrections bienvenues entre l'espace lecture et la publication.

   Miguel   
23/6/2014
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Des vers classiques et balancés comme je les aime, avec de belles évocations, des tableautins forts comme la superbe strophe 3, et son dernier vers villonien autant que brassensien.
Pour l'étranglement de l'abbé, salutaire apparemment, d'autres, moins soupçonnables que moi de parti-pris, l'ont trouvé amené d'un peu loin, tout de même, et je n'ajouterai rien à leurs remarques. d'autant que notre ami peralun, dans son exergue, prend soin de désamorcer toute bombe.
En conclusion des vers chantants et des images : de la poésie, quoi.
PS : modernité de l'Eglise : il y a longtemps que, même dans les villages, la sonnerie des cloches est électrifiée ... mais, en référence à la funeste chaise des prisons américaines, un curé qui prendrait le jus sur un commutateur défectueux, ça peut le faire aussi.

   Robot   
1/7/2014
 a aimé ce texte 
Beaucoup
J'ai apprécié ce texte tout entier métaphorique, ce qui m'a également conduit à en accepter la fin qui vient conclure de manière parfaite cette symbolique.

   margueritec   
2/7/2014
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Tout sujet est prétexte à poésie. Il n'est que de trouver les mots, leur mariage insolite, l'agencement des rimes et les métaphores (que l'on file ou non) pour qu'un mal devienne poème.
Vous avez sacrément réussi à "pleurer" la migraine en un style baudelairien ( je pense à la cloche fêlée) :
marteau, le clocher flou et le tocsin et sa douce délivrance.
et "chanter" sa délivrance :
caresse, tendresse, paresse

   MissNeko   
23/8/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Le premier quatrain dépeint à merveille la migraine. J en ai malheureusement trop souvent et dieu sait que je connais ce clou qui s enfonce dans le crâne.
Le deuxième quatrain est superbe.

"Montant et descendant au rythme du ballant
De la cloche qui bat le tocsin de mes tempes,
Il me contraint à fuir la plus pâle des lampes
Et glisse dans ma veine un pouls horrible et lent."
Je m y croirais lors de mes crises ....

Il Me semble que la fin évoque l idée d un suicide qui mettrait fin à cette souffrance.

Beau travail.


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