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Poésie libre
Rathur : Aux vallées
 Publié le 23/01/10  -  12 commentaires  -  1273 caractères  -  157 lectures    Autres textes du même auteur

"Je fais mon footing au milieu des algues et des coraux..."
Extrait du titre "Gaby, oh Gaby" interprété par Alain Bashung - paroles de Boris Bergman, musique d'Alain Bashung.


Aux vallées



Ne cesse pas, voix du large
Tu rayonnes magistrale,
Si sœur détonne la lumière.

Éclairs violets du cap qui innervent
Les grands muscles de la nuit.

La bruyère par ses denses festons,
Se lie aux faunes de dessous ta moire.

Des versants de falaises serties
Battent comme les ailes d’un oiseau,
Qui se sèche et qui se dore.

Un ruban fragile, une plume sur l’airain,
Serpente à ta taille pour mieux te révéler.

Ne cesse pas, teinte du large
D’ouvrir les limites,
Si infinie demeure ton empreinte.

Couleuvres lovées sous le taillis propice,
Esprits prompts à surgir d’une brume soudaine,
Écrivent avec des cheveux l’aventure.

Fomente aussi même, l’ombelle des dunes.

Large, ton souffle à bouche de ciel
Fait les vallées plus grandes,
Ou contient sa plus faible haleine
Pour garder en suspens le chaos.

Tes bras s’accoudent aux franges de terre grasse,
Puis à la lande claire qui se met en mailles.

Jusqu’aux routes roses d’après les villes agrippées,
L’œuvre de tes doigts s’immisce.

Ne cesse pas, temps du large
De battre intérieurement,
Si présent dévale ton écho.


 
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   colibam   
8/1/2010
 a trouvé ce texte 
Bien -
Une écriture résolument atypique (qui révèle facilement l’identité de l’auteur) pour ce poème dont le vocabulaire assez recherché côtoie une structure de vers plutôt singulière. La lecture se fait lente pour laisser le sens se dévoiler et s’exprimer. Et encore… des zones d’ombres demeurent.

Je trouve très amusante l’image qu’évoque en moi la citation « faire son footing au milieu des algues et des coraux ». Cela peut paraître loufoque. Pour moi, c’est juste très poétique.

Mon sentiment est donc mitigé. J’ai apprécié les vers suivants :
« Éclairs violets du cap qui innervent
Les grands muscles de la nuit. »,
« La bruyère par ses denses festons,
Se lie aux faunes »
« Des versants de falaises serties
Battent comme les ailes d’un oiseau, », j’ai du mal à visualiser des falaises qui battent des ailes mais j’aime pourtant cette association insolite d’images.
« Esprits prompts à surgir d’une brume soudaine,
Écrivent avec des cheveux l’aventure. »
« Tes bras s’accoudent aux franges de terre grasse »
« Ne cesse pas, temps du large
De battre intérieurement, »

… et beaucoup moins ces passages (uniquement en raison de l’opacité du sens ou de la structuration) :
« Si sœur détonne la lumière » (euh… ça veut dire quoi ?)
« …de dessous ta moire », c’est dommage (« de dessous » est vraiment pataud) car le début de ta phrase est très poétique.
« Fomente aussi même » : aussi même, pas très heureux.
« d’après les villes agrippées » : pigé le sens de « d’après » mais maladroitement exprimé pour moi.

   Kaos   
8/1/2010
 a trouvé ce texte 
Bien +
J'aime le souffle épique de ce poème, j'aime sa magnificience, il y a des imlages superbes "Jusqu’aux routes roses d’après les villes agrippées,
L’œuvre de tes doigts s’immisce"

ou

"Un ruban fragile, une plume sur l’airain,
Serpente à ta taille pour mieux te révéler."

il y a le vent, la lande, l'océan.

Je regrette un peu la longueur qui ralentit trop la lecture et ennuie un peu.

Maiss c'est un bon texte, rien à redire.

   Anonyme   
9/1/2010
 a trouvé ce texte 
Bien +
Bonjour

On perçoit en première lecture un foisonnement d'images.
Certaines accessibles, d'autres moins, d'autres pas du tout.
Peu importe.
On comprend bien que l'auteur cherche plus suggérer, à créer du rêve qu'à décrire un paysage. Et il y réussit fort bien.

Au gueuloir, quelques scories accrochent l'oreille, du moins la mienne.

"Éclairs violets du cap qui innervent
Les grands muscles de la nuit."

L'image est sublime, mais le "qui" est de trop.

"Des versants de falaises serties
Battent comme les ailes d’un oiseau,
Qui se sèche et qui se dore."

C'est magnifique, mais "les" me semble de trop

La dernière strophe me semble un peu faiblarde.

En conclusion, je crois ici lire le premier jet d'un poème qui pourrait devenir très puissant.

   belaid63   
12/1/2010
 a trouvé ce texte 
Moyen +
une remarque:
le texte est trop long et quelques peu déséquilibré.
pourquoi?
le souci du détail amène l'auteur à exagérer la longueur de certains vers qui gagneraient a être raccourci pour leur donner plus de rythme.
cette promenade en foret est très détaillée (un peu trop à mon sens), l'auteur devrait insister sur ce qu'il y a de particulier et de mémorable dans ce passage à travers la vallée.
la répétition du mot "Large" (4 fois) a gêné ma lecture

   bulle   
13/1/2010
 a trouvé ce texte 
Moyen -
En entrée, j'ai découvert quelques belles images qui m'ont plu, mais après plusieurs lectures, je me suis perdue. Sans ne vouloir comprendre le sens, seulement me laisser porter par l'essence des mots, je ne sais que ressentir, et je ne parviens surtout pas à ressentir, j'en suis désolée.

C'est un flot allégorique qui court, certes, mais je n'en saisis pas la cohérence pour certaines lignes, et pour d'autres que je trouve maladroites, à mon goût personnel.

"Si sœur détonne la lumière" (de quelle soeur s'agit-il ?)

"Des versants de falaises serties"
De quoi, par quoi, ou sur quoi sont-elles serties ?
Peut-être manque-t-il une virgule entre versants et falaises : des versants, de falaises sertis - pour plus de compréhension : les versants sont sertis de falaises - En ce cas, l'accord semble incorrect.
Je n'aime pas trop cette inversion-là un peu confuse à mon écoute.

"Se lie aux faunes de dessous ta moire" . 'De dessous ta moire' est assez lourd à entendre.

"Jusqu’aux routes roses d’après les villes agrippées,
L’œuvre de tes doigts s’immisce."
Ici aussi, j'ai du mal à saisir la formulation.
Je ne comprends pas "d'après les villes agrippées" (où ? à quoi ?)
C'est peut-être dû à l'inversion, à nouveau.


"Fomente aussi même, l’ombelle des dunes"
Je ne sais à quoi se rapporte ce vers-ci. Il est isolé, distinct des passages qui l'entourent et je ne saisis pas la liaison, ou la transition.

J'ai aimé le mouvement d'autres parties, avec quelque réserve toutefois.

"Écrivent avec des cheveux l’aventure."
L'image est jolie, mais une fois de plus, je bute sur l'inversion de même que sur le manque d'une virgule (peut-être) entre cheveux et l'aventure (?)

Au final, une lecture heurtée pour les raisons (personnelles) décrites plus haut.

Dommage, je suis persuadée qu'il y a matière à faire dérouler ces images-là, plus simplement (sans les inversions qui ont bloqué mon avancée), tout en conservant l'atmosphère flottante.

   Chene   
18/1/2010
 a trouvé ce texte 
Bien -
Bonsoir

Certaines images de ce poème se révèlent plutôt agréables, tant sur leur sonorités (7ème strophe) que sur l'humour léger qu'elles dessinent (5ème strophe).

D'autres m'apparaissent plus hermétiques, voire un brin iconoclastes ("Fomente aussi l'ombelle des dunes" : botaniquement peu convaincant, à moins de ne garder que le "belle des dunes" et donc de passer à un tout autre registre allusif...).

Je note également une certaine contradiction entre l'accroche de ce poème qui nous prédit de grandes enjambées au milieu du varech, des berniques et des langoustes, alors que le titre et le contenu du poème restent uniquement terrestres dans leurs évocations... Je chipotte... ;)

Pour autant, ce poème fleure plutôt bon l'air du large et le vent qui s'engouffre goulument dans les poumons du narrateur.

Chene

   Lariviere   
19/1/2010
 a trouvé ce texte 
Bien +
Bonjour

J'ai aimé ce poème "Aux Vallées". Les images sont singulières et stylisées. Le rythme et la sonorité des vers me parlent et me répondent en même temps. Il y a une pointe de romantisme derrière la toile moderne qui construit cette poésie et qui décrit, dans une veine proche du réalisme merveilleux caraïbéen, une vue doté de poumons (il y a du souffle) sur une mer exotique.

Je trouve que ce texte prend son envol à partir de la quatrième strophe.

Je suis juste embarrassé par les deux premières strophes :

D'abord ce vers que je trouve trop imparfait à cause de la syntaxe qui le rend difficile à lire et à interpréter
"Si sœur détonne la lumière."

Ensuite, la deuxième strophe, où les images sont belles et bien tournées, mais où le manque de ponctuation gêne la lecture du premier vers, assez long.

Le vocabulaire est riche. Je trouve que c'est une plus-value pour l'oeuvre car celui-ci est maitrisé et s'insère bien dans l'ensemble. Peut être pourra t-il en gêner quelques-uns...

Voilà

J'espère que ces quelques commentaires seront utiles à l'auteur et je lui souhaite une bonne continuation !

   Max   
23/1/2010
 a trouvé ce texte 
Faible -
Mon appréciation qualifie plutôt le manque d'enthousiasme qui perdure après plusieurs lectures et relectures, que la qualité du poème à proprement parler (car je reconnais un vrai souffle, quelques images fortes et une personnalité intéressante dans ces vers). Néanmoins, je ne suis pas convaincu, car gêné par plusieurs choses.

Pour commencer, je n'ai pas compris le propos. Je parviens à me figurer des images, des décors et des émotions, mais en ce qui concerne le sens, la portée, bref, l'intentionnalité de l'auteur, je sèche. Le manque de certitude est très frustrant, en tant que lecteur. La faute incombe à des passages trop sibyllins (qui peuvent même paraitre insensés) ; un choix de vocabulaire inutilement "précieux" ("moire", "airain", "feston", "ombelle"...) et alambiqués, ou du moins complexe (dans le sens où il faut nécessairement un dico) ; une mise en forme singulière, dont je ne perçoit pas les tenants et aboutissements (pour être sincère, ça me semble surtout être le choix de la facilité => pas de rimes, des strophes erratiques, décousues, pas franchement de cohérence formelle) ; et puis, enfin, des images et autres métaphores presque incompréhensibles. Je pense par exemple à cette espèce de métaphore "médicale" : "innervent les grands muscles de la nuit" qui ne me parle pas franchement ; ou encore ces "versants de falaises serties" qui "Battent comme les ailes d’un oiseau" (???) ; ou bien d'autres passages.

En fait, on dirait une sorte de Symbolisme, qui tendrait vers l'Hermétisme, à la manière d'un Mallarmé, par exemple. Sauf que vous n'êtes pas Mallarmé... Et que, si pour un tel grand ponte de la Poésie on accepterait de passer des heures (façon de parler) à déchiffrer ses mots, vous comprendrez que ce n'est pas le cas ici. On dirait une sorte de juxtaposition de "jolis" mots, qui possèdent parfois quelques sèmes communs, mais qui se répondent à peine entre eux, et partent dans tous les sens. C'est frustrant, car on distingue tout de même un fil conducteur, derrière tout ça, mais il est trop ténu pour moi.

Et puis j'ai également été gêné par le manque de fluidité de ce poème, souvent peu euphonique ("si sœur, du cap qui, de dessous, esprits prompts", etc. - j'ai même l'impression que vous essayez de faire des allitérations, mais le résultat n'est pas très heureux). Donc j'aurais éventuellement pu pardonner l'hermétisme du fond, s'il y avait un travail remarquable sur la forme, mais comme ce n'est pas du tout le cas ici...

Bref, un poème qui a de la personnalité, mais qui souffre de la mise en mot. Essayez de penser aux pauvres lecteurs qui ne sont pas dans votre tête et qui galèrent en vous lisant.
Toujours est-il que j'apprécierai beaucoup que vous m'expliquiez rapidement par MP le sens que vous avez mis dans votre poème.
Cordialement.

   Benway   
23/1/2010
 a trouvé ce texte 
Très bien +
Ouah !Quel ode sublime à la nature.

Des tournures et un langage d'une grande subtilité.
Beaucoup des vers font écho en moi.
ça raisonne, ça raisonne comme cette voix du large, ce large qui revient à plusieurs reprise.
Je ne vais pas relever les passages qui m'ont le plus plu, j'apprécie l'intégralité du poème et même s'il y en de rares que j'apprécie (un peu) moins, ils enveloppent parfaitement le thème évoqué.
Je retiens quand même plus particulièrement cette strophe : "Large, ton souffle...
J'aurais aimé analyser d'avantage, mais il aurait fallu que je m'arrête sur tout. Et j'en aurai eu pour une bonne partie de la soirée. Et je l'avoue, ce soir j'ai la flemme d'aller plus loin.
Seul restera donc un ressenti global très positif.

Très agréable lecture.

   pieralun   
23/1/2010
 a trouvé ce texte 
Moyen
J'ai des difficultés pour commenter ce texte. J'y vois de très beaux passages qui incontestablement me touchent, quelques vers qui font mouche:
- "Des versants de falaises serties
Battent comme les ailes d’un oiseau,
Qui se sèche et qui se dore."
- "Couleuvres lovées sous le taillis propice,": magnifique!!
- "Ne cesse pas, temps du large
De battre intérieurement,
Si présent dévale ton écho."
Pour le reste, j'ai la sensation que l'auteur force son écriture pour que se succèdent des mots riches, inhabituels, mal connus quelquefois, puis des images qui se veulent de plus en plus surréalistes, là où la simplicité aurai fait beaucoup mieux:
- "Éclairs violets du cap qui innervent
Les grands muscles de la nuit.": sincèrement, qu'est ce que cela veut dire, à qui cela s'adresse t' il?
-Large, ton souffle à bouche de ciel
Fait les vallées plus grandes,
Ou contient sa plus faible haleine
Pour garder en suspens le chaos" : qu'elle surenchère de la poésie moderne pourrait justifier ces vers, et qui s'y reconnait?
Sommes-nous cette "clientèle avertie" des galeries d'art moderne, a qui, seul le snobisme permet d'interpréter une toile qu'elle qualifie de géniale, là où la composition du peintre n'est plus qu'un magma d'épaisseurs de peintures mélangées par le geste auguste du semeur. Y croit-il lui même?
La poésie libre ou assimilée ne gagnerait-elle pas à un retour à la simplicité, la sensibilité abordable au commun des mortels?
Rathur, ton talent n'est pas en cause, la tendance, elle, l'est.

   Arielle   
24/1/2010
 a trouvé ce texte 
Moyen -
J'aime bien un brin de mystère dans les images mais je nage ici en plein rébus.
La "voix du large", la "teinte du large",le "temps du large" tout cela m'apporte indéniablement beaucoup de souffle et je reconnais ici ou là les petits sentiers côtiers qui longent les falaises mais ... noyés dans un fatras un peu trop grandiloquant à mon gré. Plus de simplicité m'aurait rendu la promenade plus accessible et familière. Sans doute est-ce moi qui manque de souffle pour suivre le narrateur !

   jaimme   
27/1/2010
 a trouvé ce texte 
Très bien
J'ai aimé. Globalement et souvent en détail.
Une vraie atmosphère. Grâce à la musique envoutante et presque toujours présente (sauf, à cause des "un", dans "Un ruban fragile, une plume sur l’airain", par exemple).
Des moments magiques:
"Couleuvres lovées sous le taillis propice,
Esprits prompts à surgir d’une brume soudaine,
Écrivent avec des cheveux l’aventure." avec "Fomente aussi même, l’ombelle des dunes."
Le fond: à lire avec une musique forte, un voyage s'ouvre largement. Et si souvent de nombreuses perspectives s'ouvrent, là et puis là.
Un moment de plaisir.
Offert par Rathur.

 

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