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Poésie classique
pieralun : Malin plaisir
 Publié le 04/12/13  -  16 commentaires  -  745 caractères  -  374 lectures    Autres textes du même auteur

À chaque âge ses plaisirs...


Malin plaisir



Après ces longs soupers où dans l'esprit musard
Le vin laisse planer ses sucs de cantharides,
Je rends le bal fourbu de mes humeurs torrides
Aux dommages du temps qui peuplent mon cafard.

Puis, hissant du plaisir mon nouvel étendard,
Je porte un lourd cigare à mes lèvres humides,
Et baigne mon pharynx des volutes livides
Qu'exhale en grésillant la rougeur de son dard.

Ô suave poison ! Tes voiles de fumée
M'ôteront de grands soirs, mais ta cape allumée,
Chuchotant sous mes doigts son embrasement doux,

Délivre tous les miels qui couvent sous la cendre
Et dit à mon vieil ange occis à mes genoux :
"C'est à ce diable-là que ton âme est à vendre !"


 
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   socque   
22/11/2013
 a aimé ce texte 
Bien
Ce sonnet, à mes yeux, vaut surtout par ses tercets que je trouve baudelairiens en diable, surtout le vieil ange occis aux genoux du narrateur ; jolie image !
Les quatrains, je les ai trouvés plutôt lourds, les sucs de cantharides du vin artificiels, les lèvres humides une association facile, de même que les volutes livides ; bonne description du cigare, cela dit (à part les volutes sus-mentionnées), j'aime bien la rougeur de son dard : l'image a à mes yeux quelque chose de cochon.

Les vers trois et quatre ne me paraissent pas très intéressants dans l'économie du poème, et surtout peu clairs. Je trouve qu'ils empêtrent le mouvement.

   Hananke   
4/12/2013
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour

Il me semblait avoir commenté ce poème en prélecture
mais mon commentaire n'existe plus.

Evidemment, après les deux quatrains plutôt équivoques
on ne s'attend pas forcément à penser au cigare.

J'aime bien ce poème avec ses métaphores et cette espèce
de désespérance qui fait préférer à l'auteur des plaisirs
primaires plutôt que durables.

Chacun fait comme il veut et le message du texte
est bien rendu.

Bien à vous.

Hananké

   senglar   
4/12/2013
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour Pieralun,


Quand le cigare rougeoie sous cape et rit sous la plume de Pieralun, l'homme devient presque féminin à le téter en bavant tel... mais je m'égare. Il est inévitable que le pudibond ange gardien ne puisse qu'être occis à cette cérémonie à l'ostensoir païen. Eminemment !

Ô Prélude ! Ô Sodome !

Et Gomorrhe en héritage !

Ben oui quoi :)

Lol

Senglar-Brabant


Pour rebondir sur Alex ("Ultime extase"... en tout bien tout honneur) Wiki m'apprend que c'est la poudre de cantharide qui aurait contribué au décès de Félix Faure.

   Anonyme   
4/12/2013
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Pieralun, c'est la classe à l'état pur que ça soit pour la forme comme pour le fond et je le dis comme je le ressens !
Les sucs de cantharide, il fallait les placer mais il est vrai que tu as vécu en Afrique et ceci explique sans doute un peu cela...
Evidemment notre ministre de la santé ne peut se réjouir d'un tel sonnet mais ne boudons pas notre plaisir devant ces vers écrits une fois de plus avec brio. Excellente lecture, merci l'ami !

   Anonyme   
4/12/2013
 a aimé ce texte 
Bien
Bien sûr à chacun ses plaisirs, et à " chaque âge ".
Je dois dire que le deuxième quatrain m'a fait sursauter. Je ne m'attendais pas à ce que l'on assimilât le bout incandescent du cigare à un dard. Il est vrai que l'équivoque est bien amenée.

Fumer un cigare, oui, c'est un rite qui débute à l'instant où on le cueille dans son coffret, puis qu'on le hume avec ferveur hihi.

   Edgard   
4/12/2013
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour
Je ne commente pas souvent mais celui-là il me plaît beaucoup !
Pour plein de raisons :
J’ai appris « cantharides ». C’est toujours ça de pris. Ç’est drôledement bien tourné ( Ç c’est « Alt128 » !). J’aime bien rigoler. C’est pas si souvent sur Oniris !
En plus quand on en allume un on se fait engueuler par des pingouins qui nous enfument la planète avec leur 4x4 diesel ! C’est la vie qui tue, et la connerie, pas le cigare, (quand on le fume dans le bon sens?) et quand on ne vit pas, on y passe quand-même…
Alors, bien joué !

   Arielle   
4/12/2013
 a aimé ce texte 
Beaucoup
J'ai eu un peu de mal à l'allumer ce cigare, je trouvais lourde la fumée de ses deux quatrains.
Le mélange assez hétérogène des cantharides, des humeurs torrides, du cafard et du pharynx m'a fait un peu tousser mais je me suis laissée emporter avec délice par le grésillement de ce dard rougeoyant.
Les tercets sont un pur bonheur et les deux derniers vers une charmante trouvaille, une image-clin d'oeil que je t'envie, Pieralun !

   Lhirondelle   
5/12/2013
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonsoir Pieralun

Ton sonnet techniquement est de très belle facture... rien à redire il me semble.

Je t'avoue qu'il m'a fallu lire plusieurs fois pour m'imprégner des effluves et images de ce rituel. Car c'en est bien un... le moment pour s'y adonner n'est pas anodin, il est choisi, il s'anime de connotations charnelles et sensuelles... il est même pervers, tu le soulignes bien "M'ôteront de grands soirs"
Un rituel du bien et du mal "Ô suave poison !" "ange" et "diable"...

Une petite citation pour conclure qui j'espère te plaira et colle bien (enfin il me semble) à ton sonnet :" Jusqu'au bout de son plaisir " disait Zino Davidoff .
Une fois le cigare consumé , ne l'écrasez surtout pas , il doit s'éteindre naturellement de sa belle mort "

Amicalement

L'hirondelle

   leni   
4/12/2013
 a aimé ce texte 
Beaucoup
pieralun salut
le contraste entre le fond et la forme me fait sourire Vive les ailes de
cantharides et la poudre de coco de l'île de MaheQuand l'effet de cette pharmacologie devient inopérante on peut fumer des barreaux
de chaisesEt on peut tremper le bout du cigare dans un cognac hors d'âge
Soyons sérieux non c'est impossible:quand grésille la rougeur de son dard
oui Peralun j'ai bien ri...et pas sous cape!
merci
leni

   Miguel   
4/12/2013
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Je rejoins volontiers le jugement de socque, ce poème progresse en se bonifiant. Le second quatrain vaut mieux que le premier, les tercets sont excellents. Dommage que le sonnet soit limité à quatorze vers, car que nous aurait apporté la suite ?

   pieralun   
4/12/2013
j'ai posté un fil sur le forum.

   Anonyme   
6/12/2013
 a aimé ce texte 
Beaucoup
J'apprécie beaucoup ce poème épicurien, même si , il est vrai j'ai trouvé le premier quatrain (mais seulement le premier) un tantinet laborieux. Je ne sais, peut-être un point négocié à la fin du deuxième vers... Tout le reste est subtile et le dernier tercet te vaudra la damnation.

   Ioledane   
6/12/2013
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Une originale façon de dépeindre le plaisir du fumeur après le banquet, et son addiction résolue ! L’exercice est très bien mené. Le jeu de mots avec le « Malin » est bien trouvé, la pointe particulièrement réussie. J’aime aussi « Tes voiles de fumée / M’ôteront de grands soirs » et le « vieil ange occis à mes genoux ». Seul le premier quatrain me paraît un peu plus complexe et confus, nécessitant une relecture approfondie pour être compris. Mais l’ensemble est d’une grande qualité.

   wancyrs   
7/12/2013
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Salut Pieralun,

Je ne sais pas si tu es fumeur, mais quel hommage au cigare ! Encore un autre sujet qui démythifie le classique et montre qu'on peut bien s'amuser avec ce genre que certains trouvent assez rigide.

J'aime bien les tercets. Le premier vient appuyer mon idée selon laquelle il est inutile d'écrire sur les paquets de cigarette que le tabac est dangereux pour la santé. Les gens qui fument le savent, mais ils ne peuvent simplement pas s'arrêter. Le deuxième, c'est l'image de l'ange occis qui me séduit.

Merci mon ami pour ce bon moment de lecture.

Wan

   Anonyme   
7/12/2013
Je ne lis rien ci-dessus :


L'ensemble se tient bien (à part peut-être ce premier quatrain qui se veut trop précieux donc un brin confus, comparé à la clarté des strophe suivantes) mais pour moi, l'intérêt principal de ce sonnet réside dans son intention : versifier une nature morte, je veux dire, débarrasser l'alexandrin de son habituel lyrisme, de ses tartines de cœur et d'âme, faire l'effort de chercher de la poésie autour d'un sujet assez anodin (ici tirer sur sa bouffarde), comme les Illustres poétisaient un lit, une armoire, ou une fête foraine.

nb Le lyrisme m'est ordinairement sympathique (j'y ai recours ponctuellement), sauf lorsqu'il est systématique, quand le poète ne sait que poétiser à son propos, sur ses pauvres malheurs ou ses petites joies personnelles, et que son Inspiration ne s'intéresse pas à autre chose qu'à lui-même : je ne peux plus lire Lamartine sans bâiller, aujourd'hui.

   MissNeko   
30/8/2016
 a aimé ce texte 
Passionnément
Voici une ode au cigare d une subtile beauté baudelairienne.
J ai cru bien y voir des allusions coquines !
La plume est superbe : inspirée, maîtrisée.
Bravo


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