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Poésie contemporaine
poldutor : Le rut
 Publié le 31/01/20  -  10 commentaires  -  1618 caractères  -  187 lectures    Autres textes du même auteur

Combat violent pour posséder la harde.


Le rut



Dans le calme des bois le silence est rompu.
Un vieux cerf irascible rait une menace...
Sortant de la futaie, un dix-cors résolu
S'avance le front haut, paré à faire face.

Les rivaux se jaugent prêts pour leur démêlé
Ils s'observent de loin au travers des ramures
Les sabots biens ancrés dans le gazon pelé
Le mufle au ras du sol pointant les empaumures.

Soudain la peur gagne le massif forestier.
Les biches et les daguets prudemment s'égaillent,
Ralliant en hâte l’abri des églantiers
Se terrent attendant la fin de la bataille.

Le combat est brutal, les heurts sont effrayants
Des andouillers pointus déchirent les crinières*
Les deux bêtes en rut s'affrontent plein d'allant.
On peut voir devant eux s'envoler la poussière.

Le hallier retentit du souffle des naseaux.
Ils labourent le sol montrant un grand courage
Le choc des trochures effraye les oiseaux.
L’arène malmenée se creuse de leur rage,

Tête contre tête ils pèsent sauvagement.
La lutte se durcit, aucun d'eux ne recule
Le dix-cors enragé charge férocement
Son ennemi défait qu'il presse qu'il bouscule,

Et le pousse enfin à rompre l'engagement.
Le vieux mâle brisé cède sous l'estocade
C'en est fini de lui, il sait qu'il est perdu
Il fuit sans panache couvert d'estafilades

Tandis que son rival brame d'avoir vaincu.


Indifférentes les biches... se remettent à brouter...


* Le cerf élaphe porte une crinière sous le cou.


 
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Toute copie de ce texte est strictement interdite sans autorisation de l'auteur.
   Corto   
15/1/2020
 a aimé ce texte 
Bien
Scène animalière automnale.
On trouve ici un air de 'déjà vu' car l'épisode est connu et habituel.

Ceci dit la scène est bien décrite, on la partage de loin en attendant que l'un de ces mâles fasse la différence.

L'utilisation de mots spécialisés nécessite d'explorer le dictionnaire où je me découvre éloigné de ce langage.

Le tout dernier vers convoque Musset "Qu'importe le flacon pourvu qu'on ait l'ivresse"... La nature est ainsi faite.

Merci à l'auteur.

   Anje   
16/1/2020
 a aimé ce texte 
Bien
Néo-classique.
Au lieu de Le rut, j'aurais titré Le brame qui résume plus précisément le sujet. Le rut n'étant que la période d'activité sexuelle des mammifères mâles (Larousse) donc aussi des baleines alors que le brame n'appartient qu'aux grands cervidés.
Le poème est digne d'une bonne observation de naturaliste mais relate uniquement un combat. Rien sur ce son guttural, sorti d'on ne sait quelle terrible profondeur et qui résonne, se fait écho dans la nuit automnale de la forêt pendant plusieurs semaines. Et, sous leur apparente indifférence, les biches ne se donneront qu'au plus fort pour s'assurer des faons les moins fragiles. D'un œil discret, elles observent quand-même le combat et tendent l'oreille aux cerfs qui brament.
Au vers 11, le participe présent doit se prononcer en diérèse pour que le vers compte douze syllabes. Le verbe rallier ne me semble pas ici le plus approprié. Je lui aurais préféré rejoindre et me pose même la question de l'utilité de cette strophe. Il me semble qu'elle va à contresens de l'indifférence des femelles signalée à la fin qui, sans cette strophe, put être … continuent de brouter...
Quelques mots à réviser pour savoir parler du cerf ou de son trophée en porte-manteau. Merci de ce vocabulaire approprié.
Dommage que ce poème ne rende pas sa majesté au roi de nos forêts, que l'on n'entende pas son cri rauque qui porte si loin... Il reste le bon "compte-rendu" d'un combat animal comme on aurait pu le narrer de chevreuils, de bouquetins. Mais bravo pour l'observation, on ne peut voir cela qu'une fois par an.
Anje en EL

   Lebarde   
21/1/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
Belle description que les amoureux de la nature se plaisent à découvrir, les nuits d'automne, dans une clairière, sous la lumière blafarde d'une lune pleine.
Le "brame du cerf", scène à la fois bucolique et violente du combat que se livrent le grand mâle et les prétendants plus jeunes pour conserver ou conquérir la harde de biches dociles et indifférentes.
C'est à ce prix que la survie de l'espèce est assurée.

La description est bien réaliste et le scénario décrit jusqu'à son terme ou presque ...
Les images sont finement observées dans un style agréable et vivant souvent fluide malgré quelques petites lourdeurs.

Bravo il ne manque que les jumelles pour suivre les débats et le combat dans le détail.
L'issue est toujours triste pour le perdant qui s'en ira finir sa vie, seul dans un coin de la forêt, laissant le vainqueur honorer ses femelles pendant plusieurs saisons jusqu'à ce que sa suprématie soit contestée.

La poésie est présentée en néo-classique, ce qui rendent acceptables les petites fautes de prosodie dont certaines, gênantes à la lecture auraient pu être évitées.

Dommage pour:

Les césures hasardeuses en v2, v3, v10,....et le dernier vers hors cadre.
Les E non élidés à l'hémistiche : irascible, gagne, panache.....
Les hiatus qui rendent certains vers bancals: futaie, malmenée...

Rien de grave en fait et j'ai pris plaisir à la lecture de ce joli poème globalement bien écrit.

Merci

En EL

Lebarde

   Walter_Gilligan   
31/1/2020
 a aimé ce texte 
Passionnément
Bonjour Poldutor
Sur la forme : je trouve que travail d'écriture est très bien maîtrisé, les mots sont ciselés, et on sent une cohérence sur l'ensemble du texte.
Sur le fond : la forme aide à apprecier le contenu et l'un et l'autre se mélangent dans une forme de mélodie classique. Le sujet traité est bien cerné, on respire ce combat.
J'ai particulièrement aimé :
"Le hallier retentit du souffle des naseaux.
Ils labourent le sol montrant un grand courage
Le choc des trochures effraye les oiseaux.
L’arène malmenée se creuse de leur rage,"

Merci pour ce rut de plaisir.

   Gouelan   
31/1/2020
 a aimé ce texte 
Bien
Description d'une scène de la nature.
Le combat des cerfs doit être un spectacle fascinant si on le voit sous les yeux.
Je n'ai pas eu l'impression de le vivre ici, plutôt d'être en retrait en lisant les étapes du combat et en apprenant les mots précis sur le monde de ces cervidés.

Il me manque la forêt, les odeurs... la magie de l'instant vécu, malgré la qualité de l'écriture et le sens de l'observation du naturaliste.

   Hananke   
31/1/2020
Bonjour

La période du rut chez les cervidés est bien décrites mais où est
la poésie ? Mis à part la forme en quatrain.
Il est très difficile dans ce genre de texte de s'élever au niveau
poétique, la description prenant le pas à chaque fois.
Et ce n'est pas le vocabulaire spécifique aux bestiaux
qui peut rehausser l'ensemble.

Pas d'appréciation eu égard au travail accompli.

   papipoete   
31/1/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
bonjour poldutor
Alors que le silence de la forêt était traversé par le hurlement du brame, ce cri aussi rauque que le cor de Roland, un duel se prépare entre le maître des lieux, et un jeune prétentieux qui le défie de ses dix-cors... Et ça cogne, ça se couche au sol, ça rée à faire peur alentour...
Au prix d'un combat sans merci, le vieux roi est déchu ; s'en va, penaud laissant son harem au vainqueur et les biches, en attendant l'hommage de leur nouveau Chef, baissent la tête et se remettent à brouter...
NB tel un troubadour chantant au Seigneur l'histoire de la forêt, l'auteur conte pas à pas, cri à cri, bruit à bruit, ce qui se trama dans la clairière, entre deux rivaux pour l'emprise totale sur un troupeau de biches ! Et rien ne manque dans le récit épique, où l'on peut craindre qu'une pointe éventre l'un des combattants !
Pour l'anecdote, les cruciverbistes sortiront carnet et crayon, pour noter plein de mots, pas savants mais entendus par le peuple de la forêt... et j'ai l'impression d'avoir de la poussière dans les yeux, de vous avoir lu de si près !
Un récit impressionnant mais qu'un papa put lire, assis sur le lit à l'enfant, prêt à s'endormir.
Techniquement ; au 7e vers, " les sabots bien/S ancrés " je pense à une étourderie ?
à la 3e strophe " s'égaillent/bataille " prononce-t-on " s'é/gayent ? "
le dernier vers ( mais je suppose qu'il ne faut pas le rattacher au poème, mesure 20 pieds ) je l'aurais pourtant écrit en alexandrin

   Annick   
31/1/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Impressionnant tableau de deux cervidés qui s'affrontent pendant la période du rut.

Rien à dire sur le fond qui est une véritable toile vivante. C'est bien construit, le trait de pinceau habile donne vie à cette magnifique peinture animalière.

Ce qui peut être encore amélioré, c'est la prosodie, mais je constate que par rapport à vos premiers poèmes, vous y avez travaillé. Restent les césures parfois approximatives, les "e" non élidés, les "ent" à l'hémistiche, à faire disparaître ....

Un "j'aime beaucoup" pour encourager un poète et un peintre dans l'âme à persévérer dans son travail sur la prosodie.

http://www.oniris.be/modules/myalbum/photo.php?lid=1527&cid=5

   Queribus   
2/2/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour,

Un poème très original sur une sujet"classique", écrit dans une prosodie néo-classique qui admet quelques petites"fautes" non admises en classique. Votre description du combat entre deux animaux se déroule de façon progressive et inexorable: malheur au vaincu qui sera rejeté mais n'est-ce pas un peu la même chose chez les humains. Par contre, le titre m'a interpellé et j'aurais vu autre chose comme: Combat dans la forêt, Combat et brame, Brame, Combat pour une (des) femelle(s), etc. J'ai par contre beaucoup aimé les deux vers finaux qui se détachent du poème en particulier le dernier vers: Indifférentes les biches... se remettent à brouter...en opposition avec le combat acharné des mâles; le procédé est très habile.

En conclusion, de l'excellent travail, de la belle ouvrage et un bon moment passé à vous lire. À très bientôt j'espère.

Bien à vous.

   BernardG   
3/2/2020
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour,

Il faut noter le travail de l'auteur quant au choix du vocabulaire et la montée en puissance du combat.....qui nous offre une poésie animalière fort agréable à lire.
Les quatrains 4 et 5 qui décrivent le combat sont particulièrement prenants.
Pour ma part, j'aurai chois un titre plus lié à la lutte..."l'affrontement" par exemple.

Bien cordialement

Bernard G.


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